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L’ex-président français Jacques Chirac coupable - par : Pascale Juilliard et Annie Thomas, Agence France-Presse Paris

jeudi 15 décembre 2011 par Administrator

Pour la première fois en France, un ancien président de la République est condamné : à 79 ans, Jacques Chirac a finalement été rattrapé par la justice, qui l’a condamné jeudi à deux ans de prison avec sursis pour une affaire d’emplois de complaisance à Paris.

L’ancien chef de l’État a été déclaré coupable dans les deux volets de l’affaire pour « détournement de fonds publics », « abus de confiance » et « prise illégale d’intérêt », pour une vingtaine des 28 emplois litigieux.

Jacques Chirac est le premier « président de la République » à subir les foudres de la justice. Un précédent difficilement comparable existe cependant, celui de Philippe Pétain, chef du régime de Vichy qui avait collaboré avec l’Allemagne nazie, condamné en 1945 pour haute trahison à la peine de mort, commuée en prison à vie.

À l’audience, en septembre, le parquet avait requis la relaxe de Jacques Chirac et de ses neuf coprévenus.

« Nous saurons ce soir s’il accepte cette décision ou s’il souhaite par principe en faire appel », a dit Me Georges Kiejman, un de ses avocats. Il a relevé que « pour ceux qui attendaient une relaxe (un acquittement) ou une dispense de peine, le jugement peut apparaître comme décevant » tout en estimant qu’il fallait « quand même tenir compte de la grande modération du tribunal qui a tenu à rappeler les grandes qualités personnelles du président ».

L’association anticorruption Anticor, qui avait seule porté la contradiction face à la défense, mais dont la constitution de partie civile a été rejetée par le tribunal, a salué « une décision historique et extrêmement importante pour l’avenir de la démocratie ».

De son côté, l’ex-juge anticorruption et candidate des écologistes à la présidentielle française de 2012, Eva Joly, s’est félicitée que « justice soit faite ». Le porte-parole du Parti socialiste Benoît Hamon a quant à lui salué une justice qui « ne distingue pas les justiciables selon qu’ils soient puissants ou pas ».

L’ex-chef de l’État était absent à la lecture du jugement et n’avait assisté à aucune des audiences de son procès, du 5 au 23 septembre, excusé par un rapport médical faisant état de troubles neurologiques « sévères » et « irréversibles ». Il encourait dix ans de prison et 150 000 euros (202 000 $) d’amende.

Seuls deux des neuf autres prévenus ont été relaxés : l’ancien directeur de cabinet de Jacques Chirac, Michel Roussin, et Pierre Boué, un proche des milieux sportifs.

Les sept autres ont été reconnus coupables. Une dispense de peine a été accordée à l’ex-secrétaire général du syndicat Force Ouvrière Marc Blondel, dont le chauffeur avait longtemps été payé par la ville de Paris, les autres écopant de peines comprises entre deux et quatre mois de prison avec sursis.

L’affaire avait deux volets : l’un, instruit à Paris, portait sur 21 emplois et l’autre, instruit à Nanterre (près de Paris), sur sept postes. Les emplois en cause ont été rémunérés par la mairie de Paris de 1990 à 1995.

Jacques Chirac était soupçonné d’avoir mis les deniers municipaux au service de ses ambitions électorales et des intérêts de son parti, les emplois litigieux devant servir à élargir sa sphère d’influence.

Il était à l’époque maire de Paris, président du RPR (ancêtre de l’actuel parti au pouvoir UMP) et préparait la présidentielle de 1995, qu’il a remportée après deux échecs successifs.

M. Chirac a toujours récusé les faits qui lui étaient reprochés. Il avait affirmé « n’avoir commis aucune faute pénale ou morale », dans une déclaration lue au procès par son avocat Jean Veil.

Le procès, sans son principal prévenu, avait aussi été déserté par de nombreux témoins, dont le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, condamné en 2004 à 14 mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité dans un des volets de l’affaire, en tant qu’ancien adjoint au maire de Paris.

La principale victime de cette affaire, la ville de Paris, aujourd’hui dirigée par les socialistes, avait renoncé à se porter partie civile au procès, ayant été indemnisée par l’UMP et M. Chirac.

Chirac serein

Jacques Chirac a pris la nouvelle de sa condamnation dans l’affaire des emplois fictifs de la ville de Paris « avec sérénité », a affirmé jeudi l’un de ses avocats, Me Jean Veil, sans dire à ce stade si l’ancien président français ferait appel.

M. Veil, qui venait d’annoncer sa condamnation de deux ans de prison avec sursis à Jacques Chirac, a assuré sur la radio RTL qu’« il l’a pris avec sérénité ».

« Il est satisfait qu’à tout le moins le tribunal reconnaisse qu’il n’y a eu aucun enrichissement personnel », a ajouté Me Veil.

Jacques Chirac « a depuis le début toujours souhaité assumer ce qui était dans le dossier », a-t-il assuré. Il « a toujours eu une colonne vertébrale très forte (...) Il a toujours dit : « si quelqu’un dans cette affaire doit être condamné, ça ne peut être que moi et pas mes collaborateurs » ».

Interrogé sur l’aspect historique du jugement, l’avocat a répondu : « c’est une des choses qui me soucient le plus ».

« Car évidemment, un certain nombre d’étrangers, peut-être même de Français, ne liront pas la décision en détail, et ne retiendront que la sanction de deux ans de prison avec sursis, sans comprendre que tout cela est ancien, contesté », a-t-il ajouté.

Interrogé sur l’éventualité d’un appel, Me Veil a répondu que Jacques Chirac le dirait « le moment venu ».








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