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La Grand’Anse, des potentialités touristiques inexploitées !

mercredi 19 mars 2014 par Administrator

Malgré le risque imminent de déforestation qu’il court (voir Le Nouvelliste 8-9 mars), cela n’empêche pas les résidants, les visiteurs, nationaux ou étrangers, de percevoir encore le département de la Grand’Anse comme un véritable joyau. Au fait, pour les multiples attraits de la région, ils y voient une destination touristique idéale qui pourrait contribuer à son développement.

Le Complexe administratif, immeuble moderne et imposant, érigé à Bordes, banlieue ouest surplombant le centre-ville de Jérémie, chef-lieu du département de la Grand’Anse, loge certaines des principales directions des services déconcentrés. En entrant, sur la droite, une infime enseigne affichant « Direction départementale du Tourisme » attire l’attention de l’étranger en quête de repères. En investissant les lieux, il trouve une salle aux murs dénudés, et, à proximité d’une porte demeurée toujours fermée, l’unique bureau derrière lequel ne trône aucun(e) secrétaire qui pourrait lui soumettre un quelconque guide touristique ou un dépliant à vocation publicitaire. En revanche, il fait face à un homme d’âge mûr qui affirme être un messager. D’un air ahuri, mais avec courtoisie, il répond gauchement à la question du visiteur : « Le directeur est absent » ! Ni plus, ni moins !

Le visiteur, légèrement dépité, reprend sa route. Mais, tenace, en interrogeant çà et là, il finit, via un intermédiaire, par rencontrer l’homme de lettres des Abricots, ancien maire et président de l’Association des maires de la Grand’Anse (AMAGA), Jean-Claude Fignolé, à qui il raconte sa mésaventure. Selon son habitude, pour « Rompre le Silence », comme il le faisait dans les colonnes du Nouvelliste dans les années 90, l’homme des Abricots suggére : « Un bureau départemental du Tourisme devrait sortir des schémas d’inaction bureaucratique pour se lancer dans l’inventaire des ressources du département, en dresser le patrimoine historique, culinaire, intellectuel, architectural, en dresser en quelque sorte le profil pour mieux l’intégrer dans un schéma politique de développement touristique national ».

Un itinéraire mer-terre jusqu’à « la Porte du Ciel » !

Le passionné de bateau de plaisance, qui a déjà investi dans le tourisme, confiera qu’il est un itinérant. « Je suis l’un des rares Grand’Anselais à avoir parcouru la Grand’Anse d’un bout à l’autre, pénétrant dans son intimité pour en découvrir les charmes cachés, explique-t-il. Par la variété des sites, la splendeur des paysages, la masse végétale qui vous écrase aux contreforts des mornes, il y en a pour tous les goûts et pour toutes les sensibilités. Naturellement, en tant que plaisancier, j’ai des rapports très particuliers avec les paysages marins. Ceux compris entre la baie des Baradères, la baie des Cayemittes et toute la côte courant jusqu’aux Irois, sont des décors magnifiques, à la fois fantasques et fantastiques qui s’accordent à toutes les légendes concernant le caractère des Grand’Anselais. Du rêve jusqu’à la folie ! ».

A entendre M. Fignolé, l’observateur se rendra à l’évidence qu’il fait face à un passionné de la Grand’Anse qui, d’ailleurs, s’est plu à tracer quelques itinéraires, pour son hôte. Assumant bien son rôle de guide improvisé, les yeux pétillants d’intelligence et de plaisir derrière ses lunettes, il confie que la Grand’Anse offre un choix varié d’itinéraires selon les goûts et les tentations du visiteur.

« Un plaisancier venu de la mer, poursuit-il, s’attarderait à explorer la baie des Cayemittes, parsemée de récifs qui font la joie des plongeurs et explorateurs sous-marins. Les ports de Pestel et de Corail offrent des abris sûrs aux bateaux. Continuant sa route, il peut mouiller, hors les périodes de Nordé, à Jérémie dont le centre historique recèle des merveilles d’architecture de la fin du XIXe ou de la première moitié du XXe siècle. Au-delà de Jérémie, de superbes criques et anses l’accueillent, Bonbon, Anse-du-Clerc, Abricots, la Seringue, la Petite Rivière, Bariadelle prolongées en une ligne de plages, de l’Anse d’Hainault à Carcasse (Irois), comme autant de bijoux dans des écrins de verdure ». Délaissant la côte, et montrant sa connaissance de la région, M Fignolé conduit son hôte en imagination à l’intérieur des terres, pour en révéler les innombrables ressources à travers une randonnée susceptible de le combler de ravissement.

