CAPSULES-HAITIMONDE.COM - Les Dernières Nouvelles d’Haiti - Tout sur l’actualité haitienne - Le réseau de référence Haitimonde.com

Le premier Ministre Michèle D. Pierre-Louis interpellée

lundi 26 octobre 2009 par William Toussaint

Le premier Ministre Michèle D. Pierre-Louis interpellée

Lundi, 26 Octobre 2009 - Signal FM

Un an après son arrivée à la Primature, le Premier Ministre Michèle D. Pierre-Louis est interpellée au Sénat de la République à l’instigation de la Pateforme qui l’a approuvée aux lendemains des cyclones ayant ravagé le pays. La séance aura lieu le jeudi 29 octobre prochain.
Wenceslass Lambert, Moïse Jean Charles, John Joël Joseph et Anacacis Jean Hector sont les parlementaires interpellateurs, tous appartenant au parti Lespwa (Espoir) - le regroupement politique du président de la République, René Préval, majoritaire au Sénat.
Les sénateurs interpellateurs s’en prennent au Gouvernement essentiellement pour la gestion des 197 millions de dollars du fonds d’urgence post-cyclonique. Ceux-ci, à leurs dires, se seraient volatilisés.
A ce jour, une ébauche de rapport financier a été acheminée au Parlement sur l’utilisation des 197 millions de dollars. Mais elle a été vitement qualifiée d’ « album photos » par les parlementaires dès sa déposition. Conséquemment, ces sénateurs menacent de renvoyer le Premier ministre.
Le moment n’est pas opportun d’interpeller le Premier ministre, soutiennent certains leaders politiques.
Toutefois, estiment le responsable du Parti Social Rénové, Yves Rousseau et celui du PNDPH, Turneb Delpé, les sénateurs jouissent des prérogatives pour convoquer, voire sanctionner le gouvernement, en cas de corruption ou/et détournement de fonds.
De son coté, le sénateur Rudy Hériveaux, intervenant sur Signal FM ce matin à l’espace « Invité du jour », a déploré cette interpellation qui, selon lui, peut enfoncer le pays dans un vide institutionnel sans précédent. « Les investisseurs qui s’intéressent au pays vont vite faire marche-arrière, les élections du renouvellement de la chambre basse et du tiers du Sénat pâtiront », prévient-il.

Un leadership collectif soutenu par l’application d’un plan de développement à long terme, recommandent les investisseurs au 10è forum des entreprises de la Grande Caraïbe

Lundi, 26 Octobre 2009 - Signal FM

Quelques 300 hommes d’affaires venus des 25 pays des entreprises de la grande Caraïbe ont largement discuté et multiplié des échanges sur le secteur du textile, les technologies de l’information, le tourisme, l’agriculture et l’agro-business, à l’occasion du 10è Forum des pays de la Grande Caraïbe, ce week-end écoulé à l’hôtel Karibe Convention Center (Juvénat, Pétion-Ville).
Le Forum, qui a pris fin le vendredi 23 octobre, a été, selon le président de la chambre de commerce et d’industries d’Haïti Reginald Boulos « une opportunité pour les hommes d’affaires haïtiens d’échanger avec leurs homologues de la région et d’établir des partenariats leur permettant d’exploiter certaines potentialités ».

Reginald Boulos estime que ce forum va favoriser la création d’emplois dans le pays en raison des partenariats de développement entre les entreprises caribéennes et celles d’Haïti qui s’ensuivront.

Un leadership collectif soutenu par l’application d’un plan de développement pour les années à venir, recommandent les investisseurs.

Le 10è forum des entreprises de la grande Caraïbe a été organisé par l’Association des Etats de la Caraïbe (AEC).

Des délégués de la Guadeloupe, de la Martinique, du Canada, de la République Dominicaine, des Etats Unis, de la France, de la République de Chine, entre autres, y ont pris part. « Construisons des Partenariats dans la Grande Caraïbe » en a été le thème.

Le secrétaire général du CARLI dénonce une nouvelle fois le dysfonctionnement du système carcéral

Port-au-Prince, le 25 octobre 2009 – (AHP) – Le secrétaire général du CARLI, Me Renan Hédouville, a une dénoncé une nouvelle fois vendredi le dysfonctionnement du système carcéral en Haïti.

Selon Me Hédouville, il est temps de traiter les détenus comme des êtres humains et que leurs droits soient respectés

Il a dénoncé également la surpopulation carcérale et la dégradation accélérée de la situation depuis que les centres de détention sont sous le contrôle de la police nationale.

Renan Hédouville appelle les autorités compétentes à intervenir pour chercher à corriger cette situation.

Narcotrafic : Haïti parmi 16 pays ayant participé à un sommet régional sur la drogue

Le renforcement de la coopération entre les pays concernés et la consolidation de la sécurité et de la justice, points de focalisation de la troisième réunion ministérielle consacrée à la drogue, la sécurité et la coopération

dimanche 25 octobre 2009, - Radio Kiskeya

Une délégation haïtienne a pris part à la IIIe réunion ministérielle sur le problème mondial des drogues, la sécurité et la coopération qui s’est achevée samedi à Mexico en présence de représentants de 16 pays d’Amérique latine et des Caraïbes.
Selon une dépêche de l’agence mexicaine Notimex, dans la déclaration finale de ce sommet régional adoptée à l’issue de deux journées de travail, tous les ministres et chefs de délégation ont estimé que la guerre contre le narcotrafic ne pourra être gagnée sans des forces de sécurité et des institutions judiciaires d’une grande solidité.
Tablant sur une coopération étroite entre les pays de la région touchés par le fléau, les participants ont également convenu d’explorer la possibilité de consacrer au renforcement des institutions engagées dans la lutte contre le trafic de stupéfiants les ressources des réseaux de narcotrafiquants confisquées.
D’autre part, l’accent a été mis sur la nécessité de réduire le pouvoir économique des réseaux de trafiquants à travers la lutte contre le blanchiment d’argent.
Dans le dernier rapport annuel du gouvernement américain sur le narcotrafic au niveau planétaire, Haïti et la République Dominicaine (les deux républiques de l’île d’Haïti ou Hispaniola) figuraient parmi les 20 principaux pays producteurs ou de transit. spp/Radio Kiskeya

Arrestation de 3 personnes dans l’enquête sur l’assassinat de 3 haïtiens en république Dominicaine

26 oct. 09 - Métropole

Les autorités dominicaines ont annoncé l’arrestation de 3 personnes dans l’enquête sur l’assassinat de 3 haïtiens le 21 octobre dernier dans la dans la localité Boca de Cachón (Jimaní) en République Dominicaine.

L’identité de ces trois personnes arrêtés n’ont pas été révélée. Ils devront être entendues cette semaine a indiqué la police Dominicaine citée par la presse voisine.

Un général dominicain dépêché sur les lieux par le gouvernement dominicain a donné la garantie que toutes les dispositions seront prises pour traduire les responsables en justice. .

Il a aussi rassuré qu’il s’agit d’un incident isolé qui ne saurait nuire les bonnes relations entre les peuples haïtiens et dominicains.

Une vaste opération menée par une unité spécialisée de l’armée dominicaine rendue sur les lieux du drame le 23 octobre, a permis de récupérer les 3 cadavres qui ont été rapatrié en Haïti . .

