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Haiti-Séisme/Reconstruction : Capital international à l’œuvre - Par : Leslie Péan, AlterPresse le 03 mars 2010

mardi 9 mars 2010 par William Toussaint

Haiti-Séisme/Reconstruction : Capital international à l’œuvre

Par Leslie Péan

Soumis à AlterPresse le 03 mars 2010

Dans les quatre volumes que j’ai consacrés à la descente aux enfers d’Haïti [1] sous la férule de la communauté internationale, j’ai analysé les différents facteurs de la complexité concourant à faire d’Haïti cette peau de chagrin qu’elle est actuellement. En premier lieu, j’ai montré le rôle de la haute finance dans cette hécatombe du système de corruption patron-client entre les créanciers internationaux et Haïti. Depuis l’emprunt de 1825, Haïti est le banc d’essai d’une attaque des Etats par le capital financier international pour le vassaliser et le mettre en état de déréliction. Attaque dont est aujourd’hui victime un pays comme la Grèce. Le processus de financiarisation privilégiant les marchés et les motivations financières au détriment des gouvernements [2] est mis en marche et impose ses contraintes à l’État haïtien. Les acteurs financiers internationaux feront si bien qu’en 1900, près de 80% des revenus du pays servent à rembourser la dette. Haïti va être pressurée par le capital financier avec une cupidité inégalée. Les commerçants de l’import-export vendent de la camelote à Haïti au prix fort et les élites haïtiennes vendent, à leur tour, le café et les autres denrées du paysan haïtien en contrebande, ne déclarant qu’une faible partie au fisc. Les ponctions des financiers alliés aux commerçants et détenteurs du pouvoir d’État ont alimenté systématiquement le déficit des finances publiques. Il s’en est suivi des luttes intestines des factions mulâtristes et noiristes des élites pour l’hégémonie dans la domestication et l’exclusion du peuple haïtien.

Cette situation n’a pas manqué de générer des crises interminables. Et à chaque fois, on a fait appel aux mécanismes qui les produisent pour tenter de les résoudre, mais aussi au facteur politique qui y a contribué de manière substantielle. La constitution de l’État marron haïtien s’est faite sur le bluff de payer une indemnité à la France avec des ressources financières inexistantes, en contractant des emprunts pour payer d’autres emprunts dans un carrousel qui nous a enfoncé dans un vrai tonneau des Danaïdes, sans la moindre intelligence qu’une autre issue soit possible. Nous avons recommencé avec les mêmes, toutes proportions gardées, dans une logique similaire à celle du gouvernement américain aujourd’hui, voulant avoir d’autres résultats avec ceux qui ont forgé la dérégulation et la déréglementation, augmentant ainsi la part du faire semblant, bref du simulacre. Ce sont, du moins, les conclusions auxquelles est arrivé Jonathan Weil en ce qui concerne le résultat zéro auquel on doit s’attendre de la Commission d’Enquête sur la Crise Financière, établie au Congrès américain le 20 Mai 2009, pour investiguer les causes de la crise financière actuelle aux États-Unis d’Amérique. [3] Masquer, dénaturer, corrompre sont les éléments de base d’une stratégie pour jeter de la poudre aux yeux dans ce que Jean Baudrillard nomme l’ordre du maléfice et du sortilège. [4]

