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La crise du logement en Haïti, un problème complexe

samedi 28 septembre 2013 par Administrator

La Plateforme des organisations haïtiennes de droits humains (POHDH) a présenté, vendredi, un portrait accablant de la situation du logement dans le pays.

Dans le cadre de sa 9e édition des « Vendredis de la Plateforme » organisée sur le thème « La crise du logement en Haïti », l’organisme de défense des droits humains a souligné que de nombreuses familles haïtiennes se logent dans des conditions déplorables. La Plateforme croit que l’Etat a l’obligation d’agir au plus vite pour empêcher « des dégâts énormes que pourrait causer cette crise ». Elle en a même fait des propositions.

Selon le secrétaire exécutif de la POHDH, Antonal Mortimé, le problème de logement en Haïti se situe profondément dans la mauvaise répartition des richesses et la privation de certains services sociaux de base. « Parallèlement, a-t-il dit, les dirigeants du pays ne se montrent pas suffisamment concernés au point de développer de véritables programmes de logements sociaux adaptés aux besoins de la population. Cet état de fait affecte de nombreuses familles dans le pays qui continuent de se loger dans des conditions déplorables. »

Le défenseur des droits humains a indiqué que ce problème de logement date des années 70, avec l’établissement des parcs industriels dans certains endroits du pays, particulièrement dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince où le nombre de migrants internes (des provinces à la ville) n’a cessé d’augmenter. Il a rappelé que la ville de Port-au-Prince n’était pas construite pour cet excédent de personnes venant des autres départements.

Le secrétaire de la POHDH a indiqué que cette situation de crise de logement, qui a toujours existé, ne fait que prendre de l’ampleur et s’est dégénérée avec le passage du tremblement de terre du 12 janvier 2010. « Les prétendues solutions avec de nombreux projets visant à pallier cette crise n’ont pas donné de trop bons résultats, a-t-il déploré. Ces projets ne font que maquiller le problème. »

Tel est le point de vue du professeur d’université Hancy Pierre, l’un des intervenants. L’ancien coordonnateur général de la Faculté des sciences humaines a dit constater que c’est après le tremblement de terre du 12 janvier qu’on se rend véritablement compte du problème de logement dans le pays. Il a fait remarquer que l’Etat a toujours échoué dans sa tentative de pallier la situation. « Tous les logements construits par l’Etat ne respectent même pas les critères exigés pour construire un tombeau », a-t-il dit, ironiquement, balayant au passage les nouvelles constructions de logement au bas du morne à Cabri.

D’après Antonal Mortimé, cette crise affecte une grande partie de la population. « Cette situation ne se résume pas seulement aux conditions de vie dans les camps, à la manière de déplacer ou de reloger les personnes, à la question des expulsions forcées, à la sécurité du logement, au respect du droit de la vie privée, du droit à la santé, du droit à propriété et au logement. Mais elle est beaucoup plus profonde et elle s’étend sur plusieurs autres aspects. »

Régularisation du loyer et contrôle de la question foncière

Selon la Plateforme, l’un des aspects importants qu’il faut souligner dans la crise de logement en Haïti, c’est l’instabilité et le désordre qui règnent dans le foncier. « Bien qu’il y ait une institution chargée de réguler la question foncière, appelée Office national du cadastre (ONACA), cela n’empêche que chaque jour il y a des conflits terriens dans le pays », dit le POHDH dans une note.

Parallèlement, ajoute le POHDH, il y a la question de bidonvilles qui ne cessent d’augmenter un peu partout dans le pays. Ceci est l’un des facteurs de cette crise. Sans aller plus loin dans les quartiers populaires où on peut constater des « logis » d’une seule chambre, fabriqués avec des morceaux de tôle usée parfois privés d’installation sanitaire. Ces logis sont appelés « maison » et sont partagés généralement pour plus de cinq (5) personnes.

Selon la Plateforme, cette crise du logement n’est pas sans conséquence sur plusieurs autres secteurs tels que l’environnement et la santé. « Beaucoup de quartiers populaires, principalement à Port-au-Prince, sont des zones à risques. Sans oublier la situation des enfants, des femmes enceintes, des personnes à mobilité réduite et même des personnes du troisième âge qui vivent encore sous des bâches dans des abris de fortune dans la zone métropolitaine. Donc, il faut croire que la situation de logement en Haïti est beaucoup plus complexe que l’on croyait », indique le POHDH.

Face à tout cela, la Plateforme croit qu’il est de l’obligation de l’Etat d’agir au plus vite « pour empêcher des dégâts énormes que pourra causer cette situation. » A ce niveau, il propose à l’Etat haïtien notamment de « prendre toutes les dispositions légales et respectueuses de la dignité humaine en vue de procéder au déplacement définitif des personnes vivant encore dans les camps et les zones à risques vers des logements sécurisés ; de définir et mettre en oeuvre une politique globale de logement garantissant à toutes les familles, leur droit de vivre dans une maison décente respectant leur dignité comme être humain ; de définir une politique d’aménagement du territoire national et de redistribuer la terre comme étant la principale source de richesse du pays... »

Bertrand Mercéus

merceusb@yahoo.fr








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