L’ambassade Dominicaine à Port au Prince avait condamné l’assassinat de ces ressortissants haïtiens dans la localité Boca de Cachón (Jimaní) et avait annoncé qu’une enquête est en cours pour déterminer les circonstances dans lesquelles ces haïtiens ont été tués.

Boulos appelle les sénateurs à la prudence

26 oct. 09 - Métropole

Le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Haïti (CCIH), Reginald Boulos, lance un appel à la prudence aux sénateurs avant la séance d’interpellation de la Première Ministre Michèle Pierre Louis. Commentant la décision des sénateurs de Lespwa d’interpeller la cheffe du gouvernement, M. Boulos a attiré l’attention sur la nécessité d’éviter des actions qui pourraient compromettre la stabilité sociopolitique.

Tout en faisant remarquer qu’il s’agit d’une interpellation du gouvernement de Lespwa par des sénateurs de Lespwa, M. Boulos signale que les informations sur les points de désaccords au sein de ce parti n’ont pas été communiquées. " Les sénateurs doivent être vigilants pour ne pas empirer la situation", martèle le président de la CCIH qui s’étonne que les linges sales se lavent en public.

Intervenant à l’émission Metropolis de Nancy Roc, le président de la CCIH a estimé que les sénateurs devraient opter pour une solution qui permettrait de faire la lumière sur l’utilisation des 197 millions de dollars des fonds d’urgence. Il plaide pour la formation d’une commission d’enquête indépendante afin d’identifier les individus ayant joué des rôles importants dans la gestion des 197 millions de dollars. " On ne doit pas chercher un bouc émissaire et ensuite étouffer l’affaire", prévient M. Boulos pour qui cette option conduira à une instabilité politique.

M. Boulos fait remarquer que l’instabilité entraînera des pertes d’emploi rappelant que le peuple encore une fois sera le plus grand perdant.

LLM

Rapatriement prochain des restes de 3 haïtiens décapités en République Dominicaine

26 oct. 09 - Métropole

Les cadavres des 3 haïtiens décapités dans la province d’Independencia en République Dominicaine devraient être prochainement rapatriés. Le ministère haïtien des affaires étrangères qui a confirmé la nouvelle a requis auprès du gouvernement dominicain l’ouverture d’une enquête.

Dans un communiqué la chancellerie haïtienne indique que les haïtiens auraient été tués par des gardes forestiers dans la localité de Madre Fresco près de Jimani. " La répétition de tels actes ne reflète nullement l’esprit de solidarité et de coexistence pacifique qui caractérise les deux peuples et en plus est de nature à nuire aux efforts conjoints des deux gouvernements pour maintenir via le dialogue et la concertation un climat de paix et d’harmonie entre les deux pays", précise la note du ministère des affaires étrangères.

Selon les premières informations, les haïtiens décapités puis brûlés feraient partie d’un groupe d’une vingtaine de personnes ayant abattu des arbres pour la fabrication de charbon de bois.

Le correspondant de radio Métropole en République Dominicaine, Jean Michel Carroit, a souligné que le ministère dominicain des affaires étrangères a fermement condamné cet acte " abominable".

Le chancelier dominicain Carlos Morales Troncosso a demandé aux autorités judiciaires dominicaines de traduire les auteurs de ces crimes par devant les tribunaux.

Il soutient que cet acte est rejeté par la société et le gouvernement dominicain.

LLM

Lespwa impose sa loi au grand corps

26 oct. 09 - Métropole

Les sénateurs de Lespwa, le parti au pouvoir, ont, au cours de la semaine écoulée, adopté des dispositions en vue d’imposer leur politique au sénat.

Des sénateurs de Lespwa ont récemment pris le contrôle des 7 commissions permanentes avant de formuler une demande d’interpellation de la Première Ministre Michèle Pierre Louis.

Les sénateurs Youri Latortue, Rudy Heriveaux et Evaliere Beauplan ont perdu le contrôle des commissions permanentes justice, sante et affaires étrangères lors des récentes élections. Ces commissions sont désormais placées sous le contrôle de sénateurs de Lespwa et alliés dont Jean Rodolf Joasil et Wenceslass lambert.

L’offensive de Lespwa est dénoncée par certains sénateurs dont Rudy Herriveaux et Evaliere Beauplan. Le sénateur Herriveaux craint que " la gloutonnerie de Lespwa ne cause sa perte".

Apres avoir pris le contrôle du bureau et de la totalité des présidences des commissions permanentes, les sénateurs de Lespwa se proposent de renvoyer le gouvernement.

L’un des sénateurs interpellateurs, Anacacis Jean Hector, estime qu’il faut changer l’équipe gouvernementale parce qu’il y a une nouvelle majorité au sénat. Les sénateurs de Lespwa entendent analyser l’action du gouvernement Pierre Louis au cours de la séance d’interpellation du 29 octobre 2009.

Les sénateurs Anacacis Jean Hector et Wenceslass Lambert se déclarent déjà insatisfaits des résultats du gouvernement Pierre Louis.

Même si les sénateurs minoritaires sont restés silencieux sur la demande d’interpellation, le sénateur Jean Hector ne cesse de faire valoir que les critiques de l’opposition ont motivé leur action.

LLM

Clôture le week-end dernier du 10è Forum des entreprises de la grande Caraïbe

26 oct. 09 - Métropole

Le 10è Forum des entreprises de la grande Caraïbe qui a réuni des hommes d’affaires et des entrepreneurs de 25 pays a pris fin le week-end dernier à Port-au-Prince.

Les discussions et les échanges ont porté entre autres sur le secteur du textile, les technologies de l’information, le tourisme, l’agriculture et l’agro-business.

Le président de la chambre de commerce et d’industries d’Haïti qui intervenait à l’émission Métropolis croit que c’est une bonne chose que les hommes d’affaires haïtiens aient cette opportunité d’échanger avec leurs homologues de la région et d’établir des partenariats leur permettant d’exploiter certaines potentialités, .

Reginald Boulos reste convaincu que ce forum va favoriser la création d’emplois dans le pays tout en mettant l’accent sur la nécessité d’un partenariat de développement entre les entreprises caribéennes et celles d’Haïti. .

A la fin de ce forum les investisseurs ont plaidé en faveur d’un leadership collectif via l’application d’un plan de développement pour les années à venir.

RD

Sénat /Interpellation / Michèle Duvivier Pierre-Louis à la porte de sortie de la Primature

Sur la demande des sénateurs de la Plateforme politique Lespwa et alliés, la Première ministre et son gouvernement est interpellé au Sénat de la République le jeudi 29 octobre 2009. La gestion des fonds du programme d’urgence post-cyclonique 2008, soit 197 millions de dollars, est le motif principal de cette interpellation.

