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Haïti/Elections : 11% de participation aux sénatoriales partielles du 19 avril, selon le CEP

dimanche 26 avril 2009 par Robert Benodin

Haïti/Elections : 11% de participation aux sénatoriales partielles du 19 avril, selon le CEP

Résultats annoncés pour le 27 avril

vendredi 24 avril 2009

P-au-P, 24 avril 09

[Alter Presse] ---

Le taux de participation aux élections sénatoriales partielles du 19 avril 2009 serait de 11%, selon des données fournies par Frantz Bernardin, porte-parole du Conseil électoral provisoire (CEP), qui a annoncé les résultats officiels pour le 27 avril.

Ce scrutin, qui devait se tenir dans les dix départements géographiques d’Haïti, a été annulé dans le Plateau Central pour des « raisons de sécurité publique ».

« Sur 3,715,176 électeurs potentiels pour les 9 départements, les votes exprimés correspondent à 438,624 », précise Frantz Bernardin en conférence de presse, ce 24 avril 2009, à laquelle a assisté l’agence en ligne Alter Presse.

Le rapport nombre de votants sur nombre d’électeurs potentiels donne un taux de participation de 11.8%.
Le porte-parole du CEP s’est refusé à mentionner ce taux, affirmant que les conseillers électoraux apporteront de plus amples précisions le 27 avril 2009, quand les résultats des élections seront publiés.
Pas moins de 4.5 millions d’électeurs potentiels étaient appelés aux urnes pour élire 12 des 30 sénateurs qui composent la chambre haute.

Bernardin met en garde les institutions et individus qui disent disposer de résultats partiels. Les chiffres avancés par ces institutions et individus sont faux, selon le porte-parole du CEP.

En attendant la publication des résultats de ces joutes, Frantz Bernardin fait état de 27 procès-verbaux manquants pour le département de l’Ouest où se trouve la capitale, Port-au-Prince. Ces procès-verbaux n’ont pas pu arriver au Centre de Tabulation des Votes (CTV).

Le CEP cherche des éclaircissements sur l’absence de ces procès-verbaux, qui découlerait d’actes de vandalisme, selon le porte-parole de l’organisme électoral.

Outre le département du Centre où les élections ont été marquées d’incidents violents, des dérapages ont également eu lieu dans quatre communes du département de l’Artibonite. Il s’agit de Verrettes, Petite Rivière de l’Artibonite, Marchand Dessalines et Lachapelle.

Dans ces communes, certains procès-verbaux n’ont pas été récupérés pour des raisons de vandalisme, explique Frantz Bernardin, ajoutant que le CEP va diligenter une enquête pour connaître les vrais auteurs de ces actes.

Sur un total de 1335 procès-verbaux, plus de 86% ont été reçus à Port-au-Prince et sont entrain d’être traités au CTV, soutient Bernardin.

A Verrettes, la documentation récupérée correspond à 94 bureaux sur 119 bureaux, précise le porte-parole du CEP. A la Petite Rivière de l’Artibonite, les données de 110 bureaux de vote sur un ensemble de 126 ont été récupérées. A Marchand Dessalines, la documentation pour 92 bureaux de vote sur un total de 127 a été reçue. La documentation pour 10 bureaux de vote sur 16 a été reçue pour la commune de Lachapelle.

En ce qui concerne les autres communes, « très peu de procès-verbaux n’ont pas pu être récupérés », soutient le porte-parole du CEP.

