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Haïti - Nations Unies : Bill Clinton ne se substituera pas à la Minustah, précise Michèle Montas

mardi 19 mai 2009 par Robert Benodin

Haïti - Nations Unies : Bill Clinton ne se substituera pas à la Minustah, précise Michèle Montas

Posté le 19 mai 2009 HPN

Michèle Montas a confirmé ce mardi que Ban Ki-moon a désigné Bill Clinton comme émissaire des Nations unis en Haïti. Elle a aussi expliqué que le mandat de M. Clinton ne va pas empiéter sur celui de la Minustah.

La porte-parole du secrétaire général des Nations unies a confirmé la nomination de Bill Clinton par Ban Ki-moon comme « envoyé spéciale des Nations Unies pour Haïti ». « La demande a été faite la semaine dernière et a été transmise au Président Préval tout de suite après que l’ex-président américain ait accepté », a indiqué Mme Montas.

Cependant, la mission de Bill Clinton n’a rien à voir avec celle de la Minustah. Selon les précisions de la veuve de Jean Dominique, William Jefferson Clinton s’engagera plutôt à faire les suivis auprès des bailleurs pour encourager le décaissement des fonds en faveur du pays en utilisant ses nombreux contacts internationaux.

« L’idée de demander au président Clinton qui, comme vous le savez, a d’énormes influences à travers le monde, d’être l’envoyé spécial des Nations Unies pour Haïti n’est pas de venir renforcer ou encore moins de remplacer la Minustah (…), mais de pouvoir sensibiliser les donateurs à l’extérieur. Le président Clinton ne vient pas s’installer en Haïti, il sera à l’extérieur essayant de mobiliser d’avantage de support pour Haïti », a-t-elle expliqué.

Plus loin, la porte-parole des Nations unies se dit confiante dans les capacités de Bill Clinton de produire des résultats comme il l’avait fait par le passé après le Tsunami de 2004 sur l’île de Phuket en Asie.

Mme Montas a, par ailleurs, informé que l’ex Président Bill Clinton a été ravi de mettre ses compétences au service d’Haïti une nouvelle fois. Il aura une rémunération symbolique de 1 dollar l’an. Cependant, les Nations Unies se chargeront du personnel qui l’accompagne.

PC/ HPN

Bill Clinton désigné envoyé spécial des Nations Unies en Haïti

L’ancien président US s’est récemment dit optimiste sur les chances actuelles de développement d’Haïti

lundi 18 mai 2009,

Radio Kiskeya

L’ancien président américain, Bill Clinton, a été désigné envoyé spécial des Nations Unies en Haïti, selon une dépêche de la chaine d’informations continue des Etats Unis CNN, citant un haut responsable des Nations Unies.

Une annonce officielle à ce sujet est attendue ce mardi au siège des Nations Unies à New York, selon le même officiel.

Au cours de ses deux mandats présidentiels, Bill Clinton a effectué plusieurs visites en Haïti, dont la plus récente en mars dernier en compagnie du secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon.

Lors de cette dernière visite, l’ancien président américain avait exprimé son optimisme face aux possibilités actuelles de développement d’Haïti après des décades de chaos et de stagnation.

Depuis 2004, une mission internationale de l’ONU est établie en Haïti avec pour mission de stabiliser le pays par le renforcement des institutions, l’instauration de la démocratie et l’amélioration des conditions de vie de la population. [jmd/Radio Kiskeya]

Deux hommes d’affaires de Floride plaident coupables d’avoir versé plus d’un million de dollars de pots-de-vin à des fonctionnaires de la Téléco, sous le gouvernement d’Aristide (2001-2004)

Ils encourent 5 ans de prison

dimanche 17 mai 2009,

Radio Kiskeya

Deux hommes d’affaires américains ont plaidé coupables le 27 avril et le 15 mai derniers par devant un tribunal du Sud de la Floride (Etats Unis) de blanchiment d’argent et de violation des lois américaines sur la corruption de fonctionnaires d’un gouvernement étranger.

Par-devant le juge Jose E. Martinez du District du Sud de la Floride, Antonio Perez (51 ans) et Juan Diaz (51 ans) ont successivement reconnu avoir versé, entre 2001 et 2003, environ un million sept cent trois mille quarante quatre dollars (USD 1.703.044) au Directeur général et au Responsable d’alors des relations internationales de la Téléco pour qu’ils octroient des avantages à 3 compagnies de télécommunications du Comté de Dade (Miami).

Les noms des fonctionnaires haïtiens concernés ne figurent pas dans le communiqué relatif à ce dossier publié le 15 mai par Alexander Acosta et Lamy A. Breuer, respectivement Attorney et assistant Attorney des Etats Unis pour le District du Sud de la Floride. L’investigation se poursuit, précise le communiqué.

Juan Diaz a admis avoir perçu soixante treize mille huit cent vingt quatre dollars (USD 73.824) de commissions pour les pots-de-vin versés aux officiels haïtiens.

Les deux hommes d’affaires de Floride encourent une peine maximale de 5 ans assortie d’une amende de plus de deux cent cinquante mille dollars (USD 250.000).

Dans l’instruction de cette affaire, la justice américaine a bénéficié de la collaboration des autorités haïtiennes via le Ministère de la Justice, l’Unité de Renseignements Financiers (UCREF) et le Bureau des Affaires Financières et Economiques (BAFE) de la Police Nationale d’Haïti (PNH).

Le gouvernement Aristide (2001-2004) concerné par un tel dossier, a été maintes fois accusé d’avoir conclu des contrats douteux, au détriment de la Téléco. [jmd/Radio Kiskeya]

Obama se réjouit de la longue amitié entre haïtiens et américains

19 mai 09, Métropole

A l’occasion de la commémoration de la fête du drapeau haïtien le président des Etats-Unis, Barack Obama, a rappelé l’amitié centenaire qui unit les deux peuples. " En 1779, les hommes libres de la colonie française de Saint Domingue, aujourd’hui République d’Haïti, ont apporté leur aide à des patriotes américains qui combattaient pour la liberté lors du siège de Savannah ", indique Obama qui met l’accent sur la nécessité de renforcer les relations entre les deux pays.

" Aujourd’hui, nous restons liés par une communauté haïtiano-américaine qui contribue considérablement au tissu économique, social, culturel, scientifique et académique des Etats-Unis et par l’engagement immuable des Etats-Unis d’Amérique de même que celui de mon administration à aider ceux qui en Haïti, travaillent pour s’assurer de la stabilité, de la durabilité et de la prospérité de l’avenir de ce pays " ajoute t-il.

Dans son discours le président des Etats-Unis exprime ses vœux les plus chaleureux et ceux des Américains au peuple haïtien et à la Diaspora haïtienne alors qu’ils célèbrent le Mois de l’Héritage Haïtien.

LLM

Une femme donne naissance à un poisson

19 mai 09, Métropole

Les cayens sont préoccupés par la naissance mystérieuse d’un poisson à l’hôpital Immaculée Conception hier dimanche. Le député de Chantal Torbeck, Guy Gérard Georges, et le correspondant de radio Métropole, Joseph Cerisier, qui se sont rendus sur place ont vérifié la présence de ce poisson qui se trouvait dans une cuvette dans une des chambres.

Le médecin accoucheur a fait part de sa consternation soulignant être confronté à ce phénomène pour la première fois. La “ mère du poisson " a assuré qu’elle était enceinte de plusieurs mois. " J’avais ressenti de fortes douleurs ", explique t-elle.

Des milliers de personnes qui s’étaient rendus à l’hôpital ont pu voir que le poisson qui avait un cordon ombilical n’avait pas de queue.

En dépit des récentes averses qui ont rendu la route nationale # 2 impraticable, les cayens se sont préoccupés à ce dossier s’appliquant à faire des spéculations diverses sur ce fait divers. Joseph Cerisier rappelle que la l’année dernière une femme avait donné naissance à un être ayant deux têtes et un corps de poisson.

LLM

Le pasteur Toussaint œuvre pour un nouveau leadership en Haïti

19 mai 09, Métropole

A l’initiative du pasteur Gregory Toussaint des milliers de chrétiens ont pris part, du 14 au 17 mai à trois journées de jeune afin de prier pour la délivrance d’Haïti.

Le problème d’Haïti est avant tout éthique seul l’Evangile peut apporter le changement indispensable au développement insiste le pasteur Toussaint. Prônant un nouveau leadership pour l’Haïti de demain, le pasteur Toussaint entend d’abord inciter une prise de conscience chez les chrétiens haïtiens.

Au cours des réunions au Palais de l’art à Delmas, Gregory Toussaint a enseigné les principes pour une lutte efficace contre les démons du vodou, responsables en premier lieu des malheurs d’Haïti. " Dechouké Jezabel" est le thème des messages de pasteur Toussaint qui assure que l’esprit de Jezabel est représenté dans les démons Erzulie du vodou.

S’inspirant des écrits de Paul aux éphésiens, le pasteur de l’église Tabernacle de Gloire de Floride, soutient que les chrétiens et ceux qui veulent lutter contre ces mauvais esprits doivent abandonner la débauche sexuelle, le mensonge, la colère et le vol.

