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La comédie des G vains - Par : Jean Erich René

lundi 13 avril 2009 par Erich Jean René

La comédie des G vains - Par : Jean Erich René

Ottawa, le 11 avril 2009

La grande commotion provoquée par la chute du Wall Street a forcé les
Chefs d’Etat des G 20 ou 20 Grands Pays cumulant 90% de la production
mondiale à se réunir d‘urgence à Londres le 2 avril 2009 pour tenter une
solution à la crise financière actuelle. Citons : la Chine, les Etats-Unis,
le Japon, l’Allemagne, la France, le Canada, l’Italie, l’Union Européenne,
l’Inde, le Brésil, le Mexique, l’Argentine, le Royaume-Uni, la Russie,
l’Indonésie, l’Afrique du Sud, la Corée du Sud, la Turquie, l’Arabie
Saoudite, l’Australie. Ils voudraient donner une nouvelle pulsion au
système économique mondial dont le moteur, trafiqué par des mains expertes,
s’est enrayé. Lorsqu’on prescrit des analgésiques à un patient, atteint
d’une maladie dégénérative et agonisante, il s’agit d’un palliatif visant à
lui assurer une mort lente et douce, mais non d’une mesure curative.

La valeur d’une ordonnance dépend de la précision du diagnostic posé. La
crise financière actuelle a comme pierre d’achoppement les « subprimes » de
nos sacrificateurs financiers. Un nouvel ordre économique mondial se
dessine. Malheureusement la primeur n’est pas accordée aux Chefs d’Etat. Le
Monde, après avoir connu successivement le diktat des Rois, des Empereurs,
des Généraux de l’Armée, des Présidents, se retrouve aujourd’hui sous
l’emprise des Présidents Directeurs Financiers. Ils tirent à volonté sur
les ficelles de nos Présidents qui n’osent même pas dire la vérité
puisqu’ils sont les acteurs insoupçonnés du drame. Qui peut nous faire
avaler la couleuvre de Bernard Madof ? Il n’est que l’agneau immolé pour
apaiser la colère des dieux. Bernard Madof à lui seul ne peut et ne
saurait s’accaparer de 65 milliards de dollars !

L’arme la plus redoutable aujourd’hui ce n’est plus le nucléaire.
L’instrument financier commet des dégâts encore plus catastrophiques. Dans
l’espace d’un cillement le panorama économique mondial a connu un revers
inattendu. Malgré les radars puissants du système de surveillance des USA,
les Forces de Terre, de l’Air, de Mer, n’ont pas pu détecter l’ennemi qui a
renversé le Wall Street virtuellement le siège de toutes les Banques et des
Sociétés de courtage. Historiquement le Wall Street doit son nom à un mur
qui y avait été construit par les colons hollandais pour se défendre des
attaques indiennes. La chute du Wall Street a prouvé la supercherie du
Marché virtuel.
Les G 20 réunis à Londres le 2 avril 2009 ont proposé comme solutions :
1-. avancer 750 milliards aux Institutions de Brettons Wood, accorder au
FMI des Droits de Tirage Spéciaux ou DTS à hauteur de 250 milliards de
dollars et procéder à la vente de l’or. D’ici 2010 l’économie mondiale
sera renforcée de 5000 milliards de dollars

2.- mettre fin aux secrets bancaires et aux paradis fiscaux. Subséquemment,
l’OCDE ou Organisation de Coopération et de Développement Economiques a
publié une liste noire incluant : le Costa Rica, la Malaisie, les
Philippines et l’Uruguay c’est-à-dire les pays qui refusent de coopérer.
Elle a présenté aussi une liste grise englobant 38 pays tels que Monaco, le
Liechtenstein, la Suisse, le Luxembourg etc.

3.- surveiller strictement les Marchés financiers et réglementer le bonus.

