CAPSULES-HAITIMONDE.COM - Les Dernières Nouvelles d’Haiti - Tout sur l’actualité haitienne - Le réseau de référence Haitimonde.com

Du pays le plus pauvre aux espoirs les plus grands

lundi 8 octobre 2012 par Administrator

La pendule de l’État n’est pas à l’heure de la bonne gouvernance, ce, malgré l’accession au pouvoir du président Michel MARTELLY qui, pendant la campagne présidentielle, avait fait le serment de divorcer d’avec les pratiques politiques contraires à l’éthique républicaine.

Ce serment, prononcé tant sur la montagne des promesses électorales que sur la Constitution, n’a valeur que de parjure puisqu’en lieu et place du code de la rupture, l’Administration centrale s’est mise à appliquer des recettes surannées, allant du népotisme au clientélisme, du marchandage politique à la perversion des consciences, de la cooptation à l’affaiblissement des institutions, le tout sur fond d’un amateurisme puéril et d’une propagande gênante qui génèrent méfiance, déceptions, volte-face, désenchantement et convulsions sociales.

J’ose dire "méfiance" en ce sens que le mensonge d’État, caractérisé par la poursuite de la ‘‘politique de l’inhabileté’’, efface la présomption de bonne foi qui a toujours su militer en faveur de tout nouveau gouvernant. "Déceptions" puisque la tromperie en politique est la négation de la confiance et le défaut d’une telle valeur ne peut que transformer le rêve du citoyen en désespoir géant. "Volte-face", car, au seuil même du quinquennat, le Sud applique à l’encontre du chef le "carton rouge" au motif que celui-ci a violé la clause éthique du pacte politique. Je dis "désenchantement" parce que les agissements du pouvoir tuent les aspirations du peuple et par voie de conséquence le rêve du citoyen. Il est question de "convulsions sociales" notamment dans le Nord comme conséquence de la politique du pire.

L’expression "politique du pire" se justifie au regard de ces 18 mois de gouvernance chancelante, perturbée par l’arrestation d’un député en fonction, par un bras de fer inopportun entre le chef de l’État et son Premier ministre, par des vagues de remaniements ministériels, par l’érection d’un Conseil électoral sans légitimité ; une gouvernance axée sur la conversion du Parlement en caisse de résonnance de l’exécutif ; une gouvernance hypothéquée puisque dosée à souhait et réorientée dans le sens des intérêts de l’autorité de tutelle : la Communauté internationale.

Aujourd’hui, le coup de massue nous est donné avec une violence inouïe. Dans les rapports sur le développement humain, sur la compétitivité mondiale, sur la drogue, sur la corruption, les indicateurs sont au rouge.On occupe le dernier rang. Qui pis est, d’après une étude du Wall Street Journal, Haïti est le pays le plus pauvre du monde. Ô rage ! Ô désespoirs ! Ô fils de la Patrie ! N’avons-nous tant vécu que pour cette infamie !

De la terre de la "liberté première" au rang de la pauvreté extrême, quelle est donc la mesure d’une telle démesure ?

Peut-il être encore question d’espoirs au regard de ce tableau si sombre ?

Comment passer de l’extrême pauvreté aux espoirs les plus grands ?

Qui porteront ces espoirs ?

I. Le constat alarmant d’un pays dévasté

Si le pays, avant le 12 janvier 2010, relatait une situation de pauvreté extrême, après le séisme la proportion de gens vivant dans des conditions déshumanisantes s’est considérablement accrue. Cette situation s’explique tant par les pertes et dommages résultant de la catastrophe que par la détérioration de la situation socio-économique des ménages. Je ne vais pas évoquer les causes structurelles à l’origine des dégâts.

Néanmoins, on conviendra que les dommages et les pertes doivent notamment leur gravité à l’irresponsabilité séculaire de nos gouvernants, à l’absence de vision de nos chefs d’État, à la passivité de la société civile. Rien ne justifie en vérité que le pays ne soit doté d’un vrai plan d’aménagement du territoire, que nos maisons soient construites en dehors de toutes normes de référence, que la capitale soit ceinturée de plus d’une trentaine de bidonvilles, que l’exode rural soit comme une pandémie.

Rien ne peut non plus justifier cette densité excessive de population, cette destruction de la biodiversité, cette érosion alarmante des sols, cette terrible dégradation de l’environnement, encore moins la disparition des espèces. En fait, tout cela est à l’origine de ce bilan post-séisme si lourd : « 300 000 décès, 300 000 blessés, 1 500 000 sans abris, 600 000 déplacés, 105,000 résidences totalement détruites, 208 000 maisons endommagées, 1 300 établissements d’éducation effondrés, 50 hôpitaux et centres de santé inutilisables »[1].

