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Élites haïtiennes, prenez maintenant vos responsabilités ! - Par : Luc REMY

lundi 20 avril 2009 par William Toussaint

Chers compatriotes,

1. Les Enjeux de la Mobilisation autour d’Haïti

1.1. Une diplomatie tous azimuts

La présente mobilisation de la Communauté Internationale (CI) autour d’Haïti nous interpelle tous. Elle ne doit nullement nous laisser indifférents. Sa diplomatie bilatérale et multilatérale sur le dossier se déroule au sommet ; elle se révèle intense, massive et rapide. Rappelons-nous en quelques temps forts : rencontre du Président René Préval à Washington avec la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton, des membres du Congrès, des officiels de la Banque Mondiale et du FMI (2-6 février), entretiens du président Barack Obama au Canada avec la Gouverneure et le Premier Ministre canadiens, Michaelle Jean et Stephen Harper (19 février), visite à New York de Harper au Secrétaire Général de l’ONU Ban Ki-Moon (23 février), visite à Washington du ministre des Affaires étrangères du Canada, Lawrence Cannon, à la Secrétaire d’Etat, Mme Hillary Clinton (24 février), rencontre de l’ancien président Bill Clinton et du Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon à Port-au-Prince avec des autorités haïtiennes (9 mars), visite d’une délégation relais du Conseil de Sécurité de l’ONU en Haïti le jour même du départ de Clinton et Ki-Moon (10 mars) et comprenant, entre autres, l’ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU, Mme Susan Rice, rencontre entre le Secrétaire général Ban Ki-Moon et le président Obama à la Maison Blanche ce même 10, présentation par Paul Collier de son rapport au gouvernement, à certains autres importants acteurs de la Classe (12 mars), visite à des officiels et entrepreneurs haïtiens d’une délégation d’universitaires et d’hommes d’affaires du Commonwealth du Massachusetts présidée par madame Marie St-Fleur, députée dudit état (18 mars). A Cela s’ajoutent probablement de nombreux mouvements souterrains ou moins visibles d’experts, de techniciens, hommes d’affaires et politiciens travaillant inlassablement sur notre destin et produisant des documents décisifs comme ce rapport préparé par l’économiste Paul Collier pour le compte de Ban Ki-Moon. De toute évidence, notre Haïti est, pour le meilleur ou pour le pire, un enjeu central, et quelque chose de très important va être décidé pour nous. Nous faut-il une fois de plus laisser l’histoire s’écrire pour nous sans prendre l’engagement de nous engager dans l’action, et sans de fait nous lancer dans l’action patriotique et constructive pour l’écrire nous-mêmes aussi ?

De toute façon, notre avenir et celui des prochaines générations d’haïtiens et d’haïtiennes dépendront beaucoup des grandes manœuvres actuelles, des décisions et actions de la CI se rapportant à notre pays. En vérité, laisser les événements se dérouler sans nous, c’est nous rendre nettement responsables de nos malheurs de demain. Pour la même raison, nous serons coupables aux yeux de nos enfants et petits-enfants. Car, avec ou sans nous, quelque plan sera mis en application ; quelque orientation nouvelle sera imprimée à notre vie et à notre pays.

Certes, c’est un lieu commun en Haïti et dans notre cerveau de rendre l’international (surtout le blanc) responsable de tous nos malheurs ; c’est un réflexe classique chez nous de l’accuser de conspiration permanente contre Haïti. Entre-temps, dans les faits, et en contraste honteux, nous nous livrons, volontairement, les pieds, les mains et l’esprit enchaînés, à son bon vouloir et à sa générosité, espérant, de manière béate et insatiable, bénéficier de sa part de quelque miracle politique et économique pour nous développer. Face aux dommageables erreurs en cascades de nos aînés et de nous-mêmes dans nos échanges internationaux récents, nous avons aujourd’hui l’obligation d’opérer une Révolution pacifique en nous-mêmes pour rejeter ce paradigme central, mais erroné et improductif, de la responsabilité absolue de l’international. Il nous appartient de nous élever à la hauteur des règles du jeu des Relations Internationales (RI), bilatérales et multilatérales ; bref, il nous faut faire de la politique internationale (PI) pour introduire dans la vie socio-économique d’Haïti le maillon central toujours manquant. Ce maillon se compose de deux segments distincts solidement soudés entre eux ; l’un, c’est l’obligation pour les acteurs de rendre régulièrement compte à la Nation pour être tenus responsables ; l’autre, c’est l’obligation d’introduire et faire peser l’apport national haïtien dans tous les dossiers concernant notre pays.