Estimant que le manque d’éthique est le plus grand mal du pays, pasteur Gregory Toussaint invite les jeunes haïtiens à s’inspirer de Daniel ( Bible) qui a été un haut dignitaire intègre.

Interrogé par radio Métropole, Gregory Toussaint a fait valoir qu’il prône un nouveau leadership mais qu’il n’est pas candidat à la présidence d’Haïti. Le jeune et talentueux pasteur a passé son enfance à Carrefour avant d’immigrer aux Etats-Unis avec sa famille.

Il veut aujourd’hui apporter sa contribution dans la lutte contre la corruption soulignant que seul le Saint Esprit de dieu peut aider un individu à devenir intègre.

LLM

L’Université d’Etat d’Haïti revendique sa vraie part du budget de la République

Mardi, 19 Mai 2009 - Signal FM

Le vice-recteur aux affaires académiques de l’Université d’Etat d’Haïti dont la fête a coïncidé avec celle du drapeau, a convié les dirigeants haïtiens à assumer leur responsabilité vis-à-vis de l’Université en l’octroyant le budget indispensable à son fonctionnement.

Wilson Laleau a estimé qu’il était grand temps de valoriser l’Education dans le pays.

M. Laleau a aussi plaidé en faveur de la solidarité et la responsabilité nationale pour sortir le pays du bourbier.

Pour y arriver, le professeur a dit croire que toute la participation de tout un chacun s’avérait nécessaire.

Les habitants de Canapé-vert de nouveau sur leur garde

Mardi, 19 Mai 2009 - Signal FM

La tension est montée d’un cran depuis ce matin à Canapé-vert, non loin de l’Ecole Nationale d’Administration Financière (ENAF).

En prévision d’une éventuelle intervention des autorités municipales qui viserait à continuer l’opération de démolition entamée depuis plusieurs semaines dans cette zone, les résidents de ce quartier ont érigé des barricades de pneus enflammées à travers les rues.

Frustré de devoir rebrousser chemin, un policier en civil qui tentait de passer aurait dégainé et tiré plusieurs coups, blessant Réginald Méselus, un agent de l’UDMO, collègue habitant la zone.

« La vie de la victime n’est pas en danger, ce qu’a indiqué un des responsables du sous-commissariat du Canapé-vert. L’inspecteur Delva Phèdre Junior précise qu’un projectile a effleuré la tête de ce policier qui a été transférée d’urgence à l’hôpital.

Les Cayes en proie aux pluies diluviennes

Mardi, 19 Mai 2009 - Signal FM

Depuis samedi dernier, les habitants des Cayes connaissent une situation difficile en raison des pluies diluviennes qui s’abattent sur cette commune.

Par crainte d’être emportés par les eaux, plusieurs familles ont dû se réfugier sur le toit de leur maison.

Le pire est à craindre, dans la mesure où il ne s’agit là que des eaux de ruissellement, les rivières dont la ville se trouve dans la mouvance ne sont pas encore en crue.

Selon le correspondant permanent de Signal FM aux Cayes, la circulation automobile est impossible dans diverses rues telles ; Antoine Simon et Nicolas Geffrard.

Haïti : Cité Soleil se réveille !

Le Nouvelliste

Le cahier des charges des habitants de Cité Soleil est loin d’être saturé. Lors d’une conférence de presse, vendredi dernier, ils ont revendiqué leurs droits les plus fondamentaux dont l’accès aux logements sociaux, aux soins de santé, à l’éducation, à l’investissement...
Le Foyer culturel pour l’amélioration des enfants démunis (FOCAED) a présenté, vendredi dernier, conjointement avec l’Organisation des jeunes pour le développement de Cité Soleil (OJDCS), une conférence de presse à Cité Soleil qui s’est déroulée autour du thème « Réparation des maisons ». Accès aux logements sociaux, à une éducation adéquate, à la création d’emplois permanents sont, entre autres, les revendications des quelque 400 000 habitants qui vivent dans le plus grand bidonville de Port-au-Prince.

Impuissant devant le triste sort qui afflige ses compatriotes qui vivent dans des conditions infrahumaines, le président fondateur du Foyer culturel pour l’amélioration des enfants démunis (FOCAED), Saint Fleur Joseph, précise : « A la moindre averse, les eaux envahissent les taudis des riverains et causent des dégâts importants. » En Janvier dernier, souligne M. Joseph, un bébé de cinq mois a trouvé la mort suite à l’inondation d’un habitat en mauvais état.

Pour sa part, Chéry Sonel, directeur de programmes à l’Organisation des jeunes pour le développement de Cité Soleil (OJDCS), qui énumérait les zones les plus vulnérables de la commune, dit regretter que les autorités gouvernementales apportent très peu d’attention à la commune."J’ai sollicité à maintes reprises des assistances auprès des autorités concernées, mais, hélas ! celles-ci font toujours la sourde oreille et abandonnent la population." « 25 lettres ont été envoyées aux institutions publiques et aux Organisations non gouvernementales (ONG) depuis plus de deux mois. Jusqu’à présent, on ne nous a pas fait signe de vie », a-t-il renchéri, exhibant les accusés de réception des dites lettres.

Loin de se décourager, le directeur de programmes de l’OJDCS mentionne que la Cité se réveille pour forcer les autorités concernées à prendre leurs responsabilités de faciliter à la population l’accès aux logements sociaux, aux soins de santé et à l’éducation.

A quelques semaines de la saison cyclonique en Haïti, les habitants de Cité Soleil lancent un énième cri d’alarme aux autorités concernées, notamment aux responsables de la Direction de la protection civile, en vue de limiter les éventuels dégâts que peuvent causer les averses et de préserver la vie et les biens des citoyens de la commune.

John Walter DESTINE
johnwalterdestine@yahoo.fr

Haïti : Un anniversaire pas comme les autres !

Le Nouvelliste

Par Kesner Millien,

Après avoir décrit le système Judiciaire sous les gouvernements de Toussaint Louverture, de Jean-Jacques Dessalines et d’Henry 1er dans le Nord, notre parcours dans l’histoire de la Justice en Haïti dans le cadre du 150e anniversaire de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince, se poursuit cette semaine avec Alexandre Pétion dans l’Ouest. Dans cette étude nous allons voir ensemble les conditions qui ont favorisé l’arrivée de Pétion au pouvoir et la création du Tribunal de Cassation.

L’avènement de Pétion à la Magistrature Suprême de l’Etat.

En effet, après le siège de Port-au-Prince, le Sénat de la République pensa que Christophe, en acceptant purement et simplement la Constitution de 1806, allait remédier à la néfaste scission du Nord et de l’Ouest ; laquelle situation favorisa provisoirement toutes les attributions du Pouvoir Exécutif au secrétaire d’Etat, Bruno Blanchet.

Pourtant, à la fin de Janvier 1807, la Chambre haute, ayant jugé Christophe peu enclin à se conformer à la Constitution, le mit hors la loi. D’où une vacance présidentielle.

Le Général Etienne Elie Gérin, ancien ministre de la guerre de Dessalines, chef de l’armée révolutionnaire qui détruisit le premier Empire d’Haïti, était pour ainsi dire, le choix idéal aux yeux de la majorité du Sénat pour combler ce vide. Il était, parait-il, si certain de son élection qu’il avait déjà fait confectionner son costume de Président.

A la séance sénatoriale du 9 Mars 1807, la discussion sur un projet relatif à l’Administration financière (1er point de l’ordre du jour) conçu et rédigé par le Sénateur Guy Joseph Bonnet, ferré dans ce domaine, provoqua une vive polémique entre le Sénateur Daumec qui le soutenait et le Général Gérin qui le critiquait amèrement. Ce dernier, pris de colère, quitta la salle en catastrophe en proférant des paroles insensées.

Les Sénateurs se regardèrent, stupéfaits. Le général Bonnet profita habilement de cet incident pour jeter son dévolu sur le Général Pétion, en rappelant ses mérites comme grand ouvrier de l’Indépendance, ami et défenseur des noirs, bon et désintéressé entre tous.

Au vote qui suivit ce plaidoyer, treize voix sur seize vont à l’actif de Pétion absent et malade. Le lendemain, il prêta le serment de « maintenir de tout son pouvoir la Constitution ».

A dire vrai, la Constitution de 1806 se voulait un garde fou vis-à-vis du despotisme de Christophe. Pétion, son principal auteur, chargé de l’appliquer, dut lui-même reconnaître qu’elle était réellement impraticable.

A peine élu, Pétion se trouve confronté à une forte opposition du Sénat, menée conjointement par Gérin, Daumec et Mod. L’année suivante, la tension s’accrut au point que le Sénat, à l’instigation de Daumec, adopta un projet de remontrances à l’encontre du Président. Quelques jours après, tous les Sénateurs se rendirent, en corps, au Palais pour présenter leurs griefs à Pétion ; lequel, à son tour, promit une réponse appropriée.

Le Sénat s’enhardit certes, mais une fraction de ses membres, effrayée par une démonstration militaire s’abstint de prendre part aux séances. Faute de quorum, le grand corps désarma et confia à Pétion toutes ses attributions exécutives. C’était la dictature édulcorée par le débonnaire Pétion.

