CAPSULES-HAITIMONDE.COM - Les Dernières Nouvelles d’Haiti - Tout sur l’actualité haitienne - Le réseau de référence Haitimonde.com

Et si on suivait cet exemple - Echo D’Haiti

samedi 20 décembre 2008 par William Toussaint

Chers Amis

Auditrices et Auditeurs

De l’émission Echo d’Haïti

L’Adresse n’a pas changé : www.wunr.com

Et si on suivait cet exemple ?

Au cours d’un point de Presse ce vendredi 12 décembre 2008, le Président d’Equateur, Monsieur Rafael Correa a déclaré qu’il ne paiera pas les intérêts de la dette qu’il qualifie d’illégitime et illégale et qu’il était prêt à en subir toutes les conséquences. Cette décision du Président Correa est l’aboutissement d’une mobilisation des pays d’Amérique du Sud, des Caraïbes et de l’Asie Pacifique contre la dette externe, illégitime selon ce mouvement puisqu’elle n’a pas été contractée par le peuple et ne fut pas utilisée à son bénéfice. Comme contre proposition à l’impérialisme et le néo-libéralisme, les organisations de cette mouvance ont proposée le financement autonome et souverain des peuples.

Un regard sur la dette des pays du sud montre que, toutes catégories confondues, publique et privée, multilatérale et bilatérale, interne et externe, elle est passée de 70 milliards de dollars américain entre 1970 à 2850 milliards de dollars en 2006, soit qu’elle est multipliée par 40 sur une période 36 ans et que ce niveau est carrément insupportable pour les peuples du Sud. Quant aux causes de l’endettement, elles peuvent aller à l’imputation aux nouveaux Etats devenus indépendants, les pays africains en particulier des dettes des anciennes puissances coloniales, le démarchage et les placements des surliquidités des banques occidentales aux pays du Sud, les Crédits octroyés par le FMI et la Banque Mondiale pour les projets de développement bien souvent mal conçus, improductifs et coûteux, l’achat d’armements, le détournement etc.

Une comparaison entre l’évolution du montant de la dette durant les trente huit dernières années et l’accélération de la dégradation des conditions de vie des populations du tiers monde, montre qu’il existe une relation inverse et négative entre la dette et les conditions de vie dans les pays du sud, sans compter les déficiences en termes d’infrastructures. Il convient alors de se demander : ou est passé tout cet argent. Vu sous cet angle là, il faut avouer qu’il est immoral de demander à tout un peuple de se serrer la ceinture et de consentir des sacrifices pour payer les services d’une dette dont il est totalement étranger.

On a certes tendance chez les politiciens dits de gauche à mettre tout le fardeau du tiers monde sur le compte des politiques néolibérales que le FMI et la Banque Mondiale ont imposées aux pays du Sud au cours des dernières décennies, il y a dans cette assertion une part de vérité mais indubitablement pas toute la vérité. Si dans une grande proportion on peut imputer la responsabilité de la misère, la malnutrition, l’analphabétisme, les déficiences en matières de soins de santé, les carences en eau potable des pays du Sud sur les politiques anti-sociales des Institutions de Bretton Woods, les corruptions et détournements de fonds publics n’en sont pas pour autant étrangers. La décision du Président Correa devra certainement comme il le souhaite bien donner suite à un audit complet de la dette afin de déterminer les valeurs qui ont été détournées et traduire par devant leurs juges naturels, les éventuels détrousseurs.

La dette publique est un réel fardeau pour les peuples du Sud surtout qu’elle n’a pas su en général favoriser l’implantation d’infrastructures alors que le service de cette dette mobilise une tranche importante dans les budgets. La dette d’Equateur par exemple est évaluée à environ 33 % de son Produit Intérieur Brut (PIB) alors que la moitié de son budget est consacrée au paiement de cette dette. On peut alors comprendre combien la marge de manœuvre du gouvernement pour améliorer les conditions de vie est mince, ajoutée a l’inflation causée par la dollarisation du pays processus engagé depuis l’année 2000.

Il existe un principe qui est une règle sacrée, le respect par les Etats de leurs obligations et conformément à ce principe tout Etat qui s’y soustrait devient un Etat voyou. La décision du Président Correa, ne risque-t-elle pas de placer l’Equateur aux rangs des Etats délinquants. D’un autre coté, il y a l’aspect moral de la question qui met le Président face à ses responsabilités envers son peuple et son devoir de trouver les moyens nécessaires à y répondre.

L’Equateur n’est pas le seul pays confronté à de telles difficultés, les statistiques présentent l’image d’un monde en parfaite crise où la famine tue un peu partout, où les besoins primaires font défaut et où l’amélioration des conditions de vie ne semble pas être au rendez-vous. L’Equateur a toujours été un pays très instable et le Président Correa est conscient que sa décision va le mettre en porte-à-faux avec les grands patrons du monde mais il préfère courir ce risque.

Il est certain qu’à l’heure actuelle, une mise en question des grands dossiers du monde est nécessaire mais on semble un peu partout faire la sourde oreille et alors ne revient il pas aux peuples opprimés de prendre en mains leurs propres destinées. Le Président Correa ne va-t-il pas traîner derrière lui d’autres leaders qui voudront peut-être prendre la même décision mais en fait n’est elle pas juste.

Echo d’Haïti vous invite à capter son programme, tous les samedis comme à l’accoutumée à 8 heures du soir, heure de New York, sur la fréquence de la WUNR 1600 AM si vous êtes dans l’Etat du Massachusetts ou à partir du site Web de la WUNR.. Ecoutez-nous en direct sur le site suivant : www.WUNR.com quelque soit le lieu où vous vous trouvez sur la planète.

Nous sommes ouverts aux supports et suggestions : écoutez-nous, écrivez-nous à l’adresse postale suivante : Echo d’Haïti P.o. Box 1305 Randolph Ma. 02368, ou à notre adresse électronique echodhaiti1@yahoo.com., echodhaitiun@yahoo.com.

Echo D’Haiti








Accueil | Plan du site | info visites 316025

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site ECONOMIE & SOCIETE  Suivre la vie du site Thématique  Suivre la vie du site Economie Internationale   Politique de publication

Haitimonde Network