1.2 Rendre compte pour être tenu responsable et apport national : deux piliers centraux

Rendre compte pour être tenu responsable, c’est utiliser les fonds nationaux, publics ou privés, et les fonds alloués par la CI pour créer effectivement des richesses, de l’emploi et pour fournir des services adéquats et de qualité à tous, sans considération de couleur, de religion, de sexe, de résidence, de richesse, de niveau d’éducation, etc. C’est éviter de faire du business presque exclusivement extraverti ou tourné vers l’extérieur ou dans un esprit mercantile faisant fi de la misère profonde du pays et des demandes de service répétées de la Nation. En ce sens, rendre compte pour être tenus responsables, c’est, pour les fournisseurs de services, donner aux contribuables, aux clients et aux demandeurs de services satisfaction pleine, évidente ou tangible, et concerne donc, et l’État et le secteur privé. En termes d’administration publique, rendre compte, c’est fournir, sur l’utilisation des fonds publics, des justifications écrites facilement vérifiables par des vérificateurs qualifiés et autorisés. Dans tous les cas, rendre compte, c’est faire preuve de transparence, d’un sens élevé de service public et de responsabilité vis-à-vis des administrés et des clients haïtiens pour bâtir Haïti sur la paix, l’esthétique, la grandeur, la solidité et la pérennité.

Introduire l’apport national, c’est nous affirmer, nous exprimer en toute clarté et sans « marronnage », pour défendre nos valeurs, admettre nos faiblesses, faire connaître nos réels besoins, nos revendications, nos principales options, nos capacités, nos apports, notre engagement, notre ferme volonté de participer, et d’assumer notre prise en charge. Faire état de l’apport national, c’est aussi réclamer et prendre, pour le secteur public et le secteur privé national, une part toujours plus active et toujours plus grande dans les prises de décision et l’exécution des taches. Fournir l’apport national, c’est, en définitive, affirmer le leadership national, public et privé, individuel ou collectif, en pilotant, analysant, contrôlant, évaluant, redessinant, corrigeant, retranchant, ajoutant, coordonnant, en infléchissant au besoin, en exécutant et en faisant exécuter tout plan élaboré pour Haïti. Notre action constructive, du début à la fin, influera sur la CI ; elle lui fera changer sa perception traditionnelle de nous ; elle la portera à finalement nous prendre au sérieux, et très au sérieux. Tout cela décuplera notre pouvoir de marchandage et contribuera à changer pour le mieux les règles du jeu traditionnelles d’exclusion ou de non participation active des forces nationales. Nous fortifierons ainsi la diplomatie et les relations extérieures haïtiennes, avec des gains de plus en plus croissants et importants pour l’État, les entreprises privées et publiques, les groupes organisés et les citoyennes et citoyens haïtiens. L’émergence d’une Haïti faite de progrès, de paix, d’équilibre social et pesant réellement dans les (RI) passe par là.

En l’absence de ce maillon appelé règlement de compte à la nation et apport national réel, tout effort de la CI en Haïti s’apparentera très probablement à un jeu de dupes, toujours au nom du peuple haïtien, mais toujours sans aucun bénéfice substantiel et durable pour ce peuple. Dans ce cadre là, une fraction de l’équipe gouvernementale, des ONG, des individus puissants et des groupuscules privés se partageront toujours la portion congrue de tel ou projet étranger élaboré pour Haïti ; mais la part léonine restera ou retournera toujours à l’étranger. Quelques noms s’ajouteront probablement, peut-être en secret, à la liste des millionnaires et milliardaires haïtiens et étrangers impliqués dans tel ou tel projet pour Haïti, mais le pays ne s’en portera pas mieux. Les malheurs collectifs (catastrophes naturelles ou provoquées par notre démission collective) s’aggraveront ou frapperont tragiquement toute la Communauté haïtienne, faibles et puissants, pauvres et riches.
1.3 Rappel de l’importance de l’action diplomatique et de la politique internationale

En conséquence, gardons-nous de banaliser le présent ballet diplomatique autour d’Haïti. En PI, comme en politique intérieure d’ailleurs, tout a sens : les actes, les dits, les non dits, les gestes, les symboles…Rappelons-nous sans cesse le fondement et les objectifs de la PI : la recherche et la défense d’intérêts d’Etat, d’organisations, de groupes privés, d’entreprises, etc. Ces intérêts sont de tous ordres, matériels, non matériels, culturels, moraux, affectifs, religieux, politiques, militaires, géographiques, économiques, raciaux, linguistiques, etc. N’oublions pas les méthodes et les moyens de la PI : le charme ou la séduction, la persuasion, le leurre, le mensonge, la propagande, la dénonciation, la publication de nouvelles ou de notes embarrassantes ou compromettantes, les offres fallacieuses ou réelles d’avantages divers, la cessation d’aides ou de services, la rupture de contrats, la corruption des négociateurs et/ou des dirigeants, la division du camp adverse, les menaces de sanctions diverses, les démonstrations de force, l’embargo, le blocus, le recours à la force militaire, etc.

Dans ce jeu d’influence et de pressions douces ou violentes, les gains dépendent presque exclusivement :

a) de notre capacité d’identifier nos intérêts supérieurs
b) de notre capacité et volonté de les défendre
c) des compétences et des moyens investis dans la défense de tels intérêts
d) du cadre de déroulement des négociations
e) de la capacité des acteurs d’appliquer les pressions à l’adversaire ou de résister aux siennes
f) du rôle de la presse) de l’action des citoyens, des groupes organisés et de la société civile
h) de la capacité des acteurs de faire sentir, parfois, sur la « table de négociation », le pois ou l’implication de forces externes de soutien et de pression. Ces forces peuvent être des groupes professionnels de pression, des entreprises, l’armée, des États, des alliés, une nation entière, etc.