Le Sénat resta dispersé jusqu’en 1811. A cette date, le Nord, l’Artibonite et le Sud étaient séparés de l’Ouest. Aux termes de la constitution de 1806, neuf hommes seulement en Haïti avaient droit au titre de Sénateur. Cinq d’entre eux, qui résidaient dans l’Ouest, se déclarent en majorité et, le 9 Mars 1811, réélurent Pétion pour quatre ans à la Présidence de la République. C’est également une minorité de Sénateurs qui vota, en 1815, la réélection de Pétion.

En qualité de grand manoeuvrier, Pétion fait voter une nouvelle Constitution en 1816, qui remet le pouvoir exécutif à un Président nommé à vie, assisté de trois grands fonctionnaires, le pouvoir législatif à un Sénat de 24 membres et une Chambre de représentants des communes. Cette constitution resta en vigueur jusqu’en 1867 après quelques légers changements en 1843.

Création du Tribunal de Cassation

Notre République s’est révélée un paradoxe en ce sens que, tous les actes posés par un gouvernement demeurent nuls après son départ. C’est ainsi que toutes les belles lois créées par Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines vont tomber pour céder la place aux propres lois de Pétion qui va organiser à sa façon les Tribunaux, et donner une nouvelle direction à la Justice Haïtienne.

C’est ainsi que le 11 Juillet 1817, la Chambre vota une loi sur l’organisation du Tribunal de Cassation promulguée le 28 Juillet 1817. Cette instance judiciaire régnait sur toute la République. Le lieu de ses séances était fixé à la Capitale. Il se composait d’un Doyen, de six juges et d’un Commissaire du Gouvernement ; il ne connaissait que du fond du procès.

Avant sa création, le Sénat de la République, selon le prescrit de la Charte de Décembre 1806, remplissait les fonctions de Tribunal Suprême dont les attributions ont été définies par la loi du 24 Août 1808.

Il est bon de rappeler pour mémoire que la constitution de 1801 avait prévu la première, l’Institution d’un Tribunal de Cassation sur ce territoire, en son article 45. Et que celle de 1805, en son article 48, attribuait à l’Empereur le droit de se prononcer sur les demandes en Cassation contre les seuls jugements rendus par les conseils militaires.

Une loi relative aux attributions du Secrétaire d’Etat, du Grand Juge et du Secrétaire Général fut votée par la Chambre le 19 Juillet et promulguée le 14 Août 1817. Le Secrétaire d’Etat était le chef de toute l’administration financière de la République. Le Grand Juge était un véritable ministre de la Justice. Assisté de deux Doyens et de deux commissaires du gouvernement, expliquait tous les cas douteux de la loi, et s’il ne pouvait y réussir et que le sens demandât une plus ample explication, il soumettait la question au Président d’Haïti pour qu’elle fût présentée au Corps Législatif.

Quant au Secrétaire Général, il était sous les ordres du Président d’Haïti et avait les attributions du Secrétaire d’Etat de la guerre et de la marine, que le Président pouvait cependant nommer d’après la constitution. Il contresignait toutes les lois votées par le corps Législatif qui n’avait pas rapport aux finances et à la Justice. Il travaillait avec le Président d’Haïti dans les attributions qui lui étaient confiées ; il recevait du Trésor public une indemnité de 4.000 gourdes. Comme le Grand Juge, il marchait de pair avec le Secrétaire d’Etat dans les cérémonies publiques.

Le Grand Juge André Dominique Sabourin, citoyen laborieux et d’un zèle rare, s’adonnait tout entier à l’administration de la Justice. Le 31 Août 1817, il adressa une dépêche aux membres du Tribunal d’appel de Port-au-Prince, interprétative de celle du Président d’Haïti sur l’emploi du Code Napoléon, en leur expliquant que l’esprit de la lettre de S.E le Président d’Haïti était de se servir du Code Napoléon dans tous les cas où nos propres Lois ne se seraient pas clairement expliquées, de préférence aux anciennes ordonnances ; que son opinion était que cela dût faire une règle générale, et que le Code devait suppléer à ce qu’on entendait par Lois anciennes en usage dans le pays ; que dans le cas où il restait quelques doutes sur l’article 1, titre 6, de la Loi organique, il pensait qu’en principe général, et à défaut de Lois positives, particulièrement du Criminel, le Tribunal pouvait dans sa sagesse, et suivant la nature de la cause, les appliquer en faveur de l’accusé.

Le 23 Octobre 1817, le Grand Juge installa le Tribunal de Cassation en vertu de la Loi qui l’avait créé pour la République, et de l’acte du Président d’Haïti qui en nommait les Juges ; c’étaient : Louis Germain Linard Doyen, Jacques Ignace Fresnel, Jean Thézan, Jean-François Lespinasse, Thomas Gédéon Christ, Pitre Jeune, Lemerand, Juges Louis Gabriel Odigé, Commissaire du gouvernement, et Jules Solime Milscent était Greffier.

Le Grand Juge prononça un discours où il signala qu’une lutte glorieuse avait placé au rang des nations la République d’Haïti qui a eu soin de consacrer ses droits par la sagesse de ses Institutions, que l’installation du Tribunal de Cassation, la plus auguste cérémonie qui put réunir des magistrats, indiquait ce que l’on ne devait pas attendre de l’ordre Judiciaire et donnait l’idée de la force morale de la République ; que les Juges du Tribunal de Cassation, entrant dans la Carrière qui s’ouvrait devant eux, allaient concourir par leurs lumières, à faire connaître les insuffisances de ses lois judiciaires du pays ; que la confection du code national et son développement par les codes particuliers adaptés à chaque branche de l’organisation s’exécuterait en même temps qu’ils consacraient leurs veilles à remplir leurs pénibles mais glorieuses fonctions.

Certaines Lois votées par le Parlement ne figuraient pas dans cette étude ; elles étaient nombreuses et utiles, bien que copiées sur les Lois françaises.

En gros, ce sont là les grandes lignes de la Justice haïtienne tracées sous la présidence de Pétion dans la République de l’Ouest. Nous ne manquerons pas de signaler que jusqu’à cette étape de notre histoire, la justice a toujours été inféodée à la politique ; ce qui constitue jusqu’à présent une entrave à l’application du principe démocratique de la séparation des Pouvoirs.

Prochain article : La Justice dans l’île entière sous la présidence de Jean-Pierre Boyer.

Kesner Millien, avocat
Membre du Barreau de P-au-P.

HAÏTI/RÉPUBLIQUE DOMINICAINE/RELATIONS BINATIONALES / Plaidoyer pour une gestion rationnelle de la migration haïtienne en République dominicaine

Le Matin

Depuis plus d’une semaine, le paysage médiatique haïtien est dominé par la décapitation d’un ressortissant haïtien du nom de Carlos Nérilus par un groupe de Dominicains en représailles au lynchage d’un des leurs. Depuis, s’en suivent des réactions souvent plus passionnelles que raisonnables. Le Matin vous soumet le point de vue d’un diplomate, Edwin Paraison, qui a représenté le pays à divers niveaux en territoire voisin.

Le Matin  : En tant qu’ancien consul d’Haïti à Barahona en République dominicaine, comment comprenez-vous l’accident qui s’est produit le 2 mai dernier dans le quartier populaire de Buenos Aires, au cours duquel un Dominicain a décapité un Haïtien, en l’occurrence Carlos Nérilus, sur une place publique et sous les vivats d’une foule réunie en la circonstance ?

E. Paraison  : La première chose à dire, c’est qu’en République dominicaine, il y a des cas de lynchage systématiques durant ces dernières années, contre des Dominicains et contre des Haïtiens. Par exemple, on peut rencontrer un cas où des Dominicains exécutent un des leurs, surpris en flagrant délit de vol, etc. Mais le cas particulier de Carlos Nérilus révolte la conscience. Entre 2005 et 2009, des compatriotes sont constamment victimes d’actions collectives d’agressions et, dans leur grande majorité, ces cas de violence restent impunis. Et nous sommes convaincus que ces actions collectives sont la conséquence d’une campagne antihaïtienne qui se développe en République dominicaine, alimentée par des gens qui détestent la migration haïtienne. Ces gens utilisent des médias : radio, télévision, sans aucun contrôle des autorités dominicaines. Il y a même des appels à la haine contre les Haïtiens dans l’autre partie de l’île.

Le Matin  : Situez pour nous dans le temps cette campagne anti-haïtienne ?