Suite aux dégâts causés par le passage sur Haïti des cyclones Hanna et Ike, après promulgation de la loi sur l’État d’urgence, 197 millions de dollars, soit huit milliards de gourdes, ont été décaissés à partir des fonds de l’accord Pétro-Caribe. Un rapport préliminaire, qui a été mal accueilli par les parlementaires, a été soumis au Parlement en janvier dernier. Et le gouvernement, à la Chambre des députés, avait pris l’engagement de transmettre le rapport final au cours du mois de juin.
Le dimanche 13 septembre, la veille de la dernière session constitutionnelle de la 48e législature, le rapport final a été transmis, soit avec près de trois mois de retard. Ce rapport n’a pu être analysé par les députés en raison du peu de temps dont disposaient ces derniers, partis en vacances le lendemain 14 septembre.
Certains députés se sont montrés peu intéressés par ce rapport final. C’est le cas du député Cholzer Chancy, en fin de mandat, qui a jugé que le transfert de ce document, le 13 septembre au Parlement, ne lui offrait pas la possibilité de réagir. « Le rapport est arrivé trop tard », avait lancé le questeur de la Chambre basse.
D’autres, comme Steven Benoît, avait laissé apparaître leur insatisfaction et leurs frustrations. « Moi, je m’attendais à un rapport détaillé », avait déclaré celui qui a noté dans ce document des projets encore en cours d’exécution. L’élu de Pétion-Ville a considéré ce rapport comme un « fait divers ».
Au Sénat, c’était le silence. Le temps de régler la question de validation des élus des dernières sénatoriales partielles, en dépit des contestations des résultats dans le Sud et dans l’Artibonite.
Ils sont trois néophytes de Lespwa, Wencesclas Lambert (Sud-est), Moïse Jean-Charles (Nord) et John Joël Joseph (Ouest), appuyés par Jean Hector Anacacis, et deux autres, Judnel Jean (Fusion, Nord-est) et Yvon Buissereth (Lavalas, Sud), à avoir proposé d’interpeller la Première ministre et son gouvernement. Les motifs : rapport de gestion des 197 millions de dollars et absence de résultats.
Il faut noter que l’interpellation de la Première ministre et de son gouvernement ressemble à un consensus entre anciens et nouveaux élus de Lespwa. Au début de la semaine écoulée, les sénateurs Jean Hector Anacacis et Nènèl Cassy étaient les chefs de file d’un mouvement d’interpellation visant le ministre de l’Économie et des finances, Daniel Dorsainvil, et celui de la Justice et de la sécurité publique, Me Jean Joseph Exumé. Mouvement contesté, principalement, par Moïse Jean-Charles qui avait souhaité que tout le gouvernement soit interpellé.
D’aucuns se questionnent sur l’objectif de l’interpellation, dans le contexte pré-électoral actuel, de la Première ministre Michèle Duvivier Pierre-Louis et de son équipe. Des questions se soulèvent également sur les vrais mobiles qui pourraient justifier un changement de gouvernement au regard de la grande mobilisation autour des investissements étrangers pour renforcer l’économie nationale. Et les remarques satisfaisantes de la communauté internationale ne manquent pas à l’endroit de Michèle Duvivier Pierre-Louis. La dernière, celle du nouvel ambassadeur américain en Haïti, le lundi 19 octobre 2009 au cours d’un dîner de bienvenue de la Chambre haïtiano-américaine (Hamcham).
« Un Premier ministre doué », avait dit Kenneth Merten.
Avec quelque dix-huit sénateurs sur trente, Lespwa et ses alliés détiennent la majorité pour décider du renvoi de madame Michèle Duvivier Pierre-Louis et de l’équipe gouvernementale. Et après ?
Trop tôt pour spéculer sur ce qui va se passer au cas où la séance du jeudi 29 septembre se termine par la destitution du gouvernement Pierre-Louis. Avec vingt-neuf sénateurs, le Sénat est plus ou moins complet et devrait être en mesure de ratifier facilement un nouveau Premier ministre, d’autant que Lespwa et alliés forment la majorité.
Là où le bât blesse, c’est à la Chambre basse. En votant, le 14 septembre, la Déclaration d’amendement de la Constitution, les députés ont admis théoriquement que la 48e législature est arrivée à terme. Là, il devient alors difficile de prévoir ce qui va se passer. Convoqués à l’extraordinaire pour voter et ratifier vingt-huit projets, propositions de loi, d’accords et traités internationaux, on peut compter sur les doigts le nombre de séances tenues depuis lors à cette Chambre. Même avec une révision de la convocation à l’extraordinaire, les députés auront-ils le temps de ratifier un nouveau Premier ministre et voter la politique générale de ce nouveau chef de gouvernement ?

Par Jacques Desrosiers

lundi 26 octobre 2009

Parlement / Sénat / Le contrôle des commissions confère-t-il certains avantages ?

Une vraie bataille pour la présidence de certaines commissions importantes s’engage, depuis quelque temps, au sein du Sénat. Plus précisément depuis les dernières élections du lundi 19 octobre 2009. À un point tel que des observateurs se demandent ce que cache la direction des commissions sénatoriales Justice, Affaires étrangères, Santé et Éducation.

Une phrase de Rudoplh Joazil – et une seule – pourrait éclaircir quelque peu le mystère, s’il en est, qui enveloppe cette question de présidence de commissions. Le sénateur du Nord-est (Fusion) a, en effet, déclaré : « Des gens qui se prennent pour des super sénateurs ont pris en otage les commissions les plus importantes pour régler leurs affaires politiques ». Voilà. Des avantages politiques accompagneraient un poste de président de commission !
Dépendamment de la commission, la marge de manœuvres est apparemment plus grande si l’on en est le numéro un. Tel aurait été le cas, par exemple, de la commission Justice et Sécurité, présidée dans un temps par le sénateur Youri Latortue (Artibonite, AAA).
Dans le cadre du programme Appui à la justice, la commission Justice et Sécurité a bénéficié du soutien de l’USAID, de la Coopération française et du Canada. Ces supports ont permis au sénateur Latortue d’engager des consultants et d’entreprendre certaines activités relatives à la mission de la commission.
Partisans et adversaires du sénateur Youri Latortue ont toutefois reconnu que ce dernier a su, en quelque sorte, dynamiser la commission Justice et Sécurité durant son passage à la présidence de ladite commission. Le nouveau président Rudolph Joazil promet, lui, d’y apporter du renouveau.
Youri Latortue explique sa destitution à la tête de la commission par son entêtement à exiger du chef de l’État la nomination d’un président à la Cour de cassation et la mise en place du Conseil supérieur du Pouvoir judiciaire (CSPJ). De plus, le sénateur de l’Artibonite était, avec la sénatrice Edmonde Supplice Beauzile (Centre, Fusion), au-devant de la scène quand il s’agissait de dénoncer les irrégularités dans le projet de Déclaration d’amendement de la Constitution soumis par le président René Préval au Parlement.
La sénatrice Edmonde Supplice Beauzile a été, elle aussi, remplacée à la tête de la commission Éducation. L’élue du Centre avait ouvertement formulé son désaccord sur une proposition de loi sur le système éducatif haïtien, conçue par le Groupe de travail sur l’éducation et la formation créé par le président de la République.
À propos du remplacement du sénateur Évallière Beauplan (Nord-Ouest, Pont) à la présidence de la commission Affaires étrangères, une explication semble surgir... encore de la bouche du sénateur Rudolph Joazil. L’élu du Nord-est a expliqué que le Sénat avait bloqué la diplomatie en faisant du marchandage chaque fois qu’il a été question de nommer un ambassadeur.
« Le président de la République se trouvait dans de beaux draps », a-t-il déploré.
Depuis les élections, le lundi 19 octobre, pour la formation des commissions sénatoriales, la commission Justice et Sécurité est présidée par Rudolph Joazil. Celle des Affaires étrangères est confiée à Wencesclass Lambert (Sud-est, Lespwa). Le sénateur de la Grande Anse, Maxime Roumer (Lespwa), dirige la commission Éducation et Santé. Les commissions Finances, Travaux publics et Agriculture conservent leur ancien président respectif, en l’occurrence Nènèl Cassy (Nippes, Lespwa), Jean Hector Anacacis (Ouest, Lespwa) et Laurent Féquière Mathurin (Sud-est, Lespwa).