Par ailleurs, des conditions de sécurité maximale sont nécessaires, selon Bernardin, pour la reprise du scrutin dans le Plateau Central. Le porte-parole du CEP ajoute que l’institution électorale cherche également à éviter que cette reprise ait des incidences sur le second tour des sénatoriales fixé au 7 juin 2009. [do gp apr 24/04/2009 13 :20]


Haïti Université : Détérioration de l’ambiance pédagogique à l’École Normale Supérieure

vendredi 24 avril 2009

P-au-P., 24 avril 09 [Alter Presse] ---

Une détérioration de l’ambiance pédagogique à l’École Normale Supérieure (ENS) est dénoncée par un groupe de professeurs de l’institution qui se sont plaints au Rectorat de l’Université d’État d’Haiti, selon des informations obtenues par Alter Presse de source universitaire.
Dans une lettre envoyée au Rectorat au cours du mois d’avril et dont a pris connaissance Alter Presse, ces professeurs indiquent que la situation à l’ENS est marquée par une série d’actes d’intimidation, voire d’agressions envers plusieurs professeurs et tendrait à se dégénérer.
Ces enseignants dénoncent un climat « d’insécurité, qui empêche les professeurs de vaquer tranquillement et sereinement à leur occupation d’enseignement ».
Ils mentionnent des actes d’agression physique qui seraient perpétrés à l’encontre des professeurs John Picard Byron et Jean Hilaire Vilmond ainsi qu’un incident dont le professeur Michel Hector aurait été l’objet en pleine salle de classe.
Les professeurs recommandent entre autres la nomination d’une nouvelle direction pour une période d’une année à l’ENS en vue de redresser l’institution et de réaliser des élections.
En mars dernier, des professeurs de ENS ont observé un arrêt de travail pour avoir été agressé par un groupe d’étudiants protestataires.
Les professeurs en question ont, entre autres, été enfermés pendant plusieurs minutes par des étudiants à l’intérieur des locaux de l’ENS. Certains d’entre eux ont été agressés physiquement et d’autres verbalement.
Auparavant, un groupe d’étudiants de l’ENS avait réalisé un mouvement de protestation pour exiger, en substance, le maintien « en exclusivité » des cours en sciences de base au sein de l’ENS, affirmant que ces cours seraient sur le point d’être transférés dans d’autres entités de l’Université d’État d’Haiti. [gp rc apr 24/04/09 16 :00]

Un député du parti de Guy Philippe proteste contre la présence d’éléments du Swat Team et du BLTS de la PNH au sein de l’hôpital de Pestel

« C’est au Palais National qu’ils trouveront les trafiquants de drogue », selon le parlementaire

samedi 25 avril 2009,

Radio Kiskeya

Le député de Pestel (Grande Anse, Sud-Ouest), Ronald Etienne, a dénoncé vendredi la « présence inacceptable » au sein du principal centre hospitalier de la ville de plusieurs éléments de l’unité spécialisée Swat Team et du Bureau de Lutte contre le Trafic des Stupéfiants (BLTS) de la Police Nationale d’Haïti (PNH).
« Cette présence insolite affecte considérablement le fonctionnement normal de l’hôpital et les patients en font les frais », a déclaré le député, citant le cas d’au moins deux patients mineurs, Dieulène Noël et Evans Laforêt (11 ans), qui auraient été victimes de cette situation.
« Même en temps de guerre, un hôpital demeure un espace neutre », a déclaré le député, dénonçant en ce sens la violation des droits des pestélois. « C’est le ministre de la santé publique, le Dr Alex Larsen, qui a autorisé ce déploiement au sein de l’hôpital », a précisé Ronald Etienne citant en ce sens le chef de cabinet de ce dernier, le Dr Ariel Henry.
« Si les agents du BLTS présents à Pestel sont vraiment à la recherche de trafiquants de drogue, c’est au Palais National (siège de la Présidence) qu’ils devraient mener leurs investigations », a déclaré le député, faisant référence à des révélations disponibles sur Internet qu’auraient faites le trafiquant de drogue haïtien Freddy Marzouka incarcéré au Brésil.
Elu sous la bannière du Front pour la Reconstruction Nationale (FRN) de l’ex-chef rebelle anti-Aristide Guy Philippe, Ronald Etienne précise que ce dernier a dû se mettre à couvert, ainsi que de nombreuses autres personnes. Car, ajoute-t-il, ces policiers ne se trouvent pas qu’au centre hospitalier. « Ils sont disséminés dans toute la région de Pestel à la recherche d’on ne sait quoi ».
« On avait prétendu que le déploiement avait été effectué en prévision d’éventuels troubles le jour des élections, en raison de l’exclusion de la course électorale de Guy Philippe, originaire de Pestel. Mais, les élections ont eu lieu. Au lieu de décamper, j’ai appris que le contingent a été renforcé jeudi soir avec l’arrivée d’un nouveau camion de policiers », précise le député.
Pestel avait été le théâtre de nombreux incidents au lendemain de l’exclusion de la course au Sénat du responsable du FRN, Guy Philippe. Ce dernier, soupçonné d’implication dans le trafic de la drogue, a déjà échappé à au moins deux tentatives d’arrestation réalisées à Pestel par le BLTS et l’Agence américaine de lutte contre la drogue (Drug Enforcement Agency, DEA). [jmd/RK]