2. Le Paradigme actuel des Relations Internationales d’Haïti : une accumulation d’efforts et d’échecs tragiques

2.1 L’œuvre obérée de la Classe

Pour faire court, appelons la Classe l’ensemble des Haïtiens et étrangers, organisations internationales et pays puissants prenant en permanence les décisions pour Haïti. C’est un raccourci pour Classe Traditionnelle d’Etat des Décideurs Nationaux et Etrangers au nom d’Haïti et de la Nation haïtienne. Au dessus de la constitution et des lois haïtiennes, la Classe n’a jamais été normalement liée à des principes de responsabilités et de fait n’a jamais rendu compte à la Nation.

Pendant ces 20 dernières années, la Classe a énormément investi en Haïti en ressources diverses et en bonne volonté : prêts, aides, dons, assistance technique, missions internationales d’observation d’élections, ballets diplomatiques interminables, interventions militaires internationales, missions spéciales des Nations Unies et/ou de l’OEA, etc.…Entre 1993 et 2009, la Communauté Internationale a dépêché en Haïti, entre autres, 9 imposantes missions civiles ou forces armées spéciales : la MICIVIH (1993-1995), la MINUAH (septembre 1993-juin 1996) la Force Multinationale (Septembre 1994-Mars 1995), la MANUH (juin 1996-juillet 1997), la MITNUH (août-novembre 1997), la MIPONUH (décembre1997- mars 2000), la MICAH (mars 2000-février 2001), la Force Intérimaire Multinationale (février-juin 2004), la MINUSTAH (juin 2004 à date). En moins de 10 ans, entre octobre 1994 et février 2004, la CI a offert à Haïti deux interventions de l’armée la plus puissante du monde, celle des Etats-Unis, et une intervention de l’armée de France.

L’aile locale de la Classe n’a pas été non plus inactive : elle a assumé de hautes responsabilités dans le gouvernement et a pleinement coopéré avec son homologue étranger. En seulement 23 ans, plus de 20 personnes (près d’une trentaine en comptant séparément les différents membres de CNG I, CNG II et CNG III) ont occupé le pouvoir suprême ; pour la même période, plus de 15 Premiers Ministres se sont portés au chevet du malade.

Toutes sortes de formules politiques ont été essayées : présidence collégiale exclusivement masculine (Conseil National de Gouvernement, de 6 membres à l’origine), présidence d’une femme (Ertha P.Trouillot) flanquée d’un « Conseil d’Etat » en plus de son cabinet, présidence mâle exclusivement militaire (Namphy, Avril), ou exclusivement civile (Manigat, Aristide, Nérette, Jonassaint, Préval, Boniface), ou à la fois civile et militaire (Henry Namphy, William Régala, Prosper Avril, Max Valès, Alix Cinéas, Gérard Gourgue). La Classe a essayé l’Exécutif monocéphale, le bicéphale et même le pluricéphale. En moins de quatre ans, entre novembre 1987 et septembre 1991, la Classe a organisé trois élections présidentielles et a aussi exécuté trois coups d’état contre elles, l’un dans les bureaux de vote même (1987), les deux autres contre les présidents au pouvoir (juin 1988, Septembre 1991). La Classe a opéré le recyclage de certains des plus hauts dirigeants de l’Etat (Namphy I et II, Avril I, II, Préval I, II, III, Aristide I, II, III, Alexis I, II, III). Elle a même réussi le tour de force de mettre simultanément au pouvoir deux présidents, l’un en Haïti, l’autre en exil (Aristide vs Nérette, puis Bazin et finalement Jonassaint). Elle a produit un Premier Ministre-Président (Bazin) et deux Présidents-Premiers Ministres (Emile Jonassaint, et René Préval au départ du PM Rosny Smarth en 1997 jusqu’à l’arrivée du PM Alexis en 1999).

La Classe a trouvé l’armée nationale budgétivore et responsable de tous les maux du pays et l’a détruite ; elle a décidé la « modernisation » de la Police Nationale haïtienne pour la rendre totalement différente de l’ancienne police haïtienne et de l’Armée détruite, et pour assurer à la fois la sécurité et la défense de la Nation. Et pour tenter de rompre définitivement avec l’idée d’une armée nationale hattienne « inutile » et coûteuse, elle a maintenu ou fait le recyclage dans le pays des forces armées de près de 70 Etats étrangers, bouffant pour Haïti, et par mission, une moyenne de 500 millions de dollars1. Et pour le seul exercice fiscal 2008-2009, le budget de la MINUSTAH « s’élève à US$ 601 580 100 (601,58 M$), soit 27,3% du projet de budget de l’État haïtien pour la même année »2. Au même moment, à court de solutions face à la crise sur le terrain, la CI en a appelé à « un effort régional accru pour aider Haïti à contrecarrer des groupes criminels transnationaux basant des opérations dans le pays.3 »

