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Improductivité et l’inactivation de l’université haïtienne

mercredi 5 octobre 2011 par Wadner Isidor

L’université haïtienne depuis son existence à nos jours génère et pérennise incessamment des crises. Son improductivité et son inactivation résident dans le fait qu’elle a toujours été un espace politique au détriment de la mise en application des normes scientifiques et des valeurs académiques standards.

Depuis des siècles, l’université reste un établissement qui fédère en son sein la production (recherche), la conservation (publications et bibliothèques) et la transmission (études supérieures) de différents domaines de la connaissance (Wikipédia). Et sa mission n’est autre que produire des savoirs théoriques et pratiques visant le développement de la société et l’amélioration des conditions matérielles (physique et psychologique) d’existence. De nos jours un bon fonctionnement des universités et plus généralement de l’enseignement supérieur est considéré comme un atout économique qui cible particulièrement le développement humain. Vu l’ensemble des problèmes que confronte la société haïtienne depuis un quart de siècle, quel genre d’université a-t-on vraiment besoin aujourd’hui ?

Le concept d’éducation qui emprunte une autre voie aujourd’hui dans le contexte d’internationalisation de la connaissance où la compétence est mise au devant, ce qui implique l’atterrissage des savoirs théoriques à des fins utiles en vue d’apporter des résolues aux problèmes humains. L’État de l’improductivité et l’inactivation de l’université haïtienne nous amène à mettre en question le système, à savoir l’organisation de l’enseignement supérieur en Haïti ainsi que les agents qui l’incorporent, pour citer étudiants, professeurs, doyens des facultés, professionnels non enseignants, administrateurs, fonctionnaires, chercheurs, recteur, vice-recteurs, etc. D’un point de vue scientifique, l’université étant consciente de l’évolution de la société doit faire face aux différents besoins de réponse aux problèmes que confronte la société, d’autant plus que l’université ayant regroupé les cerveaux humains, réfléchit pour la société. Ce n’est pas par hasard que les pays en voie de développement disposent de nos jours de montants énormes dans leur budget pour la recherche dans divers domaines spécifiques. Il faut admettre que la productivité exige l’appropriation des nouvelles technologies et l’innovation en privilégiant une grande variété d’outils et d’instruments permettant d’optimiser les résultats de recherche.

L’université haïtienne depuis son existence à nos jours génère et pérennise incessamment des crises de toutes sortes avec les vagues d’influence des mouvances politiques et les irrégularités enregistrées dans sa gestion en tant qu’institutions de dispensation des savoirs. Ce triste tableau nous amène à cette question : Quelle est l’avenir de la société haïtienne ? En effet, si l’université qui produit l’élite intellectuelle du pays n’est pas capable de réfléchir sur les problèmes de la société, que faut-il espérer dans les temps à venir ? Une université qui est dépourvue de tradition de recherche scientifique, qui dispense des savoirs dont elle ne dispose et qu’elle n’expérimente pas, est sans conteste une université improductive et se résume tout simplement à une école postsecondaire. Comment comprendre qu’une université qui date de plus d’un siècle ne dispose pas d’une bibliothèque, d’une banque de données (archives), d’un site Internet voire même un moteur de recherche ? Cette inactivation démontre un retard considérable dans les pratiques intellectuelles en Haïti.

Cette université qui pourtant a formé beaucoup de cerveaux de renommée internationale depuis son existence arrive dans un contexte où elle ne peut réfléchir sur ces problèmes voire trouver des solutions appropriées, tandis qu’elle demeure la gardienne de la société. Cela voudrait dire que l’espoir d’un changement dans le sens positif en Haïti est de très loin de devenir une réalité. Au fait, On n’est pas surpris de voir les comportements qu’affichent les apprentis intellectuels du pays qui aspirent à assurer la relève bientôt, qui ne se démarquent nullement des communs des mortels : leurs actions, leurs propos ternissent de toute mesure l’image de cette institution qui est une marque de noblesse dans les sociétés civilisées où les universitaires sont considérés comme des savants. De toute évidence, l’improductivité et l’inactivation de l’université haïtienne résident dans le fait qu’elle a toujours été un espace de mauvaises pratiques politiques au détriment de la mise en application des normes scientifiques et des valeurs académiques standards.

Cependant, il faut admettre que l’université est un espace politique, mais qui se fait de manière pacifique et avisée, car l’universitaire est une personne distinguée dans son comportement et dans ses actions vu son cheminement scolaire et son niveau intellectuel. Néanmoins, notre inquiétude dans la question c’est qu’on ne peut pas s’attendre à rien de plus prestigieux ou respectable pour une université qui se conforme aux mœurs de la société, tandis que c’est l’université qui devrait être le modèle de la société. C’est sans doute le résultat de l’improductivité et l’inactivation de l’université, sans oublier l’absence de garantie d’intégration des diplômés au marché du travail qui reste inexistant ou fictif pour certains domaines. Somme toute, devant ses multiples difficultés socioéconomiques, la société a surtout besoin d’une université productive, assise sur des bases fondamentales avec un standard international ayant des objectifs définis en fonction des besoins à satisfaire. L’université haïtienne doit sans contexte concilier ses plans et ses programmes de formation aux besoins de cette société qui sombre dans l’obscurité.

Wadner Isidor

Wadneri26@yahoo.fr








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