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Football/Interview Monique André, un souffle nouveau à la FHF - par : lematinhaiti.com

vendredi 2 mars 2012 par Administrator

Pour la première fois dans l’histoire du football haïtien, une femme intègre le comité exécutif de la Fédération haïtienne de football (FHF). Dans le souci d’informer nos lecteurs, nous avons rencontré Monique André pour savoir pourquoi elle a accepté de faire partie de l’actuel bureau fédéral dirigé par l’inamovible Yves Jean-Bart. Madame André est une ancienne joueuse et l’une des pionnières du football féminin.

Le Matin : Aujourd’hui vous exercez de hautes fonctions dans le football haïtien. Parlez-nous de vos activités ? Est-ce facile en tant que femme ?

Monique André : Ce sont des amis de longue date qui m’ont approchée et m’ont demandé de venir les assister dans la réorganisation de leur administration, dans l’amélioration de la qualité de leurs services, en gros à redorer l’image de la fédération. Je n’ai pas pu refuser d’autant plus que depuis plusieurs années je me suis impliquée énormément dans le football, je suis très proche des joueurs locaux et de ceux vivant à l’étranger. Ayant moi-même joué au football, certains membres de ma famille ayant été des dirigeants, ces différents facteurs ont fait en sorte que le football haïtien est une cause qui me tient à cœur et je suis heureuse de pouvoir servir. Je suis seulement déçue des allégations de certains insinuant un conflit d’intérêt tout simplement parce que je suis directrice d’une agence de voyage. Je fais très peu d’affaires avec la Fédération, sinon pour donner un coup de main. Les dettes des clubs en ligue Concacaf en sont un exemple ; le football est pauvre et fait face à de grandes dépenses ; certaines personnes ont tenté de me dissuader, toutefois le football a besoin de support et les joueurs ont besoin d’encadrement. Je suis certaine qu’on va réaliser de belles choses.

L.M : Avant les élections, le cartel Changement a contesté votre choix. Le président du cartel avait dit que vous n’êtes pas éligible parce que vous n’êtes pas membre d’un club. Que répondez-vous à cela ?

M.A : J’en ai entendu parler. Je dirais que je suis rattaché non à un, mais à plusieurs. Depuis 7 à 8 ans la Concacaf, la Fifa, la Caribbean football Union se réfèrent toujours à moi pour les urgences. Je les connais tous et l’accueil que me réserve ces grosses organisations lorsqu’elles me voient en dit long. Cela me gêne même de les entendre dire : « Avec toi Monique la FHF a changé au niveau de respect des délais de formalités pour leur participation aux différentes compétitions » ce genre de témoignage ne fait que m’indiquer que je fais quelque chose d’exceptionnel et j’en suis heureuse.

L.M : Lors de l’allocution du président Jean-Bart, il a annoncé que vous allez diriger la commission d’insertion sociale au sein de la Fédération. Avez-vous déjà établi un plan de travail ?

M.A : On doit se réunir pour commencer à travailler sur ce dossier. Je pense que c’est aberrant que beaucoup de jeunes joueurs et joueuses possédant un avenir prometteur ou ayant défendu les couleurs nationales pendant 10 et même 15 ans ne bénéficient d’aucun soutien, ma mission sera d’assister, de conseiller afin que leur talent soit reconnu. Évidemment nous aurons besoin de tout le monde et le but ultime est de continuer dans la même lancée qu’en 2008. Il faut également mentionner que d’anciens joueurs, notamment Philippe Vorbe apportent un soutien considérable ; il faut qu’on soit plus solidaire et avec cette attitude nous irons droit vers le succès.

L.M : Selon vous, que peut apporter ce sport au quotidien des Haïtiens compte tenu des difficultés que traverse le pays ?

M.A : Beaucoup de choses. Malheureusement en Haïti on ne comprend pas que ce n’est que dans le dictionnaire que le mot succès vient avant le mot travail ; tous les pays investissent par contre on oublie souvent de mentionner la provenance des fonds le football peut nous unifier et faire tomber les barrières sociales et politiques, peut combattre la délinquance juvénile. Je suis bien placée pour vous dire que les dirigeants sont des passionnés et dépensent tout ce qu’ils ont pour le football ; en retour ils ne sont pas compris. Les équipes nationales, femmes ou hommes, sont souvent au bord du forfait parce qu’elles manquent de moyens ; je vois les dirigeants malheureux à chaque fois qu’ils doivent faire voyager leur équipe, par contre quand l’équipe gagne…

L.M : Lors de la présentation des membres de l’actuel bureau fédéral, l’assistance vous a ovationné et on vous a appelé marraine. Pouvez-vous nous dire pourquoi ?

M.A : Je pense que c’est parce que j’ai toujours fait preuve de compassion et de patience. Je ne m’attarde pas sur les problèmes mais sur les moyens de les résoudre. Il faut également mentionner que mon intégrité y est pour beaucoup, on sait que je ne me laisse pas influencer mais je prends le temps d’analyser et d’avoir mes propres opinions. Le surnom « Nainaine » m’a été attribué par la Sélection des moins de 23 ans de 2008, j’étais tellement proche d’eux qu’ils me considéraient comme une seconde mère. Par la suite toute la famille du football a donc commencé à m’appeler ainsi et de nos jours ce surnom est utilisé même en dehors du football.

L.M : Vous êtes l’une des pionnières du foot féminin. Quand vous étiez joueuse, vous joueriez à quel poste ?

M.A : J’ai occupé la position d’ailier droit lors de la première rencontre de football féminin en 1971 qui opposait le collège Canado Haïtien à l’institution du Sacré Cœur. Malheureusement mon expérience en tant que joueuse n’a pas duré longtemps étant donné que quelques années plus tard j’ai dû laisser le pays pour aller étudier en Espagne. Mais d’un autre côté, en vivant en Espagne, j’ai eu la chance de continuer à cultiver ma passion pour le football à travers les prestations des équipes tel Real Barca.

L.M : Comment voyez-vous le football féminin actuellement ? Pensez-vous que cette discipline a un avenir dans le pays ?

M.A : L’intégration du football féminin dans le sport haïtien est sans conteste le point le plus positif pour la communauté féminine face au rejet des femmes dans les activités sociales du pays. De nos jours, la Fifa encourage et alloue des sommes énormes et très considérables pour le développement du football féminin. Nous autres en Haïti, nous devons faire de notre mieux et nous assurer de profiter des différentes opportunités qui sont offertes. L’avenir du football féminin dépend grandement de nos efforts communs pour une bonne réussite. Je vais faire de mon mieux pour que plus de femmes se rallient à cette cause. Il faut toutefois mentionner que les femmes comme Hansy Raymond Lescouflair et Marie Antoinette Gauthier qui luttent pour le football féminin sont rares ; il y a nécessité d’avoir la présence de plus de femmes dans les sphères dirigeantes.

Le Matin : Vous êtes la première femme à occuper un poste au sein du comité directeur du football. Comment allez-vous vous impliquer pour faire développer le football féminin dans le pays ?

Monique André : Ma présence au sein du bureau fédéral symbolise l’espoir. Mon but premier est d’apporter ma contribution en faisant de mon mieux pour que les joueurs des sélections nationales (hommes et femmes) bénéficient de tout l’encadrement dont ils ont besoin. Les sélections féminines ont surtout besoin d’encadrement pour s’épanouir et donner le meilleur d’elles-mêmes. En ce sens Hansy fait un travail de titan que l’on ne glorifie pas assez ; il faut beaucoup plus de monde avec de la bonne volonté et de la compassion. Le football féminin le mérite amplement !!


Propos recueillis par Gérald Bordes








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