Face à toutes nos villes et à tous nos services publics sous-administrés et manquant cruellement de ressources humaines, et face au taux national de chômage très élevé, elle a trouvé l’Etat un véritable « mammouth » et a décidé de le « dégraisser » ; et de fait, elle a « réformé l’Administration publique », poussant au « départ volontaire » ou à la « retraite anticipée » bon nombre de fonctionnaires, parmi les plus expérimentés, compétents et plus ou moins respectueux des principes administratifs. A défaut d’un programme, même minimal, de création d’emplois, et sans jamais établir un cadre sain pour le démarrage, le fonctionnement et le développement des entreprises privées et la protection des consommateurs, elle a décrété « l’Etat haïtien mauvais gestionnaire », les entreprises publiques « mal gérées », et les a en grande partie privatisées ou fermées (Minoterie, Ciment d’Haïti, Usines sucrières, Loterie de l’Etat Haïtien, Magasin de l’Etat, Cimenterie d’Haïti, etc.).

Dans cette même logique, elle a déclaré l’« Etat haïtien sans capacité d’absorption » des fonds internationaux alloués à Haïti et a confié la gestion de tels fonds à une myriade d’ONGs disparates recherchant leurs intérêts privés et non l’Intérêt Général et fonctionnant en l’absence de toute supervision et de toute législation adéquate et sérieuse. Evitant d’approcher Haïti comme une nation ayant ses propres spécificités, mais la prenant pour un modèle d’économie capitaliste achevé, la Classe a littéralement immergé Haïti dans le néolibéralisme, ce libéralisme totalement mis à nu aujourd’hui par un niveau intenable et sans précédent de fraude financière, de corruption, de disparité de salaires, d’inégalité et déséquilibre sociaux et de démission des Pouvoirs publics.

Notes

1. Selon president Préval rapporté in “Haitian President Appeals for Emergency Aid” : http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2009/02/06/AR2009020603309.html

2. Pierre Montès : //Haïti/Économie/Réflexions sur le projet de budget 2008-2009 :
http://jfjpm.blogspot.com/2009/01/haticonomierflexions-sur-le-projet-de.html

3. UPI : MINUSTAH calls for regional support
http://www.lenouvelliste.com/articles.print/1/68116


2.2 Le Bilan inacceptable de la Classe

Toute la Classe admet l’échec d’Haïti, malgré cette présence active et massive de la Communauté Internationale. La divergence entre son aile nationale et son aile étrangère réside seulement dans l’imputation des responsabilités, c’est-à-dire la détermination des blâmables et des coupables. Élégamment, l’aile internationale de la Classe arrive, d’un côté, à s’octroyer régulièrement des brevets de satisfecit pour ses réalisations dans le pays, et de l’autre, à présenter Haïti comme un Etat en faillite, corrompu, non gouverné et rongé par le trafic de la drogue, le kidnapping, le chômage, la misère et représentant une menace pour la paix internationale. En clair, elle se distancie carrément de l’aile haïtienne face à l’échec à assumer. Elle en rejette la responsabilité sur ses partenaires haïtiens.

Pourtant, la République d’Haïti est techniquement, et de fait, sous contrôle littéral, pour ne pas dire sous occupation, de la CI. Sous le décor d’un Etat haïtien apparemment indépendant, l’aile internationale de la Classe a l’effectivité de contrôle, de décision et d’action sur tout l’appareil d’Etat : la police, l’armée, l’administration, la gestion des fonds internationaux prêtés à Haïti, la définition des priorités, l’élaboration des projets, la passation des marchés importants, la détermination des bons et des mauvais gestionnaires des fonds internationaux investis en Haïti, etc.1

Tout compte fait, l’aile internationale a raison de se démarquer des acteurs haïtiens incapables d’assumer leurs responsabilités, et pour au moins deux raisons : tout d’abord, elle n’a jamais cessé de jouer les règles classiques du jeu des RI avec Haïti ; elle a même fait et continue de faire montre de beaucoup de sympathie vis-à-vis de nous dans nos malheurs et nos échecs ; ensuite, elle a eu et aura toujours la possibilité de s’en sortir sans dommages. La CI est en effet un instrument indestructible, à géométrie variable, ou plus exactement, une masse informe, sans unité de lieu, de temps, d’action, d’émotion ou de destin. Mais il n’en est pas de même pour la Nation et l’Etat haïtiens. La passivité, l’indécision nous conduiront un jour à des humiliations et catastrophes insurmontables et suicidaires, ou plus tragiquement à la destruction de la Nation haïtienne.

