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La société haïtienne a-t-elle choisi l’effondrement ?

jeudi 29 novembre 2012 par Administrator

Beaucoup de gens doutent que l’effondrement des sociétés soit possible. Non seulement cela est arrivé plus d’une fois dans l’histoire du monde mais encore les chercheurs ont mentionné le destin particulier de deux sociétés (les Vikings et les Inuits) vivant sur une même île du Groenland et possédant des cultures différentes. Les premiers se sont effondrés tandis que les seconds ont survécu. Cela ne fait-il pas penser au cas de la République dominicaine et de la République d’Haïti qui se partagent la même île, avec des politiques différentes en matière environnementale ?

Pourquoi et comment Haïti s’effondre-t-elle ? (Suite – Voir le Nouvelliste du 22 / 11/ 12)

JEAN ANDRE VICTOR

La société haïtienne semble avoir choisi l’effondrement comme moyen de quitter la scène internationale en cassant le pacte national du vouloir-vivre ensemble. C’est ce que nous allons démontrer en utilisant la grille d’analyse de Diamond. Primo, la société haïtienne n’a pas pu anticiper le problème de sa propre disparition ; secundo, elle n’a pas pu évaluer correctement la crise globale ; tercio, elle a échoué dans ses tentatives de vouloir résoudre la crise environnementale comme composante de la crise globale et quarto, elle n’a pas pu ou n’a pas su résoudre le vrai problème de société qui est l’effondrement national.

L’anticipation du phénomène de l’effondrement

Il était difficile, voire impossible, pour les Haïtiens en 1804 de ne pas accepter l’héritage obéré des Français, pour emprunter le terme de Benoît Joachim, avec son actif et son passif, et encore moins de prévoir ce qui allait arriver en termes de dégradation des sols, après qu’ils eurent abattu les forêts restantes pour payer notamment la dette de l’indépendance, comme l’a montré Pierre Benoît.

Bien sûr, il y eut des gens parmi les colons pour tirer la sonnette d’alarme comme Moreau de St Méry (1797) qui faisait remarquer que la disparition des forêts hypothéquait l’avenir de la colonie. Evidemment, il parlait de la colonie et pas de la France. De même, il parlait de Saint-Domingue et pas d’Haïti. Il s’agissait, lors, d’un problème ponctuel que nul ne songeait à mettre en relation avec le devenir d’une civilisation en gestation.

Si les Haïtiens n’ont pas pu anticiper le problème, ils ont pu, par contre, identifier certains problèmes au fur et à mesure qu’ils se posaient. En témoignent les rapports de nombreux experts étrangers et haïtiens autour des différentes questions environnementales. Ce fait se reflète également dans le corpus juridique de l’environnement, lequel regorge de textes législatifs et règlementaires régissant les forêts, les arbres, les sols, les ressources en eau, les aires protégées, les pollutions et les déchets, de 1804 à nos jours. Est-ce à dire que la législation environnementale a été conçue pour éviter l’effondrement sur la base des menaces qui pesaient sur l’existence même de la patrie ? Il est permis d’en douter. De tels instruments juridiques étaient plutôt élaborés pour résoudre des problèmes isolés les uns des autres et n’étaient point conçus dans une perspective holistique devant garantir la survie de la nation. En outre, la législation de l’environnement n’est ni appliquée ni respectée et est considérée, pour cela, comme un tigre de papier. En un mot comme en cent, force est de conclure que la société haïtienne n’a pas pu anticiper le problème de l’effondrement national qu’elle n’a jamais vu venir. Il est toujours possible de se rattraper mais, il faut, comme la République dominicaine, prendre conscience de l’effondrement, au bon moment, c’est-à-dire avant que ce dernier n’advienne.

La mauvaise évaluation de la crise globale

Le fait de n’avoir pas pu anticiper le problème au bon moment explique la mauvaise gestion de l’environnement et la multiplication des dommages environnementaux à l’intérieur de l’espace considéré. Lorsque la crise environnementale est arrivée, il faut pouvoir l’évaluer correctement en ayant à l’esprit que les risques d’effondrement sont bel et bien réels. Là, commencent les différences avec la République dominicaine qui a pu se réveiller bien avant la catastrophe annoncée tandis que la République d’Haïti hésite encore à réagir dans le bon sens.