Par Jacques Desrosiers

lundi 26 octobre 2009

Haïti : L’actualité en question - Le Nouvelliste

En dépit de ses grands défauts, peut-on condamner sans jugement la classe politique haïtienne perçue comme la classe des leaders qui sont dans l’opposition ou qui ne détiennent pas les rênes du pouvoir de l’Etat ?

L’histoire récente de ce pays n’offre pas encore un modèle de parti politique structuré, organisé et, de fait, prêt à prendre le pouvoir et à l’exercer. Problèmes de structures, d’organisation, de financement ? L’activité politique ne peut-elle encore susciter la vie de parti dans la perspective d’une compétition juste, équitable et d’un renforcement de l’Etat ?

Le président René Préval, au ranch de Croix-des-Bouquets, profitant d’une rencontre régulière qui devrait être dans l’intérêt collectif, s’est offert les collectivités territoriales pour monter une structure politique partisane. Peut-il y avoir de compétition électorale ouverte quand une structure politique peut utiliser, à ses propres fins, la capacité de mobilisation de l’Etat, les ressources de l’Etat... ? Gaz leta, lajan leta, lokal leta... pa gen pann !

Les autres structures politiques, partis ou regroupement de partis qui doivent se préparer pour les prochaines compétitions électorales, peuvent-elles ou pourront-elles au moins utiliser les installations du ranch de Croix-des-Bouquets pour leurs manifestations publiques ?

A moins qu’on ne veuille faire croire que le parti unique est le sous-système qui sied au système démocratique ’’pluraliste’’ prôné par la Constitution de 1987 en voie de révision... ! A moins que le nouvel évangile démocratique ne perçoive le pluralisme politique comme la principale source d’instabilité dans les Etats chaotiques ingouvernables’’ ! Corruption de la démocratie ? Démocratie de la corruption ? Corruption démocratique ?

Etonnant que les apôtres de la démocratie, soucieux de la stabilisation et du développement d’Haïti, n’y voient là aucun mal, aucune dérive, aucune tentation. A moins qu’on ne veuille faire aujourd’hui l’apologie d’une ’’stabilité politique’’ fictive, source d’une prétendue ’’stabilité économique’’.

Suivez bien notre regard !

Haïti : Cavale, inculpations, arrestations, accusations et libérations - Le Nouvelliste

« Trois inculpés renvoyés hors des liens de l’inculpation, vingt-huit autres poursuivis pour crime de forfaiture et des délits de fonctionnaires publics et des soustractions commises par les dépositaires publics, alors que huit autres encore sont poursuivis comme étant complices ». Telle est, en résumé, la conclusion de l’ordonnance rendue par le cabinet d’instruction près le tribunal de première instance de Port-de-Paix. Le cabinet d’instruction a été requis pour enquêter sur le scandale du pillage des narcodollars à Lavaud, une localité de cette ville.

Cette ordonnance est en partie conforme au réquisitoire définitif du parquet du tribunal de première instance de la juridiction de Port-de-Paix.

Le scandale des narcodollars est arrivé suite à une perquisition opérée en date du 12 novembre 2008 au domicile de M. Marc Frédéric, oncle de M. Alain Désir, un trafiquant de stupéfiants arrêté par les enquêteurs du BLTS le 21 octobre 2008. Ce dernier a été transféré aux Etats-Unis afin de répondre des charges retenues contre lui par les autorités américaines, et ce en vertu d’un accord signé entre les Etats-Unis et Haïti.

Ledit scandale est arrivé pendant que les membres de l’appareil judiciaire et policier de Port-de-Paix se trouvaient au domicile de Marc Frédéric en vue de procéder à une perquisition. Une fois sur les lieux, ils se sont accaparés d’une forte somme d’argent qui constituait ce qu’on appelle dans le jargon juridique le ’’corpus delicti’’, c’est-à-dire le corps du délit, selon les termes reproduits dans l’ordonnance rendue environ dix mois après le scandale.

La perquisition et ses conséquences

Au cours de cette perquisition, une cave a été découverte à l’intérieur d’une chambre dans la maison de M. Frédéric. On y a retrouvé des boîtes, des mallettes et un coffre-fort, tous remplis de billets en devises américaines, lit-on dans cette ordonnance du cabinet d’instruction. Cependant, ces boîtes et mallettes « ont été déchirées sur place et leur contenu avait été l’objet d’un premier pillage par les autorités judiciaires et policières » pourtant chargées de les acheminer au parquet pour les suites nécessaires. « Ils ont ainsi rempli leur poche, leur valise puis dissimulé des billets entre leurs vêtements et leur corps », précise l’ordonnance.

Laissant la maison perquisitionnée, « les autorités avaient rebroussé chemin après ce premier pillage et transporté au commissariat (de police) de Port-de-Paix deux boîtes et le coffre-fort qu’ils ne pouvaient ouvrir sur place. (...) Là, le corpus delicti avait été déposé au bureau du Service départemental de la Police judiciaire (SDPJ/Nord-Ouest) où a eu lieu un deuxième pillage pour pouvoir répartir le butin et arroser les hautes autorités policières du département et d’autres autorités judiciaires », poursuit l’ordonnance à la même page.

Au bureau du SDPJ/Nord-Ouest, ils ont fini par ouvrir une des boîtes et y ont trouvé 51 liasses de billets verts. Après avoir fait le décompte pour trois d’entre elles, ils ont trouvé dans chacune 10 000 dollars américains et ont finalement conclu qu’il s’agissait de 51 paquets de 10 000 dollars. Ce qui totalise 510 000 dollars américains qui seraient alors le corps du délit présenté et remis aux autorités de Port-au-Prince.

Le lendemain de cette perquisition, une équipe du BLTS, accompagnée d’agents de la MINUSTAH et de la DEA, a été dépêchée en urgence à Port-de-Paix et a pu transporter à Port-au-Prince le coffre-fort qui a été déposé à la Banque de la République d’Haïti (BRH). Le reliquat de l’argent détourné après la perquisition à Lavaud a aussi été déposé sur un compte à la BRH. « Et après, le coffre-fort a été déverrouillé sous le contrôle de la justice et de la police. Le décompte de la somme qu’il contenait a été effectué. Le reste de l’argent détourné, entreposé dans un sac à Port-de-Paix, totalisant un montant d’un million sept cent trente sept mille cent quatre-vingt dix dollars US ($ 1 737 190) a été déposé sur le compte de l’UCREF à la BRH (appert les procès-verbaux du juge de paix de la section sud de Port-au-Prince, Me Jean Gabriel Ambroise, requis en la circonstance) », précise-t-on à la page 22 de cette ordonnance de 35 pages.

Les chefs d’accusation

En vertu de tout ce qui précède, le cabinet d’instruction du tribunal de première instance de Port-de-Paix, chargée d’enquêter sur le scandale de Port-de-Paix, après avoir entendu inculpés, témoins et suspects, vient en effet de rendre son ordonnance conformément aux prescrits du Code d’instruction criminelle (CIC).