Pourtant, malgré ces données alarmantes, malgré le degré de gravité et de précarité des conditions de vie de l’homme haïtien, l’administration Préval-Bellerive cherchait davantage à s’accrocher au pouvoir que de concevoir un vrai plan Marshall de reconstruction d’Haïti.

Ceci a valu à ces dirigeants la réprobation du peuple. Ainsi, le président MARTELLY a-t-il été le grand bénéficiaire d’un vote de rejet du candidat du "système". En réalité, c’est la quête d’un Messie, en plein désert politique et sous le soleil brûlant des expériences amères, qui a poussé l’électorat, abattu et désespéré, à s’accrocher au candidat qui aurait singé le sauveur et qui aurait juré de briser la glace immense du statu quo, indépendamment du passé de ce dernier.

Toutefois, arrivé au pouvoir, le "serment" sur la montagne est vidé de sa substance. Le Prince en appelle à la lumière des grands Conseillers du "système" et applique à la lettre les recettes tirées du livre de René PRÉVAL. Continuité ! Mensonges ! Parjure ! Perfidie ! Perversions ! Élections programmées ! Peuple trompé ! Consternations ! Regrets ! Remords ! Désespoirs ! Démophobie ! Haïtianophobie !!!

Que reste-t-il donc de la première République noire indépendante du monde ?

II. L’urgence d’un complot entre gens de biens pour changer le destin

Si, à ma gauche, s’ouvre le rapport mondial sur le développement humain de 2011 où la terre de Toussaint, frappée d’une pauvreté multidimensionnelle, est classée 158e pays sur 176, si à ma droite, on feuillette le rapport de la compétitivité mondiale où la terre de Pétion est classée 142e pays sur 144 et si devant moi Wall Street Journal, comme pour sanctionner la politique de l’administration MARTELLY-LAMOTHE, a déposé avec fracas une étude où il est démontré qu’Haïti est le pays le plus pauvre du monde, je ne peux logiquement que regarder derrière moi et me rabattre sur la beauté de ce grand patrimoine qu’est notre histoire de peuple.

Une histoire fondée sur les idéaux de liberté, d’égalité et de non-discrimination, de dignité, d’humanité et d’universalité. Elle est remplie d’humanité puisque la liberté que nous avons revendiquée et acquise au prix du sang l’a été pour nous et pour tout autre terrien, doté de dignité et égal d’autrui, marqué au fer mais fuyant les entraves, qui a foulé de son pied le sol haïtien. Elle est universelle puisque la révolution haïtienne a influencé le bolivarisme – courant politique fondé sur la justice sociale, la liberté, l’égalité des droits – ainsi que le panaméricanisme – mouvement politique qui a créé une communauté d’intérêts entre les Etats de l’Amérique. Aussi, pouvons-nous dire que notre histoire de peuple a même influencé l’histoire du monde. En vérité, nous sommes les précurseurs d’une humanité décolonisée.

En fait, nous avons la réserve capitale pour changer le cours des choses. Ce tableau de Wall Street Journal ne saurait torpiller les espoirs et nous condamner à la désespérance. Il faut avant tout un complot entre gens de biens, remplis d’humanité, dotés d’intégrité, de virginité politique et sociale, des gens qui puissent inspirer confiance, qui puissent incarner le prototype du nouvel Haïtien pour relever ce peuple, mis à genoux depuis la mort de l’empereur par des politiciens véreux, des amateurs qui s’improvisent hommes politiques, qui ne se soucient que de leurs intérêts personnels au détriment de ceux de la collectivité et des générations futures.

Donc, le constat de cette déchéance sociale, caractérisée par la négation de l’éthique, des vertus et des valeurs, n’est pas irréversible. Au contraire, il motive des énergies positives et suscite les synergies nécessaires pour un changement réel et profond de la situation de l’Haïtien. Une concertation entre forces saines, jeunes et motrices du pays est capable de créer un rempart citoyen contre la corruption des mœurs et des valeurs, un rempart pour la bonne gouvernance, pour le respect de notre souveraineté de peuple libre et autodéterminé, le tout, sur fond d’un leadership collectif pour une Haïti nouvelle, inclusive et prospère.

En réalité, si la construction de la nouvelle Haïti doit absolument reposer sur l’inclusion, il n’en demeure pas moins que face aux extrêmes que sont les mouvements de gauche et de droite, anti-institutionnelS et anarcho-populistes, la nécessité d’une troisième voie, rassembleuse et crédible, s’impose désormais. Il va falloir que la jeunesse haïtienne, soucieuse de son avenir, s’implique dans la vie politique de la cité pour le bien des générations futures.

