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Fanmi Lavalas, Fusion, Kontrapèpla claquent la porte, mais tout finit bien

jeudi 13 février 2014 par Administrator

La mise en place d’un gouvernement d’ouverture, le CTCEP devient Conseil électoral provisoire avec la possibilité pour chacun des trois pouvoirs de changer un seul parmi leurs représentants… Le dialogue a pris fin mercredi sur un consensus trouvé sur ces points. Fanmi Lavalas, Fusion et Kontrapèpla abandonnent les pourparlers et risquent de ne pas signer l’accord final vendredi.

Fini le dialogue politique. Champagne, gâteau, cadeaux, photos souvenir, blagues, souhaits… Une atmosphère de convivialité. Une deuxième et dernière journée de travail qui coïncide avec l’anniversaire du président de la République. Dans un espace spécial à l’hôtel El Rancho mercredi, Michel Martelly, les acteurs politiques et la CEH ont mangé et festoyé ensemble pendant la pause.

Le cardinal Chibly Langlois a lui-même témoigné envers le chef de l’Etat son contentement de le voir sur la table du dialogue aux côtés des partis politiques et des parlementaires. « Ce n’est pas quelque chose qu’on voit tous les jours », concède le prélat. « Non seulement on vous dit bonne fête, on vous offre ce gâteau de couleur rose et blanc », lance-t-il sous les applaudissements et des larges rires des assistants.

Michel Martelly a lui aussi remercié l’implication de Son Eminence dans la recherche d’une sortie de crise. L’air heureux, le président offre une tranche de gâteau au sénateur Jocelerme Privert tout en lui demandant de voter le projet de loi de finances. « Cette loi sera votée quand vous publierez la listre des membres de la Cour supérieure des comptes », lui répond en souriant le parlementaire des Nippes.

Cette dernière journée de dialogue n’a pas été rose en tout point de vue. Il y a eu des frustrés, des partis politiques qui ont claqué la porte du dialogue. Fanmi Lavalas fut le premier à plier bagage. Ensuite, Fusion, puis Kontrapèpla. Les raisons de ce débarquement en pleine course sont les mêmes. Maryse Narcisse, Edmonde Supplice Beausile et Jean William Jeanty ne se retrouvent pas dans un gouvernement d’ouverture ni dans une institution électorale « qui n’inspire pas confiance ».

La coordinatrice de Fanmi Lavalas dit constater que le dialogue s’est transformé en monologue entre le gouvernement et les partis politiques qui le défendent. « Pour éviter que le dialogue devienne un monologue contre le peuple haïtien, Fanmi Lavalas rappelle les positions qu’il avait toujours défendue : un autre gouvernement qui inspire confiance et qui peut créer les conditions pour la tenue des élections libres, honnêtes et démocratiques, un Conseil électoral provisoire crédible qui a la confiance de la population et qui peut organiser d’élections libres, honnêtes et démocratiques », soutient Maryse Narcisse.

Pour sa part, la présidente de la Fusion estime qu’elle a été piégée avec la participation de 59 partis politiques, dont seulement 5 ou 6 sont dans l’opposition. « On ne s’y attendait pas, dit-elle. On se retrouve dans une situation minoritaire. Minorité par rapport à quoi ? », s’est interrogée Edmonde Supplice Beauzile.

C’est surtout la transformation du CTCEP et du Conseil électoral provisoire qui indispose l’ancienne sénatrice. « On ne peut pas apposer notre signature sous cet accord. Fusion ne peut pas s’embarquer dans cette dynamique », dit-elle avant de laisser l’hôtel El Rancho.

« Le dialogue est terminé pour nous », renchérit le coordonnateur de l’organisation politique Kontrapèpla. Le sénateur Jean William Jeanty a exposé son désaccord sur le consensus trouvé pendant le dialogue. « Ils se sont mis d’accord sur un gouvernement d’ouverture où le président est d’accord pour partager des postes avec quelques amis. Le Premier ministre reste à son poste malgré la méfiance qui caractérise son administration », lance le parlementaire

Pour le CTCEP, ajoute-t-il, le président a finalement accepté de changer le nom en Conseil électoral provisoire. Nous voulions éviter au pays de sombrer avec des élections ‘’chanprèl’’. Le consensus trouvé ne va qu’empirer la crise. Michel Martelly va vivre les conséquences de son choix », menace le parlementaire des Nippes.

