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Les anciens militaires, plus calmes que jamais

lundi 9 avril 2012 par Administrator

Pas une seule semaine sans la présence des hommes en tenue de camouflage se réclamant des anciennes Forces armées d’Haïti à travers les rues du pays. Cela devient une routine. Ces hommes ont plusieurs pick-up à leur disposition. Cependant les commanditaires ne sont pas connus. Aux abords du palais présidentiel, ces hommes circulent comme si de rien n’était. Ils se disent plus que jamais déterminés à obtenir la remobilisation effective des Forces armées d’Haïti (FAD’H).

Si les autorités leur demandent de vider les lieux, c’est pour sans nul doute tromper l’international qui réclame sans arrêt la démobilisation de ces troupes. Elles pratiquent encore le double jeu. L’exécutif veut être gagnant à tout point de vue. Le jeu poker menteur continue de plus belle. Les tenants de ce mouvement réaffirment leur volonté de lutter jusqu’au bout en vue de faire respecter, disent-ils, la constitution haïtienne. « Un simple arrêté présidentiel ne peut en aucune façon dissoudre une institution républicaine aussi vieille que le pays », a martelé l’un des chefs du camp d’Application de Carrefour. Entre-temps, leur nombre ne cesse de croître. Guy Philippe, l’ancien chef des rebelles de 2004, semble avoir regagné leur rang.

Guy Philippe se mêle de la partie

Le 29 mars dernier, partout sur le territoire haïtien, les troupes militaires ont défilé sur plusieurs artères des grandes villes du pays. Guy Philippe, ancien commissaire de police, a défilé à leurs côtés. En fait, il a rejoint les troupes de Vertières en vue d’une tournée au centre-ville du Cap. Une tournée qui a été transformée en manifestation de soutien à l’armée d’Haïti, à Guy Philippe et au président de la République. Il y eut aussi des contre-manifestations. Il en a résulté une situation de tension dans la deuxième ville du pays.

Après l’exécutif, c’est la population qui se trouve à couteaux tirés à cause de ces hommes en uniforme qui ont pris d’assaut, depuis plus de deux mois, plusieurs anciens espaces symboliques du pays. On ne recherche pas, selon toute vraisemblance, une solution à cette crise. Un très grand nombre de parlementaires se taisent et les autorités gouvernementales paraissent indifférentes face à un danger pour le moins imminent. Ce n’est plus un secret : les élites haïtiennes ne peuvent pas résoudre leurs différends par elles-mêmes. Elles attendent sans aucun doute les diktats de l’international.

Des anciens militaires eux-mêmes ont exprimé leur désaccord face à cet état de choses. Himler Rébu, Youri Latortue et plusieurs autres anciens officiers des FAD’H ont demandé aux occupants de vider les lieux. Leur message n’a pas été entendu jusqu’ici. D’ailleurs, leur intervention passe très mal auprès des anciens militaires qui les accusent d’avoir de grands intérêts dans la situation d’insécurité qui prévaut dans le pays depuis plusieurs mois.

Interdiction de recruter des jeunes

La commission présidentielle instituée le 21 novembre 2011 pour plancher sur la question de l’armée a présenté son premier rapport. Elle recommande entre autres, l’interdiction des recrutements et entraînements de type militaire sur le sol haïtien. La commission annonce pour bientôt une solution en ce qui a trait à l’indemnité des membres des anciennes FAD’H et la nomination d’un haut état-major de transition d’ici le mois de novembre de cette année.

Les jeunes présents dans les différents campements pensent qu’ils sont déjà des militaires à part entière. Ils affirment que personne ne peut les déloger. Il s’agit là, selon plus d’un, d’une situation de désordre. Entre-temps, ils réclament sans condition le départ immédiat de la Minustah. Cependant, cette situation de désordre favorise davantage le prolongement du mandat de la force onusienne dans le pays. D’aucuns affirment que leur présence est un mal nécessaire.

En 2004, des anciens militaires et des jeunes fraîchement enrôlés ont pris d’assaut plusieurs commissariats et sous-commissariats du pays. Sur fond de polarisation extrême et de violence larvée, dit-on, des secteurs politiques et sociaux antagoniques se sont affrontés sans que l’un ou l’autre ne soit arrivé à se dépasser en vue de sauver le pays. Il a fallu l’intervention de l’international pour mettre fin à un conflit interhaïtien. C’est ce qui a porté le Conseil de sécurité de l’Onu à adopter la résolution 1542 du 30 avril 2004 créant ainsi la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah).

Comment demander le retrait de cette force si le climat de désordre persiste ? Les anciens militaires occupent des espaces publics, circulent à travers plusieurs rues du pays et personne ne connaît leurs patrons. Les autorités du pays clament encore qu’elles ne sont ni de près ni de loin impliquées dans cette affaire. En tout cas, ces militaires ont des armes, des véhicules de transports, des uniformes, des vivres… Une troisième force armée est désormais présente dans le pays.

Jose Flécher

flecherjosew@yahoo.fr

Voir en ligne : www.lematinhaiti.com







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