L’alliance contradictoire franco-américaine

Le tremblement de terre du 12 janvier 2010, les déclarations faites le 17 janvier par Bill Quigley du Center for Constitutional Rights dans le Huffington Post, et la pétition internationale adressée au président français Nicolas Sarkozy à l’occasion de sa visite en Haïti ce 17 février 2010 [5] ont été l’occasion de mettre en lumière des éléments longtemps cachés expliquant la décadence et le mal développement de ce pays de la Caraïbe. Ces trois évènements en révélant le rôle de la communauté internationale dans l’appauvrissement d’Haïti ont contribué à faire monter à la surface des tonnes d’information longtemps enfouies. Bill Quigley les a martelées en disant : « Les Etats-Unis ont tout fait pour casser Haïti en deux cents ans. Nous avons une dette envers Haïti qui n’est pas de la charité. Ce que nous devons à Haïti relève de la justice. Nous lui devons des réparations. Et pas seulement les $100 millions de dollars promis par le Président Obama ; c’est de l’argent de la loterie. Les Etats-Unis doivent à Haïti des milliards – avec un grand M. » [6]
L’aveu de Bill Quigley ne relève pas d’un sentiment de culpabilité mais plutôt d’une volonté de vérité. Il participe des données brutes à partir desquelles des analyses, un meilleur diagnostic et des remèdes appropriés peuvent émerger afin de guérir le mal haïtien. Bien sûr, si comme certains le croient, la générosité peut être l’apanage du capital. Cela reste à démontrer. Les organisateurs du West Indian-American Day Carnival Association ayant à leur tête le Révérend Dr. Herbert Daughtry ont sillonné les rues de Brooklyn le samedi 31 Janvier 2010 en demandant aux manifestants de dire la vérité à la France de rendre à Haïti ce qui lui est dû. Cette victoire de la mémoire s’est répandue comme une trainée de poudre. Du pasteur Herbert Daughtry au philosophe Etienne Balibar, les contestations mémorielles et les revendications sont particulièrement salées sur deux points : a) Le goulot de la dette de l’indépendance d’Haïti, et b) l’alliance contradictoire franco-américaine dans le coulage d’Haïti.

Mettre le même produit dans un emballage plus attractif

La communauté internationale a appauvri Haïti avec l’indemnité de 1825 imposée pour dédommager les colons. Cette indemnité encore appelée dette de l’indépendance a pesé lourd dans la balance et a bloqué le développement d’Haïti. Ce n’est qu’en 1947 qu’Haïti versera le dernier centime de la chaine de dettes créée par cette maudite indemnité. De 1825 à 1838, Haïti a payé avec des ratés. Puis en 1838, la France a envoyé ses bâtiments de guerre et ses représentants Las Cases et Baudin négocier une réduction de 120 à 60 millions de francs or, ce qui fait 90 millions de francs or pour la totalité, en tenant compte du premier versement des 30 millions que fit Haïti en empruntant de la Banque Rothschild et Laffitte.
Deux choses importantes sont à retenir ici. La première est le constat par la France du fait que l’Ordonnance de 1825 en liant la reconnaissance de l’indépendance au paiement de l’indemnité force Haïti à accorder des montants importants à son armée et à sa défense, laissant ainsi peu d’argent au paiement de l’indemnité. En effet, l’ordonnance de 1825 du roi Charles X dit dans son article 3 « Nous concédons à ces conditions, par la présente ordonnance, aux habitants actuels de la partie française de l’ile de Saint-Domingue, l’indépendance pleine et entière de leur gouvernement. » La deuxième est le niveau de corruption dans l’administration douanière. L’analyse des statistiques du commerce extérieur indique que les exportations haïtiennes vers l’Europe et les Etats-Unis sont inférieures d’un tiers aux statistiques d’importations de ces pays en provenance d’Haïti.

Les commissaires français Las Cases et Baudin décident donc de mettre le même produit, c’est-à-dire l’indemnité, dans un emballage plus attractif. Il y aura donc deux traités signés le 12 février 1838. Le premier traité dans son article 1 déclare : « Sa Majesté le Roi des Français reconnaît pour lui, ses héritiers et successeurs, la République d’Haïti comme État libre, souverain et indépendant ». Le second traité redéfinit les termes de l’indemnité de 1825 en réduisant le solde de moitié. 549 caisses de pièces d’or et d’argent représentant 3.2 millions de francs seront immédiatement embarquées sur la frégate de guerre française La Néréïde du 21 février au 13 Mars 1838. [7] Le tableau détaillant ces monnaies versées par Haïti n’a malheureusement pas été reproduit dans l’édition haïtienne de l’ouvrage d’Emmanuel Chancy. [8] Mais les tableaux de versements similaires de caisses remplies d’or et d’argent aux frégates françaises Le Griffon et La Victorieuse en novembre 1838 et en février 1840 y figurent.
C’est sur ce fond comme décor que les dirigeants haïtiens ont élaboré des mauvais calculs recherchant avidement l’appui des étrangers pour prendre le pouvoir politique en Haïti et le garder. Ces mauvais calculs ont produit des faux bonds dictés par une politique économique et financière aberrante dans laquelle des caisses d’or et d’argent ont été transférées dans les banques européennes puis américaines au détriment des besoins en éducation, infrastructures et agriculture du pays. La corruption du sens s’est installée occasionnant les multiples détournements d’avoir et de savoir jalonnant l’histoire haïtienne. Enfin les revers de fortune occasionnés par les catastrophes naturelles telles que le tremblement de terre sont venues s’ajouter aux mauvais calculs et faux bonds pour trouver de nouveaux tours aux détournements de l’aide extérieure afin qu’elle ne soit pas siphonnée, vendue ou marchandée uniquement par l’équipe au pouvoir. Les déboires de Marilou Roy exposés dans le journal mexicain Excelsior [9] pour faire sortir de la douane des dons reçus du Mexique pour les sinistrés sont la face visible de l’iceberg. Le gouvernement veut faire payer des taxes douanières aux dons reçus par les Organisations Non-Gouvernementales (ONGs) pour les sinistrés. Soledad O’Brien de la chaine CNN [10] a aussi fait l’expérience de ces péripéties bureaucratiques qui apportent de l’eau au moulin de tous ceux dont l’agenda secret est de casser l’État afin de livrer les populations à la bonne volonté et aux pratiques de jungle des détenteurs de capitaux. La corruption gouvernementale devient l’alibi pour le démantèlement des structures étatiques de régulation et de réglementation.

