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Le récent article controversé de l’AFP suivi de la réaction du notaire Lesly Alphonse

jeudi 25 février 2010 par William Toussaint

"Le séisme ? Connais pas" : l’élite économique d’Haïti se porte bien
Ils continuent à boire de l’eau de source française, s’offrent du
camembert de Normandie, assaisonnent leurs plats avec de l’huile d’olive italienne : pour les Haïtiens les plus fortunés, le séisme du 12 janvier et le chaos qui a suivi sont passés inaperçus.

Sur les hauteurs de Port-au-Prince, à Pétion-Ville, un chapelet de
supérettes tenues par des Syriens courtise le chaland.
Les rayons sont garnis de produits introuvables ailleurs dans la
capitale du pays le plus pauvre du continent américain. Les mets de luxe y côtoient... des revues qui prodiguent des recettes pour maigrir.

"Quand on vend de la nourriture, on ne va jamais mal. Les gens achètent
toujours à manger", lance Moussa Aballa Nahra, 70 ans, propriétaire du
Royal Market. La devanture de son magasin fait dans la simplicité. Mais
à l’intérieur, on trouve tant des bonbons européens que des olives
portugaises ou du vin chilien. Les prix affichent une santé
américaine...
Cela fait presque 50 ans que M. Nahra est installé en Haïti. "En 1961,
ce pays était un paradis, très agréable avec beaucoup de prospérité,
d’espoir dans l’avenir", dit-il. Son épouse se tient à ses côtés. Elle
aussi est originaire du port syrien de Tartous. Non sans fierté, elle
explique que ses trois enfants son "tous haïtiens".
"Mon fils a épousé une Haïtienne", poursuit-elle. Mais, prévient Mme 
Nahra, "pas une noire, une mulâtre, très belle. Mes deux filles m’ont
donné des petits Américains parce qu’elles sont allées dans ce pays afin
que leurs enfants naissent à l’extérieur".
Mme Nahra, son mari et une bonne partie de leur clientèle font partie
des 5% d’Haïtiens qui forment l’élite économique du pays.
Le 12 janvier, lorsque la terre a tremblé, dans leurs maisons perchées
sur les collines qui surplombent la mer des Caraïbes, ils n’ont presque
rien senti.
"Moi je ne suis là que pour le commerce", explique Joseph Hanna, 28 ans,
un Vénézuélien arrivé en Haïti il y a trois ans, et qui travaille à
l’Olympia Market.
"C’est tranquille ici. Les gens sont très gentils", dit-il. On trouve de
tout dans l’Olympia Market, même de la nourriture pour chiens. Avoir un
animal domestique en Haïti est peut-être le luxe ultime dans un pays
dont l’histoire est jalonnée de crises, et où le séisme a mis à terre le
peu d’infrastructures qui subsistait.
L’argent facilitant bien des choses, seuls les plus fortunés des
Haïtiens ont pu se sauver, en jet privé ou par voie terrestre, après le
tremblement de terre qui a tué au moins 217.000 de leurs compatriotes.
"Heureusement que mes deux enfants étudient à Bordeaux", soupire
Patricia Steed Attié, propriétaire du Papaye, un restaurant à la mode.
Le cocktail qu’elle boit, la musique d’ambiance et la clientèle
européenne feraient presque oublier qu’à seulement quelques kilomètres,
plus d’un million de personnes vivent dans des abris provisoires.
"J’ai fermé près de trois semaines, mais j’ai décidé de rouvrir. Je
pense que c’est un moyen de ne pas perdre espoir. Mes employés ont
recommencé à travailler, c’est un moyen d’aider, de ne pas renoncer",
dit Mme Steed Attié.
Même note d’optimisme dans la bouche de Moussa Aballa Nahra, le
propriétaire syrien de Royal Market.
"Rien ne manque ici. Je n’ai pas de problèmes de sécurité et les
affaires sont bonnes. Je n’ai jamais songé à quitter Haïti (...) mais
maintenant je suis vieux. Mon rêve est d’aller en Syrie, le meilleur
pays du monde. Je veux y mourir", lance-t-il.

ET ALORS ???

Chers Amis,

Il nous faut éviter de distribuer ce genre l’imbécilité que des
journalistes étrangers en mal de sensationnalisme sortent à tout bout de
champs, chaque fois qu’ils sont en panne d’inspiration. Comment peut on
prétendre que pour une certaine catégorie d’haïtiens "le séisme du 12
janvier et le chaos qui a suivi sont passés inaperçus." C’est une
méchante stupidité. C’est l’oeuvre de quelqu’un qui n’a jamais mis les
pieds en Haïti, qui n’a aucune idée de ce qu’était Haïti, de ce qui
s’est passé en Haïti le 12 janvier et de ce qui se passe en Haïti depuis
cette catastrophe qui nous a frappé.

