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LE GESTIONNAIRE DE L’ANNÉE / Guiteau Toussaint : le sauveteur de la BNC - Paru dans : Le Matin

lundi 5 octobre 2009 par Administrator

La distinction « gestionnaire de l’année » attribuée au président du Conseil d’administration de la Banque nationale de crédit (BNC) par le journal Le Matin n’est que le couronnement d’un exploit à la tête de la banque commerciale de l’État. Une prouesse reconnue par tous les acteurs de la vie nationale, y compris les « victimes » de la restructuration de la BNC.

L’histoire a débuté en 1999 au moment où les plus hautes autorités devraient prendre une décision définitive concernant la BNC dont l’ensemble des indicateurs de performance étaient au rouge : déficit de capitaux et de fonds propres, absence de profits, plus de 50 % de prêts improductifs (prêts délinquants), carence de gestion…Bref, la BNC roulait au bord de l’abîme. « C’était la faillite technique », admet Guiteau Toussaint . Pour faire face à une réalité si accablante, la Banque de la République d’Haïti (BRH), l’autorité de tutelle, avait créé en février 1998 un comité de restructuration ayant à sa tête Yves Joseph. Les idées convergeaient vers une liquidation de la banque commerciale publique. La BRH ne voyait pas d’autres alternatives. Et ils ne manquaient pas de preneurs. Le Palais national rechignait à emboîter le pas. L’Exécutif réclame une dernière chance au bénéfice de cette institution dont il est censé garantir le bon fonctionnement. On doit alors former un nouveau comité de sauvetage. Le seul inconvénient : personne ne s’intéressait à une telle aventure. Guiteau Toussaint ,alors directeur général du ministère de l’Économie et des Finances (MEF), était chargé, sous la supervision du ministre Fred Joseph, de recruter les membres du comité, notamment le président. Devant l’impossibilité de trouver le profil idéal, le dossier revenait vers le Palais national qui, finalement lui suggérait de prendre les rênes du comité pour une période de trois mois. Son mandat : dire au chef de l’État s’il est encore possible de sauver la BNC avant de passer à sa privatisation. Deux mois après sa prise de fonction, la bonne nouvelle est annoncée : « on peut sauver la BNC moyennant un apport de capital de l’ordre de 75 millions de gourdes ». À la fin du processus, seulement 60 millions de gourdes ont effectivement été dépensées. Le sauvetage était moins coûteux qu’on le pensait.

Le plan de sauvetage

Guiteau Toussaint se souvient encore de la taille du défi qu’il fallait relever. Le comité qu’il présidait allait proposer un plan de sauvetage avec trois grands axes : la réforme du fonctionnement de la BNC, des ressources humaines sur les plans qualitatif et quantitatif et sa recapitalisation. Dans le diagnostic réalisé, les principales causes de la faillite demeurent : la mauvaise gestion, le manque de vision, le conservatisme, le manque de formation et l’absence d’adaptation aux changements survenus dans le secteur. Le chantier le plus sensible : réduire 450 employés pour 15 succursales à 240. Et dès qu’il s’agit de licenciement, la grève devient inévitable. Le comité devait alors convaincre les employés du bienfondé de sa démarche. On devait impliquer tout le monde dans le processus. Le manque de concertation était d’ailleurs l’un des points faibles du premier comité. Mais hors la restructuration, il n’avait point de salut pour la BNC. Les employés finissaient par le comprendre, malgré leur réticence. En mars 1999, la phase de transition étant close, Guiteau Toussaint devenait président du Conseil d’administration de la BNC. Quatre ans après, en 2003, il confirme avoir stabilisé la banque. N’était l’acquisition de la Socabank en 2007, il pouvait disposer de son temps pour visiter les succursales et s’adonner à d’autres activités moins contraignantes au sein de l’institution pour compenser la période des seize heures de temps de travail par jour qu’il fournissait au début du processus. Pour mener à bout la réforme, son Conseil d’administration a dû combiner un certain nombre de qualités : la compétence académique, l’expérience, la vision, la détermination et une forte personnalité. Parlant de force de caractère, Guiteau Toussaint dit vouloir préférer la démission au lieu de biffer ses performances. Ce, même dans les périodes de fortes turbulences des années 2002 et 2003. « Mieux vaut payer un salaire régulier à un individu incompétent en le gardant en dehors de l’institution au lieu de l’intégrer au sein de l’équipe », affirme-t-il en commentant le surpeuplement qu’ont connu certaines entités de l’administration durant cette période.

La nouvelle ère de la BNC

Pour sceller le sauvetage et marquer la nouvelle ère de la « BNC : le même nom, une autre banque », Guiteau Toussaint a dû réaliser des événements d’éclat dont l’informatisation de la boîte en novembre 1999. Beaucoup d’employés y compris des chefs de service et des directeurs résistaient à ce changement. Certains d’entre eux ont dû être hospitalisés tant leur frustration et leur mécontentement étaient grands. Le président du Conseil résistait à tous les arguments en usant de sa patience et de sa compréhension, puisque, explique-t-il, l’homme a toujours peur du neuf et essaie souvent de prendre ses distances. À un certain moment, il a même pensé à recourir aux services d’un sociologue pour accompagner le processus de changement de culture et de comportement des employés nostalgiques de la période de la banque unique où le fournisseur de services pouvait disposer du client comme bon lui semblait. Feu Thélusma Frédéric, vice-président du Comité de restructuration de la BNC, s’était vu attribuer cette tâche. Ce retraité en provenance du Canada retiendra l’admiration de Guiteau Toussaint longtemps après sa mort.

L’acquisition de la Socabank en 2007 a pourtant mis un bémol à la note qu’exécutait Guiteau Toussaint à la tête de la BNC. Il faudra encore une période supplémentaire de trois à quatre ans pour que tous les indicateurs passent à nouveau au vert.

Guiteau Toussaint est conviancu que l’expérience qu’il a faite peut être répliquée à toutes les institutions publiques roulant au bord de l’abîme. Suffit-il qu’on prenne le temps de mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut ! La distinction « gestionnaire de l’année » attribuée au président du Conseil d’administration de la Banque nationale de crédit (BNC) par le journal Le Matin n’est que le couronnement d’un exploit à la tête de la banque commerciale de l’État. Une prouesse reconnue par tous les acteurs de la vie nationale, y compris les « victimes » de la restructuration de la BNC.








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