Vers la proclamation des résultats des élections du 19 avril en Haïti

24 avril 09

Métropole

Les résultats des élections sénatoriales du 19 avril seront rendus publics le 27 avril prochain. Le porte parole de l’institution électorale Frantz Bernardin qui en a fait l’annonce ce vendredi met en garde les institutions et individus qui disent disposer de résultats partiels.

Les chiffres avancés par ces institutions et individus sont faux, selon le porte-parole du CEP.

En attendant la publication des résultats de ces joutes, Frantz Bernardin fait état de 27 procès-verbaux manquants pour le département de l’Ouest. Ces procès-verbaux n’ont pas pu arriver au Centre de Tabulation des Votes (CTV).

En ce qui concerne les autres départements « très peu de procès-verbaux n’ont pas pu être récupérés », soutient le porte-parole du CEP.

Sur un total de 1335 procès-verbaux, plus de 86% ont été reçus à Port-au-Prince et sont entrain d’être traités au CTV, a encore déclaré M Bernardin lors d’une conférence de presse.

Par ailleurs, des conditions de sécurité maximale sont nécessaires, a fait remarquer Frantz Bernardin, pour la reprise du scrutin dans le Plateau Central.

Pas moins de 4.5 millions d’électeurs potentiels étaient appelés aux urnes pour élire 12 des 30 sénateurs qui devront combler les postes vacants au Sénat de la République.

RD

Visite en Haïti d un responsable de l’ONU sur les droits humains

L’expert des nations unies sur la situation des droits de l’homme, Michel Forst sera en Haïti du 27 avril au 9 mai 2009. Les droits économiques et sociaux seront le thème dominant de cette deuxième visite de M Forst.

L’expert des Nations Unies aura des entretiens avec les autorités du gouvernement et de la justice haïtienne.

Michel Forst prévoit également de rencontrer des représentants du système des Nations Unies, notamment de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah)), de l’Organisation des États Américains, ainsi que de plusieurs organisations de la société civile.

Cette mission permettra à Michel Forst de préparer la présentation du rapport que l’expert indépendant doit présenter au Conseil des droits humains de l’Organisation des Nations Unies (Onu) à sa proc haine session de juin 2009.

C’est la deuxième mission de Forst en Haïti depuis sa désignation comme expert indépendant de l’Onu en remplacement de son compatriote Louis Joinet.