Moi, Lesly Alphonse, j’ai toujours été sur place, je suis sur place et
je resterai sur place. Donc je me fais le devoir de rétablir la vérité
et de combattre ce genre de propagandes mensongères qui n’ont aucun
sens.
Haïti est effectivement classé comme le pays le plus pauvre de la zone.
Ce qui est probablement vrai. Mais est-ce que cela veut dire qu’il ne
devrait pas exister de supermarché en Haïti ? Que personne ne devrait
manger des bonbons d’Europe, du fromage ou boire du bon vin ? Est-ce
qu’en Haïti, acheter et lire des "revues contenant des recettes de
cuisine pour maigrir" devrait être interdit. Dans on ignorance crasse et
sonore, comme dirait le professeur de latin Franck Saint-Victor, de
regrettée mémoire, ce journaleux a illustré son article avec la photo de
quelques marchandes paysannes étalant leurs superbes fruits et légumes.
Ne sait-il pas que ces dames aussi, sont une élite haïtienne. Ces fruits
et légumes sont-ils trop beaux pour être vendus en Haïti ?

Moi, Lesly Alphonse, Notaire à Pétion-Ville, consommateurs de fromage et
d’huile d’olive italienne, propriétaire de maison perchée sur les
hauteurs de Pétion-Ville, j’étais jusqu’à 3 heures du matin, dans la
nuit du 12 au 13 janvier, au local de l’Université de Port-au-Prince, à
la Ruelle Rivière, à livrer un combat acharné pour tirer des griffes de
la mort, des étudiants pris sous les décombres. J’ai même été rejoint
sur ce champs de bataille par notre ami Gérald Bastien, qui peut en
témoigner. Plusieurs membres de cette élite dont il parle en ont fait
autant et ont mis spontanément à la disposition des sinistrés, leurs
cours, leurs parkings, leurs propriétés. Ils étaient dans les rues comme
tout le monde, essayant de sauver quelques vies, de-ci, de-là. Les gens
dont parle cet idiot ont perdu leurs maisons, leurs entreprises, leurs
magasins et qui pis est, leurs femmes, leurs maris, leurs enfants et
leurs parents comme tout le monde. Ils ont couché à la belle étoile
comme tout le monde. Juste à titre d’exemples parmi tant d’autres.

L’Hotel Montana, un complexe de dizaines de millions de dollars a
disparu corps et biens et ses propriétaires ont été extraits des
décombres y laissant d’ailleurs plusieurs membres de leur famille.

Le Caribean Market, le plus grand supermarché de la capitale s’est
effondré comme un château de cartes entrainant dans sa chute des
millions de dollars d’investissements et gardant plusieurs heures
prisonniers de ses débris ses propriétaires, trois générations de rudes
travailleurs, venus de Syrie, il est vrai, mais qui ont mérité leur
succès. Sans aucune commune mesure avec ces pillards venus jadis de
France , tout comme très probablement, ce journaleux de l’agence
France-Presse d’ailleurs, qui ont volé toutes les richesses de
Saint-Domingue en faisant travailler pour eux nos ancêtres en esclavage.

Je connais personnellement ce Moussa Aballa Nahra, le propriétaire
syrien de Royal Market. C’est un Monsieur qui commence à travailler dès
5 heures du matin pour ne s’arrêter qu’aux environs de 10 heures du
soir.
C’est un excellent professeur de cette matière combien éliminatoire
qu’on appelle "le travail". J’exige le respect pour cet homme. Lui,
entre autres, peut et doit être cité en exemple sur ce point à notre
jeunesse. Ne permettons pas à un macaque, fut-il de l’AFP, de le trainer
dans la boue ni de le ridiculiser.
D’ailleurs, chers amis, nous devons bien comprendre que certaines
personnes de l’International, ont des intérêts inavoués dans ce genre de
campagne de dénigrement. Elles veulent contester à notre pays le droit
d’avoir une élite. L’idéal pour eux serait que tous les haïtiens
indistinctement soient des crève-la-faim. Il ne doit pas être possible
pour un haïtien de réussir en Haïti. Le rêve de nos ancêtres libérateurs
ne doit être qu’un cauchemar. Ce rêve ne doit pas se réaliser. Pour
cela, il est important pour eux de porter le monde entier et surtout de
nous porter à détester et à mépriser ceux qui, en Haïti, se sont permis
de réussir. Même sans le fouet, ces gens essaient de nous détruire en
détruisant tous ceux qui sur place pourraient nous servir de modèles.
Nous sommes pauvres dans notre grande majorité parce que les puissances
esclavagistes nous ont appris à haïr le travail en Haïti, à haïr la
discipline en Haïti, et à haïr nos frères en Haïti.
Chers Amis, n’écoutons pas les susurrements lugubres et perfides de ces
serpents "qui sifflent sur nos têtes". Et surtout, ne propageons pas
leur venin. Soyons fiers de ceux qui réussissent en Haïti. Dans tous les
pays du monde, des gens réussissent et deviennent riches. C’est la loi
de la vie. Nous devons au contraire encourager la réussite et faire la
promotion de la réussite possible en Haïti. Ne donnons aucun coup de
main à ces démons qui n’ont de cesse de nous faire regretter 1804.
Disons non au Nivellement par le Bas. Si un Neg d’Haïti peut réussir,
tous les Neg d’Haïti peuvent en faire autant. "Haïti" ne rime pas
forcément avec "piti" et "haïtien" ne doit absolument pas être
l’illustration de "faim".

Merci pour votre attention

Patriotiquement votre,

Lesly Alphonse








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