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L’industrie musicale haïtienne : un marché sans structure et sans futur

lundi 16 juillet 2012 par Administrator

La musique est non seulement un art, une profession mais aussi un moyen de divertissement et un medium d’expression des émotions et des sentiments ressentis. Les artistes doivent être en mesure de vivre de leur talent et de leur musique. Personne n’ignore la décadence de cette industrie à l’heure actuelle.


Un des facteurs affectant cet univers c’est le manque de structuration tant au niveau des principes que des lois qui gouvernent une vraie industrie. Si l’on considère l’immensité de l’univers musical, un musicien ne peut pas vraiment s’occuper de musique et du management d’un groupe simultanément. Une formation musicale a besoin d’un organigramme pour préciser le rôle de chaque membre de son conseil administratif, afin d’assurer la bonne marche du groupe.

Le miroir d’une industrie musicale bien structurée

Dans les pays structurés, où l’industrie musicale est gouvernée par des lois, des contrats entre l’artiste et le promoteur sont écrits, signés et scellés. Il existe plusieurs types de contrats, entre autres le contrat de management, qui n’est rien d’autre qu’un simple accord de travail signé entre un artiste / un groupe et un manager. Cela peut étonner plus d’un. Un manager travaille selon un contrat que lui accorde l’orchestre. Les musiciens ne sont pas les employés du manager. C’est l’inverse. C’est comme dans le cas d’un avocat qu’on choisit pour vous représenter au tribunal. Ce n’est pas sans raison que les avocats utilisent toujours le terme « mon client ». Et, il est impératif que la mission du manager soit définie dans le contrat.

Il faut bien se rappeler qu’il existe une différence entre un Agent et un Manager. Un agent est aussi un représentant d’un artiste ou d’un groupe d’artistes. Il cherche des offres de contrats pour maintenir l’artiste / le groupe actif et il s’assure que les contrats de prestation soient alléchants. Il essaie dans la mesure de ses moyens d’en trouver les meilleurs puisque sa commission en dépend. Tandis que le manager s’occupe des affaires de chaque jour de l’artiste ou du groupe. Avons-nous des agents ou des managers dans l’industrie musicale haïtienne, communément appelée la HMI ? La «  HMI  » est un anglicisme voulant dire «  Haitian Music Industry  ».

Il faut bien préciser explicitement dans le contrat si le management doit s’occuper de toutes les activités de l’artiste / du groupe (responsable des frais d’enregistrement des disques, production de vidéos, promotion de l’artiste / du groupe, assurer le paiement des musiciens, recherche de contrats pour l’artiste / le groupe, négociations des contrats…) ou bien s’il s’étend à certaines d’entre elles (concerts, festivals, soirées dansantes,…). Tous les musiciens du groupe doivent parapher le contrat de management après avoir pris lecture du contenu d’un tel document légal. Si l’on se tient devant ce miroir de l’industrie musicale structurée et que l’on n’aperçoit aucune image de son groupe, c’est preuve que cette formation musicale opère en dehors des normes et principes qui gouvernent ce business de musique dans tous les pays du monde.

Le choix arbitraire des managers de l’industrie

Le plus grand problème de cette industrie c’est que les orchestres ne considèrent aucun critère de base pour nommer leur Manager. Ils choisissent n’importe qui, un(e) ami (e), un camarade de classe ou un membre de la famille, pourvu que celui-ci / celle-ci connaisse l’artiste / les musiciens. Dans cette industrie, les chefs de groupes cherchent souvent des personnes ayant un pouvoir d’achat pas trop maigre et qu’ils jugent aussi capables de faire certaines dépenses si besoin est. Tout se fait au hasard. Par exemple, un soi-disant homme d’affaires avait payé soixante quinze mille dollars américains ($ 75 000 U S) pour qu’il devienne membre d’un groupe musical haïtien -sòt ki bay, enbesil kip pa pran. Il a été nommé manager d’honneur mais se croyait investi de tous les pouvoirs. Il a été chassé. Il alla diriger/ administrer un groupe basé en Haïti puis l’a abandonné en chemin, suite à un malentendu entre lui et un chanteur qui n’adhérait pas à ses dictats et son tempérament manipulateur. Aujourd’hui, il est revenu au point de départ. Avec la hausse des prix due à une économie fragile, l’on se demande combien a-t-il payé aujourd’hui comme frais de réintégration ou combien avait-on réclamé de lui ? Dès qu’on accepte de telles faveurs d’un manager manipulateur, on devient son esclave. Il se croira être en mesure de tout décider. Souvent, il ne modère pas son langage et ne respecte pas les musiciens pour lesquels il travaille.