Considérons d’abord le problème environnemental per se, lequel a été relativement mal évalué chez nous, puisqu’il n’a pas été associé au phénomène de l’effondrement, tout au moins de manière méthodique. Par exemple, l’alerte a été donnée, sur tous les tons, avant et après 1804, pour dénoncer le déboisement et la déforestation comme des maux publics, responsables de la dégradation des ressources naturelles (sols, eaux, forêts, biodiversité, faune et flore). Mais, les pronostics et les prédictions élaborés à l’occasion font référence plutôt aux dommages sectoriels et non à l’effondrement comme un problème holistique. Personne ne s’est jamais douté que l’existence même de la civilisation haïtienne était menacée, que des peuples, avant nous, ont disparu et que notre peuple peut bien disparaître aussi, étant entendu que le pays physique ne va pas disparaître mais le peuple pourrait l’être, en tant que forgeur et porteur de civilisation. C’est d’ailleurs pourquoi l’individu est toujours tenté de faire du « sauve qui peut » au lieu d’accepter le suicide collectif. Instinct de conservation oblige !

Chez nous, l’impact des agressions environnementales n’est pas, non plus, bien maîtrisé des élites et des preneurs de décision. En effet, les séismes peuvent devenir de plus en plus meurtriers, les inondations de plus en plus destructrices, mais cela ne va point provoquer l’effondrement national. N’est-ce pas que la République est toujours en vie après les inondations meurtrières de Fonds-Verrettes et de Mapou en 2004, des Gonaïves en 2008 et du Cap-Haïtien en 2012 et après le séisme destructeur du 12 janvier 2010 ? De tels événements récurrents font ressortir que les Haïtiens n’ont pas su maîtriser leur environnement et qu’ils ne comprennent pas qu’avec la même population que la République dominicaine, ils vivent sur un tiers de l’île avec moins de richesses naturelles et plus de fragilité et qu’en raison de cela, ils devraient adopter des politiques publiques plus sévères que celles retenues par leur voisin dans le domaine de l’environnement. Malheureusement, c’est l’inverse qui s’est produit.

La politique du laisser-faire fait perdre à la République plus d’un milliard de dollars américains par an, à cause du blanchiment des coraux, de la destruction de la mangrove, de l’érosion des sols, de la sédimentation des lacs, des barrages et des canaux d’irrigation et de drainage, de la déforestation et de la baisse de fertilité des sols. La baisse de la capacité de charge démographique des terres arables contraint, chaque année, environ 500 000 paysans sans terre à fuir le milieu rural à la recherche de terres plus hospitalières soit en ville soit à l’étranger. Lorsque le taux de croissance démographique est supérieur à celui de la croissance économique, comme c’est souvent le cas dans notre pays, ce dernier ne fait que « fabriquer » la pauvreté pendant que le taux d’urbanisation est passé de 20% en 1950 à 40% en l’an 2012. Les bidonvilles colonisent alors les collines les plus orgueilleuses de nos centres urbains et les petits commerces, avec ou sans étalage, occupent les trottoirs des principales artères de nos villes sordides.

Comment réagissons-nous face à de tels problèmes objectifs ? Au lieu d’adopter des mesures concrètes pour éviter l’effondrement qui se précise, nous manifestons une attitude totalement émotionnelle et subjective en disant que les paysans sont devenus paresseux, qu’ils ne veulent plus travailler la terre et que d’ailleurs, ce sont eux qui abattent les arbres pour produire du charbon de bois. Ce sont eux les assassins de l’environnement et les artisans de nos malheurs. Nous multiplions alors des projets bidons pour les forcer à séjourner en milieu rural ou bien nous leur offrons de quoi payer le transport pour retourner dans leur patelin d’origine, lorsque les pays amis procèdent à leur rapatriement planifié. Nous faisons des subventions à fonds perdus à ceux-là qui menacent de manifester bruyamment leur mécontentement et nous abandonnons l’espace rural aux mains des voleurs de bétail sous prétexte que l’effectif de la Police nationale d’Haïti est trop faible. Enlisés dans le merveilleux et les querelles de chapelle, nous faisons appel aux anges et aux archanges, aux esprits et aux lwa, aux experts étrangers et aux cadres expatriés pour chercher ailleurs des réponses que nous portons en nous-mêmes.

En somme, nous sommes les mauvais acteurs d’un film d’horreur dont nous n’avons pas compris le long scénario. Nos mimiques ne correspondent point à la logique du spectacle et nous évoluons dans une tragédie quand nous croyons faire de la comédie. Nous sommes loin de réaliser que la dégradation de l’environnement est une condition nécessaire, bien que non suffisante, de l’effondrement national.

L’échec des tentatives effectuées

En dépit de tout, il ne faut pas croire que rien n’a été tenté pour résoudre le problème environnemental. Ce qui s’est passé, c’est que la médication ne correspondait pas à la maladie. La thérapeutique n’était point en rapport avec l’étiologie. Rien que ça. La maladie (ou les maladies), c’est quoi ? Ce sont la crise forestière, la crise agricole, la crise énergétique, la crise démographique, la crise de l’eau et de l’assainissement, la crise de la biodiversité et la crise urbanistique et celle de la pauvreté de masse (d’autres ajouteraient la crise des valeurs). Dit autrement, il s’agit d’un écosystème en crise et d’un système de crises polynucléaires et plurisectorielles. Qu’il s’agisse de l’eau, des sols, du bois, de l’énergie, d’aliments, de logements, de l’espace vital, des services et des biens publics, l’offre diminue tandis que la demande augmente de manière systématique.