Les jeunes sont appelés à s’organiser en réseaux locaux, communaux, départementaux, dans la perspective d’un grand mouvement social pour la création de la nouvelle Haïti. Ils devront influencer positivement l’activité politique et aider la communauté à choisir ses représentants tant au Parlement qu’à la présidence suivant des critères d’intégrité, de vertu et de compétences avérées. Le mouvement social, en vue de permettre l’émergence d’une société plus juste et plus humaine, partagera certaines valeurs, telles amour de la Patrie, volontariat et solidarité, laïcité et non-confessionnalisme, tolérance et droit à la différence, non-violence comme force de changement, égalité et non-discrimination, humilité et détermination, intégrité et vertu.

Les jeunes devront désormais se joindre aux forces saines et vives de la nation pour faire comprendre au peuple, à l’électorat des années à venir, que la Nouvelle Haïti passe impérativement par la conception et la mise en œuvre d’un plan Marshall de reconstruction.

III. La nécessité d’un Plan Marshall pour la Nouvelle Haïti

L’heure est aujourd’hui au relèvement, à la refondation de la nation, à la reconstruction de l’État. D’aucuns parlent d’un vrai Plan Marshall de reconstruction et de développement. Nous devons, néanmoins, opter pour un Plan de reconstruction qui inclura d’abord et inévitablement une refonte de la mentalité, une quête de l’identité nationale, avant ou au moment d’instituer les grandes avenues routières, les grandes infrastructures portuaires et aéroportuaires.

Ce plan Marshallsera d’abord mental. Il doit précéder la mise en œuvre du plan de reconstruction infrastructurel. Le mental de l’Haïtien devra s’accorder aux exigences de l’éducation avant qu’on ne prenne, en autobus, le grand boulevard à huit voies, parsemé de palmiers, de pins et de fleurs, partant des côtes du Cap-Haïtien vers Saint-Marc, passant par les côtes des Arcadins jusqu’aux Côteaux avec une vue presque constante sur la mer. Aussi, ce plan devra-t-il être spirituel en ce sens que l’Haïtien devra apprendre à cultiver l’amour pour son prochain, à honorer ses parents, à tolérer les divergences d’opinions et de vues, à apprécier sa culture et son histoire, à aimer son pays et se sentir redevable envers lui.

Aussi, va-t-il falloir repanser les plaies et recoudre le tissu social lamentablement déchiré dans des luttes fratricides. Il s’agira d’un plan inclusif où la diaspora dira son mot, où les partis politiques s’exprimeront, où les masses dicteront leur bien-être, où la classe moyenne verra son relèvement, où la bourgeoisie soutiendra la refondation de l’économie, où la société civile incluant le secteur syndical, les paysans, les organisations socioprofessionnelles, les églises, les chambres de commerce, l’Université, mettra en œuvre le plan de reconstruction d’Haïti. Ce plan sera si inclusif qu’il s’ouvrira aux "dignes" apports de la communauté caribéenne, à ceux des Organisations régionales et au soutien des Nations unies.

Cependant, la responsabilité de la reconstruction de l’État, de la refondation de la nation, de la grande réforme économique, de la réorganisation des services sociaux, de la régénération de notre environnement, est essentiellement une œuvre haïtienne quoique la présente réalité, témoin de l’effondrement de l’appareil étatique, semble nous contraindre de la mener en partenariat avec la communauté internationale.

Cette œuvre de reconstruction, colossale dans sa conception, véritable mémorial immatériel qui aura témoigné de l’amour d’une génération d’hommes et de femmes pour leur patrie, est d’abord nationale. Elle préconise un plan de refondation incluant au premier chef la mise en valeur des ressources, des potentialités et des compétences du terroir. Elle requiert la systématisation d’une approche ascendante et inclusive pour asseoir une Haïti autrement reconstruite, du moins, reconstruite sur la bonne gouvernance, la croissance économique, le respect des droits de l’homme, les vertus démocratiques, la justice sociale, sur un développement endogène, équitable et durable.

Ascendante, en ce sens que, rejetant l’option d’une refondation sur fond de table rase, l’œuvre de reconstruction tiendra compte de nos acquis en termes de richesses historiques, patrimoniales, culturelles, artistiques. Elle tend vers l’élévation de la pensée haïtienne, vers le renforcement de l’identité nationale, dans la perspective d’un État fort, d’une nation responsable et autonome. Inclusive, puisque la réalisation de l’œuvre n’est possible que si l’ensemble des forces haïtiennes y adhère. Ainsi, je vous convie tous, hommes et femmes de ce pays, paysans et citadins, jeunes et vieux, grands et petits, croyants et non croyants, à emboîter le pas, ce, pour la transformation de cette crise en une opportunité de développement.

