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Immigrants et travail mythes et réalités - Par Picher, Claude dans La Presse du 28 février 2009

lundi 2 mars 2009 par William Toussaint

Immigrants et travail - mythes et réalités

Picher, Claude

La situation des immigrants sur le marché québécois du travail donne lieu à toutes sortes d’interprétations. Est-ce vrai que le marché du travail est fermé aux immigrants ? Et si c’était le cas, n’est-ce pas un peu la faute des immigrants eux-mêmes, qui préfèrent se la couler douce sur l’aide sociale plutôt que de persévérer à chercher de l’emploi ?

Hier, l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) a publié une nouvelle série de chiffres qui permet de distinguer les mythes et les réalités dans ce dossier.

Ainsi, les immigrants se plaignent souvent de la difficulté à trouver un emploi au Québec. Ont-ils raison ? Oui et non.

La population active du Québec est de 4,2 millions de personnes (toutes les données concernent l’année 2008). Ce chiffre comprend toutes les personnes âgées de 15 ans et plus, et qui détiennent un emploi (à temps plein ou à temps partiel) ou qui sont à la recherche active d’un emploi.

De ce nombre, on compte 515 000 immigrants, et 458 000 d’entre eux détiennent un emploi, dont 84% à temps plein. C’est donc dire qu’une vaste majorité des immigrants parvient à trouver une place sur le marché du travail. Voilà pour la bonne nouvelle.

Envers de la médaille : si vous faites la différence entre les deux chiffres, vous obtenez 57 000. Ce résultat représente le nombre d’immigrants en chômage. Sur une population active de 515 000, cela donne un taux de chômage de 11,1%. Le taux de chômage correspondant, chez les personnes nées au Canada, est de 6,6%.

Malgré une présence relativement forte sur le marché du travail, les immigrants demeurent presque deux fois plus touchés par le chômage que les autres Québécois.

Il faut cependant prendre ces chiffres avec des pincettes. Le chiffre de 11,1% ne reflète qu’une partie de la réalité. Comme on s’en doute, plus un nouveau-venu est arrivé récemment, plus il a de la difficulté à trouver un emploi.

Ainsi, chez les immigrants installés au Québec depuis cinq ans ou moins, le taux de chômage grimpe au niveau insupportable de 18,1%. Même chez ceux arrivés il y a de 5 à 10 ans, le taux de chômage demeure très élevé à 14%. Dans ces conditions, on peut comprendre leurs doléances.

Ce n’est que chez les immigrants de longue date (dix ans ou plus) que le taux de chômage redescend à un niveau plus raisonnable de 8,1%, moins d’un point de pourcentage de différence avec la moyenne québécoise de 7,2%, toutes catégories comprises.

Quant aux immigrants qui préfèrent le confort de l’aide sociale aux efforts qu’il faut déployer pour trouver du travail, il s’agit d’un mythe. Certes, on peut toujours trouver des exceptions, mais les chiffres montrent, noir sur blanc, que les immigrants triment dur, et même très dur, pour se faire une place sur le marché du travail. C’est particulièrement vrai dans le cas des immigrants récents.

Le taux de chômage est un indicateur parmi d’autres. Les spécialistes accordent également une grande importance au taux d’activité, qui mesure non seulement les travailleurs qui détiennent un emploi, mais aussi les chômeurs à la recherche active d’un emploi.

Chez les immigrants installés au Québec depuis moins de cinq ans, le taux d’activité est de 66,2%, contre une moyenne québécoise de 65,7%. Mais ceux qui font le plus d’efforts sont les immigrants arrivés entre cinq et dix ans ; dans ce groupe, le taux d’activité grimpe à 75,2%, ce qui montre assez clairement que les immigrants demandeurs d’emplois ne se laissent pas décourager facilement, beaucoup moins facilement en tout cas que les Québécois de souche.

Par contre, chez ceux arrivés depuis plus de 10 ans, le taux d’activité baisse à 58,5%. Après 10 ans d’efforts, ceux qui n’ont rien trouvé vont rejoindre les rangs des chômeurs découragés et des assistés sociaux, et ne font plus partie de la population active.

Certes, le cas des immigrants récents est plus difficile, ce qui n’est pas tellement surprenant après tout : c’est la même chose dans tous les pays d’accueil. Les chiffres montrent qu’avec les années, leur situation a tendance à s’améliorer.

Mais le chiffre qui m’apparaît le plus significatif est le poids des immigrants sur le marché du travail québécois, toutes considérations confondues. Les immigrants forment 12,3% de la population active québécoise. Ils détiennent 11,8% des emplois. Il n’y a certainement pas là de quoi crier au meurtre.








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