Selon cette ordonnance, près d’une trentaine de personnes impliquées dans ce dossier et inculpées par le parquet de Port-de-Paix sont renvoyées par devant le tribunal criminel siégeant sans assistance du jury en vue d’être jugées et punies selon les prescrits de la loi. Elles sont accusées « de crime de forfaiture et des délits de fonctionnaires publics et des soustractions commises par les dépositaires publics », prévus aux articles 129 et 130 du Code pénal et par la loi du 21 février 2001 sur le blanchiment des avoirs.

Du même coup, trois autres inculpés sont aussi renvoyés par devant la juridiction criminelle siégeant sans assistance du jury et sont accusés de complicité du crime susmentionné, selon cette ordonnance rendue le mardi 22 septembre 2009 et signée du juge et juge instructeur Vinx Etienne assisté du greffier Ulrick Lafrance. Dans cette ordonnance, il est aussi ordonné de procéder à l’arrestation de huit autres inculpés non encore appréhendés par la police, alors que cinq inculpés incarcérés dans le cadre de ce dossier doivent recouvrer leur liberté si aucune autre charge n’est retenue contre eux, selon cette ordonnance de 35 pages dont une copie est parvenue au journal.

Les accusés

Parmi les individus accusés, on retrouve un agent de la MINUSTAH en la personne de Samson Mangle, mais sa nationalité n’a pas été révélée. Cependant, toutes les démarches entreprises par le cabinet d’instruction pour l’entendre se sont révélées infructueuses, lit-on dans cette ordonnance qui se veut être une première dans l’histoire judiciaire haïtienne des trente dernières années, selon plusieurs commentateurs. M. Mangle est un agent de la MINUSTAH détaché au commissariat de Port-de-Paix, où il appuyait les éléments de l’Unité départementale de Maintien de l’Ordre (UDMO). Il se trouvait lui aussi à Lavaud et participait à toutes les phases de l’opération du 12 novembre 2008.

On y trouve aussi un ex-commissaire du gouvernement et un ex-substitut du commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Port-de-Paix, un ex-juge de paix du tribunal de paix de Port-de-Paix ainsi qu’un de ses suppléants, et deux greffiers affectés au même tribunal. 19 ex-policiers dont trois sont en cavale et 16 autres faisant l’objet de mesures conservatoires sont aussi renvoyés par devant le tribunal criminel sans assistance du jury pour répondre des accusations portées contre eux. Les cinq inculpés innocentés sont Sainvilna Saint-Charles et Kerline Jean (secrétaires) ainsi que Dumarsais Louidor, greffier du parquet de Port-de-Paix, Patrick Eugène et Ronel Gélin.

Selon les auteurs de cette ordonnance, « les autorités et membres du personnel judiciaire et policier dans le Nord-Ouest interrogés ont tous accepté et clairement déclaré que, lors de la perquisition de Lavaud, les objets saisis consistaient en valise, boite en carton, sac et coffre-fort ; et pour la réalisation de cette perquisition, il existait une ambiance de famille entre la police et la justice ».

Impunité ou supra-légalité ?

Dans ce dossier, rappelons-le, le nommé Samson Mangle, agent de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH), détaché au commissariat de Police de Port-de-Paix en appui aux policiers de l’Unité départementale de Maintien de l’Ordre (UDMO/Nord-Ouest), est aussi inculpé.

Mais il n’a pas été entendu par le cabinet d’instruction, vu son statut de fonctionnaire des Nations Unies. Et ce, en dépit du fait que les dix-neuf policiers de l’UDMO/Nord-Ouest, entendus par le magistrat instructeur, ont tous reconnu qu’« il s’avère important, pour la manifestation de la vérité, d’entendre Samson Mangle ».

En sa qualité de fonctionnaire des Nations unies, il « jouit des privilèges et immunités qui l’empêchent de s’y présenter (NDLR : par devant le cabinet d’instruction) sans une levée préalable de ces privilèges et immunités ».

Incompétence ou désistement ?

Ce qui a porté le juge instructeur à se déclarer incompétent pour instruire, « soit à charge soit à décharge contre le nommé Samson Mangle. (...) Ainsi, il ne peut être jugé selon les lois haïtiennes », lit-on encore dans cette ordonnance où il n’est pas dit le degré d’implication de ce fonctionnaire de l’ONU dans cette affaire où plusieurs fonctionnaires haïtiens ont été arrosés, des dizaines sont sous le coup d’une inculpation et certains sont en cavale.

A rappeler que, dans le cadre de cette affaire de narcodollars à Port-de-Paix, le commissaire de police de cette ville, Raymond Jean-Philippe, s’est vraisemblablement suicidé, selon la version officielle confirmée par le directeur général de la PNH, Mario Andrésol, au cours d’une interview au journal. Il a trouvé la mort à la Belle-Place, une localité de Port-de-Paix, peu avant son audition par des agents de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ).

Maxo Marhone, membre de l’appareil judiciaire de Port-de-Paix, a tenté lui aussi de se suicider le jeudi 15 janvier 2009, en buvant de l’acide sulfurique. A ce moment-là, il avait affirmé avoir voulu volontairement mettre fin à ses jours. Pour sa part, Marc Frédéric, oncle d’Alain Désir, le narcotrafiquant, a rendu l’âme sur son lit d’hôpital après avoir été attaqué par des hommes lourdement armés. Quant à Alain désir, il a été arrêté puis transféré aux Etats-Unis d’Amérique où il purge sa peine.

De la coopération haïtiano-américaine en la matière

Comme Alain Désir, des dizaines de trafiquants de drogue haïtiens sont ainsi arrêtés et transférés au pays de l’Oncle Sam. Et leurs biens confisqués par la justice haïtienne. Cependant, très peu d’investissements ont été consentis en Haïti, considérée comme une des plaques tournantes de la drogue, pour combattre ce fléau. Selon le directeur général de la PNH, moins d’une dizaine d’agents de la DEA, organisme américain contrôlant le trafic de stupéfiants, sont en poste en Haïti dans le cadre de la coopération haïtiano-américaine en la matière.

Toujours selon M. Andrésol, directeur général de la PNH, le trafic de stupéfiants se fait surtout sur les côtes. Et Haïti n’a pas les moyens pour combattre les trafiquants qui, eux, en ont en quantité largement suffisante pour arriver à leurs fins. Vous avez dit combattre le trafic de stupéfiants en Haïti. Un voeu pieux ou un objectif réalisable ? Avec quelle volonté et quels moyens ? Suivez mon regard.

LISTE DES INDIVIDUS RENVOYÉS PAR DEVANT LE TRIBUNAL CRIMINEL SANS ASSISTANCE DU JURY COMME AUTEURS DU CRIME

Me Réné Moïse, Bouquet Saint Marc, Jean Mathieu Dorvélus, Gaby Dorélien, Louis Albert Lauriston, Bernard Mary Dadaille, Michenet Balthazar, Nuclasse Jean Simon, Edmond Brutus, Ansy Mont Rose, Charlotin Jimmy Anglade, Toussaint Célestin, Gary Saint Vil, Eberle Théophile, Bélony Robenson, Accélus Wagonel, Comte Michelet, Jaboin Patrick, Ductan Ezéchias, Jean Jocelyn Francenord, Jean Mary Louiternier, Pierrilus Ramy, Gary Beauvil, Ludner Bélizaire, Harry Registe, Vincent Lixon, Wilson Louidor, Nicolas Theliny, Jean Rejunel, Melidor Jean Marc, Alexis Petit François, Marc Makendy et Edmond Brutus.