RD


"L’esclavage, une histoire qui concerne la nation entière"

LE MONDE | 24.04.09 |

Marcel Dorigny est enseignant chercheur en histoire à l’université Paris -VIII. Il est directeur de la revue Dix-huitième Siècle et président de l’Association pour l’étude de la colonisation européenne, 1750-1850.
La Journée nationale de la mémoire de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions, qu’on va célébrer pour la quatrième fois le 10 mai, ne fait toujours pas l’unanimité. Pourquoi n’avoir pas choisi la date du décret d’abolition, le 27 avril ?
Le 27 avril 1848 est la date de la signature, par Victor Schoelcher, du décret d’abolition de l’esclavage. La loi Taubira de 2001, qui prévoit une journée nationale de la mémoire de l’esclavage, a institué un comité, dont je faisais partie, nommé pour cinq ans et mis en place en 2004, qui devait faire des propositions, notamment sur le choix d’une date métropolitaine - car, dans chaque département d’outre-mer, il y a déjà, depuis 1983, un jour férié. Les débats pour parvenir à une date de commémoration ont duré dix-huit mois. Le 27 avril a été l’une des premières propositions. Je suis de ceux qui ont émis des réserves. Car, depuis quelques années, il y a dans les mouvements associatifs antillais - à tort ou à raison, la réalité historique étant très complexe - un rejet de l’idée que l’abolition a été octroyée depuis Paris par un "grand Blanc". On estime désormais que la liberté a été imposée à la métropole par les esclaves, alors que pendant longtemps, il y a eu, au contraire, un véritable culte de la personnalité de Schoelcher, qui a produit ce retour de bâton. Quoi qu’il en soit, la date du 27 avril aurait suscité des réactions négatives.
Personnellement, j’étais favorable au 4 février, date de la première abolition, en 1794. C’était la convergence entre la lutte des victimes et la légalité républicaine. On m’a opposé qu’elle n’avait duré que huit ans puisque Napoléon a rétabli l’esclavage en 1802. On s’est finalement arrêté sur le 10 mai, jour où, en 2001, le Sénat a voté, après l’Assemblée nationale, la loi Taubira à l’unanimité.
Qu’avez-vous pensé du rapport d’André Kaspi déplorant la multiplication des dates commémoratives ?
Comment un historien peut-il penser qu’il est possible d’arrêter le temps ? André Kaspi préconisait de ne garder que trois dates commémoratives, le 8 Mai, le 14 Juillet et le 11 Novembre. Et, surtout, il estimait que les autres dates étaient locales ou communautaires, ce qui est choquant, appliqué à l’esclavage, car cette longue histoire concerne la nation entière.
En 2004, dans son livre "Les Traites négrières, essai d’histoire globale", qui a suscité la polémique, Olivier Pétré-Grenouilleau disait qu’il voulait libérer la mémoire des ravages des "on dit" et des "je crois". Y est-on parvenu ?
J’ai commencé à travailler sur cette question il y a plus de vingt ans. Mais ce fut le bicentenaire de la Révolution, en 1989, qui l’a mise pour moi au premier plan. Les précédentes célébrations de la Révolution (1889 et 1939) avaient écarté la question coloniale. En 1989, tout cela est remonté à la surface : la Révolution française a proclamé les Droits de l’homme dès août 1789, mais n’a pas aboli immédiatement l’esclavage. Il fallait expliquer la contradiction. C’est le livre d’Yves Benot, en 1987, La Révolution française et la fin des colonies, qui a marqué un tournant.
Pour ce qui concerne Pétré-Grenouilleau, j’ai avec lui certaines divergences qui n’ont rien à voir avec la procédure judiciaire pour négation de crime contre l’humanité, lancée principalement par Patrick Karam, alors président d’un "collectif ultramarin" et aujourd’hui délégué du premier ministre pour l’outre-mer. Cette accusation portait sur un plan qui n’est pas historique. Mes divergences relèvent de la légitime controverse historique, notamment sur la manière dont la synthèse proposée revient à mettre les trois traites négrières -intra africaine, orientale et coloniale européenne- sur le même plan alors que leurs durées et leurs conséquences ne sont pas de même nature. Des divergences portent également sur "l’argent de la traite", dont le rôle me semble sous-estimé.
