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Le "gede " n’attire pas le grand commerce

mardi 6 novembre 2012 par Administrator

Une longue file de pèlerins défilent à la rue Monseigneur Guilloux. Ils sont vêtus de blanc, noir ou violet. Leurs visages recouverts de poudre blanche, ils utilisent un langage à forte connotation sexuelle et exécutent des danses qui attirent beaucoup de curieux et de passants.

Certains en éclatent de rire, alors que d’autres se sentent choqués. Le cimetière de Port-au-prince s’apprête à recevoir la fête des "gedes". D’abord dédiée aux morts, cette cérémonie de la culture du vaudou organisée les deux premiers jours du mois de novembre donne lieu à d’importantes festivités.

À l’entrée du cimetière, des petits marchands se bousculent pour écouler leurs produits : bougies de toutes les couleurs, de crucifix, du rhum, des mouchoirs, de bouteilles décorées, des bâtons, des cercueils, et bien d’autres fresques appartenant à la culture du vaudou.Sous la conduite d’un prêtre vaudou, un groupe de croyants font des vœux en s’aspergeant d’une potion, aux vertus miraculeuses, préparée en la circonstance. Ils repartent en faisant des dons d’argent aux différentes divinités vaudouesques.

Un peu plus loin, café et boissons alcooliques sont distribués aux morts comme aux vivants. Les familles des défunts déposent des bougies ou des fleurs sur les tombeaux de leurs proches disparus. Aux rires et sourires s’entremêlent parfois des larmes.

Malgré sa popularité, la fête des "gede" n’arrive pas encore à mobiliser l’économie du pays et créer son marché. Les participants se procurent de divers objets rituels sur le marché informel improvisé à l’entrée des cimetières. Sur les rayons de quelques supermarchés de la place, les produits vaudouesques n’y figurent pas. « Je ne m’intéresse pas aux "gede", poigne un propriétaire de supermarché. Comme tous les ans, notre commerce reste le même pendant cette période ». Pourtant, ce même magasin est l’un des plus achalandés pour la Noël et la fête de Saint-Valentin.

« Dans toutes sociétés, le commerce est mobilisé autour des activités culturelles, fait remarquer l’éthnologue Yves Blot. Pourtant, en Haïti, l’élite économique nie et dénigre la culture du pays. Le professeur en voit là un malaise profond de notre société.

De son côté, le directeur du Bureau national d’éthnologie, Érol Josué pense que le problème est ailleurs. « L’ignorance des hommes d’affaires haïtiens, dit-il, les empêchent d’investir là où ils peuvent tirer de gros profits. Un investissement dans des activités culturelles, comme la fête des "gede" serait à la fois profitable à eux-mêmes et à l’économie du pays ».

À ces critiques s’ajoutent celles non moins nombreuses, sur la responsabilité de l’Etat haïtien qui ne profite pas des diverses manifestations culturelles pour créer des emplois, renforcer l’économie et lutter efficacement contre la pauvreté extrême dans laquelle s’enlise le pays.

Dumas Maçon








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