E. Paraison  : Bon, ce n’est pas un phénomène nouveau. C’est une campagne qui s’inscrit dans le discours de l’État depuis l’arrivée de Trujillo au pouvoir [avant le massacre de 1937 : NDLR]. Il y avait des intellectuels et des fonctionnaires de l’État dominicain qui s’acharnaient à faire répandre dans l’opinion publique des nouvelles dégradantes, des images négatives contre Haïti et les Haïtiens de façon générale. Il y a un regain de ce discours à partir de 2005. Parfois, il dépasse la limite de l’appel à la haine. Ce qui a provoqué, dans l’intervalle, différents cas de violence collective contre des migrants haïtiens. [Rappelons l’incident d’Atillo Palma, République dominicaine en mai 2005 : des extrémistes dominicains avaient brûlé vifs trois compatriotes, membres de la même famille : NDLR]. Le deuxième élément de réponse importante : il faut reconnaître effectivement qu’il y a une croissance des flux migratoires haïtiens vers l’autre partie de l’île. Donc, nous sommes devenus plus visibles dans la société dominicaine parce que, avec le changement du modèle économique qui s’opère en République dominicaine durant les 25 dernières années qui ont vu cette république passer de l’économie agricole à une économie basée sur le tourisme et les services des zones franches, on rencontre des compatriotes qui ont abandonné les bateys, puisque l’industrie sucrière importe peu, et qui se sont incorporés dans la construction, les services ou l’économie informelle de la République dominicaine. Cette immigration irrégulière provoque des inquiétudes légitimes chez certains secteurs, même quand il y a un équilibre qui se fait avec la contribution des migrants haïtiens à l’économie dominicaine.
La réalité, c’est que la majorité des illégaux haïtiens ont intégré le marché de l’emploi. On les retrouve soit dans l’agriculture, et dans l’industrie de la construction… C’est donc dans ce contexte que naissent certains conflits entre Haïtiens et Dominicains. Et c’est pourquoi nous lançons un appel aux autorités des deux pays en vue d’agir face à cette réalité migratoire qui existe dans l’île. Les migrants haïtiens ont intégré même les constructions publiques, des chantiers officiels en République voisine. À titre d’exemple, la main-d’œuvre haïtienne a été sollicitée dans le réaménagement de la chancellerie dominicaine à l’avenue Independencía et même dans les métros.

Le Matin  : Et comment comprendre qu’on sollicite la main-d’œuvre illégale haïtienne dans des chantiers de l’État ?

E. Paraison  : C’est la grande contradiction. La vérité est que ces migrants sont embauchés par des firmes dominicaines ayant gagné des appels d’offres de l’État dominicain. Ces firmes n’ont d’autre choix que d’utiliser la maind’œuvre haïtienne dans la réalisation de certains travaux. D’ailleurs la « Codia », une association qui regroupe des ingénieurs et des architectes dominicains, est claire là-dessus : « La main-d’œuvre haïtienne représente 85 % du total ». Les migrants haïtiens sont également dans le tourisme. Les 70000 chambres d’hôtel de la République dominicaine sont essentiellement construites avec la force de travail des Haïtiens.

Le Matin  : Ils gardent malgré tout leur statut d’illégaux ?

E. Paraison  : On retrouve la migration haïtienne dans divers secteurs notamment dans la construction et l’agriculture. Cette forte proportion est constituée en majorité de sans-papiers. C’est une contradiction avec les prévisions légales en République dominicaine, parce que selon la loi sur le travail, dans n’importe quel domaine, il faut 80 % d’employés dominicains contre 20 % d’étrangers. Cependant, la réalité est qu’il y a 85 % d’Haïtiens dans le seul secteur de la construction. Dans d’autres secteurs et même dans le foyer, il y a un nombre de plus en plus grandissant de travailleurs domestiques haïtiens.

Le Matin  : On comprend toute la complexité qu’il y a dans la régularisation du statut des sans-papiers haïtiens. Bref. Parlons un peu des Haïtiens dans les bateys, leur condition a évolué entretemps ?

E. Paraison  : Comme je l’ai dit tantôt, l’industrie sucrière n’a plus l’importance qu’elle avait dans l’économie dominicaine d’il y a une vingtaine d’années. Pour la production sucrière, il n’y a pas plus de 13 000 à 15 000 coupeurs de canne aujourd’hui dans les différentes usines. N’empêche que les bateys restent un lieu de pauvreté, de situation extrêmement grave par rapport au reste du pays… Il est urgent qu’il y ait une transformation dans les conditions de vie, dans ces espaces de misère, pour les Haïtiens et les Dominicains.

Le Matin  : Si on veut quantifier, quelle est la proportion d’Haïtiens dans les industries sucrières en République dominicaine ?

E. Paraison  : On pourrait tenter de dire que les Dominicains sont plus nombreux que les Haïtiens. Mais il y a une réalité singulière là-bas. On compte trois catégories de personnes dans les bateys. Les Haïtiens, les Dominicains d’ascendance haïtienne et les Dominicains à proprement parler. La République dominicaine n’accorde pas de nationalité aux fils d’Haïtiens nés dans les bateys, ce qui est contraire aux prescrits de la Constitution dominicaine qui se base sur le « jus soli », droit du sol, dans la détermi nation de citoyenneté. Si l’on considère les descendants d’Haïtiens comme des Haïtiens, nos compatriotes sont plus nombreux. Dans le cas contraire, les Dominicains remportent la palme.

Le Matin  : Revenons un peu sur le cas de Carlos Nérilus. Pensez-vous que l’État dominicain va poursuivre les coupables ?

E. Paraison  : Le cas de Carlos Nérilus est extrêmement grave. Moi, j’utilise le mot « kidnapping ». Parce qu’un groupe de civils l’ont enlevé à Bayona. Selon le journal dominicain Listin Diario, qui a été le premier à relater l’information, on l’a emmené voir au quartier populaire de Buenos Aires, le cadavre d’un Dominicain qui aurait été tué par un Haïtien, la veille du 2 mai. S’en suivent tortures, bastonnades jusqu’à la décapitation au carrefour de la rue 13 et 3, en présence d’une foule en liesse, avec à l’esprit qu’on avait mis la main sur le meurtrier haïtien. Cependant, jusqu’à date, il n’y a pas d’indices qui prouvent la responsabilité de Carlos Nérilus dans la décapitation de Francisco Pascual, selon Listin Diario. D’un autre côté, il y avait des jeunes qui filmaient la scène à l’aide de téléphones portables et les images circulaient sur le web. Suite à l’effervescence que la décapitation, précédée de tortures de notre compatriote, a suscitée tant dans les médias haïtiens que dominicains et, pour soigner l’image du pays à l’étranger, la police dominicaine se trouve dans l’obligation d’envoyer des signaux très clairs aux groupes extrémistes. C’est peut-être ce qui explique l’annonce par la police dominicaine de l’arrestation de deux individus accusés dans le meurtre de Nérilus. Mais pour que cela soit vrai, il faut que les responsabilités soient prises à plusieurs niveaux. En premier lieu, l’inaction de la police au moment où se sont produits les deux cas de lynchage, en deuxième lieu, le meurtrier à proprement parler, c’est-à-dire celui qui a administré le coup de hache à Nérilus, et séparé la tête de plus d’un mètre de son corps. Deux individus se sont rendus à la police dominicaine qui les a mis en garde à vue préventive pour une durée de trois mois, en attendant que la justice réunisse beaucoup plus d’éléments qui pourraient déterminer leur niveau d’implication. En troisième lieu, les complices ayant participé à la torture publique de Nérilus et enfin la complicité d’omission de la foule qui n’a pas apporté assistance à une personne en danger ni appeler la police. Pour envoyer un signal clair, il faut aller au-delà d’une simple arrestation en vue de trouver, juger et punir les coupables ayant eu une part active dans cet acte odieux.

Le Matin  : Comment interprétez-vous la réaction de l’ambassadeur d’Haïti en République dominicaine, Fritz Cinéas, dans la gestion du dossier de Carlos Nérilus ?

E. Paraison  : Bon, si l’on étudie le cas spécifiquement, l’ambassadeur Cinéas a fait ce qu’il fallait : envoyer probablement un rapport au ministère des Affaires étrangères, faire des déclarations publiques qui condamnent l’acte horrible. Ces déclarations sont renforcées par celles du chancelier Alrich Nicolas. Mais l’intervention du président René Préval est tout à fait différent. Il a laissé le traitement du dossier à la seule justice dominicaine. On ne sent pas l’implication de deux États dans l’affaire.
En dehors de cela, il y a un problème qui se pose avec la présence de l’ambassadeur Cinéas en République dominicaine. Dès sa nomination à la fin de 2005, début 2006 par le gouvernement de transition, des secteurs en République dominicaine et en Haïti avaient critiqué ce choix. De plus, l’ambassadeur Cinéas a fait des déclarations publiques sur la question haïtiano-dominicaine et particulièrement sur la situation des Haïtiens en République dominicaine qui ne rencontrent pas la position des défenseurs des droits humains, encore moins des experts sur la question. La perception dominante dans ces prises de position est que l’ambassadeur ne travaille guère à défendre les intérêts de nos compatriotes en territoire voisin. Il y a un exemple très évident. En août 2007, l’ambassadeur Cinéas avait soutenu que les enfants d’ascendance haïtienne, nés de l’autre côté de l’île, gardent la nationalité haïtienne. C’était un coup très dur pour les organismes de défenses des droits des Haïtiens. Ils venaient de gagner une bataille importante face à l’État dominicain sur un cas similaire. La Commission interaméricaine des droits humains (CIDH), en septembre 2005, avait pris une sanction contre l’État dominicain qui refusait d’accorder la nationalité aux enfants nés de parents haïtiens en République dominicaine. La Commission avait exigé que la République dominicaine accorde la citoyenneté aux descendants d’Haïtiens indépendamment du statut légal ou juridique de leur géniteur. En plus de cela, jusqu’à aujourd’hui, la Constitution dominicaine fait valoir le « jus soli », droit du sol.
Toute la communauté haïtienne avait dès lors rejeté la déclaration de l’ambassadeur Cinéas. Par ailleurs, plusieurs organisations haïtiennes et dominicaines avaient écrit une lettre au président Préval en vue d’avoir une position officielle de l’État sur le dossier et exiger des changements au sein de la diplomatie haïtienne. Dans sa gestion, l’ambassadeur Cinéas ne protège pas vraiment les migrants haïtiens.