Face à de tels problèmes, quels sont les remèdes que nous avons administrés à Dame Nature à travers les questions sectorielles et/ou transversales comme l’énergie, les déchets, les pollutions, l’aménagement du territoire, les pollutions, l’urbanisme, l’urbanisation, l’agriculture, la santé, l’eau potable et la qualité de la vie ? Certes, toutes ces thématiques environnementales ont eu leur part de colloques, de symposiums, de séminaires, d’ateliers de travail, de forums, de tables rondes, de tables sectorielles et de débats radiotélévisés. Durant ces 25 dernières années, le pays a organisé un quart de millier d’événements de cette nature, mais cet effort gigantesque, si utile soit-il, n’a pas pu, en rien, freiner la machine infernale de la dégradation environnementale.

Ensuite, nous avons produit une quantité impressionnante de plans et de schémas directeurs. Vous m’objecterez que l’exercice de planification est une bonne chose en matière de gestion et de bonne gouvernance. Je vous le concède ; mais faire des plans pour les oublier dans les tiroirs sans les mettre en œuvre, c’est une mauvaise chose. Le plan de gestion des ressources en eau de 1990 n’a jamais été mis en application. Le Plan d’action de l’environnement (PAE) de l’an 2000 n’a jamais été mis en chantier. Les plans départementaux de développement durable de 2003 n’ont jamais été mis en branle. Le plan national de gestion des risques et désastres (PNGRD) de 2001 n’a jamais été pleinement mis en opération. Le cadre de la politique nationale d’aménagement du territoire de 2011 se présente comme une coquille vide. En outre, les plans d’aménagement des bassins versants, les plans de développement municipal, et les plans postdésastres, pour ne citer que ceux-là sont devenus des objets décoratifs. Tout se passe comme si l’exercice de planification était devenu un sport national, sans aucun arbitrage du ministère de la Planification et de la Coopération externe.

Qu’en est-il alors des programmes et projets qui s’exécutent sur le terrain ? C’est vrai qu’ils ne se comptent plus. Comme les étoiles du ciel, les panneaux publicitaires se mêlent aux affiches, aux affichettes, aux pancartes et aux écriteaux pour faire comprendre que le monde rural bouge. Non point que ces projets ne soient pas utiles, notamment quand ils soulagent les souffrances des populations, mais est-ce bien de cela dont nous avons besoin ? Regardez les résultats depuis 50 ans qu’il y a des projets et des budgets qui interpellent ! Y a-t-il plus de forêts et moins de perte de sols ? Y a-t-il plus de motoculteurs que de houes et de machettes ? Y a-t-il plus d’exploitations agricoles de taille économiquement rentable ? Y a-t-il plus de paysans aisés ? Y a-t-il plus d’eau potable dans les captages ? Y a-t-il plus d’oiseaux dans nos forêts ? Y a-t-il plus de devises à rentrer plutôt qu’à sortir ? Y a-t-il plus de richesses pour tous ? Y a-t-il plus de dignité nationale ? Non. Dans tous les cas, la réponse est non. Vraiment, on fait fausse route.

Par contre, il y a plus d’organisations de base et de partis politiques qui gueulent, plus d’ONG non enregistrées, plus de fonds non contrôlés, plus de déchets dans les égouts, plus de pollutions dans les villes, plus de mal nourris dans la République, plus d’épidémies et d’épizooties, plus de bidonvilles et de paysans sans terre, plus de sans-logis et de sans-papiers sur le territoire national, plus d’étudiants haïtiens en République dominicaine, plus d’écoles sans professeur, plus d’universités sans activités de recherche, plus de jeunes sans métier, plus de chômeurs, plus d’accusés et de condamnés dans les prisons, plus de voitures climatisées, plus de brigands, plus de déportés, plus de kidnappeurs ou encore plus de gens kidnappés. La patrie fout le camp.

Les signes avant-coureurs de l’effondrement national

Le vrai problème de société, aujourd’hui, c’est l’effondrement national. Celui-ci est caractérisé, en plus du problème environnemental, par la chronicité de l’instabilité politique, la permanence des conflits d’intérêts non arbitrés, la politique ambiguë des pays amis et les réponses inadéquates de nos dirigeants. L’expérience universelle a montré que c’est la combinaison de ces cinq facteurs qui conduit à l’effondrement tant redouté. Voyons les quatre derniers facteurs, étant donné que le premier a déjà été abordé puisqu’il a été démontré que le problème environnemental est loin d’être résolu.

