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Haïti et les deux papes faits saints

mardi 29 avril 2014 par Administrator

Quatre papes ont marqué l’histoire dimanche. Deux sont devenus saints grâce à leurs actions, mais aussi par décision de leurs successeurs. Haïti, d’une façon ou d’une autre, a été marquée par l’action des deux nouveaux saints.

Deux papes, François et Benoît XVI, que la majorité de ceux qui lisent Le Nouvelliste connaît, ont participé dimanche à Rome à une cérémonie inédite dans l’histoire de l’Eglise catholique : la canonisation de deux anciens papes, Jean XXIII et Jean Paul II, le même jour. Si Benoit XVI est resté en retrait, le pape François s’est montré sur son meilleur jour. L’Allemand est celui qui avait décidé de canoniser Jean Paul II, sous les ordres duquel il avait servi. L’Argentin, a tout seul choisi et accéléré le processus pour faire du bon pape Jean XXIII un saint.
En Haïti, les aînés se souviennent du pape Jean XXIII, une très bonne école primaire des Frères du Sacré-Coeur porte son nom. Jean XXIII est le pape du concile Vatican II qui changea la face de l’Eglise. En Haïti, Vatican II ouvrit la route à l’introduction du tambour, aux messes en créole.
Jean Paul II est le pape le plus célèbre en Haïti. Une avenue porte son nom à Turgeau. En mars 1983, le pape d’origine polonaise visite Haïti et lance la célèbre formule « Il faut que quelque chose change ici ». Le souverain pontife avait transformé sa présence d’une demie journée en apothéose. Pour les catholiques et pour tous ceux qui espèrent et croient, Jean Paul II, entre le moment où il a baisé la terre d’Haïti et la minute de son départ, a eu le temps de célébrer une messe pour lancer l’année mariale, de bénir les enfants du couple Michèle et Jean-Claude Duvalier et dans une adresse à tous les Haïtiens donna l’extrême-onction politique au régime dictatorial des Duvalier.
Son souhait ou son commandement « Il faut que quelque chose change ici » plongea l’Eglise et les laïcs engagés dans une course qui marque encore le paysage politique haïtien. De la chute des Duvalier, en passant par l’avènement du prêtre Jean-Bertrand Aristide à la présidence d’Haïti jusqu’à la médiation du cardinal Langlois, la politique en Haïti demeure marquée, pour le meilleur et pour le pire, par les mots de Jean Paul II.
Dimanche, huit cent mille pèlerins se sont assemblés place St-Pierre, et des milliards de téléspectateurs, Benoît XVI, pape émérite, et François, le pape en siège, ont fait des Bienheureux Jean XXIII et Jean Paul II des saints.
Pour ceux qui ont vu ces hommes à l’œuvre, cette cérémonie nous a rappelé leurs actions. Cela nous a rapproché de l’Église que de connaître de notre vivant des hommes devenus saints grâce au rayonnement de leurs actions. Toute une leçon.

La partie liturgique

« En l’honneur de la Très Sainte Trinité, pour l’exaltation de la foi catholique et pour le développement de la vie chrétienne, avec l’autorité de Notre Seigneur Jésus-Christ, des Saints Apôtres Pierre et Paul, et la Nôtre, après avoir longuement réfléchi et invoqué à plusieurs reprises l’aide divine et écouté l’avis de beaucoup de Nos Frères dans l’Épiscopat, nous déclarons et nous définissons Saints, les Bienheureux Jean XXIII et Jean-Paul II. Et nous les inscrivons dans le Livre des Saints et nous décrétons qu’ils doivent être vénérés avec dévotion dans toute l’Église. Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. » Telle est la formule de canonisation que le pape François a prononcé dimanche, place St-Pierre, pour permette que désormais Jean XXIII et Jean-Paul II soient inscrits dans le catalogue des saints de l’Eglise catholique universelle.
Pour les catholiques, le seul saint est le Christ, mais depuis des siècles, après un procès, certains hommes et femmes sont béatifiés et aux termes du processus de canonisation leur sainteté est reconnue. On les propose comme modèles et les fidèles peuvent leur adresser des prières pour obtenir des grâces.

Dans son homélie, le pape François a rappelé :
« Les plaies de Jésus sont un scandale pour la foi, mais elles sont aussi la vérification de la foi. C’est pourquoi dans le corps du Christ ressuscité les plaies ne disparaissent pas, elles demeurent, parce qu’elles sont le signe permanent de l’amour de Dieu pour nous, et elles sont indispensables pour croire en Dieu. Non pour croire que Dieu existe, mais pour croire que Dieu est amour, miséricorde, fidélité. Saint Pierre, reprenant Isaïe, écrit aux chrétiens : « Par ses plaies vous avez été guéris » (1P 2,24 ; Cf. Is 53,5).
Jean XXIII et Jean-Paul II ont eu le courage de regarder les plaies de Jésus, de toucher ses mains blessées et son côté transpercé. Ils n’ont pas eu honte de la chair du Christ, ils ne se sont pas scandalisés de lui, de sa croix ; ils n’ont pas eu honte de la chair du frère (Cf. Is58,7), parce qu’en toute personne souffrante ils voyaient Jésus. Ils ont été deux hommes courageux, remplis de la liberté et du courage (parresia) du Saint-Esprit, et ils ont rendu témoignage à l’Église et au monde de la bonté de Dieu, de sa miséricorde.
Ils ont été des prêtres, des évêques, des papes du XXe siècle. Ils en ont connu les tragédies, mais n’en ont pas été écrasés. En eux, Dieu était plus fort ; plus forte était la foi en Jésus-Christ Rédempteur de l’homme et Seigneur de l’histoire ; plus forte était en eux la miséricorde de Dieu manifestée par les cinq plaies ; plus forte était la proximité maternelle de Marie. »
Plus loin, le pape a poursuivi : « C’est l’image de l’Église que le concile Vatican II a eu devant lui. Jean XXIII et Jean-Paul II ont collaboré avec le Saint-Esprit pour restaurer et actualiser l’Église selon sa physionomie d’origine, la physionomie que lui ont donnée les saints au cours des siècles. N’oublions pas que ce sont, justement, les saints qui vont de l’avant et font grandir l’Église.Dans la convocation du concile, Jean XXIII a montré une délicate docilité à l’Esprit Saint, il s’est laissé conduire et a été pour l’Église un pasteur, un guide-guidé. Cela a été le grand service qu’il a rendu à l’Église ; il a été le pape de la docilité à l’Esprit.
Dans ce service du Peuple de Dieu, Jean-Paul II a été le pape de la famille. Lui-même a dit un jour qu’il aurait voulu qu’on se souvienne de lui comme du Pape de la famille. Cela me plaît de le souligner alors que nous vivons un chemin synodal sur la famille et avec les familles, un chemin que, du Ciel, certainement, il accompagne et soutient. »

Comme tout homme

Pour ceux qui les ont connus, si la vie de Jean XXIII et celle de Jean-Paul II furent exemplaires, ils ne sont pas exempts de critiques. Chacun des deux papes devenus saints dimanche a des zones d’ombre dans son pontificat, dans son oeuvre, dans ses actes quotidiens. L’important reste et demeure que leurs actions furent déterminantes pour faire avancer l’Eglise et le monde en leur temps. Le positif l’emporte sur le négatif. Et, en cela, qu’ils servent d’exemple à tous.

Frantz Duval avec Le Figaro duval@lenouvelliste.com Twitter :@Frantzduval

Voir en ligne : Le Nouvelliste







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