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radio Métropole Haïti

Jimmy Jean-Louis, choqué par les mauvais traitements infligés aux Haïtiens en Rép.dominicaine

lundi 3 février 2014 par Administrator

"Indépendamment de la situation politique entre Haïti et la République Dominicaine, j’encourage fortement le gouvernement dominicain à reconsidérer son approche des droits humains par rapport aux Haïtiens. Chaque personne mérite d’être traitée avec dignité et respect", fulmine l’acteur et mannequin américain d’origine haïtienne Jimmy Jean-Louis

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Après avoir assisté au Global Film Festival en République dominicaine fin décembre 2013, l’acteur américain d’origine haïtienne Jimmy Jean-Louis décide de franchir la frontière haitiano-dominicaine.

"J’étais trop près de la maison familiale pour ne pas faire ce voyage rapide à travers la frontière et visiter ma mère et mon père en Haïti", explique-t-il sur Facebook environ un mois après avoir expérimenté une réalité qui l’a choqué au plus haut point.

Ainsi, après une brève visite à sa famille, Jimmy Jean-Louis retraverse la frontière avec l’intention de regagner Santo Domingo pour y prendre un vol a destination de Los Angeles.

Il espérait arriver à temps pour l’anniversaire de sa fille écrit-il dans un long récit dont nous publions quelques extraits.

Traverser la frontière a été assez facile, mais une fois dans le minibus pour Barahona, où Jimmy Jean-Louis comptait prendre un autre bus pour Santo Domingo City, un profond malaise s’est installé.

"Je me suis retrouvé dans une situation inhabituelle", explique-t-il.

"Le minibus était assez vide, avec seulement 6 passagers - le conducteur et sa petite amie, Miguel Angel, un compositeur natif d’Espagne, et un couple haïtien dans la vingtaine.

"Après quinze minutes de trajet, des soldats avec des fusils et des agents d’immigration nous arrêtent à un barrage. Nous sommes tous invités à produire nos documents. Les agents ne sont pas satisfaits avec l’identification des deux passagers haïtiens et décident de les faire descendre du minibus pour un nouvel interrogatoire".

"L’homme haïtien parle couramment l’espagnol, mais la jeune fille ne parle pas du tout, il me semble qu’elle est sourde et muette. L’interaction entre les agents et les Haïtiens est hostile, c’est le moins que je puisse en dire".

"Ils sont traités avec suspicion et malmenés. Je ne suis pas sûr de savoir comment ils ont réussi à convaincre les soldats, mais finalement les deux passagers haïtiens sont autorisés à revenir sur le bus. La fille regarde, traumatisée".

Une heure plus tard, le minibus est stoppé à un autre point de contrôle.

"[..] Il commence à faire sombre et les agents sont en train de siroter des boissons, l’arme au poing. Là encore, les Haïtiens sont forcés de descendre de l’autobus et interrogés. L’attitude de la jeune fille commence à se désagréger. Elle tremble mais ne dit pas un mot".

"Je suppose qu’elle vivait une sorte de traumatisme, ou avait perdu un proche parent. Elle était nettement perturbée. Les agents et les soldats sont tous sur elle, insinuant qu’elle est illégale, sans tenir compte du fait qu’elle vient de passer environ six points de contrôle précédents.

[..]

"Je bouillante à l’intérieur parce que je pense que les soldats étaient en train de complètement manquer de respect à ces deux êtres humains. J’ai eu aussi peur d’élever la voix. Je garde à l’esprit ce que j’avais récemment vu dans le film “12 Years a Slave”.

"Je décide que le silence est la meilleure défense".

Au 11ème point de contrôle, les agents demandent ouvertement au chauffeur du minibus pourquoi il accepte de transporter des Haïtiens.

Le conducteur répond qu’il n’est qu’un chauffeur de bus, et que ses deux passagers ont déjà passé dix autres points de contrôle, de sorte qu’il ne croit pas qu’il y ait un problème avec eux.

L’agent rétorque : "Je vais vous infliger une amende si vous continuez à porter plus d’Haïtiens".

"Les agents, raconte l’acteur américain, ne se soucient pas de cacher leur hostilité envers les ressortissants haïtiens. Miguel Angel et moi sommes tous deux choqués par le traitement que les Haïtiens reçoivent.

Cette répression contre les migrants haïtiens n’est pas sans rappeler le "Massacre du persil" - the Parsley Massacre -, où plus de 20.000 Haïtiens vivant en République dominicaine ont été exécutés".

"Indépendamment de la situation politique entre Haïti et la République Dominicaine, j’encourage fortement le gouvernement dominicain à reconsidérer son approche des droits humains par rapport aux Haïtiens. Chaque personne mérite d’être traitée avec dignité et respect", fulmine un Jimmy Jean-Louis manifestement encore sous le choc.

Traduit de l’anglais par :

HA/radio Métropole Haïti








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