Un devoir de transgression des règles de soumission

D’abord la communauté internationale a joué la carte des élites contre le peuple (en s’appuyant sur la culture), puis quand les élites finalement ont compris le petit jeu déstabilisateur de la communauté internationale, cette dernière a joué la carte du peuple contre les élites en faisant l’apologie de la médiocrité. Des éléments issus des couches populaires aux appétits insatiables sont conviés au festin du pouvoir. Aujourd’hui, la communauté internationale pense pouvoir corrompre tout le monde en agitant les retombées financières de la reconstruction pour mettre fin aux hostilités entre les multiples clans politiques, blanchir les uns et les autres et célébrer les retrouvailles. L’accroc à cette offensive est le marronnage de Préval qui, tout en acceptant la création de l’Agence de Reconstruction telle que proposée par Clinton, refuse d’intégrer tous les Haïtiens et persiste dans sa politique d’exclusion pour mettre hors circuit certaines personnalités qui s’opposent à sa politique de laisser grennin.

Le gouvernement de Préval bloque l’envol du projet de refondation d’Haïti. Il mène une croisade en coulisse contre ce plan auquel il a donné son accord. Mais la communauté internationale, en même temps ne veut pas trop bousculer Préval car elle craint l’arrivée aux affaires des grosses pointures haïtiennes qui risquent de sortir du tour de table de ses rencontres pour trouver un leadership à la hauteur des enjeux. Pour la communauté internationale, il s’agit de rebâtir le statu quo tout en donnant l’impression de faire autre chose. Face à la corruption par intimidation de la communauté internationale, les Haïtiens ont un devoir de transgression des règles de soumission pour bâtir un autre pays comme le voulaient leurs ancêtres qui firent 1804. Pour sortir de cette marre, les capitaux de la diaspora peuvent être utiles.

En effet, les transferts et l’épargne de la diaspora pèsent lourds dans la balance de l’économie nationale. Loin de vouloir surfer sur la vague des donateurs ou encore de dire comme le gouvernement « donnez-nous l’argent », les démocrates Haïtiens se doivent de revendiquer un réel partage du pouvoir pour relever le défi actuel. Si Haïti est arrivée là où elle se trouve présentement, la cause fondamentale est la formule de gestion du pouvoir empruntée par la classe politique. Ces voies individuelles d’accaparement des instances de décisions de la chose publique n’ont laissé d’autres choix au reste de la population que la résignation et la fuite, sinon la mort en tentant de changer les choses. La diaspora haïtienne a démontré que les Haïtiens ne sont pas des paresseux. Ce sont des gens qui ne demandent qu’à travailler et qu’à être payés ce qui leur est dû. Ils peuvent se relever tout seuls de leur chute. Il faut les laisser tranquilles et ils s’en sortiront en donnant l’exemple. C’est justement ce qui fait peur à la communauté internationale qui bataille ferme contre tout exemple contagieux.

