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Emission de la semaine du 26 septembre 2008

dimanche 28 septembre 2008 par Robert Benodin

Orlando le 26 septembre, 2008

Actualités Politiques : Grandes Lignes

Dans le cadre des efforts pour aider le pays à sortir de la situation post-cyclonique, nous observons la coïncidence de plusieurs faits, qui nous obligent à déterminer leur pertinence.

- Transparency International publie son rapport de 2008, classifiant Haïti une fois de plus, parmi les 4 pays les plus corrompus du monde.

- Les 3 plus grands donneurs d’aide à Haïti, les Etats-Unis, le Canada et la France, venus avec leurs propres navires distribuent l’aide directement aux sinistrés, à travers leurs ONG.

- L’ONU, ayant en Haïti une armée multinationale formée principalement de Sud-américain, tire la sonnette d’alarme et sollicite 110 millions de dollars US. Elle n’a reçu que 2%.

- Le Venezuela enlève momentanément les restrictions sur l’utilisation des fonds dans le cadre des transactions à crédit du Petrocaribe.

- Le gouvernement annonce le décaissement de ces fonds, 8 milliards de gourdes, soit 200 millions de dollars US, pour revitaliser principalement, l’agriculture, l’éducation et l’infrastructure routiers.

- Cette somme est distribuée à certains ministères et aux parlementaires qui deviennent dorénavant des administrateurs de deniers publics.

Certes la publication du rapport de Transparency International, coïncidant avec la situation post-cyclonique, vient comme cheveux sur la soupe. Néanmoins il explique et justifie le comportement des plus importants donneurs d’aide, qui ont choisi de circonvenir un gouvernement auquel ils ne font pas confiance, même avec son nouveau premier ministre, pour distribuer l’aide directement aux sinistrés. Tenant compte de l’intensité de la pression exercée, précisément par ce secteur de la communauté internationale, pour obtenir sa ratification, on espérait un comportement plus sympathique envers ce nouveau premier ministre. Tel n’est pas le cas. C’est le ne varietur. On peut déduire que la pression venait du fait que la communauté internationale avait seulement besoin d’un gouvernement fonctionnel pour la reconduction du mandat de la Minustah.

Prenant en considération le type d’aide qui est distribué par les trois plus grands donneurs d’aide. Certes, l’approche caritative a un résultat plus immédiat. Aussitôt consommée, ses effets disparaissent rapidement, sans laisser de plus valu résiduel. Ceux sont des palliatifs. On peut conclure, en constatant la façon de distribuer l’aide, que l’absence de confiance est manifeste. Mais en tenant compte aussi du type d’aide distribuée, ne peut-on pas conclure qu’il y a là une volonté de ne pas intervenir dans la résolution des problèmes de fond ? La communauté internationale n’est pas dupe des intentions et manœuvres politiques de ce gouvernement de pérenniser au pouvoir.

Le fait que l’ONU ait sollicité 110 millions de dollars US pour aider Haïti et n’a reçu que 2%, est absolument significatif. Le fait est que les plus grands donneurs d’aide, ont choisi de faire la distribution eux-mêmes, au lieu de s’en remettre à l’ONU. La Minustah étant l’unique projet international que gèrent le Brésil et ses associés sud-américains, dans sa campagne de qualification pour un siège au Conseil de Sécurité de l’ONU, met aussi en exergue le fait que le Brésil et les autres pays de l’Amérique latine, en ce qui s’agit d’aide en espèce, sont très durs à la détente. Peut être qu’ils ont les mêmes appréhensions que les 3 plus grands donneurs d’aide et pour les mêmes raisons. Le Brésil a cependant promis de refaire la route du Sud. La question est de savoir, est-ce à partir de Sainte Bernadette, ou après le pont de la Rivière Froide ? Cette nuance est importante.

Le Venezuela a enlevé momentanément les restrictions sur l’utilisation des fonds qui lui sont dus dans le cadre des transactions à crédit du Petrocaribe. Lorsque Haïti achète du pétrole de Venezuela, elle paie rubis sur ongle 40% du prix du marché à la livraison. Le reste, les 60%, sont versés dans un compte. Et ce montant dû au Venezuela est un prêt à raison de 2% l’an pour 15 ans. L’utilisation, ou l’investissement de cet argent est strictement contrôlée par le Venezuela. Ce que le Venezuela fait, et qui est appréciable, il permet à ce gouvernement d’utiliser l’argent dans le cadre de cette situation catastrophique. Mais la dette demeure. En d’autres termes, ce gouvernement est entrain de dépenser un argent que nous aurons à payer dans l’avenir, capital et intérêts réunis au Venezuela, quand Préval ne sera plus au pouvoir. Ce n’est pas un don du Venezuela. C’est un argent qui ne devrait pas être gaspillé dans des jeux politiques ou de corruption. C’est un argent qu’il faut investir, parce qu’il devra être remboursé.

Evoquant la loi sur l’Etat d’Urgence, sans passer par les procédures normales, le gouvernement a annoncé le décaissement immédiat de ces fonds dus au Venezuela, 8 milliards de gourdes, soit 200 millions de dollars US, pour revitaliser principalement les secteurs les plus touchés, l’agriculture, l’éducation et l’infrastructure routiers. Ceci est d’une part compréhensible, que ces fonds soient distribués aux titulaires de ces départements ministériels qui sont des gestionnaires de deniers publics. Mais d’autre part, le fait que le gouvernement distribue aussi 5 millions de gourdes par commune, soit 812 millions de gourdes contrôlés par le ministère de l’intérieur, dont une portion sera distribuée aux parlementaires qui devront soumettre des projets à ce ministère pour recevoir ces fonds, est perçu par le public en général comme un acte de corruption. Malgré les déclarations du premier ministre pour les rassurer, les parlementaires n’étant, ni des gestionnaires, ni des comptables de deniers publics, à qui vont-ils rendre compte de la gestion de ces fonds et de ces projets ? Qui en toute logique assumera la responsabilité de la gestion de ces fonds publics et de ces projets, en cas de vérification ? Un peu suspicieux, certains parlementaires estiment qu’il s’agit en fait d’un piège tendu par le gouvernement, aux parlementaires. Ils craignent que certains parlementaires, ne soient ciblés par la Cour Supérieure des Comptes pour provoquer un scandale et les éliminer aux prochaines élections de 2009.

Ayant eu tant de mailles à partir avec ces parlementaires, et voulant poursuivre son obsession, le remplacement de la Constitution, on est bien obligé de se questionner sur l’intention de ce cadeau fait au parlement. Est-il empoisonné ? Ou est-ce un geste magnanime, sans arrière pensée ? Préval est-il connu pour son cynisme ou pour sa magnanimité ? Compte tenu du besoin insatiable et manifeste de Préval de vouloir un parlement qui soit à son service, financerait-il de bonne foi les élections des parlementaires avec qui, il a eu des contentieux, et qui lui ont donné du fil à retordre ? Est-ce qu’il les aiderait à revenir au parlement, pour s’engager à nouveau dans les mêmes affrontements ? Préval, serait-il un masochiste ?








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