LISTE DES INDIVIDUS RENVOYÉS PAR DEVANT LE TRIBUNAL CRIMINEL SANS ASSISTANCE DU JURY COMME COMPLICES DU CRIME

Bernard Mary Dadaille, Michenet Baltazar et Marc Markendy

LISTE DES INDIVIDUS EN CAVALE RENVOYÉS PAR DEVANT LE TRIBUNAL CRIMINEL SANS ASSISTANCE DU JURY COMME AUTEURS ET/OU COMPLICES DU CRIME

Charlotin Jimmy Anglade, Toussaint Célestin, Gary Saint Vil, Bernard Mary Dadaille, Michenet Baltazar, Nuclasse Jean Simon, Edmond Brutus et Ansy Mont Rose

LISTE DES INDIVIDUS LIBÉRÉS

Kerline Jean, Sainvilna Saint Charles, Dumarsais Louidor, Patrick Eugène et Ronel Gélin

N.B : Samson Mangle, agent de la MINUSTAH, n’a pas été entendu par le juge instructeur en vertu de son statut de fonctionnaire des Nations Unies

Samuel BAUCICAUT

samuelbaucicaut@lenouvelliste.com

Haïti : Endoctrine-t-il les élus locaux ? - Le Nouvelliste

Le président René Préval poursuit sa série de rencontres avec les dirigeants de la Fédération nationale des CASEC (FENACA) dans la perspective d’une plate-forme politique à constituer. Du ranch de la Croix-des-Bouquets au Palais national, les élus locaux reviennent endoctrinés dans leur section communale.Les trois jours passés en tête à tête avec les membres de la Fédération nationale des CASEC (FENACA) au ranch de la Croix-des-Bouquets et au palais présidentiel ne suffisent pas au chef de l’Etat pour dévoiler son éventuelle plate-forme politique. Chose certaine, « les choses se sont bien passés », a confié un participant au journal. « Le président René Préval, a-t-il indiqué, entend nous rencontrer la semaine prochaine pour des discussions plus approfondies. » Cette aventure politique qui provoque la crainte chez des responsables de partis a débuté mardi dernier quand le président Préval, escorté de certains dissidents de l’Organisation du peuple en lutte (OPL) et de Fanmi Lavalas, a avoué son ambition de mettre en place une nouvelle plate-forme politique. Quelque 570 élus locaux ont pris part à la première rencontre.

Il lui faut une plate-forme politique qui réunit « toutes les couches de la société et de toutes les sphères politiques », croit dur comme fer, René Préval, élu deux fois président sous la bannière de deux structures politiques différentes, notamment la plate-forme politique Lavalas (PPL) et la plate-forme Lespwa. Les élus locaux sont, en effet, les premiers courtisés et les premiers convaincus de cette « volonté de Préval de sortir le pays de son marasme » à travers une plate-forme politique formée sous la houlette de l’Exécutif. La plate-forme Lespwa au pouvoir va jusqu’à contrôler presque toutes les commissions au Sénat de la République. Selon des sources concordantes, les associations des maires vont être consultées dans la perspective de leur intégration dans la nouvelle structure politique non encore baptisée. Le président de la Fédération nationale des ASEC, Giordany Coq, annonce la formation d’une structure politique qui réunira sa fédération, celle des CASEC, une frange de Fanmi Lavalas et de Lespwa et la Concertation des parlementaires progressifs (CPP) en passe de devenir une formation politique.
Ayant aussi pris part aux discussions de M. Préval avec les représentants des CASEC, l’élu de la 7e section de Saint-Michel de l’Attalaye place cette démarche sous le signe d’un vaste mouvement de réconciliation nationale. « Je suis finalement fier d’être à la base d’une entité politique qui est mienne, martèle M. Coq, élu sous la bannière de Lespwa. Car, en tant que paysan, j’ai trop longtemps été ignoré par mon propre parti politique. »

L’évangile de René Préval semble être sur la bonne voie. Le discours du président, qui veut que sa parole soit connue de tout le monde, a endoctriné les participants à la réunion du mercredi 21 et jeudi 22 octobre. « Allez de par le monde prêcher la bonne nouvelle. Quiconque croit sera sauvé et ceux qui ne croient pas seront condamnés », avait déclaré, mardi, le chef de l’Etat lors d’une rencontre plénière avec les membres de la FENACA à Croix-des-Bouquets. Pour expliquer cette nouvelle adhésion à M. Préval, Giordany Coq dénonce le mépris des partis politiques à l’égard de leurs élus locaux. « Les responsables des partis ne songent même pas à prodiguer un conseil à leurs élus, a-t-il déploré. Parfois, on a besoin de plusieurs rendez-vous pour une rencontre avec eux. Ils nous piétinent après les élections. »

Comprenant enfin que les élus locaux sont les représentants authentiques de la population, le président de la FENACA, Paul André, quant à lui, crache son mépris des politiciens haïtiens. « Nous les rejetons pour nous avoir trop longtemps méprisés, dit-il. Le peuple est finalement déçu de ces responsables qui créent une opposition après s’être enrichis à ses dépens. » Elu sous la bannière de Fanmi Lavalas, le coordonnateur du CASEC de Boucassin, section communale de Cabaret, place sous le signe de la stabilité, de l’unité de la famille haïtienne et de la décentralisation ce mouvement qu’il estime indispensable pour la conjoncture.

Les consultations doivent continuer auprès d’autres secteurs, selon Giordany Coq qui affiche clairement sa volonté de continuer à diriger sa section communale. « Nous travaillons à la réélection de tous les élus à Saint-Michel », martèle le président de la FENASEC qui omet volontairement dans sa liste le cartel de la mairie. Bon signe pour René Préval qui a conseillé aux collectivités territoriales de ne plus revendiquer, mais de s’« organiser pour prendre ce qu’elles doivent prendre ».

Haïti : Ni amendement, ni révision, ni refonte, mais une démocratie mixte - Le Nouvelliste

Le Nouvelliste du vendredi 17 au dimanche 19 juillet 2009 a publié un substantiel résumé du Groupe de travail sur la Constitution (GTC). Recommandations et propositions des auteurs de ce document suivies des modifications proposées par les parlementaires et l’Exécutif s’inscrivent dans le cadre d’une démocratie représentative dépourvue d’assise constitutionnelle ou populaire. C’est ce qui est démontré ci-dessous.

En idéologie démocratique, le peuple est le seul titulaire du pouvoir constituant. En 1987, le peuple haïtien a été dolosivement dépossédé du sien au profit de représentants élus dans des conditions discutables. Le dol a frappé d’inexistence constitutionnelle sa délégation de pouvoir. En conséquence, les actes des représentants n’engagent pas l’Etat au plan international et au plan interne, ni le peuple, dont le nombre de représentés et de représentants est réduit par des élections au scrutin majoritaire.

