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Economies Pourquoi la reconstruction d’Haïti est en ruines - par : La Rédaction de MoneyWeek

lundi 27 septembre 2010 par Administrator

Dans les rangs du personnel de l’ONU envoyé à Haïti, le découragement gagne. D’importantes sommes d’argent ont pourtant été données, mais la reconstruction ne semble pas avancer et les mauvaises nouvelles sont plus nombreuses que les bonnes.

Quelques points d’optimisme…

Le triste anniversaire des six mois du tremblement de terre, en juillet, a été l’occasion pour le président haïtien René Préval d’affirmer que la reconstruction était en marche. Il a décerné une médaille à vingt-trois célébrités, humanitaires ou politiciens – comme Sean Penn ou Bill Clinton – pour leurs efforts. D’après les experts, les premières phases d’intervention, réalisées dans les premiers moments qui ont suivi le séisme, ont été un relatif succès : distribution de tentes, d’eau, de nourriture, soins… De plus, jusqu’à présent, les épidémies majeures ou les éruptions de violence ont été relativement bien contenues.

… avant l’immobilisme

Le tremblement de terre a fait entre 200 000 et 300 000 morts et a laissé 2,3 millions de personnes sans abri. Aujourd’hui, 660 000 personnes ont déjà fui Port-au-Prince, mais 1,6 million de citadins n’ont toujours pas de toit. Partout dans le pays, des villages constitués de tentes ont poussé – on en compterait 1 340 –, mais la saison des pluies a rendu la vie plus difficile encore pour ceux qui y sont logés, sans que des solutions durables de remplacement ne soient trouvées. D’après les Haïtiens mais aussi selon les humanitaires – nous avons pu parler avec du personnel de l’ONU sur place –, la reconstruction semble être au point mort : « Dehors, on ne voit que ruines et bidonvilles. » Pis, d’après ceux qui sont sur place depuis les lendemains du tremblement de terre, rien ne semble avoir vraiment changé, et le découragement gagne à la fois la population et les membres des ONG.

Toujours d’après le personnel humanitaire, l’incompréhension domine : où sont les fonds récoltés, qui s’occupe de leur gestion, à quoi sont-ils employés ? Personne ne semble réellement en mesure de répondre à ces questions et les membres de l’ONU dénoncent également les relations compliquées avec la bureaucratie locale et la longueur des procédures.

D’après les chiffres officiels, 60% de l’aide d’urgence promise a été versée. En revanche, seule une petite partie des 5,3 milliards d’euros consacrés à la reconstruction a été débloquée. Sans compter qu’une grande partie de l’aide se manifeste davantage par un effacement de la dette haïtienne que par le versement de liquidités. De plus, l’importante quantité de gravats, qui n’ont toujours pas été déblayés, freine toute entreprise de reconstruction.

Décombres et propriété des terres : deux obstacles majeurs

Entre janvier et juin, seuls 5% des gravats auraient été évacués de Port-au-Prince. D’après les estimations de l’armée américaine, si un camion qui a une capacité de 15 m3 faisait 1 000 chargements par jour, il faudrait trois ans pour dégager tous les décombres.

Non seulement il faut les ramasser, mais il faut ensuite les transporter ; or, le réseau routier du pays est en piteux état. Si les choses se poursuivent au rythme actuel, ce n’est pas trois mais vingt ans qu’il faudra pour nettoyer le pays.

Toutefois, au-delà de ce constat, comme l’explique Bill Clinton, le vrai problème de la reconstruction réside surtout dans le problème de la propriété des terres, résultant d’inégalités sociales extrêmes, et de la faiblesse du gouvernement. Sur place, la question de la propriété des terres est un véritable imbroglio : comment savoir réellement qui possède quoi ? Une question d’autant plus épineuse que seuls 5% des actes de propriété auraient été répertoriés par l’administration – les archives étant elles-mêmes sous les décombres. Les terres sont traditionnellement concentrées entre les mains de quelques-uns – les grandons, ou grands hommes –, et les titres de propriété se transmettent de génération en génération de manière informelle.

Aujourd’hui, il est plus difficile encore de retrouver les titres de propriété ou les propriétaires, l’administration ne sachant même pas si ces derniers sont vivants ou pas. Un véritable casse-tête également pour les propriétaires de petits commerces : ils ne peuvent rouvrir leurs locaux car ils ne peuvent pas prouver que ces derniers leur appartiennent.

Cela contribue d’autant plus à freiner le retour à la vie normale et la reprise d’une activité économique. Résultat, les donateurs se font plus rares, face à un constat d’échec, et la reprise des investissements, qu’ils soient locaux ou étrangers, tarde.

Ingrid Labuzan, avec Simon Wilson








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