Le Matin  : L’ambassadeur Cinéas a-t-il tout à fait tort si l’on se base sur la législation haïtienne qui privilégie le jus sanguinis pour déterminer la nationalité ?

E. Paraison  : J’ai personnellement fait cette discussion avec l’ambassadeur Cinéas et je lui ai montré la réalité dans la diaspora haïtienne. On pourrait dire que les enfants de la diaspora haïtienne sont des binationaux, mais la Constitution haïtienne ne reconnaît pas jusqu’à date la double nationalité. Dans des pays où le jus soli est légitimé, automatiquement tout nouveau-né a droit à la citoyenneté. On prend en exemple les États-Unis, le Canada, Cuba. Les enfants nés d’Haïtiens en territoire dominicain ont le droit constitutionnel d’avoir la nationalité dominicaine. Et le tribunal international l’avait prouvé après 10 ans environ de procédures judiciaires.
Dans les deux sociétés, divers secteurs souhaitent un changement dans la diplomatie haïtienne en République dominicaine. D’ailleurs, au nom du principe de la réciprocité, l’actuel gouvernement aurait intérêt à opérer ce changement. N’a-t-on pas envoyé un nouveau chef de mission en Haïti en la personne de Ruben Silié Valdés pour succéder à José Serulle Ramía.

Le Matin  : Que pensez-vous du nouvel ambassadeur dominicain accrédité en Haïti, en l’occurrence Ruben Silié Valdés ?

Edwin Paraison  : C’est une vielle connaissance, un progressiste qui a longtemps travaillé pour l’avancement des relations entre Haïti et la République dominicaine. C’est un expert, un académicien qui a travaillé sur la question durant les 20 et 25 dernières années. Non seulement comme ancien directeur de la Fondation Flasco (Faculté latino-américaine des sciences sociales), mais également en tant qu’intellectuel dominicain. Il a toujours prouvé ses préoccupations pour l’amélioration des rapports entre les deux États qui partagent l’île. Je pense que c’est un choix qu’Haïtiens et Dominicains, qui militent pour la promotion de l’amitié et de bons rapports entre les deux pays, apprécient hautement. Nous croyons fortement qu’il va continuer avec le travail entamé par les derniers ambassadeurs dominicains Tito Despradel accrédité en Haïti entre 2000 et 2004, et ensuite José Serulle Ramía, entre 2004 et 2009.

Le Matin  : Revenons sur les conséquences de l’incident de Buenos Aires sur les projets binationaux entre Haïti et la République dominicaine ?

E. Paraison  : Sur le plan strictement officiel, je dirais binational, dans les rapports des deux gouvernements ou les deux États, apparemment, l’incident est clos. Je pense qu’il n’aura aucune conséquence sur les rapports entretenus par les deux États. On annonce la réactivation de la Commission mixte binationale et je pense que c’est pour le bien des deux parties. Mais il faut en finir avec les violences collectives contres des ressortissants haïtiens. Et les nouveaux cas de violence recensés dans la région de Carata où trois citoyens haïtiens, Éligène Exavier, Désir Reynold et Charles Mérostène, ont été sévèrement agressés lundi par des Dominicains, n’arrangent guère les choses.
D’autre part, il y a une désinformation extrêmement préoccupante que les deux États doivent gérer dans le dossier de Nérilus. Un citoyen haïtien, qui vit en République dominicaine et qui se fait passer pour un journaliste, est intervenu dans une station de radio dominicaine à très forte écoute et laissé croire qu’en représailles au meurtre de Nérilus, des Haïtiens ont tué deux travailleuses de sexe dans le quartier de Martissant. Ce même ressortissant haïtien a fait croire que la militante féministe Sonia Pierre, récipiendaire du prix John F. Kennedy aux droits humains, était à la tête de la marche pacifique qui s’est tenue devant l’ambassade de la République dominicaine en Haïti alors que l’intéressée se trouvait à Altagracía, dans sa commune d’origine, pour éteindre un incendie qui a éclaté chez sa mère. Il y a des sanctions et des mesures qui doivent être prises. Les autorités des deux pays doivent être beaucoup plus vigilantes dans la gestion des rapports entre les deux pays, les deux peuples. Il faut souligner aussi l’importance de l’organisa tion d’un sommet binational sur la migration. Les deux chefs d’État, les techniciens, les acteurs de la société civile des deux pays doivent se réunir en vue de discuter de la question et proposer des plans d’action.

Le Matin  : Du temps de votre mission en République dominicaine à aujourd’hui, comment la diplomatie haïtienne a évolué ?

E. Paraison  : J’ai terminé ma carrière diplomatique et consulaire en 2004 en tant que consul général d’Haïti à Santo Domingo. Il faut dire que , de 2005 à 2009, les bons rapports continuent d’exister entre les deux gouvernements. Dans la société civile des deux pays, il y avait plein d’initiatives. Mais ce sont des actions ponctuelles autour d’un évènement. Il faut un engagement plus sérieux en vue de donner lieu à une amitié sincère. Avant 2005, il y avait des échanges dans divers domaines. Je pense que les rapports étaient meilleurs. La régression a débuté en 2005 avec l’évènement d’Atillo Palma.

Edwin Paraison en bref :
1995-2001 : Consul d’Haïti à Barahona
2001-2001 : Chargé d’affaires d’Haïti à Santo Domingo
2002-2004 : Consul général d’Haïti à Santo Domingo
Prêtre anglican, non actif.
Récipiendaire du prix Anti-Slavery à Londres (Angleterre) en 1996
Aujourd’hui, directeur de la Fondation Zile, un espace de promotion de nouvelles relations entre Haïti et la République dominicaine.

Interview réalisée par Ladenson Fleurival

Venezuela : la fuite en avant d’Hugo Chavez, par Jean-Pierre Langellier

LE MONDE | 18.05.09

Depuis deux mois, Hugo Chavez a déclenché la "troisième phase" de sa "révolution bolivarienne". Fort de son succès au référendum du 15 février, qui lui permettra de se représenter indéfiniment, le président vénézuélien a choisi d’accélérer l’Histoire. Mais le "socialisme du XXIe siècle", qu’il affirme vouloir enfanter, ressemble beaucoup à celui, autoritaire et étatiste, qui, rappelle le philosophe et opposant Antonio Pasquali, "a échoué au XXe siècle dans 46 pays". Les lois qu’il fait voter à tour de bras par un Parlement à sa dévotion et la vendetta qu’il exerce contre ses opposants, élus du suffrage universel, réduisent chaque jour un peu plus l’espace de la démocratie.

L’activisme de M. Chavez est d’abord "pétrolier", dans un pays où 94 % des devises proviennent de la vente du brut. En vertu d’une loi octroyant à l’Etat le contrôle des hydrocarbures, le gouvernement a nationalisé une quarantaine d’entreprises du secteur qui opéraient sur le lac de Maracaibo, la principale région productrice. Quelques jours plus tôt, M. Chavez avait présidé sur place une cérémonie, baptisée "bataille navale de libération", marquant "la récupération par le peuple" de quelque 400 embarcations, remorqueurs, docks et terminaux pétroliers. Les installations ont été occupées par l’armée, et les biens expropriés, transférés à la compagnie d’Etat PDVSA, qui devra absorber 8 000 nouveaux salariés.

Ces mesures sont une fuite en avant. Le prix du baril vénézuélien avoisine 40 dollars au lieu des 60 inscrits au budget. Selon l’OPEP, la production est inférieure de 30 % au chiffre officiel. Sorte d’Etat dans l’Etat, PDVSA est le bailleur de fonds du "chavisme". Son pactole finance la politique sociale du régime, des médecins cubains aux denrées de base subventionnées dans les magasins publics, de l’alphabétisation des adultes à la consommation d’essence, quasi gratuite.

L’effondrement de ses recettes l’a plongée dans le rouge. Sa dette envers ses fournisseurs dépasse 7 milliards de dollars. Certaines entreprises étrangères, impayées depuis de longs mois, ont menacé de mettre la clé sous la porte. En expropriant ses créanciers, l’Etat évite de les rembourser. Il les indemnisera, un jour, peut-être, et comme il l’entendra. Car la nouvelle loi interdit aux spoliés de recourir à un arbitrage international. Le dernier mot appartiendra aux juges vénézuéliens aux ordres du régime.

