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GÉRER LES MIGRATIONS DE TRAVAILLEURS HAUTEMENT QUALIFIÉS - Par : Jonathan Chaloff et Georges Lemaitre

mercredi 25 mars 2009 par William Toussaint

DOCUMENT DE TRAVAIL DE L’OCDE : QUESTIONS SOCIALES, EMPLOI ET MIGRATION N° 79
GÉRER LES MIGRATIONS DE TRAVAILLEURS HAUTEMENT QUALIFIÉS : UNE
ANALYSE COMPARATIVE DES POLITIQUES MIGRATOIRES ET DES ENJEUX DES
MIGRATIONS DANS LES PAYS DE L’OCDE
Jonathan Chaloff et Georges Lemaitre

RÉSUMÉ

1. La plupart des pays de l’’OCDE s’attendent à des pénuries croissantes de travailleurs qualifiés
dans les prochaines deux décennies, et l’immigration pourrait bien être une des réponses à ce phénomène.
Ces dernières années, ils ont mis en place des politiques pour faciliter le recrutement de ces travailleurs et
on peut s’attendre à ce qu’ils poursuivent leurs efforts dans ce sens. Ce document donne un aperçu des
questions portant sur la gestion des travailleurs immigrés hautement qualifiés.

2. Généralement, un migrant hautement qualifié est sensé avoir au moins une éducation de niveau
supérieur, mais d’autres définitions sont possibles, notamment sur la base de la profession exercée. Le
niveau de salaire est aussi une référence pratique utilisée par certains pays pour considérer que les migrants
hautement qualifiés sont les personnes qui reçoivent une rémunération au-dessus d’un certain seuil.

3. Il y a deux principaux moyens pour recruter des travailleurs hautement qualifiés résidant à
l’étranger. Le premier est à l’initiative de la demande des employeurs. L’autre est fondé sur l’offre et
consiste à inviter les candidats à postuler, et leur admission dépend de certains critères sélectifs comme
l’âge, le niveau d’instruction, la maîtrise de la langue et la profession exercée. Il s’agit d’un système à
points au-delà d’un certain niveau de points obtenus, les candidats ont le droit de s’installer dans le pays
d’accueil.

4. Les systèmes fondés sur l’offre ont montré leurs limites au cours des décennies récentes, les pays
d’accueil éprouvant des difficultés de recruter de manière à garantir une insertion réussie sur le marché du
travail. Les employeurs semblent attribuer moins de valeur aux qualifications et à l’expérience
professionnelle acquises dans un pays hors de la zone OCDE. Ainsi, les immigrés arrivant sans emploi
préalable, éprouvent de sérieuses difficultés à trouver l’emploi correspondant à leur qualification et leur
expérience.

5. En conséquence, on note une tendance générale à transférer à l’employeur tout ou partie de la
responsabilité du processus de sélection des candidats à l’immigration. De cette façon, toutes les questions
de qualification et d’expérience sont abordées dans le cadre des négociations d’embauche entre les
employeurs et les personnes à recruter avant l’immigration. Une deuxième option est de favoriser les
candidats à la migration ayant obtenu leurs qualifications dans un pays de l’OCDE et encore plus s’il s’agit
du pays d’accueil lui-même. La plupart des pays de l’OCDE ont en fait adopté des mesures pour permettre
aux étudiants étrangers ayant achevé leurs études, de rester dans le pays pour rechercher un emploi en
relation avec leur niveau et leur domaine d’étude.

6. Dans certains pays, dont la langue nationale est peu parlée au-delà de leurs frontières, le
recrutement direct reste problématique, sauf si la langue de travail est internationale, comme l’anglais.
Pour de tels pays, le recrutement direct peut encore être possible, si une langue internationale est largement
parlée dans les lieux de travail. Autrement, la migration impulsée par devrait être envisagée avec des
investissements linguistiques importants demandés aux nouveaux arrivés.

7. Une politique active de recrutement signifie bien davantage que la simple possibilité d’accorder
des permis à des employeurs ou à des candidats à l’immigration, sur la base de la reconnaissance de leur
niveau de connaissance. Si les migrants hautement qualifiés peuvent être attirés, quels que soient les
obstacles à surmonter, par des pays où les salaires sont élevés et dont les langues nationales sont largement
parlées, les pays ayant une langue peu parlée en dehors du territoire national et offrant des salaires moins
élevés ne pourront se contenter uniquement de la levée des barrières administratives.

8. Dans la plupart des pays, les effets de l’évolution démographique commencent tout juste à se
faire sentir. Mais, à l’horizon 2010, plus de la moitié des pays de l’OCDE auront des cohortes entrantes de
main d’oeuvre moins nombreuses que les cohortes sortantes. L’objectif à moyen terme pour les pays
d’OCDE est d’avoir des mouvements dont l’ampleur et la nature permettront de répondre aux besoins du
marché du travail. Il serait prématuré de prétendre que toutes les politiques requises sont d’ores et déjà en
place.

Lire le texte au complet en ouvrant le fichier joint

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