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La continuité « made in » Préval - par : Roberson Alphonse, Le Nouvelliste

mardi 19 octobre 2010 par Administrator

René Préval, satisfait de son bilan, a appelé les électeurs à faire le « bon choix », celui de la « stabilité et de la continuité ». Sans le citer nommément à la commémoration du 204 anniversaire de l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines le 17 octobre 2010, il a mis en pole position son dauphin, Jude Célestin, l’ex-patron du CNE, dans la course au fauteuil présidentiel. Un Dessalines en soutane, loin d’avoir la même lecture que le président Préval sur l’état du pays, dénonce le règne de la médiocrité, de la militance au détriment de la compétence dans la gestion de la chose publique.

Haïti : Le président René Préval a une nouvelle fois prôné la « stabilité et la continuité » en vue de préserver les acquis de son second quinquennat. « Nous avons besoin de la paix, de la stabilité, de la continuité pour poursuivre nos réalisations », a-t-il indiqué, en insistant sur l’absolue nécessité « de ne pas détruire ce qui a déjà été fait », le dimanche 17 octobre 2010. , à Marchand Dessalines. « Les élections se tiendront à la fin du mois de novembre pour élire un président et un Parlement. Faisons les bons choix pour préserver les progrès réalisés durant ces cinq dernières années ; faisons les bons choix pour ne pas avoir à recommencer », a déclaré René Préval dont le dauphin, Jude Célestin, est candidat présidentiel de la plateforme Inite et ex-directeur du CNE, l’une des pièces maîtresses dans la réalisation du projet de maillage routier.

En 2006, le pays avait 96 kilomètres de routes asphaltées pour relier les villes (interurbaines). En 2011, on atteindra 579 kilomètres, soit six fois plus. Le CNE a réhabilité 1233 kilomètres de routes et percé d’autres dont celles de Titanyen/Saut-D’eau, de Cabaret/La Chapelle, de Marchand Dessalines/St-Michel de l’Atalaye, a indiqué le chef de l’Etat, qui enjoint son successeur de ne pas démolir, démanteler le CNE comme après son premier quiquenat (1996-2001). « Je vous prie de ne pas démolir le CNE après mon départ du pouvoir. Au contraire, installez un CNE dans tous les départements », a-t-il demandé en remerciant son poulain Jude Célestin et tous les employés du Centre pour leur travail de construction de routes, de curage de canaux dont l’élan a été ralenti par le séisme du 12 janvier et le titanesque travail de déblayage dans les villes touchées par le séisme comme Port-au-Prince, Léogâne, Jacmel...

En cinq ans nous avons fait plus que doubler la production de riz. Elle est passée de 77 000 tonnes en 2006 à 160 000 tonnes en 2010. Et le haricot de 50 000 à 85 000 tonnes sur la même période, a expliqué M. Préval. Ces augmentations, selon le président, sont dues, entre autres, à l’affectation de 267 tracteurs, 450 motoculteurs et 512 pompes d’irrigation, à la baisse du prix de l’engrais dont le sac ne se vend plus qu’à 400 gourdes contre 1500 gourdes en 2006.

De 61 mégawatts en 2006, la capacité électrique du pays est passée à 107 mégawatts en 2009. Elle devra atteindre 141 mégawatts en 2011. En cinq ans, la capacité énergétique du pays a plus que doublé, s’est félicité René Préval.

De 2005 à 2010, les perceptions douanières et fiscales de l’Etat ont augmenté. Elles sont passées de 16 à 32 milliards de gourdes malgré les calamités naturelles, sans l’augmentation des taxes et d’autres tarifs douaniers, mais grâce à la lutte contre la corruption et à l’amélioration des structures de perceptions de la douane, de la DGI et l’augmentation des activités économiques. « Ce sont des bonnes choses, nous devons continuer », a martelé le président, satisfait de son bilan.

Le respect des libertés de presse, d’opinion, d’association politique, comme c’est le cas sous mon administration, permet à ceux qui sont au pouvoir de finir leurs mandats. « Il faut avoir le courage et la tolérance pour accepter les critiques, les vive et les à bas sans s’exciter », a conseillé René Préval à son successeur.

Une note discordante

La priorité à la militance et non à la compétence est responsable de la dérive constatée en Haïti. Le Parlement n’est plus un espace de débats et de décisions sur l’avenir mais un lieu où l’on approuve sans penser aux intérêts du pays, a déploré avec vigueur le père Marc Eddy Dessalines, le curé de la Paroisse Ste-Claire de Marchand Dessalines lors de son homélie.

La lutte pour le pouvoir, la division sont responsables du manque de leadership et de la perte de la souveraineté du pays. « Dieu a créé l’homme sans l’homme, mais il ne sauvera pas l’homme », a philosophé le religieux qui plaide en faveur de l’implication réelle et significative des Haïtiens dans la reconstruction de leur propre pays. Et, pour le père Dessalines, l’éducation de la jeunesse doit jouer un rôle important dans la dynamique de reconstruction. Sulfureux, le prêtre a vertement critiqué le ministère de l’Education nationale qui n’est là que pour réaliser les examens d’Etat.

Le président René Préval, l’unique président en passe de boucler deux quinquennats a été élu lors des élections du 7 février 2006 au terme d’un calcul des votes blancs, dont le conseiller électoral François Benoît avait critiqué la méthodologie. Après son accession au pouvoir, il avait prôné l’ouverture et formé avec des partis politiques concurrents, dont l’OPL, la Fusion, l’Union, l’Alyans..., un gouvernement d’ouverture avant les ruptures partielles et fracassantes et le renvoi de deux de ses Premiers ministres, Jacques Edouard Alexis et Michèle D. Pierre-Louis.

Le président René Préval, critiqué à cause de son refus de participer aux débats avec ses concurrents et l’absence des promesses à ses électeurs, avait toutefois un slogan politique : "poze, depoze, repoze" dans un contexte de guérilla urbaine dans des quartiers populeux réputés proches de l’ex-président Jean Bertrand Aristide en exil depuis 2004. Critiqué également par certains à cause d’une vision programmatique chiche, et salué par d’autres à cause notamement de son projet de maillage routier qui désenclave beaucoup de régions d’Haïti, René Préval croise les doigts et se mouille la chemise afin de faciliter l’élection de son poulain, comme Vladimir Poutine l’avait fait pour Dimitri Medvedev en Russie.

En fin manoeuvrier, René Préval vend un binôme : stabilité et continuité, sans souligner s’il s’agit de la poursuite de l’expérience avec l’Inite, un produit dérivé de Lespwa, ou de la continuité indispensable dans la gestion responsable de la chose publique même dans l’alternance politique.

Entre-temps, le 28 novembre 2010, on saura si le vote sera une sanction ou un sauf conduit, une nouvelle feuille de route à l’équipe Inite montée par le coach René Préval, qui s’était vanté il y a quelques mois comme le stratége qui sait comment gagner les élections...

Roberson Alphonse

robersonalphonse@yahoo.fr








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