Sans prétendre présenter un tableau exhaustif de l’échec des grands moyens déployés par la Classe dans le pays, rappelons quelques indicateurs. Après quelque 15 années de présence ininterrompue, massive et active en Haïti , la Communauté Internationale n’est pas parvenue à faire évoluer Haïti de son statut de menace pour la paix et la sécurité internationales (aux termes du chapitre VII de la Charte des Nations Unies) à un statut d’Etat normal. Au contraire, les sources de menace contre la paix intérieure et extérieure se sont énormément accrues dans le pays. Les frontières nationales sont devenues extrêmement poreuses et perméables à toutes sortes d’activités criminelles et déstabilisatrices. A l’intérieur du pays, l’insécurité a triomphé, nourrie, entre autres, par la misère, le trafic de la drogue, le chômage, la corruption, l’absence de plan d’action, de justice et de service, la non exécution des programmes et l’inapplication des normes, des lois et de la constitution. Et elle prend des formes très variées : le vol, le viol, le kidnapping, l’assassinat, etc. Sur le plan des échanges externes, le pays est pratiquement mis en quarantaine, car certains membres puissants de la Communauté Internationale tels que les Etats-Unis ont conseillé à leurs ressortissants de ne pas se rendre en Haïti2.

Sur le plan économique, tout a reculé ou stagné aux dépens de la grande majorité des Haïtiens ; le pays est contraint aujourd’hui d’importer au prix fort même des biens de base de la production nationale traditionnelle, autrefois bon marché et à la portée de tous : citron, noix de coco, mais moulu, riz, farine, banane, ciment, etc. Et pourtant, l’haïtien vit encore, en moyenne, avec seulement environ 250 dollars américains par an et 0,70 dollar américain par jour. Notre « PIB per capita […] est le 1/5 de la moyenne pour les pays de l’Amérique Latine et de la région des Caraïbes dans leur ensemble et 40% plus bas que le (celui du) deuxième pays le plus pauvre de l’hémisphère, le Nicaragua. Haïti est pauvre depuis des années. Le vrai revenu per capita en Haïti a en fait chuté au cours des quatre dernières décennies3. » Les taux de mortalité infantile, d’analphabétisme et d’autres fléaux, naturels ou provoqués par l’homme, continuent d’être de graves défis au-delà de nos efforts présents. L’eau potable continue d’être une ressource rare pour environ 50% des Haïtiens ; et notre eau contaminée utilisée par près de 55% de la population continue de contribuer tragiquement à la malnutrition chronique et à la mortalité beaucoup de nos enfants.

Haïti serait-elle devenue notre Radeau de la Méduse ?

En tout cas, un tel bilan est inacceptable, et pour Haïti et pour la CI. L’aile extérieure de la Classe le sait bien : à cette époque de tous les dangers comme le trafic de la drogue, le terrorisme international et la multiplication des catastrophes naturelles en Haïti, et surtout la crise financière internationale, continuer à faire d’Haïti un tonneau de Danaïdes ou à la considérer comme une nation de déshérités et de parias devient inacceptable et risqué. Tôt ou tard, la CI pourrait bien avoir à rendre compte, devant l’histoire, même seulement sur le plan moral. Les autorités haïtiennes pourraient avoir aussi à répondre à la Nation de leur action et inaction. Plus concrètement, des obligations de résultats plus pointues et des conditions plus contraignantes pourraient être imposées aux acteurs et à la classe, aux missions internationales, à leurs projets, et à leur mode de passation des marchés et d’utilisation des fonds publics haïtiens.

En ce sens, l’élaboration du rapport Collier, dans le contexte international actuel, est éloquente : d’abord, c’est un effort pressé de la CI visant à améliorer sa carte de visite dans le dossier haïtien ; et pour cette raison, elle nous apparaît ensuite comme une tentative de réponse concrète et ponctuelle à la crise haïtienne récemment aggravée par quatre cyclones dévastateurs. Mais c’est aussi pour la CI un moyen pour tirer parti des nombreux atouts économiques offerts par Haïti. Mais, à l’évidence, il s’agit, là encore, d’une réponse essentiellement économique à un problème global aux causes très diverses. En conséquence, en l’absence de l’apport national indispensable, ce plan ne produira pas vraiment de fruits pour la Nation haïtienne.

A ce tournant critique et tragique d’Haïti faisant face à tous les périls et susceptible d’exporter certains d’entre eux, la Classe a un grave problème moral, politique et économique à résoudre : ou bien persister à imposer (par sa frange externe) et accepter passivement (par sa composante haïtienne) des modèles d’échecs répétés, ou bien changer de paradigme. Toute la Communauté internationale est capable de cette deuxième option.

Le nœud gordien à trancher réside inexorablement dans l’aile haïtienne de la Classe ! L’initiative de l’action bien pensée lui appartient. Il lui revient de se réveiller de sa torpeur, pour ne pas dire de sa léthargie, pour concevoir et établir immédiatement le nouveau paradigme des relations internationales d’Haïti en vue d’une Politique Internationale (PI) ou Politique extérieure (PE) haïtienne réelle et en vue d’une coopération internationale saine et fructueuse pour la Nation.
Notes