« Le système majoritaire, écrit Jean-Claude Zarka, est injuste dans la mesure où il prive de toute représentation les petites formations politiques. C’est un ’’scrutin de voleurs’’ qui participe directement au déclin de l’institution parlementaire. Il est sans pitié pour les courants minoritaires qui sont isolés sur l’échiquier politique. » (1)

J.C Zarka ajoute : « Les partisans de la représentation proportionnelle mette aussi en avant le fait qu’elle donne la représentation la plus juste, la plus fidèle de l’opinion. Selon eux, le système proportionnel serait plus juste que le système majoritaire puisqu’il rend possible la représentation parlementaire de toutes les nuances de l’opinion ; ce qui n’est pas le cas du scrutin majoritaire qui ne permet pas une représentation des minorités politiques et partant ne donne pas une photographie exacte du corps électoral. Mais cela n’est bien sûr envisageable que dans le cadre d’une représentation proportionnelle intégrable à base nationale. » (2)

Dans le système proportionnel, le quotient électoral, le nombre uniforme et le quotient national sont les possibilités pour répartir les sièges.

Pour procéder à la répartition des suffrages inemployés et des sièges non pourvus appelés ’’ restes’’, on utilise soit la proportionnelle intégrale à base nationale, soit la proportionnelle approchée. C’est sans doute ce système qu’a visé l’article 21 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, non-déconstitutionable sans un accord peuple haïtien - ONU, deux sujets du droit international.

« 1- Toute personne, dit cet article, a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l’intermédiaire de représentants librement choisis.

(2-) Toute personne a droit d’accéder dans des conditions d’égalité aux fonctions publiques de son pays.
(3-) La volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s’exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant le liberté du vote. »

Elire, en Haïti, les dirigeants engendre une âpre lutte politique. Manipulé, le peuple exprime sa volonté par scrutin majoritaire à deux tours. Ainsi est violé le droit d’accéder dans les conditions d’égalité aux fonctions publiques. Est simultanément violé le droit d’être représenté, question que peuvent connaître les juridictions ordinaires. Ces violations ont pour conséquence l’irrégularité des élections, leur illicéité internationale et l’inconstitutionnalité de la démocratie représentative.

J.C Zakra écrit : « Le scrutin proportionnel serait également, si on écoute ses promoteurs, un mode de scrutin ’’honnête’’ puisqu’il évite la fameuse ’’cuisine électorale’’ entre les deux tours et ce que certains appellent très justement ’’ les fausses alliances’’ que connaît le système majoritaire. » (3)

En Haïti, il y a environ 120 partis politiques enregistrés. Il est douteux que ce nombre, élevé, facilite l’application de la procédure de la représentation proportionnelle. Comparé aux deux procédés électoraux, le tirage au sort de candidats capables est moins coûteux, moins conflictuel.

« Le suffrage par le sort, dit Montesquieu, est de la nature de la démocratie... Le sort est une façon d’élire qui n’afflige personne ; il laisse à chaque citoyen une espérance raisonnable de servir sa patrie. Mais comme il est défectueux par lui-même, c’est à le régler et à le corriger que les grands législateurs se sont surpassés... Mais pour corriger le sort, il (Solon) régla qu’on ne pourrait élire que dans le nombre de ceux qui se présenteraient ; que celui qui aurait été élu serait examiné par des juges, et que chacun pourrait l’accuser d’en être indigne ; cela tenait en même temps du sort et du choix. Quand on avait fini le temps de sa magistrature, il fallait essuyer un autre jugement sur la manière dont on s’était comporté. Les gens sans capacité devaient avoir bien de la répugnance à donner leur nom pour être tirés au sort. » (4)

Le système mixte choix-sort est possible en Haïti ; de même la combinaison démocratie représentative - démocratie directe. Ce régime politique mixte n’est praticable qu’avec l’assistance de l’ONU : son application n’est pas incompatible avec l’article 21 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Combiner ces deux systèmes démocratiques, ce n’est, sur ce point, ni amender, ni réviser, ni refondre la Constitution de 1987. En attendant qu’intervienne une entente avec l’ONU, le peuple peut récupérer partiellement son pouvoir constituant en exigeant l’application des notions constitutionnelles suivantes :

« Démocratie semi-directe :

Forme de démocratie qui combine la démocratie représentative et la démocratie directe : le pouvoir est normalement exercé par des représentants, mais les citoyens peuvent dans certains conditions intervenir directement dans son exercice. » (5)

« Initiative populaire :

Procédé de la démocratie semi-directe permettant au peuple sous forme d’une pétition comportant un nombre déterminé de signatures de soumettre à l’Assemblée législative un projet qu’elle est contrainte d’examiner (selon une autre modalité, le projet est directement soumis à la votation populaire). » (6)

« Mandat impératif :

Conception du mandat politique selon laquelle les élus tenant leur mandat des électeurs de leurs circonscriptions (souveraineté populaire) doivent se conformer à leurs directives et peuvent être révoqués par eux. » (7)

« Révocation populaire :

Procédé de la démocratie semi-directe permettant au peuple de mettre fin à un mandat électif avant le terme légal. La révocation peut être individuelle (ex : le recall en vigueur dans certains Etats des Etats-Unis) ou collective (dissolution populaire d’une assemblée en vigueur dans quelques cantons suisses). » (8)

« Référendum :

Procédé de la démocratie semi-directe par lequel le peuple collabore à l’élaboration de la loi qui ne devient parfaite qu’avec son consentement.

1) Référendum constituant : celui qui porte sur l’adoption ou la révision d’une constitution ;
2) Référendum législatif : celui qui s’applique à une loi ordinaire. » (9)

« Veto populaire (ou référendum facultatif) :

Procédé de la démocratie semi-directe qui permet au peuple sur pétition formulée dans un certain délai par un nombre déterminé de citoyens d’opposer son refus à une loi régulièrement votée par le Parlement. A défaut d’opposition populaire dans le délai imparti, la loi entre en vigueur. » (10)

La procédure adoptée pour modifier la Constitution est un précédent politique, susceptible de déboucher sur une coutume constitutionnelle sauvage.

En idéologie démocratique, seul le peuple a le pouvoir d’élire les constituants.

Arthur de Mattéis

Références bibliographiques

(1) Jean-Claude Zarka, Introduction au droit constitutionnel, Ellipses Editions Marketing, paris, France, 2006, p.133
(2) Jean-Claude Zarka, op. cit. p.118
(3) Jean-Claude Zarka, op. cit. 119
(4) Montesquieu, De l’esprit des lois, G.F Flammarion, Paris, France, Tome I, 1979, p.p. 134, 135
(5) Raymond Guillien, Jean Vincent et autres auteurs, Lexique des termes juridiques, Dalloz, Paris, France, 12e édition, 1999
(6) Raymond Guillien, Jean Vincent et autres, auteurs op. cit.
(7) Raymond Guillien, Jean Vincent et autres, auteurs op.cit.
(8) Raymond Guillien, Jean Vincent et autres, auteurs op. cit.
(9) Raymond Guillien, Jean Vincent et autres, auteurs op. cit.
(10) Raymond Guillien, Jean Vincent et autres, auteurs op. cit.