Ainsi M. Chavez poursuit-il, à un rythme désormais plus rapide, l’étatisation de l’économie. Au fil des ans, il a nationalisé l’électricité, les télécommunications, le principal aciériste, une grande banque et l’industrie du ciment. Il a contraint les compagnies étrangères à devenir actionnaires minoritaires dans l’exploration et la production du brut de l’Orénoque.

Transition vers le socialisme ou "capitalisme d’Etat" ? Les dirigeants vénézuéliens récusent ce terme, qu’ils jugent offensant. "Nous allons enterrer le capitalisme !", annonce M. Chavez. Le Venezuela serait-il le premier pays à concilier socialisme, efficacité et liberté ? "Les autres pays ont échoué, répond l’économiste Jesus Faria, parce qu’ils n’ont jamais appliqué un vrai programme socialiste."

Empruntant à un langage néo marxiste où il est question de "propriété sociale" et d’"homme nouveau", M. Chavez établit un chaînon d’équivalences où gouvernement = Etat = société = peuple. Au-delà de ce court-circuit commode, son modèle économique ne frappe ni par sa réussite ni par son originalité. Un oeil sur La Havane, l’autre sur Moscou, M. Chavez continue d’y puiser son inspiration. "L’Amérique latine sera ce que la Russie n’a pas pu être", prédisait-il en 2005. Son ministre des finances, Ali Rodriguez, déclarait récemment : "Au Venezuela resurgit le rêve de l’Union soviétique."

De plus en plus centralisé et militarisé, le régime harcèle ses opposants. "Ce sont tous des bandits", clame M. Chavez. Le maire de Maracaibo, Manuel Rosales, contraint de choisir entre la prison ou l’exil, s’est réfugié au Pérou. Celui de Caracas, Antonio Ledezma, n’a jamais vraiment pris ses fonctions : des nervis ont occupé ses bureaux ; une loi l’a dépossédé de ses pouvoirs et de son budget. Les gouverneurs des Etats ont été privés des revenus des ports et des aéroports.

Dès qu’ils émettent la moindre critique, les "camarades" deviennent des "traîtres", comme le général Raul Baduel, ex-ministre de la défense, emprisonné début avril. Les médias privés sont dans le collimateur du régime. Deux ans après avoir interdit la plus ancienne chaîne télévisée, RCTV, M. Chavez menace du même sort une autre chaîne, Globovision. Pour contrer "le terrorisme médiatique" des télévisions d’opposition, M. Chavez dispose de son interminable programme dominical, "Allô président". Il s’invite aussi en prime time sur tous les écrans, en vertu d’une réquisition d’antenne dont il use et abuse : au total, plus de 2 800 heures de présence télévisée en dix ans.

Tout cela inquiète l’Eglise, pour qui "la démocratie est en danger". En réponse, M. Chavez fustige "ces évêques impudents" qui défendent "les escrocs". Sûr de son bon droit et convaincu d’incarner seul la révolution qu’il a déclenchée, le champion du socialisme bolivarien supporte de moins en moins la contrariété.

Lettre de l’ancien ministre Raoul Peck aux presidents Preval et Fernandez

Par Raoul Peck

LE MONSTRE

À la fin, nous nous souviendrons non des mots de nos ennemis, mais des silences de nos amis. Martin Luther King Jr.
Carlos Nerilus, un ressortissant haïtien, vivant en République a été décapité à la hache le 2 mai dernier en pleine rue dans le quartier populaire de Herrera par un individu du nom de Rusbert de Leon Lara, en présence d’une foule, comprenant enfants et adolescents, venue assister au crime prémédité. Cet acte qui se situe bien évidemment dans la continuité de tous les autres crimes restés sans sanctions légales et encore moins de sanction morale, démontre une fois de plus la détérioration des rapports humains en République Dominicaine, ainsi qu’entre les deux États.
Non, Monsieur le Président René Préval, ce crime n’est pas un « règlement de compte entre particuliers », ni une simple « affaire civile ».
Non, Monsieur Fernandez, ce crime n’est pas un « incident entre individus ». Vous ne pouvez ignorer tous les deux la portée symbolique de cet acte public, « chaleureusement applaudi ». Si l’un et l’autre vous refusez de reconnaître le monstre qui montre ses crocs, vous niez vous-mêmes aux deux pays que vous représentez au plus haut niveau, leur place et leur dignité. L’un comme l’autre n’avez le droit de vous taire. L’un comme l’autre vous ne pouvez passer aux affaires courantes, sans sanctionner cet événement d’un AUTRE acte symbolique fort. Des deux côtés de cette frontière douloureuse, les gens ne se sont pas trompés.
Le silence des uns et la colère des autres en disent long. RIEN ne sera comme avant. Une étape mentale a été franchie. Cet acte n’est pas un aboutissement, c’est un ballon d’essai. Marquez cette date messieurs les Présidents.
Ni l’un ni l’autre n’avez le droit de trouver de circonstance atténuante à ce geste dont nous sommes tous collectivement responsables. C’est cette responsabilité collective que vous ne voulez pas endosser. Cette responsabilité d’homme tout court. Les stratégies de consolidation de pouvoir, le clientélisme, la langue de bois électoraliste, l’insensibilité, voire le cynisme légaliste, sont inacceptables dans un tel contexte. Dans 5 ans, 10 ans 50 ans, comme Trujillo, Balaguer, Duvalier, Cedras, Namphy et les autres avant vous, l’histoire se rappellera que vous vous êtes tus.
Comme les complices silencieux, les témoins aveugles, les opportunistes politiques qui jalonnent l’histoire de nos deux peuples, on se rappellera votre silence retentissant. On se rappellera surtout que ces gestes de barbarie sont restés SANS conséquences. Ayons le courage politique d’aller au-delà des positions diplomatiques de circonstance !
La justice dominicaine devra bien sûr faire son travail, c’est la condition sine qua non même de toute discussion future. La communauté haïtienne en République Dominicaine n’est pas seule ! Non seulement elle n’est pas seule, mais elle est nombreuse. Un jour, elle aussi demandera des comptes. Les petits Rusbert de Leon Lara n’y changeront rien. Je suis fier de mes compatriotes qui résistent à la bête immonde, travaillent, étudient, construisent en République Dominicaine, pour s’offrir une vie que leur propre pays ne pouvait leur offrir. Même si de manière perverse, ils sont parfois obligés de nier leur héritage encombrant.
> Je suis avec vous tous de tout cœur. Nous avons une grande nation, une nation malade, mais une nation qui a payé très cher le prix de sa liberté, de sa culture, de son autonomie politique. Et cette nation c’est la nôtre, on n’en a pas de rechange. De même nous sommes des voisins condamnés à vivre ENSEMBLE et non l’un contre l’autre. En République Dominicaine, pour un Haïtien, crimes à répétition, arrestations et rapatriements forcés sont monnaie courante. De janvier à avril 2009, au moins 17 cas de ressortissants haïtiens assassinés ont été répertoriés. Les pires dérives sont possibles. La barbarie, une fois tolérée, ne connaît pas de limite. C’est aussi parce que la République Dominicaine n’a jamais été mise au banc des nations pour les massacres de Trujillo, qu’aujourd’hui, certains exaltés se sentent légitimés pour commettre les pires excès.
Ceci est définitivement le signe de plus grandes dérives à venir. Monsieur Fernandez, Monsieur Préval, agissez. Montrez de la grandeur. Trouvez, au moins sur ce point, votre place – votre bonne place - dans l’histoire de cette île ! Donnez l’exemple, soyez des hommes debout.
Ne soyez pas avec les monstres.

Raoul Peck
Ancien Ministre de la Culture de la République d’Haïti

Port-au-Prince

15 Mai 2009

Subject : corruption Teleco, axe Miami – P-a-P

Two Florida Businessmen Plead Guilty to Participating in a Conspiracy to Bribe Foreign Government Officials and Money Laundering

WASHINGTON, May 15 /PR Newswire – US Newswire/ — The president of a Miami-Dade County, Fla.,-based intermediary and the former controller of a Miami-Dade County-based telecommunications company both have pleaded guilty in connection with their roles in a conspiracy to pay and conceal more than $1 million in bribes to former Haitian government officials, announced Assistant Attorney General Lanny A. Breuer of the Criminal Division, U.S.

Attorney R. Alexander Acosta of the Southern District of Florida and Daniel W. Auer, Special Agent in Charge of the Internal Revenue Service, Criminal Investigation (IRS-CI) Miami Field Office. Juan Diaz, 51, of Miami, pleaded guilty today in> Miami before U.S. District Judge Jose E. Martinez to a one-count information charging him with conspiring to make corrupt payments to a foreign government official for the purpose of securing business advantages for three different Miami-Dade County telecommunications companies from the Republic of Haiti’s state-owned national telecommunications company,

Telecommunications D’Haiti, in violation of the Foreign Corrupt Practices Act (FCPA) and money laundering laws. According to plea documents, Diaz paid and concealed $1,028,851 in bribes to former Haitian government officials while serving as an intermediary for the three private telecommunications companies during the entire conspiracy.

