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Education : beaucoup de questions, très peu de réponses

vendredi 7 février 2014 par Administrator

Le système éducatif haïtien est malade. Ce n’est pas le ministre de l’Education nationale qui dira le contraire. Vanneur Pierre l’a même confirmé comme un aveu d’impuissance lors du 26e Conseil de gouvernement mercredi à la Primature. Il a reconnu que le ministère qu’il dirige a beaucoup de faiblesses. Retour sur ce Conseil de gouvernement consacré à l’éducation

Une éducation à plusieurs vitesses dépendamment de la taille des moyens des parents. La situation est grave et complexe. A la Primature mercredi soir, le chef du gouvernement a réuni autour de lui toutes les instances impliquées dans l’éducation afin de poser les problèmes en vue d’apporter les solutions. D’entrée de jeu, le ministre de l’Education nationale et de la Formation professionnelle a plaidé pour la refondation du système éducatif du pays.

Vanneur Pierre a présenté une action dans le système éducatif basée sur cinq axes : l’accès, la qualité, la gouvernance, l’efficacité interne et l’efficacité externe. « La refondation complète du système éducatif est urgente, a-t-il dit. Pour y arriver, on doit agir sur la gouvernance du secteur, un élément majeur… Il faut qu’il y ait une synergie entre ce que nous faisons comme programme et les autres secteurs… »

Pour trouver cette synergie, Vanneur Pierre a sollicité du Premier ministre la création d’une commission interministérielle et des institutions impliquées dans le financement. Laurent Lamothe y a donné son feu vert et exige des résultats sur le court terme. « …il n’y a pas un système d’information et de gestion de l’éducation permettant de prendre des décisions », a dénoncé M. Pierre. Selon lui, au lieu d’utiliser les structures de l’Etat, les bailleurs de fonds préfèrent mettre sur pied une structure parallèle de projets à qui ils confient la gestion de l’argent.

Le patron du MENFP a dénoncé le fait que, dans l’administration publique, les gens ne sont pas imbus de leurs attributions. Ils n’ont pas la culture de résultats ni d’évaluation, a-t-il dit. Vanneur Pierre a annoncé qu’il va changer cette situation et renforcer la supervision dans le système éducatif. Désormais, les inspecteurs seront dotés de tablettes qui leur permettront de mieux faire leur travail, a-t-il indiqué.
Les enseignants, en majorité, ne sont pas qualifiés, selon le constat du ministre de l’Education nationale. Sur 100 élèves qui ont passé l’étape fondamentale (certificat), à peine 22 peuvent aller en niveau secondaire. Où est passé le reste ?, s’est questionné Vanneur Pierre avant de souligner que c’est une situation très grave…

Sur chaque 100 élèves en 7e année, à peine 8 d’entre eux arrivent à décrocher un diplôme de fin d’études classiques. « Une déperdition scolaire vraiment importante dans le système », a-t-il dénoncé.

Le ministre a souligné que les enseignants sont les mêmes qui travaillent dans les écoles privées de renom que dans les lycées et écoles nationales. « Pourquoi chez nous ils donnent une formation au rabais alors que dans les autres écoles, la formation est de qualité ?, encore une question du ministre. « Nous allons mettre en place un programme de management de leadership pour nos directeurs… », a-t-il dit comme réponse à ce problème.

Vanneur Pierre a annoncé par ailleurs qu’il va plancher sur les causes du manque de rendement scolaire. Il ira vers les familles pour voir où se situe le problème afin d’y apporter une solution. Il va également essayer de localiser les écoles et déplacer celles qui sont dans des milieux qui ne sont pas favorables à l’apprentissage. Du moins, c’est ce qu’il a dit à ce Conseil de gouvernement retransmis en direct par plusieurs medias.

M. Pierre a fait savoir que son ministère a un projet de loi qui rendra obligatoire le service social pour les étudiants de l’Université d’Etat d’Haïti (UEH). Un autre projet de loi qui donnera un statut particulier au personnel éducatif qui répondra à l’une des revendications des syndicats d’enseignants, a souligné le ministre. Ce document contient des points comme les conditions pour être enseignant, le salaire, le plan de carrière, entre autres.

Le curriculum des écoles publiques doit être adapté à la réalité de l’heure, a indiqué le ministre. Pour cela, Vanneur Pierre a fait savoir qu’il va mettre en place un programme de revalorisation des écoles publiques. Il a formulé le vœu de voir l’enseignant public se transformer en modèle. Un vœu pieux, diraient certains !

Depuis 1993, l’Etat haïtien dépense environ 10 millions de dollars chaque année dans la subvention de manuels scolaires, pourtant les écoles en manquent toujours. Il y a un problème à ce niveau, a estimé le ministre. Il n’y a aucun mécanisme de gestion des ouvrages, a-t-il dit. Là encore, il a annoncé un programme pour faire face à cette situation.

Pour tenter de résoudre le problème et rendre plus efficace le programme de subvention des manuels scolaires tout en le modernisant, le Premier ministre a proposé d’expérimenter les tablettes sur lesquelles les livres seront téléchargés et distribués aux écoliers. Une commission est formée en ce sens afin d’étudier les possibilités.

Guerre de chiffres dans le coût de construction des écoles

Dans son implication sociale, la fondation Digicel a pris l’engagement de construire ou de réparer 150 écoles à travers le pays. Selon la présidente de la fondation, Sophia Stransky, qui participait au Conseil, 115 écoles ont été déjà construites. « Nous donnons 9 salles de classe, un bloc sanitaire, un bloc administratif et un petit arrangement de cour. Dépendamment de l’endroit, le coût se situe entre 200 000 et 250 000 dollars », a-t-elle expliqué tout en admettant que son modèle n’offre pas tout le paquet exigé par le plan national de l’éducation.

Parallèlement, pour le Fonds d’assistance économique et sociale (FAES), lui-aussi impliqué dans les infrastructures scolaires, le coût de ces constructions est de 800 000 dollars. Mais il offre 11 salles de classe, entre autres. Dans les discussions, le Premier ministre a priorisé la construction des écoles répondant à la fois aux normes et au meilleur coût possible.

Par ailleurs, Laurent Lamothe a fait savoir que le président de la Banque interaméricaine de développement (BID) lui a dit qu’il dispose de 150 millions de dollars pour la construction d’écoles dans le pays. Le chef de la Primature a plaidé pour un décaissement rationnel et organisé de cet argent et une uniformisation dans la construction des écoles. Afin de suivre de près le processus, il a mis sur pied une commission qui dispose de deux semaines pour lui fournir toutes les informations nécessaires.

Au cours de ce Conseil de gouvernement spécial, plusieurs autres thèmes liés à l’éducation ont été débattus. A date, selon le ministre de l’Education nationale, le PSUGO compte 1 399 173 élèves répartis à travers le pays dans 10 710 écoles. L’Etat investit 90 dollars américains l’an par élève.
Robenson Geffrard
rgeffard@lenouvelliste.com

Voir en ligne : Le Nouvelliste







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