Beaucoup affirment que cette question de l’esclavage ne parvient toujours pas à être un objet d’histoire comme les autres.
Je ne sais si l’on peut utiliser l’expression "un objet d’histoire comme les autres", car, pour cela, il faudrait admettre qu’il y a des objets historiques froids, ce qui n’est pas fréquent... Que l’on songe à la collaboration sous Vichy, à l’affaire Dreyfus, au massacre de la Saint-Barthélemy... Mais il est vrai qu’il est assez rare qu’une question d’histoire dégénère au point de susciter une action en justice. Il faut préciser qu’on était en 2005, une année où la politique a beaucoup secoué le milieu des historiens en raison de la polémique sur la loi préconisant de reconnaître "les aspects positifs de la colonisation française".
Vous dites vous-même que l’histoire de l’esclavage est peu connue, en quelque sorte un angle mort de l’histoire...
Il y a un paradoxe. Elle est peu connue du grand public et a été longtemps peu enseignée. Toutefois, la recherche savante est très importante. Si on se limite à la traite, un colloque qui a fait date s’est tenu en France, à Nantes, dès 1985. Ensuite, il y eut les commémorations de la première abolition de l’esclavage, en 1994, dans le sillage du bicentenaire de 1789 ; surtout, il y eut le grand mouvement qui a marqué l’année 1998, cent cinquantième anniversaire de l’abolition définitive décrétée en 1848. Un constat s’impose aujourd’hui : la transmission entre recherche et "grand public" se fait de mieux en mieux. On note des changements dans les manuels scolaires et dans les directives de l’Education nationale. Le comité institué par la loi Taubira avait fait valoir dans son rapport au premier ministre d’avril 2005 les retards de l’enseignement et, surtout, de la recherche institutionnelle. Par exemple, en 2002, lorsque nous avions organisé, notamment avec Yves Benot, un colloque sur le rétablissement de l’esclavage par Napoléon et la naissance d’Haïti, le CNRS, auquel nous demandions une aide, nous avait répondu que ce sujet n’était pas une priorité. Les choses ont beaucoup évolué.
Que pensez-vous de cette phrase de la romancière américaine Toni Morrison, Prix Nobel 1993 : "L’esclavage a coupé le monde en deux. Il a transformé les Européens, il les a fait des maîtres d’esclaves. Il les a rendus fous" ?
C’est une vision d’aujourd’hui. Il faut rappeler que l’esclavage a été une pratique universelle, qui n’a pas été inventée par les Européens en 1492. Il y a eu des esclaves bien avant et il y en a encore aujourd’hui. Mais de quand date la mauvaise conscience de posséder des esclaves ? Je ne cherche pas à sauver l’Europe à tout prix, mais force est de constater qu’elle date de la Renaissance et de l’humanisme européen, dans la seconde moitié du XVIe siècle, chez Montaigne par exemple. La phase d’intensité maximale de la traite négrière, entre 1730 et 1830, vit l’essor de l’anti-esclavagisme, construit sur une solide argumentation à la fois théologique, morale, philosophique et économique. Dès lors, le seul argument en défense utilisé peut se résumer ainsi : certes, c’est barbare, mais on en a besoin si l’on veut du sucre, du café, des colonies riches, une balance commerciale excédentaire... Au début du XIXe siècle, la traite fut mise hors la loi, mais l’esclavage résista encore plusieurs décennies, jusqu’en 1865 aux Etats-Unis, et même 1888 au Brésil. Toutefois, la marche vers l’abolition était lancée.
"Les Traites négrières coloniales.
Histoire d’un crime",
sous la direction de Marcel Dorigny et Max Jean Zins, présentation de Daniel Voguet. Ed. Cercle d’art, avec l’Association des descendants d’esclaves noirs et de leurs amis et la Caisse centrale des activités sociales du personnel des industries électrique et gazière, 256 p., 130 documents en couleurs, 35 € jusqu’au 30 septembre, 50 € ensuite (en librairies le 30 avril).
A lire :
Propos recueillis par Josyane Savigneau

