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Haïti ou réticence à la modernisation !

dimanche 9 octobre 2011 par Wadner Isidor

Le 20ème siècle est l’âge des progrès scientifiques et des technologies de l’information. Le 21ème siècle est le siècle de la numérisation. Dans cette course vertigineuse de progrès, Haïti a encore du mal à passer de la tradition à la modernité. Comment peut-elle s’approprier des technologies afin de résoudre ses problèmes cruciaux.

Le 20ème siècle de par les multiples exploits technologiques et scientifiques est considéré comme le siècle de la modernité. Les siècles précédents n’ont pas connu autant d’avancées et de progrès dans toute l’histoire de l’humanité. Une pléiade d’inventions et de découvertes sont recensées au cours de ce siècle : la substitution de la main d’œuvre par la machine et le robot mécanique, Le remplacement du transport maritime par l’avion, l’envoi de navettes spatiales dans l’espace, la transplantation d’organes, l’invention de l’informatique et l’Internet, la modernisation de l’industrie du transport, les avancées de l’industrie des télécommunications telles la radio, la télévision, la téléphonie et le système de numérisation, le développement et l’utilisation des technologies agricoles augmentant la production tout en défiant la logique des saisons. D’énormes progrès scientifiques ont été réalisés au cours du siècle et amènent à d’autres avancées technologiques en ce début du 21ème siècle où l’on parle de numérisation. L’industrie des télécommunications et la prolifération des médias dans le monde sont les réalisations les plus extraordinaires du siècle. Des pays comme la Chine, le Japon, le Taïwan ont aujourd’hui une place importante et pèsent lourd dans la balance en face des États-Unis, du Canada et de l’Union européenne.

En effet, quelle est la place d’Haïti dans cette machine à produire ? Après deux siècles d’histoire on réalise que le pays a dû mal à faire le passage de la tradition à la modernité. A une heure des États-Unis, voisin de la République Dominicaine qui a pu développer l’infrastructure routière et représente un grand potentiel dans l’industrie touristique dans la région, point de repère de la grande Caraïbe de par sa spécificité géographique, Haïti est loin de se tailler une place importante dans la bascule. En tant que pays essentiellement consommateur, représentant un marché potentiel pour les industries de fabrication des voitures de luxe et l’industrie des télécommunications où le téléphone mobile est le plus vendu et plus utilisé dans les Caraïbes, la société haïtienne n’arrive pas à dépasser les moyens traditionnels. Au centre-ville de Port-au-Prince, ou plutôt au cœur de la capitale, il arrive souvent qu’une brouette obstrue le passage d’une voiture de luxe ou même le cortège d’un officiel du gouvernement ou encore un cortège diplomatique. On croise aussi souvent des portefaix et des brouettiers transportant des lots de marchandises en plein jour sur les autoroutes de la zone métropolitaine.

Il est écrit qu’Haïti est un pays essentiellement agricole tandis la production agricole, vivrière, insuffisante pour nourrir même un tiers de la population se fait encore aujourd’hui à l’aide d’outils traditionnels de l’époque moyenâgeuse comme la roue, la charrue, la machette, etc. Que dire des gultives (petite usine de transformation du jus de canne en alcool) où il n’existe encore aucune mesure dans les dosages de l’alcool communément appelé clairin. Ce qui est triste c’est que le secteur privé se contente d’importer des produits alimentaires afin d’en tirer davantage de bénéfices sur le marché et, de fait, l’État n’a aucun moyen d’agir en conséquence. Aujourd’hui encore, l’énergie consommée à 90% dans la cuisson des aliments, les boulangers, les blanchisseries est produite par le charbon de bois. Certes les technologies sont bien présentes quoi qu’elles soient accessibles pour une minorité seulement, dans la zone métropolitaine particulièrement. Mais le traditionnel est là par faute de moyen financier puisque deux tiers de la population sont au-dessous du seuil de pauvreté. A cet effet, les sociologues ont créé un concept définissant le cas des sociétés comme Haïti celui de , c’est-a-dire une société où la tradition et la modernité se confondent. En effet, on réalise qu’effectivement le pays n’a pas connu de grands progrès après 206 ans. De surcroît, la pratique et la vulgarisation scientifiques sont très loin de devenir des habitudes haïtiennes. L’adoption d’une politique scientifique représente un énorme défit pour la République d’Haïti qui n’arrive toujours pas à se mettre à point afin d’avoir une place dans le monde moderne. De plus le problème de la communication demeure le plus grand handicap de la société haïtienne ; c’est l’un des rares pays au monde où les gens éprouvent de la difficulté même pour exprimer leurs besoins essentiels. En outre, On constate que c’est l’une des sociétés où les dirigeants sont les plus réfractaires au changement et à la modernité puisqu’ils refusent d’adapter les technologies au besoins afin de mieux gérer le temps et maximiser les fonds publics, tandis que plus de 70% du budget national dépend de l’aide étrangère.

En somme le progrès d’un pays doit, de toute évidence, passer par l’exploitation des richesses et, pour y arriver il faut l’appropriation des technologies qui permettent d’aboutir à la résolution des problèmes tant politiques qu’économiques. Vu les multiples problèmes que confronte Haïti à l’heure actuelle, il faudrait bien l’appropriation des diverses technologies pour un éventuel changement et, le refus de l’adoption de la modernité ne fera qu’enfoncer le pays dans cette misère chronique.

Wadner Isidor

Wadneri26@yahoo.fr








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