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Le coup de Martelly, Duvalier et Aristide à l’affût

jeudi 16 mai 2013 par Administrator

Un coup de clé à molette par ci, un coup de marteau par là... des ouvriers en sueur démontent le podium érigé presque à l’entrée du ministère de la Culture, entre la Tour 2004 et la place Toussaint Louverture mercredi matin. Ils ne traînent pas. Des hommes en t-shirt jaune gardent un oeil sur des toilettes mobiles couchées tout près, un peu à l’est, presque en face du MUPANAH envahi par des écoliers tout excités, très attentifs aux consignes d’un professeur avant un saut dans l’antre des aïeux.

Sous les arbres, à côté, on discute et on mange. Le Champ de Mars, bouillonnant de vie, est truffé de posters à l’effigie du président Martelly dont on a fêté la veille les deux ans au pouvoir. Avec faste, comme au carnaval. Entre un commentaire sur le sacre de Juventus et celui du Barça le week-end dernier, les hauts faits de la fête d’hier soir alimentent les conversations. Comme au foot, il y a deux camps : ceux qui ont tout vu et tout entendu et les « je-n’étais-pas-là ». Sur la toile, on dissèque aussi, avec les mêmes tendances et en fonction des appartenances politiques, des compréhensions de cette soirée qui fera date.

A côté des vivats pour les actions du pouvoir, des commentaires, des calembours mouillés d’acide. On retient tout ou presque. Les « pinky ». Ces ministres, secrétaires d’Etat en rose, la couleur fétiche du président Michel Joseph Martelly. Chemise, maillot, corsage, bracelet... et autres breloques, le rose est de bon ton, le ton de ceux qui suivent la vague. C’est comme le rouge de Chavez. Sur le stand officiel, en « pinky ou pas », la présence de quelques « revenants » enfle les pronostics sur des retours possibles de ceux-ci au premier plan. Maître Josué Pierre-Louis, ex-président du CEP, quelque peu compromis et lâché par Martelly. Et Régine Godefroy dont la présence a créé quelques surprises. Ex-ministre de la Communication, elle avait démissionné ou selon des sources gouvernementales, anticipé sa mise à pied du gouvernement. Des visages connus, pour une fête ayant des airs de campagne électorale, ne dérangent pas Tèt Kale, show man, animateur impénitent et plus politique qu’on ne le croyait. Il a esquivé le bilan, un document de 500 pages, et offert un spectacle à coup d’improvisation. En chanson il s’est donné à fond. Pour les chiffres, le président ne s’est pas mouillé, même si ceux sur le nombre d’enfants scolarisés ont grand besoin d’actualisation au regard d’écoles fantômes identifiées dans le Programme de scolarisation universelle gratuite et obligatoire (PSUGO) par l’Unité de lutte contre la Corruption. Les chiffres, c’est risqué. Les chiffres sur 400 000 emplois créés en deux ans et l’estocade ou le flop monumental sur Sally Flood Way pas curé depuis des décennies ont fait des vagues et donné quelques leçons au président. Il y a quelques jours, remontant les bretelles sans le citer, Jean-Bertrand Aristide, le traitant de menteur, Martelly, le chef de l’Etat, s’est complètement gouré sur le canal d’irrigation.

Sur un nuage, MJM, en direct, a savouré le goût de l’allégeance des Parlementaires pour la stabilité et le progrès (PSP) et de ses députés, dont Job Jolicaire de l’Acul-du-Nord, généreux dans ses baisers à distance, et de celui de Oaunaminthe, Luckner Noël, qui a volé la vedette à tout le monde en faisant une génuflexion face aux caméras devant le président. « C’est sa façon d’exprimer son contentement », a confié ce parlementaire, exhaustif cependant en égrenant les réalisations du pouvoir Tèt Kale dans sa circonscription. "Martelly remplit les têtes et bâtit des maison ", selon ce député. Solide dans son attachement au président à Martelly et à la première dame, Luckner Noël a fait de l’ombre à Shabba, le chanteur de Djakout # 1, nostalgique de la présidence à vie, de la dictature qui vient avec. « Martelly à vie », a lâché cette star du compas, terreur de T-Vice au carnaval.

Politique, Michel Joseph Martelly s’est posé en rassembleur et a rejeté la responsabilité de la non tenue du forum des ex-présidents pour faire l’unité nationale avec Jean-Claude Duvalier et Jean-Bertrand Aristide. « Ils sont chauds. » Ces deux ex-chefs d’Etat ne parviennent pas à transcender ce qui les divisent. Martelly, avec subtilité, s’est présenté, en dépit de ses ancrages néo-duvaliéristes, en neutre, celui qui n’est pas « chaud ». Dans cette veine, il a calmé le jeu avec des adversaires politiques. Martelly a refusé la confrontation avec Aristide, même s’il surfait sur une bonne vague avec une foule respectable au Champ de Mars, animé par des bandes de rara qui ne font pas dans le bénévolat. Pour tenir cette foule en haleine, le président Martelly sait qu’il faut ressuciter Sweet Micky. Cela marche. Le bon vieux Sweet Micky l’aide à faire avaler quelques petites pilules, à remplacer des questionnements, les appréhensions quant à la capacité de ces députés acquis à la cause rose à jouer leur rôle de contrôle de l’action de ce gouvernement qu’ils supportent, par des éclats de rire.

Si le rire a le mérite d’être contagieux, l’ex-président à vie Jean-Claude Duvalier semble être immunisé. Sur son compte Facebook, il a confié avec solennité avoir « suivi avec attention l’intervention du président de la République à l’occasion du 14 mai 2013 » et « rendu avec satisfaction son voeu de se réunir avec les anciens chefs d’Etat ». « J’avais d’ailleurs dès mon retour au pays exprimé publiquement ce souhait. Je demeure toujours convaincu de l’impérieuse nécessité de s’unir et que seul un consensus national peut nous permettre de relever les innombrables défis », a répondu Jean-claude Duvalier qui a terminé ce court message par des slogans patriotiques : « Haïti d’abord ! Haïti toujours ! Vive Haïti ! Vive le peuple haïtien ! »

« Je n’ai pas entendu ces déclarations et le contexte », a répondu le docteur Maryse Narcisse, la coordonnatrice de Fanmi Lavalas en guise de commentaires aux propos de Martelly. « Demain, Fanmi Lavalas publiera une note de presse », a-t-elle ajouté. Sur ce sujet ? « Vous n’aimez pas les surprises », a répondu avec un large sourire Maryse Narcisse.
Entre-temps, les commentaires n’en finissent pas sur cette fête et sur les agissements des uns et des autres. Dans un sens comme dans l’autre, le président Michel Joseph Martelly a fait un bon coup...

Roberson Alphonse

roberson_alphonse@yahoo.com








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