Celui qui finance les projets d’un groupe semble jouir de tous les privilèges. Voilà ce qui pousse certains managers au-delà des limites des pouvoirs que l’artiste ou le groupe lui confère. C’est triste. Fort souvent et malheureusement, dans la HMI, un Manager joue aussi le rôle de producteur et distributeur de musique, même s’il n’a aucun canal de distribution. Administrer requiert un minimum de connaissance en gestion. En plus de tout cela, le Manager doit avoir une certaine aisance dans ses interactions avec le public et les gens avec lesquels il entreprend des affaires dans l’intérêt du groupe. Souvent, ce même Manager joue le rôle de porte-parole du groupe musical. Les tâches ne sont pas partagées. Dans l’industrie musicale haïtienne, les contrats entre les groupes musicaux et promoteurs sont souvent verbaux. La forme que souvent les deux parties utilisent n’est qu’un reçu spécifiant l’avaloir remis au groupe musical, date de sa réception, date de la prestation et le solde que le promoteur doit payer à l’intermède ou avant la fin de la soirée. Rien n’est jamais dit à propos de rupture de contrat, promesse non tenue et ponctualité.

L’importance d’un manager dans un groupe musical

Le choix d’un manager est nécessaire et dépend de bien de facteurs, tels que l’intelligence de celui-ci ou de celle-ci, son leadership, son interaction avec le public, sa compréhension des principes de négociations, son habilité cognitive, son sens de discernement, sa capacité de trouver et d’apporter des solutions viables et fiables pour assurer la bonne marche du groupe, surtout lors des négociations où surviennent des litiges ou mésententes entre le conseil administratif et un promoteur ou entre le Manager et les musiciens. Ce manager doit avoir une facilité de langage pour s’exprimer dans la ou les langue(s) de son pays d’origine en plus de la langue du pays dans lequel l’orchestre réside.

La communication demeure un atout majeur car le langage d’un manager traduit sa personnalité. Son approche dans les négociations peut aider ou bien causer des problèmes, des dommages et même l’échec d’un groupe. C’est le ton qui fait la chanson. Il doit prouver son habilité, son leadership, sa discipline, sa souplesse d’esprit, ses compétences relationnelles, son haut degré de tolérance, sa capacité de manager les susceptibilités. Il faut qu’il fasse preuve de sagesse en tout temps et en tout lieu. Il doit être capable d’écrire les contrats, de gérer des crises, d’initier des projets rentables au groupe et se montrer diplomate et attentif. Il faut encore se rappeler que le manager travaille pour les musiciens et non le contraire. Le pouvoir d’un manager et son influence doivent être mesurés. Autrement, ce sera la pagaille un peu plus tard. Le groupe va tourner en rond et se retrouvera plongé dans une crise profonde.

Les limites du pouvoir d’un Manager

Il faut aussi déterminer la durée du contrat du groupe avec le manager. Ce dernier a aussi droit à un salaire ou une commission. Il est préférable de lui octroyer un contrat renouvelable de deux (2) ans. Le management artistique est une profession de gestion. Il requiert une certaine connaissance en administration. Celui-ci doit aussi avoir un niveau culturel avancé dans plusieurs domaines, particulièrement artistiques, musicaux, financiers et même juridiques. Le plus grand danger dans tout cela, c’est qu’aucune licence est requise pour devenir manager. Pourtant, aux États-Unis il y a des lois qui s’occupent de l’accréditation de managers.

Si le manager a d’autres activités en dehors de celles qu’il assure avec l’artiste / le groupe et ne peut couvrir les territoires internationaux, il est en droit de désigner un assistant-manager / un sous-management pour s’occuper des affaires du groupe en déplacement. Une clause résolutoire expresse mérite d’être stipulée dans le contrat pour permettre de le résilier légalement sans préjudice de dommages intérêts, au cas où le manager ne répond pas à ses obligations ou si les membres du groupe ne sont pas satisfaits de son travail.

Il y a même des avocats spécialisés en affaires artistiques et en droit des propriétés intellectuelles. Ils ne s’occupent que de divertissement et des droits d’auteur. Je parie qu’aucun des promoteurs n’a un avocat de divertissement. Il en est de même des groupes musicaux. Fait courant ! Pourtant, ils vous laissent tous croire que tout est juste et parfait sur ce point. D’ailleurs, ils parlent de leur groupe en faisant toujours référence à une institution. Pourtant, ils n’ont même pas le minimum que requiert une vraie institution. Une institution peut être définie comme un ensemble de règles et de lois établies dans le but de satisfaire les intérêts collectifs.

robertnoel22@yahoo.com








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