CAPSULES-HAITIMONDE.COM - Les Dernières Nouvelles d’Haiti - Tout sur l’actualité haitienne - Le réseau de référence Haitimonde.com
Carnaval national 2014

Le carnaval terminé, qu’est-ce qui subsistera aux Gonaïves ?

jeudi 13 mars 2014 par Administrator

Une semaine après la fin de la tenue du carnaval national aux Gonaïves, beaucoup de personnes s’interrogent sur ce dont la ville a pu bénéficier en hébergeant ces trois jours de festivités.

Mardi 11 mars 2014, Gonaïves s’éveille et commence doucement à s’animer. Le concert assourdissant des avertisseurs, des motocyclistes et des automobiles, appelle tout un chacun à son devoir. En effet, le centre-ville de la cité de l’indépendance, pour ce deuxième jour de la semaine, grouillait de monde qui vaquait paisiblement à ses occupations : des écoliers, à bout de souffle, regagnant leur salle de classe (ils ont encore du mal à s’adapter au passage à l’heure d’été), des petits commerçants s’occupant de leur étalage sur la place du marché, le transport en commun, deux et quatre roues y compris, aussi remuant que possible parcourant la ville d’un bout à l’autre… Enfin, le spectacle d’une ville qui bouge et des habitants s’acharnant tant bien que mal à gagner leur vie. A aucun moment, le carnaval national qui vient de se tenir huit jours plus tôt, n’est évoqué. La population gonaïvienne est déjà passée à autre chose. Du carnaval national, elle n’en garde qu’un vague souvenir.

La place d’armes continue d’abriter ces petits marchands qui n’en finissent pas de l’encrasser, la place du marché n’a pas cessé d’être le plus grand centre de production d’immondices de la ville… Difficile pour un quelconque observateur se trouvant sur place de penser que c’est dans cette ville huit jours plus tôt qu’avait eu lieu le carnaval national. Hormis une pancarte à double face, disposée sur la route nationale, remerciant les actuels et les anciens sénateurs de la République Willy Jean-Baptiste et Youri Latortue pour avoir intercédé en faveur de la ville pour être le siège de ces festivités carnavalesques ainsi que le président Michel Martelly et le chef du gouvernement Laurent Lamothe d’avoir offert pareil cadeau à la ville. Par ailleurs, l’ancien parlementaire et conseiller spécial du président, Youri Latortue, estime que la ville des Gonaïves, en organisant durant ces trois jours le carnaval national, a tiré d’importants bénéfices subséquents : les infrastructures routières, l’amélioration du réseau électrique, la recapitalisation des petits commerçants et enfin, le plus important de tous, Gonaïves a beaucoup gagné en visibilité.

« Beaucoup de gens, avant la tenue du carnaval national, avaient une piètre opinion de la ville des Gonaïves mais nous leur avons prouvé le contraire […] Nous leur avons démontré que nous sommes des gens hospitaliers et que dans l’Artibonite nous savons comment recevoir », déclare Youri Latortue, sourire aux lèvres.

Du côté de la rue Christophe, les travaux de réhabilitation de cette bretelle se poursuivent. Les manœuvres se planchent actuellement sur la canalisation. Youri Latortue confesse volontiers que des travaux sont en cours sur d’autres tronçons comme les routes conduisant aux plages, aux « lakou » mystiques, aux différents sites touristiques… « L’inachèvement de ces travaux ont à voir avec la façon dont le carnaval a été attribué. Je vais faire le suivi avec la ministre du Tourisme concernant ces travaux », promet avec ardeur Youri Latortue. Les rues en question qui ont été rénovées sont, entre autres, Parc Vincent, Descahos, l’avenue Léon Legros et la ruelle Artéaga.

Pour le reste, Gonaïves offre le spectacle d’une ville qui se prépare à recevoir le carnaval et non une ville l’ayant reçu il y a de cela une semaine. « Beaucoup de choses ont été faites durant le carnaval dans les secteurs infrastructures, touristime et commerce », argue le deuxième agent exécutif intérimaire Marc Edouard Désir.Pour l’heure, la tendance qui prévaut actuellement dans la cité de l’indépendance tenterait à faire croire que le meilleur est encore à venir. Ce que le ville des Gonaïves ont pu tirer du déroulement du carnaval national, pour lequel cinq millions de dollars ont été débloqués dans le cadre de sa préparation, n’est pas aussi visible comme le nez au milieu de la figure. Les retombées des dépenses publiques peinent à justifier tout le ramdam orchestré autour du choix de la ville des Gonaïves comme ville-hôte des festivités carnavalesques. A moins que les attentes, une fois de plus, aient été trop élevées.

L’augmentation des chambres d’hôtel, par contre, est une certitude. La classe laborieuse, paraît-il, n’a pas gagné des mille et des cent. A l’instar de ce cambiste rencontré dans les parages de l’hôtel de ville, une liasse de billets verts en main, en train de somnoler, le petit commerce essaie de maintenir la tête hors de l’eau. « Si les affaires étaient vraiment bonnes durant le carnaval, l’état de notre commerce s’en ressentirait, vous auriez vu des marchandises assorties dues au renouvellement de notre stock », soutient Fernande Altidor, une vendeuse de boissons gazeuses et de provisions alimentaires. Il est aussi connu que les commerçants haïtiens n’ont pas leur égal dans l’art de se plaindre.

Patrick SAINT-PRE
sppatrick@lenouvelliste.com

Voir en ligne : Le Nouvelliste







Accueil | Plan du site | info visites 322538

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site NOUVELLES D’HAITI  Suivre la vie du site Revue de la Presse en Haiti   Politique de publication

Haitimonde Network