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La légalisation de l’anormalité en Haïti

jeudi 27 octobre 2011 par Wadner Isidor

L’acception de l’anormalité ne fait qu’empirer la situation sociale en Haïti. Nulle société ne peut prospérer dans l’irrégularité et la désorganisation. En ce plein 21ème siècle il importe au peuple haïtien de changer sa façon de faire pour donner une image digne de son nom.

Quelle mentalité ! « Tout voum se do », et, que chacun se débrouille tant qu’il ne menace pas les hommes au pouvoir, comme disait le président Pétion il y a environ deux siècles : « Plumez la poule, mais empêchez qu’elle ne crie ! ». Cette conception dans la gestion des affaires publiques en Haïti a des incidences fatales sur le devenir du pays. Plus les années passent plus la situation sociopolitique du pays s’empire. En effet, la corruption, la dilapidation dans l’administration publique, la déchéance et l’impunité ne datent pas d’hier et, aujourd’hui encore, d’autres mauvaises habitudes s’ajoutent aux maux de la République d’Haïti. En raison du laxisme et de l’absence d’autorité de l’État haïtien on assiste à la croissance des phénomènes conduisant à l’aggravation de la situation sociale de la première République noire du monde. Tandis que deux tiers de la population haïtienne vivent dans une misère extrême, des dirigeants continuent à faire l’acquisition des biens de grandes valeurs à l’étranger et vivent dans un luxe comparable aux dirigeants des pays industrialisés.

En effet, l’administration publique opère dans des conditions exécrables et ne peut même pas se prendre en charge comme se doter des moyens logistiques efficaces, pourtant les hauts fonctionnaires érigent un royaume dans le système pour s’en prendre aux déshérités et aux moins nantis qui n’ont guère d’exigences afin de faire fortune. D’autant plus que les services se concentrent dans la République de Port-au-Prince, ils ne répondent même pas au besoin de la population urbaine voire le pays en entier qui compte plus de 10 million d’habitants aujourd’hui.

Cependant, cette politique de concentration semble être le choix déterminé des gouvernements haïtiens. Aujourd’hui encore les services sociaux de base tels que l’assainissement : l’adduction d’eau potable, le fournissement de l’électricité, l’infrastructure routière, l’organisation du transport en commun ; les services de communication, la santé pour tous, l‘éducation pour tous, le droit à l’alimentation, l’aménagement des logements, les loisirs sont de véritables luxes pour la population haïtienne. À l’heure actuelle, pour se procurer d’une pièce d’identité ou d’un document officiel, le citoyen doit s’exposer au soleil dans un long fil d’attente et souvent fois beaucoup se voient dans l’obligation de payer des frais exorbitants à des raquetteurs afin d’éviter les longues attentes. On ne demeure pas sans savoir que les raquetteurs ont des affiliations avec les employés affectés aux services qui sont leurs manèges dressés en quête de salaires additionnels. Devant cet état de fait, les principaux responsables sont au courant, mais ils ne font rien pour combattre ce réseau qui semble être bien avantageux pour eux aussi. Que dire de l’immigration où pour avoir un passeport il faut payer le triple du prix légalement reconnu et parfois même plus, sans oublier l’Autorité Portuaire Nationale (A.P.N), le plus grand réseau d’enrichissement instantané des fonctionnaires d’État où même des dons à destination de la population déshéritée sont envoyés en quarantaine après plusieurs années pour une affaire de négociation à des prix extrêmes qui vont tout droit dans les poches des corrupteurs invétérés qui détiennent le pays en otage depuis plus de vingt ans.

Comment peut-on croire que des patients passent des heures d’attente dans une salle d’urgence tandis que les médecins de service s’amusent en se contentant de jaser au téléphone ou de regarder la télévision aux heures de services ? Que dire des clients qui promènent des semaines et des mois en essayant de joindre un fonctionnaire d’État pour une affaire importante, qui n’est jamais disponible, mais qui a du temps aux heures de bureau pour regarder des films pornographiques ou pour converser avec ses concubines ?

Par-dessus tout cela des individus malintentionnés au sein de la population pillent, volent les biens des citoyens, violent des femmes sans défense et s’érigent en chefs dans la plupart des quartiers populeux et quelques uns affirment qu’ils travaillent pour des dirigeants politiques qui n’ont aucun intérêt pour le bien être de la population. De surcroît, la population qui n’a pas de modèle ni de contraintes formelles, d’ailleurs laissée à elle-même, certains vont même jusqu’à pirater les lignes électriques, les installations hydrauliques, les lignes téléphoniques et violent sans aucune crainte les lois qui règlementent la circulation et le fonctionnement des services publiques. Mais en dépit de tout, les dirigeants ne peuvent rien faire puisqu’ils n’ont pas eux-mêmes les mains pures.

Ne peut-on pas dire que de tels comportements légalisent l’anormalité en Haïti ? La grande question à se poser : comment se fait-il que plus de 25 ans après la chute d’un régime qu’on qualifiait de régime sanguinaire, plusieurs gouvernements l’ont succédé et n’arrivent pas à organiser le pays, mais au contraire tout va de mal en pis ? Il faut admettre qu’il y a beaucoup de choses anormales qui sont considérées comme normales dans le pays et, pour avoir une société prospère et modèle, il convient d’organiser les choses depuis les quartiers jusque dans les administrations. Car, l’ordre et la discipline sont les principes fondamentaux requis dans la gestion de toute société.

Wadner Isidor

Wadneri26@yahoo.fr








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