1. Le président Préval a bien prouvé ce fait en allant lui-même demander désespérément une petite aide d’expédient de 100 millions de dollars à Mme Clinton pour approvisionner le budget national et en la priant de cesser de fournir de l’aide à l’Etat haïtien à travers les ONGs, mais à travers son gouvernement même, mieux géré, selon lui. Ironie ou revanche de l’histoire : hier, M. Aristide a payé d’un mouvement armé réussi, celui de Guy Philippe, sa destruction de l’armée haïtienne ; aujourd’hui, M. Préval est en train de faire les frais de sa « politique d’Etat » du tout-au-privé. Voir “Haitian President Appeals for Emergency Aid” :
http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2009/02/06/AR2009020603309.html

2. United State Department of State : Travel Warning, January 28, 2009-04-02
http://travel.state.gov/travel/cis_pa_tw/tw/tw_917.html

3. Taylor Griffin : Under Secretary of Treasury for International Affairs : Testimony before the Senate Foreign Relations Committee, July 15, 2003
http://foreign.senate.gov/testimony/2003/TaylorTestimony030715.pdf

Luc Rémy
luckyten1017@yahoo.com
29 mars 2009
États-Unis d’Amérique

3. Des Pistes pour le nouveau paradigme des Relations Internationales d’Haïti

3.1. Fondements culturels, affectifs et historiques du nouveau paradigme indispensable

Elites de Mon Pays,

Rappelons-nous les vérités suivantes. Il appartient d’abord à la Nation haïtienne, seule victime et seul témoin de Ses souffrances, seul géniteur de Son vécu et de Ses aspirations, de Se comprendre, de Se faire comprendre. On La comprend seulement à partir de Ses propres efforts pour Se faire comprendre, à l’intérieur du Pays et à l’extérieur. Elle ne pourra nullement s’acquitter de Ses missions en confiant à l’Autre le soin de La materner ou même de se substituer à Elle. Comment demander, par exemple, à l’étranger se portant à notre secours de faire preuve, et en permanence, du sens de désintéressement, d’abnégation et du devoir dans sa mission en Haïti ? Aucune force ne peut lui imposer de tels sentiments au profit d’un pays étranger, et plus précisément en faveur de notre Pays. En lui, ils ne peuvent être que l’exception, qu’occasionnels et s’appellent solidarité, ou même intérêts personnels à l’étranger bien compris ; chez nous autres Haïtiens, ils doivent être la règle, le ressort permanent de nos réflexes et s’appellent patriotisme, la sève nourricière de la Nation ou le garant du respect de l’Haïtien dans le monde. Enracinés dans nos biens communs passés, présents ou futurs, c’est-à-dire notre territoire, notre culture, le souvenir de nos gloires et déboires, et notre âme, nos aspirations et rêves collectifs, de tels sentiments sont et demeurent des vertus et des attributs du national. L’Autre ne pourra fournir facilement que des apports financiers et techniques. Au mieux, il proposera des plans de développement, tiendra des séminaires de formation et lancera des appels à une meilleure et plus grande implication des Elites haïtiennes dans la gestion et le développement de notre Pays. D’ailleurs, de nombreux diplomates et interlocuteurs étrangers n’ont jamais cessé, depuis plusieurs années, de nous inviter à renoncer au maternage et à nous prendre en charge. Et ce 12 mars encore, au cours de la présentation de son rapport à l’Hôtel Montana, M. Collier aussi est revenu, dans un euphémisme, bien sûr, à cette constante de notre maternage en évoquant le « manque de confiance de l’Haïtien en lui-même1 ». Mais au pire, face à nos démissions en tant qu’Haïtiens, les étrangers peuvent nous insulter ou nous ridiculiser en nous traitant de « Comédiens », « Elites Moralement Répugnantes », ou même d’individus ayant « un chromosome en moins, celui du consensus et du compromis, et un chromosome de trop, celui du conflit et de la discorde. »2

Pour bien réagir dans la présente conjoncture, il nous faut bien la comprendre. Depuis environ 25 années, Haïti vit une profonde crise de superstructure. Et toutes les autres crises du Pays, sectorielles et ponctuelles, découlent de cette méga crise. Cette méga crise, essentiellement intellectuelle, se révèle une crise de lisibilité, de compréhension et d’interprétation de la société haïtienne et du fait historique et social de l’Homme haïtien, adressée aux Elites d’Haïti, toutes couleurs et catégories confondues.

Aux alentours des deux cents ans d’indépendance d’Haïti, cette crise s’est développée et exprimée comme un réveil tumultueux et trouble, mais parfois aussi troublant de la Conscience Historique Nationale en quête d’une Pensée organisatrice, de Son Unité historique, de Sa Libération, de Son Ėpanouissement et de la Prise en Charge de la Nation haïtienne par Elle-même, à travers le leadership de ses Elites. En clair, cette « Crise de Conscience ou d’Identité » est une invitation impérative à refaire l’alliance de Dessalines et de Pétion de 1803 selon les besoins des temps présents, c’est-à-dire corrigée et actualisée. Refuser de répondre à cet appel historique à des changements qualitatifs et quantitatifs profonds en Haïti et pour tous les Haïtiens, c’est continuer de contribuer à la destruction de la Nation et donc d’hypothéquer le patrimoine de nos enfants et des générations futures.