« Un randonneur, continue-t-il avec le même enthousiasme, préférera, à partir des villages côtiers, tenter une exploration de l’intérieur du département en empruntant les routes secondaires ou départementales qui l’amèneront à de pittoresques villages : Beaumont, Moron, Chambellan, à travers des montagnes et des sentiers scéniques qui conduisent à la chaîne de montagne, La Hotte, et à son sommet, Macaya, d’où l’on a une vue extraordinaire sur le golfe de la Gonâve et la mer des Antilles. S’il est chanceux, entre Moron et Chambellan il pourra admirer le mythique sommet « Trois Mamelles » où les indiens situaient la « Porte du Ciel » pour l’entrée des âmes dans le Cosmos ».

Fin de la randonnée pour des regards …d’ailleurs !

De cette porte mythique, l’ex-maire des Abricots qui se refuse à privilégier un itinéraire par rapport à un autre, ramène son hôte sur terre en lui proposant un autre parcours « intéressant, dit-il, à partir de trois villes différentes, Anse-d’Hainault, Chambellan, Moron, les Sources chaudes réputées pour leurs vertus curatives et qui pourraient, une fois aménagées, de l’avis du guide, devenir des centres de médecine thermale. Les spéléologues, eux, croit-il, s’intéresseront à courir les grottes, « Belony », une merveille creusée dans les hauteurs de Pestel, « Marie Gauvin », entre Chambellan et Abricots, « Laforest », à Jérémie.

Ces itinéraires pittoresques ont aussi attiré l’attention d’étrangers, amis d’Haïti, de la Grand’Anse en particulier, rencontrés séparément par l’auteur de « Aube Nouvelle ». Parmi eux, le Révérend pasteur américain, Mark Stockeland, à la tête de Haiti Bible Mission, établi dans la Grand’Anse depuis maintenant six ans, révèle : « Je ne connais pas un endroit en Haïti où il fait bon vivre comme ici. A côté des multiples richesses naturelles de la région, les gens sont amicaux, hospitaliers, toujours prêts à aider, à partager, et, malgré leurs problèmes, ils ont toujours le sourire aux lèvres. C’est tout cela que recherche un touriste, et pour lequel, d’ailleurs, il n’aura rien à payer ».

Pour Krista Parada, établie dans la Grand’Anse depuis bientôt deux ans, la région recèle de potentialités inexploitées. Et elle dit comprendre, rejoignant l’acquiescement du pasteur Stockeland, que les gens n’investissent pas assez dans certains secteurs qui auraient contribué au développement de la zone, dont les hôtels, les restaurants standardisés. « Et pourtant, ce n’est pas la sécurité qui manque ici », fait-elle remarquer. Seulement souligne notre interlocutrice : « Le tourisme que j’encourage pour cette region est non celui qui voit un groupe minoritaire profiter des bénéfices, des rentrées d’argent, mais plutôt un tourisme où le maximum de gens possible obtiennent quelque chose pour améliorer leurs conditions de vie ». Sans le vouloir, l’Américaine venait de critiquer le tourisme conventionnel, classique, pour faire la promotion du tourisme responsable, facteur de développement durable par la participation des acteurs locaux.

Avec Daniel Hartman, Américain lui aussi, faisant le va-et-vient dans la région depuis maintenant un an, ils sont tous d’accord que la Grand’Anse demeure un marché touristique chargé d’opportunités, mais qu’il faut un peu de volonté pour plus de propreté, la mise en valeur des sites touristiques, la réhabilitation des routes, dont le parcours Jérémie-Cayes, des plages et l’amélioration des services offerts. Aussi pensent-ils que la région serait bien servie par des écoles spécialisées, comme des écoles d’hôtellerie, où les populations locales apprendraient à développer leur hospitalité, leur talent d’accueil inné.

Ces regards de gens venus d’ailleurs semblent confirmer la perception de Daniel Fignolé. En effet, déplorant que peu de place soit réservé à la région dans le schéma directeur du ministère du Tourisme, il estime que « la Grand’Anse est l’avenir du Tourisme en Haïti, autant local qu’international ».

Yvon Janvier jyvon21@gmail.com

Voir en ligne : Le Nouvelliste







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