Antonio Perez, 51, of Miami, pleaded guilty before Judge Martinez on April 27, 2009, to a one-count information charging him with conspiring to making corrupt payments for one of the three Miami-Dade County telecommunications companies to Telecommunications D’Haiti in violation of the FCPA and money laundering laws. Perez was the controller of the telecommunications company from March 1998 through approximately January 2002. According to the plea documents, approximately $674,193 in bribes from Perez’s employer was paid to former Haitian government officials throughout the course of the conspiracy, which continued into 2003.

According to court documents, the Miami-Dade County telecommunications companies executed a series of contracts with Telecommunications D’Haiti that allowed the companies’ customers to place telephone calls to Haiti. Diaz and Perez admitted they conspired with the companies to make "side payments" through a shell company belonging to Diaz to the then-Director of International Relations for Telecommunications
D’Haiti and the then-Director General of Telecommunications D’Haiti. In exchange for these payments, the foreign government officials are alleged to have conferred a variety of business advantages upon the Miami-Dade County telecommunication companies, including issuing preferred telecommunications rates, reducing the number of minutes for which payment was owed, and giving a variety of credits toward owed sums.

In connection with his guilty plea, Diaz admitted that from November 2001 through October 2003, he and his co-conspirators used the shell company for the sole purpose of accepting bribes and then laundering those bribes to then-Haitian government officials. Diaz admitted that he did not ever provide or intend to provide any legal goods or services from the shell company to anyone. Diaz admitted he kept $73,824 as commissions for laundering the bribes.

In connection with his guilty plea, Perez admitted that from November 2001 through January 2002, on behalf of his employer, he offered to pay and assisted with the processing of "side payments" to the then-Director of International Relations for Telecommunications D’Haiti. Perez admitted that he assisted in paying $36,375 worth of "side payments" during this period. Perez also admitted that he helped conceal the payments through the use of Diaz’s shell company and by recording the payments as "consulting services."
At sentencing, Diaz and Perez each face a maximum of five years in prison and a fine of the greater of $250,000 or twice the gross gain. The government’s investigation is ongoing.

The Department of Justice expresses gratitude to the government of Haiti for providing substantial assistance in gathering evidence during this investigation. In particular, Haiti’s financial intelligence unit, the Unite Centrale de Renseignements Financiers (UCREF), the Bureau des Affaires Financieres et Economiques (BAFE), which is a specialized component of the Haitian National Police, and the Ministry of
Justice and Public Security provided significant cooperation and coordination in this ongoing investigation.
The cases were prosecuted by Assistant U.S. Attorney Aurora Fagan of the U.S. Attorney’s Office for the Southern District of Florida, Trial Attorney Nicola J. Mrazek of the Criminal Division’s Fraud Section and Trial Attorney Kevin Gerrity of the Criminal Division’s Asset Forfeiture and Money Laundering Section. The Criminal Division’s Office of International Affairs also provided assistance in this matter. The cases were investigated by the IRS-CI Miami Field Office.
SOURCE U.S. Department of Justice

Sursaut indien

LE MONDE | 18.05.09

En ces temps de désenchantement démocratique, une excellente nouvelle nous vient d’Inde. La "plus grande démocratie du monde" (714 millions d’électeurs), géant asiatique à la vertigineuse diversité, accablé de fractures religieuses, sociales et ethniques, vient de voter dans la sérénité pour un parti laïque et modéré, centriste, partisan du juste milieu.

En décidant de reconduire au pouvoir à New Delhi le Parti du Congrès, le mouvement qui fut naguère la matrice de l’Inde indépendante sous l’égide de Gandhi et de Nehru, les Indiens viennent de faire preuve d’une louable maturité. Ils infligent un cinglant démenti aux cyniques, aux théoriciens du chaos démocratique, aux adeptes du néo-autoritarisme à la chinoise qui tiennent le bulletin de vote pour une périlleuse illusion dont les masses de l’ex-tiers-monde devraient être préservées.

A l’échelle indienne, ce vote est historique. Car il n’a rien à voir avec la prorogation du statu quo ni avec un réflexe conservateur confinant à la frilosité. Il sanctionne surtout la fin d’un cycle, la clôture d’une séquence de près de vingt ans, celle de l’érosion des partis nationaux au profit de l’émergence de baronnies régionales sources d’instabilité et de paralysie.

En renforçant le capital électoral du Parti du Congrès, les Indiens re-nationalisent la politique, répudient la tentation du local, dédaignent les crispations identitaires. C’est un sursaut. Et il est à la mesure des enjeux qui attendent l’Inde : impact de la crise financière, défi de la sécurité régionale... Un pouvoir stable à Delhi, doté d’un clair mandat national, est plutôt bien armé pour y répondre.

Bien sûr, il faut se garder de tout angélisme à propos de l’Inde, civilisation souvent trop mythifiée en Occident, exaltée à tort comme un trésor de spiritualités pacifiques. La "plus grande démocratie du monde" demeure minée par la pauvreté, le racisme de caste, la violence sociale, la corruption, la criminalité. En matière de performance économique et d’indicateurs sociaux, elle accuse un embarrassant retard avec son rival asiatique, la Chine, Etat pourtant dictatorial.

Mais les Indiens viennent de prouver que la démocratie est un outil qui conserve tout son sens. Tout autant que pour protester, renverser, elle peut aussi contribuer à consolider, à stabiliser, à doper l’efficacité d’un pouvoir aux politiques jugées conformes à l’intérêt général. Puisse cette sagesse démocratique indienne inciter à plus de pudeur les désabusés du droit de vote.

L’attente

Par François Soudan

mercredi 13 mai 2009

Lorsque son mentor Léon Mba, premier président de la République gabonaise, dont il était alors le directeur de cabinet, s’est envolé malade un jour d’août 1966 en direction de Paris, où il décédera un an et demi plus tard sans avoir revu son pays ni officiellement abandonné ses fonctions, c’est lui qui, de facto et en tandem avec Jacques Foccart, prit la responsabilité de diriger le Gabon en attendant l’improbable retour du père.

L’Histoire se répéterait-elle ? Et dans ces conditions, qui, aujourd’hui, s’apprête à endosser le rôle crucial assumé jadis par un certain Albert Bernard Bongo ? Nous n’en sommes certes pas là. À la différence de Léon Mba, ce n’est pas un président condamné par ses médecins qui a secrètement quitté Libreville après avoir fait annoncer qu’il suspendait ses activités présidentielles, mais un homme inexorablement soumis à la pression du temps, usé par le stress et profondément affecté par un deuil complexe et épuisant – celui de son épouse Édith Lucie –, avec son cortège de veillées et de suspicions malsaines, dont il subit aujourd’hui le contrecoup.

Un chef omnipotent de 73 ans qui a bien et beaucoup vécu et ne s’est jamais ménagé, au point de négliger son diabète et d’apparaître aux yeux de tous ceux qui l’ont vu récemment comme éteint, fragile, en proie à un spleen aussi envahissant qu’indéfinissable, où la lassitude le disputait à l’amertume. C’est à cette ultime incarnation d’un certain type de pouvoir postcolonial, que l’on a vu tétanisée lors des obsèques de sa femme il y a six semaines, que son entourage proche et son médecin particulier ont conseillé de prendre le large. Histoire de « se ressourcer dans le repos » – un repos qui, force est de le reconnaître, est à durée indéterminée.

D’Albert Bernard, devenu El Hadj Omar Bongo en 1973, puis Bongo Ondimba trente ans plus tard, comme pour un retour aux sources, on a tout dit ou presque. Sans nuances. « Patriarche » pour les uns, « dictateur de poche » pour ceux qui n’ont jamais cessé de le vilipender, homme de paix, bâtisseur, homme d’argent, charmeur, séducteur, manipulateur hors pair, malin comme on l’est au village, c’est-à-dire avec gourmandise, grand maître en occultisme, chaleureux, rogue, affectueux, généreux, vénéneux, fidèle en amitiés comme en inimitiés, ironique et inoxydable gardien de tous les fétiches de la Françafrique, avec dans son sac à malices de quoi faire sauter cent fois l’Élysée, Matignon et le palais Bourbon réunis… N’en jetons plus, la calebasse déborde.

Né dans la brousse du pays batéké, écolier puis postier à Brazzaville, lieutenant à Fort-Lamy dans l’armée de l’air française, le neuvième enfant de la famille Ondimba n’a connu depuis 1962 que le pouvoir : son antichambre pendant cinq ans, à l’ombre tutélaire et massive de Léon Mba, puis son exercice absolu, parfois jusqu’au vertige, depuis quarante et un ans. Un pouvoir qu’il n’a manifestement pas l’intention d’abandonner pour s’en aller, une fois requinqué, pêcher à la ligne au fil de l’Ogooué. « Quand je reviendrai, ça va faire mal ! » confiait-il à un intime, à la veille de son départ pour l’Europe. Le problème est que nul ne sait encore au juste quand reviendra Omar Bongo Ondimba. Le Gabon, en attendant, est pris de vertige : comment imaginer l’avenir sans celui qui, depuis quatre décennies, peuple ses jours et colonise ses nuits ?

Le grand bouleversement

lundi 18 mai 2009

BEN YAHMED

« À quelque chose malheur est bon », dit l’adage populaire, et je crois que c’est bien vrai.