3.1. L’indispensable Révolution Pacifique (RP) haïtienne

La meilleure thérapie applicable à cette méga crise bien actuelle est une RP. Celle-ci signifie une rupture méthodologique dans le penser, le dire et le faire, dans le cadre d’un projet national bien conçu, axé sur la participation citoyenne et piloté avec patriotisme, leadership, discipline, ordre, esthétique, savoir-faire, honnêteté, authenticité, désintéressement, abnégation, esprit d’équipe, en vue de résultats démocratiques profonds, grandioses et durables.

En tout cas, l’important pour nous aujourd’hui, c’est de voir autrement notre rôle vis-à-vis d’Haïti.

Sur le plan personnel et interpersonnel, c’est de renoncer à nos mauvaises querelles ou à nos guerres intestines concernant le sexe des anges, à nos prétentions mal fondées, et à notre mépris pour la Nation et le bien-être collectif. Opérer la rupture méthodologique, c’est aussi accepter de dominer notre pratique séculaire incompressible consistant à tout enlever ou vouloir tout enlever à la Patrie sans jamais rien Lui offrir en retour. C’est cesser d’être faux et artificiels, de mentir à nous-mêmes et aux autres, et de toujours mettre en danger et les autres et nous-mêmes. Bref, c’est de rechercher un supplément de lucidité et de sagesse pour contenir nos pulsions irresponsables et comprendre le danger, pour nous tous et pour l’avenir, de toujours vouloir tout pour nous-mêmes et rien pour les autres, rien pour le Pays.

Sur le plan politique, c’est de réduire notre individualisme et notre égoïsme, de renoncer à notre politique de doublure, à travers la Classe, pour élire nos dirigeants à travers des élections sérieuses et sur la base du mérite et de la compétence, et pour gérer nos structures politiques et administratives nationales et locales avec principe, compétence et responsabilité ; c’est aussi d’utiliser toutes les formes intelligentes d’encadrement de la société civile et du secteur privé pour empêcher ces dirigeants de gaspiller leur mandat dans le dilatoire, l’inaction, la corruption et des dépenses inutiles. En résumé, c’est de laisser tomber notre refus d’assumer nos responsabilités pour faire face, courageusement et selon notre capacité, à nos devoirs de citoyens et de patriotes.

Cette révolution ne peut être que nationale. Elle seule contient la vraie semence de démocratie, d’élections sérieuses, de progrès économique, de réhabilitation de nos Elites et de la République d’Haïti. Les États-unis le savent ; le groupe d’Ėtats baptisé les Amis d’Haïti le sait ; toute la CI le sait. Il appartient à nous autres Haïtiens de nous l’apprendre et d’en tirer les conclusions nécessaires, c’est-à-dire de déclencher immédiatement et bien mener cette RP.

La Révolution Pacifique : Une invitation venant aussi de la Communauté Internationale

L’état d’urgence, ou mieux de priorité, décrété par la CI autour d’Haïti nous offre une occasion en or pour déclencher et réussir cette RP. Malgré la crise financière internationale, le contexte mondial dans son ensemble semble nous être particulièrement favorable. Le Secrétaire Général de l’ONU, Ban Ki-Moon, a déclaré Haïti sa priorité3. Il s’est même proposé de plaider, auprès des donateurs, pour une enveloppe exceptionnelle pour le Pays. Mais il a aussi rappelé la condition sine qua non pour le progrès en Haïti : « Sortir Haïti de l’impasse dépendra de la volonté de l’ensemble des Haïtiens, y compris le Gouvernement, le Parlement, les partis politiques, la société civile et la diaspora, avec le soutien de leurs partenaires, de profiter des opportunités offertes4. » À la séance du 6 avril du Conseil de Sécurité sur Haïti, cette même condition sine qua a été unanimement rappelée. Le Conseil, dans son ensemble, a exhorté « les institutions haïtiennes à intensifier leurs efforts pour satisfaire les besoins essentiels de la population haïtienne, et à coopérer en vue de promouvoir le dialogue, l’état de droit et la bonne gouvernance ». Et tous les intervenants, une quarantaine de représentants d’Etats, d’institutions et d’organismes du système des Nations Unies, ont rappelé aussi d’une façon ou d’une autre, l’importance clé d’un engagement ferme de la part des acteurs haïtiens. L’ambassadeur Liu Zhenmin de Chine, par exemple, a encouragé « le Gouvernement, le Parlement, le secteur privé et la société civile à renforcer leur dialogue et à faire leur possible pour atteindre la stabilité et le développement durables. » Le représentant du Japon, l’ambassadeur M. Yukio Takasu, nous a rappelé ou appris :“ Pour parvenir à un développement durable, le Gouvernement d’Haïti doit afficher une claire vision de l’auto-développement et la volonté [d’en] assumer la responsabilité […] Il doit faire de sa stratégie du développement une priorité essentielle”. L’ambassadeur costaricain, Jorge Urbina, nous a réappris l’incontournable Vérité : « Les élites politiques, économiques et culturelles d’Haïti ont l’obligation première de conduire le pays à un meilleur niveau de progrès. Le pouvoir législatif et les partis politiques doivent assumer leur responsabilité d’établir un cadre politique et institutionnel5 » capable de promouvoir « la modernisation et le développement ». L’ambassadeur des Etats-Unis, Susan Rice, a trouvé aussi une formule exacte pour rappeler la responsabilité inhérente aux Haïtiens dans tout projet visant à améliorer la situation de leur Pays. Elle a souligné ceci : “Haïti choisira sa propre voie en fin de compte, mais nous devons tous contribuer pour aider le peuple haïtien à réussir6”. » En outre, entre le Secrétaire Général de l’ONU, Ban Ki-moon, et le président des Etats-Unis, Barack Obama, il semble exister une très grande compréhension et une remarquable complicité positive concernant Haïti. Sous ce rapport, il nous faut rappeler leur tête-à-tête tenu à Washington sur le dossier d’Haïti, immédiatement après le retour du Secrétaire Général d’Haïti. Ce même 10 mars, en effet, ils ont tenu à faire le point sur la situation du Pays. Ce geste diplomatique était éloquent ; peut-être la diplomatie et les Elites haïtiennes n’en ont-elles pas saisi la signification.