Le départ de Fanmi Lavalas, Fusion, Kontrapèpla n’a rien changé pour d’autres

Alors que ces trois organisation politiques avaient quitté l’espace du dialogue, les discussions se sont poursuivies jusqu’à 8 heures du soir mercredi. « Je suis heureux. Le dialogue s’est bien passé et je suis content », s’exclame le sénateur Steven Benoît à l’issue des assises. Selon lui, il n’y a pas de quoi s’alarmer si sur 53 partis politiques, trois en sortent insatisfaits. Le parlementaire minimise le retrait de ces organisation du dialogue et fait l’éloge de la réussite des négociations.

« Maryse Narcisse devait avoir les capacités de défendre ses positions », estime Youri Latortue, conseiller du chef de l’Etat, mais qui participe au dialogue à titre de coordonnateur de l’AAA. « Je souhaite qu’elle va revenir, parce qu’aujourd’hui c’est l’arme de la dialectique… Nous autres, nous avons les arguments et la compétence nécessaire pour convaincre », se félicite l’ancien sénateur, pour qui il n’y a pas lieu de parler de monologue dans ce processus de dialogue.

L’ancien sénateur Rudy Hériveaux minimise lui aussi la décision de Fanmi Lavalas d’abandonner le dialogue alors que Maryse Narcisse avait participé dans toutes les rencontres précédentes. Le secrétaire général du Parti KONFYANS indique que « le pays ne saurait rester prisonnier du caprice des uns ni du jusqu’au boutisme des autres. Cela aurait pu être mieux si Lavalas avait décidé de rester. C’est dommage. C’est une capitulation pitoyable, pathétique... », dit-il de son ancienne organisation politique.

Le dialogue, un succès, selon la CEH
Le cardinal Chibly Langlois a bouclé la boucle non sans peine. A l’issue de la dernière journée des assises, le prélat a été félicité pour son engagement et son leadership. Au nom des acteurs politiques, Evans Paul lui a remis un tableau montrant la Citadelle Laferrière. Le président de la Conférence épiscopale d’Haïti, la médiatrice, l’air un peu fatigué mais satisfait, croit que le processus de dialogue est un succès.

« Dans un dialogue on ne sort pas toujours avec tout ce qu’on aurait aimé avoir », dit-il. L’homme d’Eglise souligne que pendant les pourparlers, la recherche des intérêts de partie avait pris, certaines fois, le dessus sur l’intérêt du pays. « C’est un exercice que nous faisons pour la première fois, cela montre que nous Haïtiens nous pouvons nous asseoir ensemble pour dialoguer. Nous devons apprendre et grandir dans le processus de dialogue… »

La CEH dit déplorer qu’à la fin de la journée des partis politiques comme Fanmi Lavalas, Fusion et Kontrapèpla se sont retirés du processus. Le Parti Respè accepte de signer l’accord mais formule des réserves.

Selon le consensu trouvé, nous aurons dans les jours qui viennent un gouvernement d’ouverture, c’est-à-dire, le Premier ministre Laurent Lamothe reste à son poste et les ministres s’en vont pour la plupart. Le CTCEP devient Conseil électoral provisoire avec possibilité pour les trois pouvoirs de changer un seul parmi leurs trois représentants. Ils disposent de 10 jours pour le faire à partir de la signature finale de l’accord. Tous les acteurs vont se rencontrer à nouveau vendredi, toujours à l’hôtel El Rancho pour signer l’accord.

S’agissant de l’amendement de la loi électorale, une commission de suivi à été formée ; elle est composée de quatre membres issus des partis politiques, un représentant du Parlement, un autre qui représente les observateurs et un autre l’exécutif. Sur la publication de la liste des nouveaux membres de la Cour supérieure des comptes, le Bureau du Sénat et le président de la République se rencontreront ce jeudi sur le dossier afin de prendre une décision finale, annonce le sénateur Dieuseul Simon Desras qui a visité mercredi les acteurs politiques.

Le président Martelly , avant de quitter la salle du dialogue comme un TGV en laissant sur place ses conseillers, a fait savoir au Nouvelliste que sa présence à El Rancho témoigne de sa volonté de résoudre avec les partis politiques les problèmes. « Nous voulons arriver à un compromis au bénéfice du pays. Ce qui se passe ici n’est ni pour le Parlement, ni pour l’exécutif, ni pour les partis politiques. On le fait pour que le pays puisse bénéficier de la bonne gouvernance pouvant favoriser son avancement de façon durable », indique-t-il.

S’il y a une question qui a fait l’unanimité au cours des deux phases du dialogue, c’est la réalisation des élections cette année pour les deux tiers du Sénat, les députés et les collectivités territoriales.
Robenson Geffrard
rgeffrard@lenouvelliste.com

Voir en ligne : Le Nouvelliste







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