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Haïti - Économie : l’AHE s’interroge sur la réalité des retombées économiques

vendredi 24 septembre 2010 par Administrator


Eddy Labossière, président de l’Association Haïtienne des Économistes (AHE), a déploré la signature en début de semaine d’un contrat de 295,000 dollars entre le gouvernement haïtien et la Fondation Prince Charles (anglaise) dans le cadre de la reconstruction du centre-ville de Port-au-Prince. La Fondation Prince Charles fournira, dans le cadre de ce contrat, des propositions sur l’organisation spatiale du périmètre déclaré d’utilité publique. Il regrette que le gouvernement n’est pas fait appel à une firme haïtienne, précisant que « La reconstruction d’Haïti doit prendre en compte les dimensions historiques et culturelles » doutant qu’une entreprise étrangère « soit en mesure de tenir compte de ces facteurs. »

Sur ce dernier point, Eddy Labossière, semble ne pas prendre en compte le fait que l’Institut de Sauvegarde du Patrimoine National (ISPAN), par arrêté du 12 juillet 2010 est membre du Comité de Facilitation de la Reconstruction du Centre-ville de Port-au-Prince, présidé par Ronald Baudin, le Ministre de l’Economie et des Finances. Ce comité a pour mission de coordonner les effort des secteurs public et privé visant à la réhabilitation et au réaménagement du centre-ville de la capitale haïtienne. Certes la présence de l’ISPAN n’est pas une garantie de la sauvegarde du Patrimoine dans ce vaste chantier. Tout au moins, nous sommes en droit d’espérer que l’ISPAN fera de son mieux pour concilier les besoins culturels et économique du centre ville.

De plus, le président de l’AHE croit qu’une grande partie de l’aide internationale qui sera donnée à Haïti passera par les ONG, il rappel que « les interventions des ONG dans le monde n’ont jamais permis de développer un pays. » En ce qui concerne les annonces de créations de nouveaux parcs industriels, Eddy Labossière estime que c’est une bonne nouvelle en terme de création d’emplois, mais il précise qu’il ne s’agira pas d’entreprises de transformation de matières premières, mais d’entreprises de sous-traitance. « Ces entreprises offrent certes des milliers d’emplois, mais ce sont de petits emplois qui ne peuvent pas garantir le développement d’Haïti ».

L’AHE a d’autant plus raison de s’interroger sur l’avenir et les retombées économiques, que les annonces récentes d’implantations de manufactures textiles sont liées essentiellement à deux facteurs principaux, une main d’œuvre bon marché et la promulgation de la Loi HELP (anciennement HOPE III) par le Congrès américain qui permet à Haïti de bénéficier des privilèges de franchise offerts pour l’exportation vers le marché américain, ce qu’on très vite compris les Dominicains déjà implanté en Haïti et dont les projets dans ce domaine se multiplient.

Si la perspective de création de dizaine de milliers d’emplois à moyen et long terme dans cette industrie est certes une bonne nouvelle, l’exploitation d’une main d’œuvre bon marché n’est pas un facteur d’amélioration du niveau de vie de nos travailleurs haïtiens. Enfin, il faut se demander ce que feront ces manufactures lorsque les avantages de la loi HELP arriveront à échéance. De nombreux exemples dans le monde démontrent que ces manufactures ont une grande mobilité et se déplacent facilement d’un pays à un autre afin de maintenir ou d’accroitre leurs profits. Il ne s’agit nullement d’être pessimiste mais de se poser les bonnes questions afin que les bonnes décisions soient prises pour assurer des bases économiques solides et durables pour Haïti.








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