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EDITO : Remobilisation, pression ou camouflage ? - par : lenouvelliste.com

jeudi 22 mars 2012 par Administrator

Haïti : La prise d’assaut du bureau départemental de l’Agriculture dans le Nord, ancien siège de l’Organisme pour le développement du Nord (ODN), par des anciens membres des Forces Armées d’Haïti (FAD’H), lundi, à l’entrée de la ville du Cap-Haïtien, constitue la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

L’occupation depuis plus de deux mois de l’ancien camp d’application, communément appelé Lamentin, par des ex-soldats des FAD’H en armes et uniforme, ne préoccupait pas les autorités de Port-au-Prince mais retenait l’attention de la plupart des médias comme un signe avant-coureur. Lorsque des voix se sont élevées à la suite de deux altercations survenues entre ces anciens militaires et des agents de la Police nationale basés à Carrefour et préoccupé par la montée grandissante de l’insécurité dans la zone métropolitaine pendant les quatre dernières semaines, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités territoriales et de la Défense nationale, Thierry Mayard-Paul, a vite sommé ces anciens soldats de se conformer aux dispositions légales relatives à la détention d’armes à feu.

L’occupation de ce camp et les exercices quotidiens, en uniforme militaire, continuaient de plus belle. La démonstration de lundi, au Cap-Haïtien, d’un autre groupe de soldats, sous les applaudissements de la population, a poussé le ministre Thierry Mayard-Paul à lancer un ultimatum à ces bandes armées pour libérer les anciennes casernes des FAD’H sous peine de ne pas donner suite à la demande d’arriérés de salaire réclamés par ces dernières.

Que ce soit au Cap-Haïtien ou au camp d’application de Lamentin, ce mouvement n’est pas le fruit du hasard. Depuis les mois d’août et de septembre 2011, plusieurs camps d’entraînement de jeunes et d’anciens militaires ont été répertoriés dans cinq sites au niveau de la zone métropolitaine. En octobre 2011, une commission de réflexion sur la nouvelle force de défense nationale avait proposé au président de la République un calendrier de mise en oeuvre de cette force de sécurité nationale.

Tout a été conçu pour que les forces armées soient reconstituées en janvier 2011. Avec l’absence du vote du budget pour l’exercice fiscal 2011-2012 et le refus des gouvernements américain, français et canadien d’accorder leur aide dans une telle initiative, Martelly s’était vu obligé de stopper la mise en oeuvre de cette démarche. Dans les mois de janvier et de février de cette année, les diplomates de ces trois pays en poste à Port-au-Prince avaient publiquement désavoué l’initiative du président de la République de remobiliser les anciennes Forces Armées d’Haïti. Ils avaient souhaité le renforcement et la professionnalisation de la Police nationale d’Haïti en lieu et place de la remobilisation des FAD’H.

Selon toute vraisemblance, ces trois pays n’ont aucun intérêt dans la mise en place d’une force publique de sécurité nationale. Cependant, tenant compte de la dépendance du pays par rapport à l’aide de ces bailleurs, Martelly peut-il se démarquer de ces pays dits amis d’Haïti en s’appuyant sur Chavez pour atteindre cet objectif ? Le mot de l’ambassadeur américain ne sera-t-il pas déterminant dans ce dossier comme ce fut le cas au palais national lors de la présentation des passeports par le président Martelly ?

Lemoine Bonneau

lbonneau@lenouvelliste.com








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