L’animalité de la haute finance

Le trou dans lequel Haïti est tombée est profond et a contraint les Haïtiens à vivre dans une situation d’exclusion de la grande majorité de la population. Ce que le professeur Leslie Manigat dans son récent entretien du 20 février 2010 avec Michel Soukar a nommé une animalité en quête d’hominisation. On peut vouloir nuancer ce diagnostic traduisant l’incapacité et l’obsolescence des structures qui dominent la société haïtienne. L’important est de saisir que l’animalité est d’abord celle de la haute finance de la communauté internationale qui a fait de nous ce que nous sommes en s’assurant que nous assumons cette reproduction de ce qu’on a fait de nous. Toutes nos tentatives de sortir par le haut ont été combattues par la coalition antagonique franco-américaine qui a su toujours trouver des chercheurs de pouvoir locaux pour mener sa politique. Ne restons pas à la surface des choses. Cette haute finance qui a commencé son travail de sape sous le gouvernement de Boyer a pu trouver par la suite celui de Lysius F. Salomon pour monter au créneau et remettre la gestion bancaire du pays à la banque française Banque de l’Union Parisienne en 1880.

Les financiers français s’étaient arrangés pour mettre Haïti sur la liste noire afin qu’elle n’ait pas accès aux marchés internationaux de capitaux sans passer par les banques de l’Hexagone. [11] Une mauvaise notation et le tour était ainsi joué afin que seuls les établissements français souscrivent aux opérations d’émission de bons du Trésor haïtien. La disqualification de la signature de l’État haïtien ne date pas d’aujourd’hui. Cette disqualification est partie intégrante du complot de la communauté internationale pour couler l’État haïtien afin que ses titres publics ne jouissent d’aucune confiance dans les bourses internationales. Cette amoralité de la haute finance continuera avec les banques allemandes puis américaines jusqu’en 1946 pour reprendre avec la Eximbank et les institutions financières internationales de Bretton Woods à partir de 1949.

Cette même amoralité est à la source du séisme financier qui étreint la planète depuis 2008 d’abord avec les banques, puis avec les entreprises en 2009 et maintenant avec les États en 2010. La corruption légendaire des milieux de la haute finance n’a pas d’état d’âme. Elle fait prendre des vessies pour des lanternes et elle vend des produits toxiques au reste de la planète en connaissance de cause. Avec la bénédiction et la complicité des autorités étatiques en charge de la réglementer. Dans la crise financière actuelle, comme le dit Philip Angelides, président de la Commission d’Enquête sur la Crise Financière, « on a vu les banquiers agir comme des concessionnaires d’automobiles qui vendent une voiture avec des freins défectueux, puis achètent une police d’assurance sur la vie de l’acheteur de la voiture ». [12] Pour tenter d’étouffer le scandale de corruption du plan de sauvetage de 700 milliards de dollars de la haute finance, on jette des larmes de crocodile pendant que les responsables du fiasco sont toujours aux commandes dans le privé et dans l’État pour continuer à gagner de l’argent avec les produits dérivés comme les CDS (Credit Default Swaps) et autres instruments financiers toxiques.

Une aubaine par les autorités pour garder le pouvoir

Le dynamisme haïtien est bloqué par le système politique restavek qui s’appuie sur la communauté internationale pour garder le pouvoir à travers l’occupation de la MINUSTAH. Ne nous trompons pas de cibles. Le peuple haïtien n’est pas responsable des dégâts du séisme du 12 Janvier. Les dirigeants qui n’ont pas été à la hauteur de leurs responsabilités le sont. Toute personne en détresse a droit à la compassion et il faut remercier tous ceux qui apportent leur aide dans ces moments difficiles. Mais la meilleure aide est celle consistant à laisser aux Haïtiens le droit de définir eux-mêmes leur avenir. L’aide internationale peut venir comme force d’appoint, comme complément, mais ne peut être l’épine dorsale du renouveau. D’ailleurs, l’aide promise par les pays riches lors du sommet du G8 (groupe des huit pays les plus riches du monde) à Gleneagles en Écosse en 2005 ne se matérialise pas. Selon la dernière étude publiée par l’OCDE, les contributions d’aide publique au développement (apd) prises par les 22 pays composant le Comité d’Aide au Développement (CAD), avec pour objectif initial par pays une aide de 0.51% de leur revenu national brut (RNB), diminuent de 21 milliards de dollars en 2010 par rapport aux promesses. La crise financière et économique internationale a affecté le RNB de nombre de pays du CAD, le RNB étant la mesure du revenu annuel d’un pays basée sur la valeur totale des biens et services produits à l’intérieur de son territoire, plus le revenu net reçu d’autres pays sous des formes telles que les paiements d’intérêts et les dividendes. [13]