Ranmase : La classe politique et les sénateurs « non Lespwa » opposés au départ de Mme Pierre-Louis

Par : Jean Monard Metellus

InfoHaiti.net (Port-au-Prince, HAITI)

Les invités de Ranmase de ce matin étaient unanimes à condamner la décision des sénateurs LESPWA qui ont choisi d’interpeller le premier ministre Michèle Duvivier Pierre dont le gouvernement est accusé d’avoir gaspillé ou détourné 187 millions de dollars des fonds d’urgence. Les sénateurs interpellateurs se déclarent aussi insatisfaits des résultats de la politique gouvernementale. Le député Acluche Louis Jeune croit qu’il s’agit d’une manœuvre du président René Préval pour contrôler les élections à venir et s’assurer que son successeur sortira de son clan et de sa famille politique. « John Joël Joseph ne s’appelle pas Acluche Louis Jeune, jamais, il n’aurait pu prendre sur lui-même la responsabilité d’interpeller le chef du gouvernement sans l’aval de son chef », a dit le député de Dame Marie qui conseille au chef du gouvernement de ne pas subir l’humiliation du grand corps. « Soyez grande et pragmatique, Mme Pierre Louis, démissionnez ! », déclare t-il. Le juriste René Julien, président de l’Amicale des Juristes et de l’ADEBHA invite les secteurs organisés de la classe politique et de la société civile à se constituer en un véritable bloc pour sauver les acquis démocratiques menacés avec le pouvoir du président Préval.

« C’est incroyable, René Préval fait des choses qu’on osait à peine imaginer et le parlement n’a même pas tenté de le mettre en accusation voire de s’ériger en haute Cour de justice (le sénat) pour le juger », s’est emporté Me Julien qui croit que le peuple doit avoir un vote-sanction lors des prochaines joutes et non un vote de complaisance comme il se plaisait à le faire à chaque fois.

Les sénateurs Roudy Hériveaux et Evalière Beauplan qui intervenaient par téléphone à l’émission n’ont pas de mot pour dénoncer le comportement de leurs nouveaux collègues au grand corps pour cette interpellation qu’ils jugent inopportune et mal calculée. Rudy Hériveaux a passé en revue les réalisations (il est vrai rares) du gouvernement pour justifier le fait qu’il ne peut ou ne devrait partir en ce moment marqué par la tentative de reprise de contacts avec l’International pour stimuler la croissance et l’investissement. Point de vue partagé par son collègue Beauplan qui estime que la mauvaise gestion de l’Etat ne saurait être mise sur le dos du chef du gouvernement. « Ayons le courage de cibler le coupable, il n’a pas deux noms, il s’appelle René Préval », a dit Evalièree Beauplan.
Les invités ont tous condamné aussi l’inaction du pouvoir face au drame de la République dominicaine où 4 compatriotes ont été décapités et brûlés vifs là-bas. Les problèmes des inondations et la route de Carrefour avaient occasionné l’intervention du maire Yvon Gérôme qui a parlé des mesures adoptées par le pouvoir central pour venir en aide à la population victime.

Les évêques africains dressent un réquisitoire contre les dirigeants politiques et dénoncent les faiblesses de l’Eglise

LE MONDE | 24.10.09

En trois semaines, le synode sur l’Afrique, qui s’achève samedi 24 octobre à Rome, a pris des allures de réquisitoire contre la gouvernance des responsables politiques locaux et les faiblesses de l’Eglise sur place.
Dans une synthèse de leurs travaux de ces dernières semaines, les pères synodaux ont fermement demandé, vendredi, aux responsables politiques catholiques africains de se comporter comme des "saints" pour le bien de leurs peuples ou de quitter leurs fonctions ; ils ont aussi interpellé les non-catholiques, les puissances étrangères et leur propre clergé.Au fil de leurs interventions et, tout en reconnaissant à l’Eglise catholique une croissance et un dynamisme réels, les évêques africains, se sont montrés particulièrement sévères envers leur propre institution ; ils ont critiqué des pratiques qui, selon eux, mettent en péril la crédibilité de l’Eglise sur place. "Il faut avoir le courage de dénoncer ce qui est mal au sein de l’Eglise", a lancé Polycarp Pengo, l’archevêque tanzanien de Dar es-Salaam. Il a ainsi fustigé "l’autoritarisme, le tribalisme et l’ethnocentrisme" de certains responsables d’Eglise, engagés aux côtés de partis politiques, tandis qu’un de ses confrères déplorait "l’implication des prêtres dans la corruption".
Inquiet des pratiques culturelles "occultes" de certains membres du clergé, un évêque nigérian a aussi estimé que "les libations, le culte des ancêtres, les sacrifices offerts aux idoles et aux dieux ne sont pas compatibles avec le message de l’Evangile".
Il a appelé le synode à réfléchir à une meilleure formation des séminaristes et des prêtres. Quant aux fidèles, attirés par les "sectes" pentecôtistes qui, à coup de "millions de dollars" leur proposent des "solutions rapides à leurs problèmes", ils ont été invités à "développer une spiritualité équilibrée"."Ces groupes souvent agressifs parlent de l’Eglise catholique comme d’une Eglise morte", s’est inquiété Mgr Martins, du Nigeria, qui a proposé “l’instauration de petites communautés chrétiennes" pour que les fidèles s’y sentent reconnus et, le cas échéant, aidés.
Les évêques ont aussi invité les religieux qui ne respectent pas toujours leur engagement de pauvreté et de célibat, à "se rappeler que les offrandes apportées par les fidèles ne sont pas destinées au seul clergé mais aux pauvres et à l’Eglise en général". En Afrique, il n’est pas rare que des prêtres ou des évêques gèrent une entreprise commerciale.
Avec constance, les évêques ont également mené la charge contre les responsables politiques et leur mauvaise gouvernance, "cancer qui dévore le continent", selon les termes d’un évêque kenyan. L’archevêque de Dakar (Sénégal), Théodore-Adrien Sarr, a dénoncé "la corruption des dirigeants africains qui accordent des avantages et des profits démesurés aux multinationales au détriment de leur pays, les conflits armés fomentés par les marchands d’armes et le pillage des ressources naturelles".
L’un de ses confrères tanzaniens a déploré que les hommes politiques considèrent leur élection comme un "permis de voler", dénonçant au passage les gouvernants qui "croient en la sorcellerie, la superstition et l’occultisme".
Par ailleurs, même si la période coloniale est aux yeux de ces évêques largement dépassée, l’influence de la "pensée unique" de l’Occident est copieusement fustigée. Elle aurait des influences "nocives" sur la famille et le mariage, et favoriserait, entre autres, l’avortement, l’homosexualité et “une confiance irréaliste en l’efficacité du préservatif" dans la lutte contre le sida, laquelle passe surtout, selon eux, par la fidélité et l’abstinence. Ce sujet avait fait polémique lors du voyage du pape Benoît XVI en Afrique, lorsqu’il avait déclaré que l’utilisation du préservatif "aggravait le problème " de la pandémie.
Egalement inquiets de la vague d’émigration qui touche l’ensemble du continent, les évêques ont estimé que les solutions, notamment la lutte contre la pauvreté, sont à rechercher sur place : "Nous nourrissons l’espoir de susciter chez les Africains subsahariens un sursaut ou une renaissance de l’homme noir", a déclaré le cardinal sénégalais. Il a appelé les gouvernants à prendre en main "le destin de leurs peuples".
Les pères synodaux devaient remettre à Benoît XVI une série de propositions concernant les actions spécifiques de l’Eglise en Afrique.

Stéphanie Le Bars








Accueil | Plan du site | info visites 316025

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site NOUVELLES D’HAITI  Suivre la vie du site Revue de la Presse en Haiti   Politique de publication

Haitimonde Network