A l’évidence, Haïti et la CI sont en train de vivre un tournant décisif sans précédent. De vraies fenêtres d’opportunité peuvent s’offrir pour notre Pays : tout dépend de nous. Il nous faut finalement répondre aujourd’hui à cet appel pour la RP venu à la fois de la Nation haïtienne et de la CI. A cause du poids écrasant de la CI sur nous, il nous faut prendre des mesures pratiques et décisives pour alléger ce fardeau et le transformer en une vraie force productive pour le Pays, au lieu de continuer simplement à blâmer l’International. Nous devons plutôt prendre très au sérieux et les autorités de la CI et toute la CI ; et il faut les prendre au mot. Ne réduisons pas leur élan et leur enthousiasme pour Haïti au seul sommet de Washington du 14 avril écoulé, malgré les maigres résultats de ce forum de prêteurs/donateurs. Car, l’actuel gouvernement haïtien, par sa très mauvaise gestion et ses graves fautes diplomatiques, a complètement ruiné notre crédit et notre pouvoir de négociation sur la scène internationale. Misons sur le moyen terme ; continuons d’accorder aux officiels de la CI la présomption de bonne foi et mettons constamment cette bonne foi à l’épreuve en les poussant intelligemment à tenir complètement leur engagement vis-à-vis d’Haïti et nous aider à concrétiser notre vision en tant que Nation. Il s’agit là de l’axe fondamental de la nouvelle stratégie diplomatique à adopter immédiatement par Haïti.

Sans cette option impérative d’une Diplomatie haïtienne dynamique, éclairée, compétente, patiente, techniquement bien équipée et à l’abri des influences désastreuses de tout pouvoir d’État frappé de toutes sortes de déchéance, notre pays restera la risée et la proie facile du monde des relations internationales. En la mettant en œuvre, nous rendrons notre Nation et nous-mêmes forts, respectables, efficaces et utiles à nous-mêmes et aux autres.

Développons donc cette nouvelle école de pensée diplomatique dans nos discours, nos médias, nos écoles, universités et centres de recherche, le secteur privé, la société civile, le Gouvernement, le Parlement et le Pouvoir judiciaire. Formons immédiatement en diplomatie des professionnels de haut niveau capables d’aider et conseiller ces structures ou institutions susmentionnées. Modernisons nos services diplomatiques. Arrêtons de nous accuser les uns les autres. Commençons plutôt à formuler collectivement des propositions claires, concrètes, progressistes et réalisables et soumettons-les aux pouvoirs publics ; faisons aussi collectivement pression sur eux pour les porter à satisfaire les aspirations de la Nation à la dignité et au bien-être.

Luc Rémy

luckyten1017@yahoo.com

17 avril 2009

États-Unis d’Amérique

Notes

1. Cyprien L. Gary : Un agenda à court terme pour soulager le pays, Port-au-Prince, Haïti, 13 mars 2009
http://www.lenouvelliste.com/articles.print/1/68116

2. Howard W. French : U.S. Sanctions Against Haiti Seem Ineffective, New York Times, April 26, 1992
http://www.nytimes.com/1992/04/26/world/us-sanctions-against-haiti-seem-ineffective.html

3. Secretary-General’s remarks to the press at Palais National, Port au Prince, Haiti, 9 March 2009
http://www.un.org/apps/sg/offthecuff.asp?nid=1274

4. Radio Kiskeya : Ban Ki-moon endosse l’habit de porte-parole d’Haïti, Port-au-Prince, 31 mars 2009
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article5791

5. Security Council S/C 9628, 6101st Meeting, Department of Public Information, April 6 2009
http://www.un.org/News/Press/docs//2009/sc9628.doc.htm

6. Statement by Ambassador Susan E. Rice on Haiti : U. S. Mission to The United States, April 6, 2009
http://www.usunnewyork.usmission.gov/press_releases/20090406_070.html








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