L’ordre de bataille du gouvernement haïtien pour aborder la reconstruction des lieux dévastés par le tremblement de terre ne présage rien de bon. Il n’y a aucune transparence dans le traitement du dossier. Le séisme est plutôt traité comme une aubaine par les autorités pour garder le pouvoir, se faire de l’argent et pour faire faire de l’argent à leurs parents et amis en leur donnant des juteux contrats. La conception absolutiste du pouvoir du gouvernement fait qu’il refuse l’organisation d’une conférence nationale (une chose difficile mais pas impossible) pour trouver un consensus sur les différentes propositions qui sont sur la table. Il y a pourtant des initiatives sérieuses et courageuses qui sont formulées. Du Plan Stratégique de Sauvetage National (PSSN) aux propositions du GREH, des « Voies et Moyens » des banquiers et experts financiers Pierre-Marie Boisson, F. Carl Braun, Kesner Pharel et Bernard Roy (sur lesquels nous reviendrons) aux travaux des sénateurs Youri Latortue, Rudy Hériveaux et Évallière Beauplan, il y a une volonté de définition d’un renouveau qui ne soit pas uniquement la reconstruction de la misère. Mais rien n’est fait par le gouvernement pour harmoniser les propositions émanant des différents secteurs de la société civile et de la diaspora afin que ces différentes catégories puissent se donner la main pour tirer ensemble dans la même direction. Le gouvernement haïtien se prépare une fois de plus pour être la courroie de transmission de l’ordre marchand dévastateur. Pour tomber dans le piège des secteurs de la communauté internationale qui veulent profiter du désastre pour avancer dans le projet de financiarisation de la planète en territoire haïtien.

[1] Leslie Péan : Economie Politique de la Corruption – De Saint Domine à Haïti (1791-1870), Editions Maisonneuve et Larose, Paris, France, 2003 ; Economie Politique de la Corruption, Tome 2, L’Etat marron (1870-1915), Editions Maisonneuve et Larose, Paris, France, 2005 ; Economie Politique de la Corruption, Tome 3, Le Saccage (1915-1956), Editions Maisonneuve et Larose, Paris, France, 2006 ; Economie Politique de la Corruption, Tome 4, L’Ensauvagement macoute et ses Conséquences (1957-1990), Editions Maisonneuve et Larose, Paris, France, 2007.

[2] Gerald A. Epstein, Financialization and the World Economy, Edward Elgar Publishing, 2005. Voir aussi Randy Martin, Financialization of Daily Life, Temple University Press, Philadelpia, PA, 2002.

[3] Jonathan Weil, « Wall Street Fix Is In at Bank-Crisis Coroner » Bloomberg News, January 20, 2010.

[4] Jean Baudrillard, Simulacre et Simulation, Paris, Editions Galilée, 1981.

[5] « Haiti-Séisme/France : Restitution de la dette de l’Indépendance pour la Reconstruction d’Haïti”, AlterPresse, 17 février 2010.

[6] Bill Quigley, « Why the US Owes Haiti Billions — The Briefest History”, Huffington Post, January 17, 2010.

[7] Emmanuel Chancy, L’indépendance nationale d’Haïti, Paris, Flammarion, 1884, p. 339.

[8] Emmanuel Chancy, L’indépendance Nationale d’Haïti, Rotary Club et L’Imprimerie Deschamps, P-a-P, 2004.

[9] “La ayuda a Haití, detenida por el gobierno en el aeropuerto”, Excelsior, Mexico City, 1 de febrero 2010.

[10] Soledad O’Brien, « Video : Haiti slows relief supply efforts », CNN, February 26, 2010.

[11] Gayle Plummer, Haïti and the Great Powers : 1902-1915, Baton Rouge, Louisiana State University Press, 1988, pp. 141-143.

[12] Richard Teitelbaum, “Secret AIG Document Shows Goldman Sachs Minted Most Toxic CDOs”, Bloomberg News, New York, February 23, 2010.

[13] “Les performances inégales de l’aide au développement pour 2010 suscitent des inquiétudes”, OCDE, Paris , 17 février 2010.








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