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La géopolitique pour mieux comprendre l’avenir d’Haïti

vendredi 28 mars 2014 par Administrator

A l’initiative du Cercle d’intelligence diplomatique (CID) et la Fondation Institut dwa pou tout moun (FIDPM), un forum de trois jours sur la géopolitique a été organisé à Bourdon du 25 au 27 mars 2014. Ces assises se déroulaient sur le thème « Mieux comprendre l’avenir d’Haïti par la géopolitique ». Dans une ambiance de débat intense, environ une dizaine d’intervenants ont passé en revue les différents aspects liés au concept qui est en cours de reformulation depuis plusieurs décennies.

Certains panélistes ont laissé entendre que, par rapport à la troisième mondialisation, les pays du monde sont pris dans l’engrenage de deux superpuissances, Les États-Unis et la Chine qui prennent la gouvernance de la planète.

« Haïti ne peut prétendre sortir de cet engrenage bien charpenté par les deux superpuissances », ont fait savoir Madame Chantal Volcy Céant et plusieurs autres intervenants. D’ailleurs, ont-ils presque tous affirmé, le pays fait partie des pionniers de cette vision. Une lutte acharnée se tient encore pour son contrôle. Si la Chine n’a pas une très grande influence directe sur Haïti, la France tient la corde raide avec les États-Unis d’Amérique, à bien des égards, pour le contrôle de la partie Ouest de l’île ; ce, malgré la proximité géographique entre la République d’Haïti et la République étoilée.

Selon Carine Malista Antoine, l’effondrement du mur de Berlin n’a laissé subsister qu’un seul modèle économique qui est la mondialisation fondée sur l’idéologie de la pensée unique. Ainsi, les seuls paramètres permettant à un pays de subsister, dans ce monde devenu dans un laps de temps une jungle concurrentielle, sont les critères du marché et du néolibéralisme. Les Haïtiens doivent enfin comprendre, comme tous les autres peuples, qu’ils vivent dans un monde de rupture, de cassure et de recomposition des formes géostratégiques, des formes sociales, des acteurs économiques et des repères culturels.

La puissance d’une nation ne se mesure plus par la force de l’État ni par la visée expansionniste de ce dernier. A l’heure de la troisième mondialisation, la viabilité d’une puissance se mesure à travers la maîtrise de ses ressources énergétiques, hydriques et agroalimentaires. Ce qui explique que les petits pays ne peuvent se passer des grandes puissances économiques mondiales à cause des carences pour le moins flagrantes dans ces domaines.

Ainsi, le monde fait face à des carences de ressources importantes. Cette rareté, selon madame Antoine, a tendance à transformer la géopolitique zonale en une géopolitique objectale qui conduit à faire émerger de nouveaux lieux du monde, non pas des lieux de la mondialité, mais des lieux géostratégiques qui sont des zones riches en ressources instables sécurisées ou en voie de sécurisation. Ces dernières sont, poursuit-elle, convoitées par les deux superpuissances.

Le monde, dit madame Antoine, est sous l’emprise des États-Unis et de la Chine. Car, de l’avis de certains économistes, la troisième mondialisation est d’abord et avant tout un processus économique qui se traduit par une accumulation de flux de capitaux et par un spectaculaire mouvement de délocalisation, un emballement de multinationales qui créent de nombreuses filiales dans les pays émergents. Ce que font les États-Unis d’Amérique et que la Chine est en train de faire.

De son côté, le politologue Fernando Estimé a précisé que les relations internationales d’Haïti doivent passer par un renforcement de son appareil diplomatique en priorisant une approche moderne de la diplomatie économique et commerciale tout en diversifiant ses relations notamment avec de nouveaux pays émergeants, comme le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Inde, la Chine Continentale, etc.).

« Nous devons être en mesure de profiter au maximum des opportunités offertes que ce soit au niveau des blocs régionaux où Haïti est membre, que ce soit dans l’exploitation optimale des avantages commerciaux préférentiels que nous disposons. Mais par-dessus tout, nous devons être en mesure d’avoir une idée exacte de ce que sont nos intérêts objectifs, et de travailler avec habileté, assiduité et tact dans la poursuite de ces intérêts », indique l’expert en relations internationales.

Pour sa part, le journaliste Amos Cincir a, dans son intervention, mis l’accent sur le rôle de la presse dans le traitement de l’actualité internationale, car la plupart des médias haïtiens négligent l’actualité internationale sauf en cas d’événement majeur. Selon ce rédacteur de Le Nouvelliste, qui traite des sujets liés aux relations internationales, les médias haïtiens devraient revoir leurs stratégies pour une meilleure appréhension de la géopolitique de l’actualité à travers les infos à diffuser. « Quand on parle d’élections américaines, les feux des projecteurs des médias haïtiens sont braqués sur tout ce qui se passe aux USA. Pourtant, quand il y a des élections en République dominicaine, la presse haïtienne ne se mobilise pas malgré l’importance des relations entre les deux Etats voisins. Par contre, les journalistes dominicains disposent de toutes les informations nécessaires sur Haïti », dit-il.

Professeur au Centre d’études diplomatiques et internationales (CEDI) et président du Cercle intelligence diplomatique (CID), Dominique Domerçant a appelé les étudiants et universitaires – les futurs responsables devant assurer la relève – à constituer des groupes de réflexion et de recherches afin d’avoir de véritables bases de données via des rencontres de ce genre. Question de formuler des propositions durables pour le bien du pays.

Si l’on en croit les propos des intervenants, il ne s’agit pas d’une fatalité. Pour assurer leur puissance, les pays ne font qu’accroître leurs vecteurs de domination sur des éléments assez traditionnels. En vue de matérialiser cette domination, selon Dimitry Cyprien, ils mettent en place des médias transnationaux qui n’ont pour mission que de mobiliser, de manipuler et de dicter leurs lois.

Jose Flecher
jflecher@lenouvelliste.com

Voir en ligne : Le Nouvelliste







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