La crise économique née il y a plus de deux ans aux États-Unis et qui s’est, depuis, propagée de proche en proche pour affecter à des degrés divers tous les continents fait souffrir, appauvrit, réduit au chômage la partie la plus vulnérable de l’humanité. Mais elle fouette l’énergie des plus motivés, réveille ceux qui avaient besoin du choc qu’elle a fait subir.

Le président du Brésil, Luiz Inácio Lula da Silva, que je tiens pour l’un des plus grands hommes d’État actuellement au pouvoir, la ressent comme un adjuvant : « Cette crise nous réveille. C’est une stimulation. Elle me fait vibrer, m’excite, me donne envie de me battre. Plus elle est grave, mieux il nous faut investir pour en sortir.

Au Brésil, nous nous sommes mis à investir plus que nous ne l’avions jamais fait dans la construction de voies ferrées, de routes, barrages, ponts, habitations, hôpitaux. Nous devons en faire plus que les pays les plus avancés où ces infrastructures sont déjà réalisées… »

La crise réveille, oblige les meilleurs à se décarcasser, à faire plus et mieux pour en sortir revigorés, tandis que d’autres, moins courageux, auront été diminués ou même abattus.

Comme une tempête ou un ouragan, elle modifie le paysage. Lorsqu’elle sera terminée et que « tout rentrera dans l’ordre », nous découvrirons un monde différent, dont l’ordonnancement aura changé.

La crise n’aura été en vérité qu’un formidable accélérateur d’un mouvement qui a commencé il y a trente ans avec le réveil de la Chine, suivi de celui de l’Inde, il y a une quinzaine d’années. Rejointes par le Brésil, l’Indonésie, la Malaisie, la Turquie et quelques autres pays du Sud qu’on a qualifiés « d’émergents », ces grandes nations se sont replacées dans la caravane du progrès, quittée, par beaucoup d’entre elles, il y a deux ou trois siècles.

Accélérant le pas, elles se sont mises à gagner des places et à se rapprocher peu à peu des pays les plus avancés : avec une croissance annuelle moyenne de 10 % à 11 % pour la Chine, de 6 % à 7 % pour l’Inde, de 5 % à 6 % pour beaucoup d’autres, elles ont entrepris de réduire l’écart avec les pays euros-américains, grands bénéficiaires de la révolution industrielle intervenue il y a plus de deux siècles.

Le Japon les avait précédées dans cette voie : la défaite de 1945 et le renoncement à la puissance militaire lui ont servi d’élixir. Il s’est hissé en une génération au rang de deuxième puissance économique de la planète.

Combien de temps faudra-t-il à la Chine, à l’Inde et aux autres pays émergents pour parachever leur rattrapage ?

Quand l’Inde intégrera-t-elle le peloton de tête ?

Avant la crise, les économies des grands pays européens – Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie – connaissaient toutes une croissance faible, de l’ordre de 2 % par an, mais régulière, et les analystes en concluaient qu’elles conserveraient longtemps encore leur place en tête du peloton.

Mais la crise a surgi et leur PIB (produit intérieur brut) a cessé de croître ; il s’est même mis à chuter : de 3 % à 6 % voire plus en 2009.

Les prévisions des analystes en sont faussées et l’on commence à penser que le monde émergera de la crise dans un ordonnancement bouleversé.

Au début de ce siècle, le PIB de la Chine a dépassé celui de la France et du Royaume-Uni ; l’an dernier, le pays de Hu Jintao a ravi à l’Allemagne la troisième place dans l’économie mondiale et il passera à la deuxième avant la fin de cette année, supplantant le Japon.

C’est vertigineux, mais, malgré la récession américaine, la production chinoise représentera, cette année encore, le tiers seulement de celle des États-Unis.

Quant à l’Inde, on pensait jusqu’ici qu’elle mettrait une bonne vingtaine d’années pour passer de la douzième économie mondiale à la quatrième. Mais, du fait de la crise et de son effet négatif sur les économies des pays avancés et sur l’économie de l’Allemagne en particulier – elle régressera de 6 % cette année tandis que celle de l’Inde progressera de 6 % –, on n’exclut plus que ce grand bond en avant indien se fasse en un laps de temps beaucoup plus court.

Lorsqu’il sera réalisé, les trois grandes puissances économiques mondiales derrière les États-Unis seront toutes les trois asiatiques : la Chine, le Japon et l’Inde.

Et, pour la première fois depuis trois siècles, aucun des pays d’Europe ne fera partie des « quatre grands » de l’économie mondiale.

Ce sera un vrai bouleversement !

Ou plutôt un retour spectaculaire à une situation qui était celle de l’Asie jusqu’à la révolution industrielle intervenue au XVIIIe siècle.

On l’a oublié, mais, il y a un peu plus de deux cents ans, la Chine produisait 30 % et l’Inde 15 % environ de la richesse mondiale : elles vont retrouver ce rôle qu’elles avaient perdu et un PIB plus important que celui de tous les autres pays, à l’exception des États-Unis.

La Chine, le Japon et l’Inde produiront à eux trois autant que les États-Unis.

Mais le revenu par habitant de la Chine et celui de l’Inde, dont la population cumulée est huit fois celle des États-Unis, continueront pendant des décennies à être inférieurs à celui de l’Américain, de l’Européen ou du Japonais.

Accéléré par la crise, ce nouvel ordonnancement du monde s’annonce pour la prochaine décennie, autant dire demain. L’actuel président du Brésil, Lula da Silva, que j’ai cité plus haut, ne fait que l’anticiper lorsqu’il réclame, en notre nom à tous, un nouvel ordre économique mondial :

« Nous voulons avoir beaucoup plus d’influence dans les affaires politiques du monde. Nous voulons en particulier que les institutions financières multilatérales telles que la Banque mondiale et le FMI cessent d’être entre les mains des seuls Américains et Européens. Nous voulons que les hommes et les femmes des autres continents aient une participation plus grande au Conseil de sécurité des Nations unies, que le Brésil y ait un siège permanent, que les Africains en aient un ou deux… »

Cette revendication deviendra vite un leitmotiv que nous entendrons à chaque grande réunion internationale, jusqu’à ce qu’on en arrive à la satisfaire.

David Miliband : China ready to join US as world power

Julian Borger, diplomatic editor

guardian.co.uk, Sunday 17 May 2009

David Miliband today described China as the 21st century’s "indispensable power" with a decisive say on the future of the global economy, climate change and world trade.

The foreign secretary predicted that over the next few decades China would become one of the two "powers that count", along with the US, and Europe could emerge as a third only if it learned to speak with one voice.

The remarks, in a Guardian interview, represented the most direct acknowledgement to date from a senior minister, or arguably from any western leader, of China’s ascendant position in the global pecking order.

Miliband said a pivotal moment in China’s rise came at the G20 summit last month in London. Hu Jintao, China’s president, arrived as the head of the only major power still enjoying strong growth (expected to be 8% this year), backed by substantial financial reserves.

"The G20 was a very significant coming of economic age in an international forum for China. If you looked around the 20 ­people sitting at the table … what was striking was that when China spoke everybody listened," Miliband said.

"China’s indispensability in part comes from size, but a second part is that it wants to play a role."

Hu helped bolster Gordon Brown’s ­position against protectionism, and ­China’s economic stimulus package (equivalent to 16% of its GDP over two years) is widely seen as among the world’s best hopes for a recovery.

"Historians will look back at 2009 and see that China played an incredibly important role in stabilizing global capitalism. That is very significant and sort of ironic," Miliband said. "There’s a joke that goes : ’After 1989, capitalism saved China. After 2009, China saved capitalism.’"

Signals from Beijing since the ­London summit that it is considering tough ­concerted action to reduce CO2 emissions, have raised hopes of reaching a ­workable international pact to contain climate change.

Miliband compared China’s potential role in the coming years to the role the US claimed for itself in the 20th century, recalling a 1998 boast by Madeleine Albright, then US secretary of state.

"China is becoming an indispensable power in the 21st century in the way Madeleine Albright said the US was an indispensable power at the end of the last century," Miliband said. "It has become an indispensable power economically, and China will become an indispensable power across a wider range of issues."

But in contrast to America’s 20th-century ascent, which eclipsed Britain, Miliband said China would not displace the US but rather join it at "the new top table", and because of its low per capita income, it would not rival the US as the world’s leading superpower for at least a generation.

At the G20 summit, some commentators argued that the most important axis was a "G2" of the US and China. Whether that could be expanded to a "G3", Milband argued, would be up to Europe.

"I think that there is a scenario where America and China are the powers that count," the foreign secretary said. "It is massively in our interests to make sure that we have a stake in that debate, and the most effective way of doing so is … to ensure we do it with a European voice."

A report by the European Council on Foreign Relations argued that China was exploiting the EU’s divisions and treating it with "diplomatic contempt". The report, published in advance of Wednesday’s EU-China summit in Prague, said that European states, dealing with China individually, lacked leverage on issues such as trade, human rights and Tibet.

"Europe has not been sufficiently strategic in its relationship with China," Miliband said. "I think








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