Les intouchables indiens sont les oubliés de la conférence sur le racisme de l’ONU

Le Monde 23.04.09

if succès diplomatique pour le gouvernement indien à Durban II. Négocié depuis plus d’un an, finalisé in extremis vendredi dernier et approuvé de façon précipitée mardi 21 avril par les 140 pays présents à la Conférence sur le racisme à Genève, l’accord ne fait aucune référence au système en Inde qui pourtant exclut 250 millions de personnes, dites de caste inférieure, de la société, soit près d’un Indien sur quatre. Parmi eux, une autre catégorie sociale de quelque 170 millions d’êtres humains qui sont considérés hors caste et surnommés intouchables ou dalits.

"Il n’y a une aucune mention, même pas en bas de page, de ces victimes dont les droits les plus fondamentaux ne sont pas respectés dans la vie quotidienne, dénonce Vijay Parmar, coordinateur de la Campagne nationale pour les droits des dalits, présent au Palais de Nations. L’ONU nous autorise juste à distribuer de la documentation et à organiser des séminaires en marge de la conférence."
"L’Inde est une voix forte à l’ONU alors même qu’il s’agit d’un pays très pauvre, poursuit Vijay Parmar, lui-même un dalit et avocat de profession. Le pays veut bien inscrire des sujets généraux comme les droits de la femme, les migrants ou encore le travail des enfants, mais il n’accepte pas de sujets spécifiques qui le mettraient sur le banc des accusés."

KOCHERIL RAMAN NARAYANAN, PREMIER INTOUCHABLE À LA TÊTE DE L’ETAT .

Les autorités indiennes font comprendre que la Constitution ainsi que diverses législations prévoient des mécanismes pour aider les minorités. Après l’indépendance en 1947, le père de la nation, le Mahatma Gandhi, a chargé Bhim­rao Ramji Ambedkar, un intouchable devenu brillant avocat dans des circonstances exceptionnelles, de rédiger la Constitution. Celle-ci réserve en effet une centaine de sièges du Parlement national aux dalits. Des places leur sont également attribuées d’office dans les universités et dans la fonction publique. Résultat, plusieurs milliers d’intouchables ont réussi dans les affaires. D’autres ont accédé aux postes prestigieux de l’Etat. En 1997, Kocheril Raman Narayanan est devenu le premier intouchable à être élu par le Parlement président de la République, pour cinq ans.
Après plusieurs siècles de discrimination et soixante ans après l’indépendance, l’état d’esprit en général sur les minorités n’a pas fondamentalement changé en Inde. Les intouchables vivent toujours à l’extérieur des villes et des villages, sont cantonnés dans le nettoyage, sont considérés comme impurs et ne peuvent pas aller dans les mêmes temples que le reste de la population. Et ils n’ont droit à aucune propriété.
"Nous voulons montrer l’injustice et l’humiliation que nous subissons au monde, poursuit Vijay Parmar. Une certaine pression internationale est nécessaire pour contraindre le gouvernement indien à accélérer les réformes. L’Inde est certes un grand pays émergent ainsi qu’une puissance nucléaire, mais c’est aussi un pays qui ne respecte pas les droits de ses minorités." Pour l’avocat indien, il n’est pas question de revendiquer une quelconque faveur, mais la justice et l’égalité. Il constate que les pays occidentaux sont de plus en plus conscients du sort des dalits et certains d’entre eux leur financent des projets de développement, mais ils n’apportent pas de soutien politique à leur cause.
Le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a quant à lui enquêté à plusieurs reprises sur les discriminations contre les minorités en Inde, mais ne parvient pas, face à l’intransigeance de New Delhi, d’inscrire le castéisme sur l’agenda international. En revanche, le Pakistan et le Népal, qui comptent des minorités intouchables, se disent prêts à internationaliser la question.

Ram Etwareea








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