Les remèdes proposés vont-ils guérir le mal profond du tissu financier en
pourriture ? Le système depuis les temps les plus reculés n’a toujours été
profitable qu’aux financiers. Ils jouissent grassement du travail des
autres. Venise n’est qu’un groupe d’îlots sans aucune structure de
production, pourtant très florissante grâce à ses privilèges commerciaux.
Le Liechtenstein, la Suisse s’empiffrent grâce aux secrets bancaires, des
ressources du Monde. Les paradis fiscaux constituent une hémorragie
mortelle pour l’économie mondiale. Paradoxalement ce sont les Hommes
politiques et leurs prédécesseurs, associés aux hommes d’affaires qui ont
créé ces enclaves économiques pour échapper aux fiscs des pays qu’ils
dirigent au lieu d’alimenter les caisses de l’État.

Ces nouveaux maîtres du Monde, de concert avec les dirigeants politiques
ante et post ante ont floué les caisses en réduisant les actionnaires et
les retraités à la pauvreté. Le mal n’est pas accidentel puisque tout un
échafaudage a été mis sciemment sur pied. Sur le plan des régimes de
retraite, autrefois le modèle de répartition, selon un ratio de 4 actifs
pour 1, sous la surveillance de l’État, assurait le versement des pensions.
L’État Providence entretenait une solidarité entre les générations.
Aujourd’hui le système financier opte pour le modèle par capitalisation
c’est à dire des placements dans les Institutions financières privées
cotées en Bourse. Au lendemain de la chute du Wall Street nos retraités se
lèvent sans un sou ni aucun recours légal contre leurs spoliateurs. A quoi
sert l’emprisonnement de Madof avec leurs fonds de retraite ?

La saisie de l’argent volé et sa restitution au prorata aux victimes
seraient la solution la plus réconfortante. Si le bail out est
indispensable mais il n’est pas suffisant car le mal est systémique. Malgré
les avances de fonds la pratique pernicieuse de primes aux dirigeants de
AIG allait se poursuivre sans une violente protestation. Avancer 1110
milliards au FMI et à la Banque Mondiale ne corrige pas pour autant leurs
vices de fonctionnement. Rappelons que ces Institutions de Brettons Wood
durant ces 20 dernières ont appliqué une politique de crédit appauvrissante
pour le Tiers-Monde. En recommandant le dégraissage des Institutions de
l’État et la Privatisation pour activer la croissance économique on a
enregistré des effets contraires tels que :

- Augmentation du chômage
- baisse considérable de la consommation des classes défavorisées
- appauvrissement de la classe moyenne
- quasi disparition de la bourgeoisie nationale
- net recul du PNB
- ponction du revenu national par des Compagnies Étrangères visibles su
niveau de la téléphonie en Haïti.

Dans la tourmente, il est curieux de constater que les 200 millions de
PetroCaribe accordés pour le développement économique d’Haïti par Chavez
se sont volatilisés. Il revient au Président de la Banque Centrale, Charles
Castel, le droit exclusif de placer des Fonds en souffrance à la Federal
Reserve en vue de rapporter des intérêts. Paradoxalement le Ministre des
Finances, Daniel Dorsainvil a autorisé le Président Directeur de la BNC,
Guyto Toussaint, a déplacé les 200 millions prêtés par le Venezuela, en
violation de la loi en la matière. L’échec du Marché Boursier a créé un
grand émoi dans le secteur bancaire haïtien. Jusqu’à présent le Parlement
empêtré dans l’affaire Sandro, a tenté de faire la lumière sur la
trajectoire de ces 200 millions sans y arriver. De source sûre les 200
millions du Fonds d’urgence ont été rapatriés. Coup de théâtre : ce montant
a été partagé entre la BRH et la BNC contrairement aux prescriptions
légales. Quelque chose se trame ! Nous suivons de près le ballon.

Les fruits répondront-ils à la promesse des fleurs, au parfum de poisson
d’Avril, des G 20 ? Le système capitaliste bâti sur une stricte
comptabilité à deux colonnes avait pour jauge deux comptes principaux :
l’État des Résultats et le Bilan. Aujourd’hui le Marché virtuel ne se
soucie plus du patrimoine ni du solde du Bilan. Nous sommes en présence
d’un Marché sans limite. C’est la radicalisation d’un Capitalisme faucon.
Les dernières décisions prises à Londres vont aggraver le score et
constituent une guillotine sociale pour les pays du Tiers-monde. Sans être
fataliste l’avenir des générations futures est hypothéqué par la comédie
des G vains à Londres.








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