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Les « Guédés » insultés par les protestants à Port-au-Prince - par : lematinhaiti.com

lundi 7 novembre 2011 par Administrator

La guerre a été ouvertement déclarée le jour de la fête des morts à Port-au-Prince. Dans la matinée du 1e novembre, une grande quantité de gens, vêtus de blanc et de noir, avec bible en mains et chants d’espérance, ont défilé dans les rues de la capitale.

La guerre a été ouvertement déclarée le jour de la fête des morts à Port-au-Prince. Dans la matinée du 1e novembre, une grande quantité de gens, vêtus de blanc et de noir, avec bible en mains et chants d’espérance, ont défilé dans les rues de la capitale. Ces personnes semblaient vouloir prêcher la bonne nouvelle aux adeptes du vodou. Certaines d’entre elles ont persisté et, se sont rendues au cimetière de la commune. Une intrusion que la majeure partie des participants considéra comme une provocation et une atteinte flagrante à la culture nationale. Ce fut le début d’un affrontement religieux.

Vers onze heures du matin, la foule de protestants s’est rendue au cimetière de Port-au- Prince. Elle chantait son sauveur, prêchait et invitait les diverses participants à la fête des morts à se repentir, à adopter le christ comme sauveur personnel. Le public de curieux suivis par des journalistes haïtiens et étrangers les ont accompagnés depuis les différents couloirs que les tombes imposent pour arriver sur celle de « Grann Brigite » et de « Baron samedi », bastion des guédés. C’est à ce moment que les « envoyés du christ » ont investi l’espace, chantant avec ferveur, priant, tentant en vain de porter les participants à laisser « les morts ensevelir les morts »,et que l’attaque a commencé. Les guédés, se sentant offusqués et perturbés dans la pratique de leur rituel, ont choisi instantanément de riposter sans piper mots. Rapidement, ils se sont remplis la bouche de pimentade, d’alcool et d’autres produits aux saveurs piquantes qu’ils soufflèrent sur les évangélistes. Ils les ont arrosés de café et d’autres accessoires utilisés au cours de ces incantations. Au fur et à mesure que les protestants prêchaient leur bonne nouvelle, les adeptes de « Baron Samedi » et de « Grann Brigite » les assaillaient.

Les assistants émerveillés et surpris par la réaction des « Guédés » à l’égard des évangelisateurs se sont mis à rire, prendre des photos et tenir des propos hostiles, très défavorables à ces derniers. Ils les ont injuriés et n’ont pas cessé de demander pourquoi ils avaient choisi de venir ici. « C’est pour nous provoquer. Quand vous faites vos croisades dans les différents coins du pays, on ne tente même pas à d’y participer, question de ne pas perturber vos rituels. Voilà qu’aujourd’hui vous êtes venus jusqu’ici pour nous ennuyer. C’est une preuve d’intolérance et d’acculturation. Et bien vous allez voir de quel bois nous nous chauffons », lance un jeune homme furieux, bougie en main, en train de faire ses vœux à « Grann Brigite ».

Les affrontements religieux n’ont pas seulement duré l’instant de cette rencontre au cimetière de Port-au-Prince. Ils se sont également poursuivis à l’avenue Christophe, devant la faculté de l’Institut de gestion et de hautes études internationales (Inaghei) avec un autre groupe de « Guédés ». Alors qu’ils parcouraient paisiblement cette rue, dansant, exécutant des tours de reins, racontant les salades habituelles, un groupe d’étudiants, probablement appartenant au protestantisme, a lancé des jets de pierre sur la bande. Dès que les fêtards remarquèrent l’endroit d’où provenaient les pierres, ils ripostèrent.

Certains « Guédés » ont qualifié cette action d’insulte et ont décidé de faire payer cet incident aux étudiants insolents. « Ils doivent assumer », a lancé une femme. Ils ont encerclé la faculté, dressé des embuscades en vue de descendre le premier étudiant qui essayerait de quitter l ’enceinte de cette entité de l’université d’état d’Haïti. « Je leur ferai payer très cher cet affront. Ils doivent respecter la tradition. Ce manque de tolérance et cet irrespect à l’égard de notre culte est la cause de notre inexistence en tant que peuple », a clamé un homme, visage couvert de farine et vêtu d’un accoutrement bizarre et inquiétant traduisant la réalité du moment.

Plusieurs étudiants de la faculté des sciences humaines (FASH) ont indiqué qu’ils condamnaient cette action de leurs camarades universitaires. Et, ils pensent que de sérieux débats doivent s’ouvrir sur la question en vue de porter les universitaires à faire preuve de tolérance face à la culture vodou. « C’est preuve que nous avons effectivement perdu notre identité de peuple », se désole Pierre Aimé Daniel, un étudiant de la FASH.

Joe Antoine Jean Baptiste

jjoeantoine@yahoo.fr








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