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Le MEF présente le budget révisé

vendredi 13 mars 2015 par William Toussaint

Le Ministère de l’Economie et des Finances (MEF) a dévoilé à la presse, le jeudi 12 mars 2015, à l’hôtel Le Ritz à Pétion-Ville, les grandes lignes du budget révisé 2014-2015. Et, une fois n’est pas coutume, le grand argentier de la République, Wilson Laleau, a décidé d’annexer au budget rectificatif du présent exercice les documents du pacte pour l’emploi et la croissance économique et du programme à haute intensité de main-d’œuvre et d’habilitation économique. Le ministre de l’énomie Wilson Laleau entouré par les directeurs du budget (à gauche) et le ministre de la communication Rotchild François et le secrétaire d’Etat au Finances Ronald Décembre (à droite)

Les grandes orientations du budget, les nouvelles mesures fiscales et douanières adoptées par le gouvernement en vue de venir en aide aux entreprises locales qui se dédient à la production ont été passées à la loupe dans la matinée du jeudi par le ministre Wilson Laleau, en personne, le secrétaire d’Etat aux Finances, Ronald Décembre, ainsi que par Pressoir Urbain Excéus et Jean Michel Silin, respectivement directeur général et directeur général adjoint du budget.

« Le budget est passé de 122.6 milliards de gourdes à 109.5 milliards de gourdes, soit une variation de 10.7% de moins », a informé le directeur général du budget. Dans la foulée, les autorités ont réduit les dépenses de capital à 16.5% contre 2.8% pour les dépenses courantes. Pressoir Urbain Excéus explique pourquoi la baisse des dépenses de capital par rapport aux dépenses courantes est plus significative : « Les ressources PetroCaribe qui finançaient essentiellement des programmes d’investissement ont chuté de 10 milliards de gourdes, soit une baisse de 49% »

Ensuite, comme hypothèses macroéconomiques, le budget rectifié prévoit : un taux de croissance réelle de l’économie de 2.5% contrairement au taux 4.6% de croissance prévu initialement ; un taux d’inflation annuel en moyenne à 6.3% contre 6.6% dans le budget initial et un taux de change de 47 gourdes pour 1 dollar contre 45 gourdes pour 1 dollar. La pression fiscale augmentera légèrement de 14.1% contre 13.5% dans le précédent budget.

Les grandes orientations du budget

« En matière de gestion de finance publique, l’Etat s’efforcera de ne pas avoir recours à la création monétaire pour financer le budget de la République », a tenté de rassurer le directeur général du budget. En outre, le budget révisé vise notamment la promotion du développement des PME (avec l’allocation de 350 millions de gourdes tirées du Trésor public), l’augmentation du financement des activités électorales (300 millions de gourdes pour l’exercice 2014-15 en sus des 600 millions sur les deux précédents exercices) et l’augmentation du financement des partis politiques (ajout de 150 millions de gourdes pour un total de 500 millions de gourdes).

Nouvelles mesures fiscales, douanières et administratives

La présentation de cette partie du budget a été assurée par Ronald Décembre, secrétaire d’Etat aux Finances, qui a dressé, pour l’assistance, tout un train de mesures qui, selon lui, doivent concourir à l’efficacité dans l’application de ce budget rectificatif.

Ainsi, en termes de mesures fiscales, l’exécutif a établi un droit de circulation à l’intérieur du pays pour tout véhicule étranger de transport de marchandises entrant sur le territoire national par la frontière terrestre : 4 000 gourdes seront prélevées aux camions et 5 000 gourdes aux remorques. Ronald Décembre annonce que le droit spécial sur les téléphones importés est passé à 100 gourdes et que plusieurs mesures pour protéger l’environnement sont aussi envisagées.

« Les nouvelles dispositions douanières ne visent pas l’augmentation des taxes », a averti le secrétaire d’Etat. Afin d’augmenter les revenus des producteurs locaux, ce dernier a fait savoir que les tarifs douaniers sur certains produits importés ont été actualisés. C’est le cas, par exemple, du blé, dont le taux d’imposition a été ramené à 0 et celui de la farine a été augmenté de 3.5% à 15% pour permettre à Minoterie d’Haïti d’atteindre sa pleine et entière capacité de production, et du maïs moulu dont le tarif est passé de 3.5% à 20% afin d’encourager les producteurs locaux. Décembre a fait remarquer que le maïs est actuellement en surproduction car, dit-il, pour une production de 250 000 tonnes nous ne consommons que 24 300 tonnes.

Ensuite, il a fait état de l’augmentation du tarif sur l’importation de rhum, vin, whisky et cigarettes qui est passé de 15 à 40%.

Entre autres mesures administratives majeures évoquées par Ronald Décembre, nous pouvons citer : le lancement d’ici fin avril du système de paiement en ligne de la DGI en partenariat avec les différentes banques commerciales de la place, le renforcement de la brigade anti contrebande ainsi que le déplacement de la douane de Malpasse dans un nouveau local adéquat.

Au terme de ces présentations, le ministre Wilson Laleau s’est exprimé au sujet du Pacte pour l’emploi et la croissance économique, disant qu’il souhaite « que ce document devienne une priorité pour les prochains gouvernements ».

Selon ses dires, le Pacte pour l’emploi et la croissance économique constitue un « ensemble d’engagements que le gouvernement compte prendre avec tout le monde au sein de la société, d’abord avec lui-même à travers l’ensemble de ses ministères qui vont ensuite travailler avec le secteur privé, des groupes qui ont envie de faire des affaires dans le pays, pour que la politique de la croissance de l’emploi devienne une réalité dans le pays. »

Auteur : Patrick SAINT-PRE

sppatrick@lenouvelliste.com








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