De 1804 à 2012, la chronicité de l’instabilité politique a empêché de réussir les projets environnementaux à long terme. Cela n’a pas changé même durant le règne des présidents à vie, règne toujours bouleversé par les insurrections, les révoltes, les complots, les invasions et les prises d’arme. La communauté internationale s’est trompée, encore une fois, en pensant que la présence de la Minustah allait nous donner un peu de répit, le temps d’une génération. C’est que le carburant qui nourrit l’instabilité politique est dans l’âme de nos dirigeants. C’est le fait de vouloir rester au pouvoir par la ruse, la violence, la tricherie et la manipulation.

Les conflits d’intérêts entre les groupes sociaux qui poursuivent des objectifs profitables pour certains mais nuisibles pour le plus grand nombre forment le lot quotidien de toute société complexe et civilisée. Mais, quand ils se multiplient sans aucun arbitrage, la société concernée sombre progressivement dans l’effondrement qui symbolise la déconstruction du groupe. C’est le cas des conflits séculaires entre les paysans qui défendent les cultures vivrières et les élites qui privilégient les denrées d’exportation. C’est aussi le cas entre ceux qui ont choisi la religion traditionnelle, le vodou et ceux-là qui ont opté pour la religion imposée ou importée. C’est encore le cas entre le créole et le français. C’est aussi le cas des conflits entre les pauvres qui vivent aux dépens de l’environnement et les moins pauvres qui veulent conserver les ressources naturelles, entre les commerçants qui cherchent moins de risques et les industriels qui ont la culture du risque. C’est enfin le cas entre les industriels qui recherchent une matière première au prix le plus bas et les agriculteurs qui espèrent vendre au prix le plus élevé. Il ne faut pas, non plus, oublier ceux qui sont pour la réforme et ceux qui sont pour la révolution.

Quant aux pays amis, tout le monde sait qu’ils n’ont que des intérêts mais tout le monde semble oublier que nous avons aussi nos propres intérêts. Les Américains disent que nous faisons partie de leur basse-cour, mais nous ne sommes pas toujours les bienvenus dans le poulailler. La France nous invite au grand banquet de la francophonie alors qu’aucun président français n’a jamais été notre convive sur le territoire national. Les Dominicains, ah ! nos voisins. Ils nous ont offert gracieusement un campus universitaire clés en main, mais ils répugnent à donner de l’instruction et des soins de santé aux immigrés haïtiens. Il faut remercier les pays amis quand ils nous font des cadeaux mais il faut toujours avoir à l’esprit que la diplomatie n’est pas un jeu de saints ?

A dire vrai, le facteur qui nous rapproche le plus de l’effondrement national est l’incapacité de nos dirigeants à faire de bons choix. Au risque de caricaturer un peu trop, disons que l’Etat haïtien, à quelques exceptions près, a toujours opté pour une posture partisane et antinationale. Dans une première période allant de 1804 à 1950, l’Etat prédateur a pris position pour les denrées d’exportation contre les cultures vivrières, pour la cueillette au détriment de l’agriculture, pour les agro-exportateurs plutôt que pour les producteurs. Dans une seconde période s’étendant de 1950 à 2012, l’Etat prédateur, sans renoncer à ses anciennes habitudes, a fermé les yeux sur le trafic de la drogue, le commerce illicite de la biodiversité (sang, organes, les enfants, les braceros, etc.), le vol de voiture et le kidnapping. Incapable de mobiliser la population autour des objectifs de survie et de développement durable, il a laissé piller les terres domaniales, les ressources naturelles de toutes catégories, laissé exploiter les petits paysans, laissé désorganiser la justice et l’administration publique pour se voir, aujourd’hui, dans l’impossibilité d’attirer les investissements étrangers de manière durable.

L’analyse du tableau complet fait ressortir que notre pays ressemble comme deux gouttes d’eau au Rwanda d’avant le génocide. Tout est prêt pour la mayonnaise : la déforestation, la pauvreté extrême, la stagnation de l’agriculture, l’imbroglio foncier, l’incapacité d’arbitrer les conflits de groupes, la myopie de la communauté internationale et la mauvaise gouvernance. Vous allez me dire que chez nous, il n’y a ni Hutu ni Tutsi. Détrompez-vous ! Car il y a les voleurs et les autres. Mais, force est d’admettre que la marche de l’effondrement est ralentie par l’aide publique au développement qui nourrit la classe moyenne, l’aide humanitaire qui alimente les pauvres et l’argent de la diaspora qui fait vivre les chômeurs. Mais, pour combien de temps ?

(A Suivre)

Jean André Victor








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