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La Place des Femmes dans la Reconstruction d’Haiti

jeudi 15 décembre 2011 par Wadner Isidor

Si Les femmes ont aussi contribué à l’indépendance d’Haïti il y a deux siècles, elles ont autant leur rôle à jouer dans la reconstruction du pays peu importe leur classe sociale ou leur appartenance religieuse. Celles qui participent largement à l’éducation des enfants et qui génèrent l’économie du pays, elles ont aussi leur droit de prendre part dans les grandes décisions.

Depuis la bataille de l’Indépendance des femmes ont combattu au péril de leur vie, avec beaucoup de détermination pour la liberté. Des femmes comme Marie Jeanne, Catherine Flon, Sanite Bel-Air, Claire Heureuse et bien d’autres ont joué un grand rôle dans l’histoire du pays, de part leurs contributions à la révolution de Saint Domingue qui nous a valu le nom de la première république noire au monde. Selon les récits, les femmes ont occupé une place importante dans la fondation de la nation d’où les hommes tirent leur révérence en négligeant la part des femmes qui se sont battues à fond pour que le pays puisse résister aux attaques de toutes sortes. Dans ce vaste plan de chantier mis en branle à la suite de la catastrophe du 12 janvier 2010 et qui s’avère de plus en plus important, quelle est la place des femmes qui sont minoritairement représentées dans les postes décisionnels ?

Aujourd’hui les femmes représentent 58% de la population haïtienne et plus de 60% des familles dépendent d’elles et ce sont les femmes qui assument la majeure partie des responsabilités familiales. Elles sont infatigables. Plus de 50% des pères haïtiens sont démissionnaires et abandonnent les mères qui doivent à elles seules éduquer et nourrir les enfants. Malgré la place déterminante des femmes dans la vie économique et leur rôle dans l’éducation des enfants elles sont majoritairement exclues dans les prises de décisions. En effet, les femmes haïtiennes génèrent plus de 80% de l’économie du pays et environ 90% des commerçants sont des femmes. Quand on songe les « Madan Sara » qui voyagent en plein nuit sur les tas de marchandises aux risques des routes et des dangers de toute sorte, les petites commerçantes de la Croix-des-Bossales exposées aux microbes de tout genre, celles qui promènent les produits sur la tête, hurlant d’une voix affaiblie par ci par là, les servantes (bonnes) qui n’ont ni d’horaire de travail, ni des jours de congé et, travaillent au mépris des maitresses, subissant toute sorte d’humiliation, et tout cela pour une pitance. Dans ce pays où tout est dominé par les hommes, ne devrait-on pas donner aux femmes leur vraie place dans la société ? Et, qu’a-t-on appris de leur don d’élever les enfants ?

Après de grandes luttes menées par les femmes en Europe comme en Amérique du Nord, elles arrivent à se tailler une place déterminante dans la vie active de ces sociétés si bien qu’elles prennent part aux prises de décision et contribuent largement au développement socioéconomique de leur pays comme citoyennes conséquentes. Aujourd’hui, au Canada, en particulier le Québec les statistiques démontrent que le taux de réussite des femmes dans la vie socioprofessionnelle est plus élevé que les hommes, ce depuis l’école primaire jusqu’à l’université. De plus, elles sont plus excellentes que les hommes et leurs niveaux de scolarité sont plus élévés. Selon une enquête menée au Québec en 2007, on a recensé 3 893 étudiantes et 2 257 étudiants au collégial (le niveau postsecondaire ou pré-universitaire dans la province), avec un taux de réussite de 76,5% pour les étudiantes contre 70% pour les étudiants. De plus, 7 filles sur 10 accèdent au niveau collégial comparativement à 5 pour les garçons. Par ailleurs, plus de femmes occupent des hautes fonctions sur le marché du travail québécois tant au secteur public que privé. Ne devrait-on pas s’inspirer de ce modèle afin de donner aux femmes en Haïti leur chance pour qu’elles puissent s’émanciper ? D’autant plus qu’elles sont aussi intelligentes que les hommes et ont les mêmes chances de réussir.

Au fait, selon les études il y a plus de femmes qui travaillent en Haïti, mais elles n’ont pas droit à un salaire équitable à cause de l’absence d’une loi sur l’équité salariale en faveur de cette catégorie dont la majorité fournissent leur service pour un salaire minimum. Par-dessous tout, elles sont les premières victimes des discriminations et des mauvais traitements existant sur le marché du travail haïtien. La plupart se trouvent obligées de compromettre leur dignité ou leur fidélité pour se décrocher un emploi, puisqu’elles s’en rendent compte qu’elles sont prises dans un cercle vicieux érigé par des machistes et des profiteurs invétérés qui exigent souvent un moment de plaisir aux candidates qui désirent être engagées et, refuser serait inéluctable pour plusieurs d’entre elles. De surcroît, beaucoup se voient obligées de vendre leur chair pour prendre soin de leurs enfants parce que tout simplement elles n’ont pas d’autre choix. Car, Haïti est l’un des rares pays de la région qui ne donne aucun avantage aux femmes, si ce n’est l’abus sexuel ou l’exploitation à outrance. Depuis toujours les femmes ont pris grandement part à la vie économique du pays, mais elles sont loin d’avoir leur place réelle. Quelle est la place des femmes dans la reconstruction d’Haïti ? Telle est la question que devrait se poser chaque citoyen qui a sa part à jouer dans ce grand projet. De même qu’elles participent grandement à l’éducation des enfants elles devraient aussi avoir l’occasion de placer leurs mots et s’impliquer dans la mêlée afin de remplir en toute légalité leur rôle en tant que mères, professionnelles, travailleuses, paysannes ou commerçantes, cela à tous les niveaux. Tout comme dans les pays industrialisés les femmes ont leur part dans le développement du pays. Certes, on reconnaît qu’elles doivent se mettre ensemble afin prendre leur position dans la reconstruction qui a tant besoin de bras des filles et des fils du pays, mais il revient aux hommes de faire de la place pour les femmes dans les institutions qui ont surtout un grand rôle à jouer dans cet immense projet. Il est donc tout à fait évident qu’on n’ira pas loin dans la concrétisation de ce projet si les femmes qui sont en majorité dans le pays sont exclues dans les prises de décision.

Wadner Isidor

Wadneri26@yahoo.fr








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