IV. Un plan inscrit dans la logique d’une réforme institutionnelle

La réforme institutionnelle est capable de combler le déficit démocratique que connaît le pays depuis plus d’un demi-siècle. Ce déficit, rappelons-le, est dû au fait que les gouvernants, croyant souvent avoir la commande d’un pouvoir providentiel ou tout simplement animés de mauvaise foi, se sont toujours placés au dessus de la loi et des institutions. A titre d’exemple, le corps judiciaire n’a jamais été un pouvoir.

Il a fallu qu’il demeure une institution vassale, affaiblie à dessein, tant par l’exécutif que par le législatif, sinon, en cas de reddition de comptes, elle serait une guillotine imparable pour le Prince, pour ses ministres, pour ses comptables et pour tout dilapidateur du Trésor public. Il en a toujours été de même pour les institutions militaire, policière et électorale. Car, si les premières jouissaient d’une indépendance réelle, elles seraient au service de l’État et non pas un instrument politique dont se servirait le chef pour mater toute résistance à l’oppression.

En revanche, un Conseil électoral indépendant est une garantie pour la démocratie. Ainsi, lui enlever son indépendance va absolument dans le sens des intérêts du Prince qui doit s’en servir pour fabriquer des Parlementaires à la solde de son pouvoir.

La réforme institutionnelle ne peut être que la toile de fond de la refondation de l’État. Elle passe absolument par la réorganisation des pouvoirs et des institutions publiques. En effet, l’appareil de l’État présente un déséquilibre structurel entre les Pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire ainsi qu’un dysfonctionnement permanent des Institutions. Cette réalité compromet le jeu de la séparation des pouvoirs et fait écran à l’exercice de la bonne gouvernance.

Ce déséquilibre structurel – consistant notamment en un partage inégal de pouvoirs entre les pouvoirs – a souvent été à l’origine de tensions politiques et sociales très fortes résultant d’interminables bras de fer entre une majorité parlementaire constituée et les autorités gouvernementales. D’aucuns ont démontré en quoi ce déséquilibre entre les pouvoirs et en quoi une absence de contrepoids de l’exécutif par rapport au Parlement peut paralyser l’activité étatique et rendre inopérante la vie républicaine. Ils ont démontré l’inadéquation de ce régime politique à prépondérance parlementaire avec nos traditions présidentialistes. Notre système ne s’inscrit pas dans la logique du parlementarisme rationalisé, ce qu’il va falloir redéfinir pour la nouvelle Haïti.

Cette réforme de l’État – qui n’exclut pas une autre révision du droit constitutionnel formel – vise également l’établissement d’une bonne gouvernance administrative et fiscale dans la perspective d’un développement endogène, la décentralisation, la déconcentration des services publics, la réforme des partis politiques, le renouvellement d’une classe politique léthargique, la refondation des services sociaux, la structuration de l’économie, l’aménagement du territoire, la régénération de l’environnement, la sécurité nationale.

En somme, le constat est alarmant. Les rapports sont accablants. Haïti est reléguée à l’arrière-plan. De la terre de la liberté première au pays le plus pauvre du monde, c’est une énorme démesure. En lisant l’étude du Wall Street Journal, en vérité, plus d’un, malgré la fierté d’être haïtien, a été atteint jusque dans ses entrailles. Que reste-t-il donc de la première République noire du monde ? Le vieux semble aujourd’hui refuser de vivre.

La jeunesse est sans vie. Elle est sans repères, livrée à elle-même, traumatisée, abattue. Elle se cherche. Elle se perd sur un territoire délavé, banalisé, gangrené par la corruption. Elle est troublée par une réalité politique faite de déficits de modèles, de négation de la confiance. Cependant, j’ose croire, malgré ce constat si sombre, que le feu des remords n’a pas encore consumé l’espérance de ce grand peuple. Malgré le cœur transpercé par ces flèches mortelles, Haïti espère encore. Elle espère que vous jetterez sur elle un regard rempli d’amour et d’humanité, un regard rempli de dignité, un regard qui réconforte, qui guérit ; un regard qui puisse l’inciter à se relever. Notre pays a besoin de changement, de changement de politique, de changement de paradigme.

Il a besoin d’un rêve. Il a surtout besoin de patriotes qui puissent guider ce rêve. Et la jeunesse haïtienne, en tant que force motrice, mérite de savoir la place qui lui revient dans le processus de reconstruction de son pays. Sa place est donc au cœur de la refondation de l’État. Nous avons la responsabilité historique de lui dire que nous ne sommes pas condamnés à l’extrême pauvreté ; que celle-ci ne doit être qu’un puissant motif de changement ; que par-delà la pauvreté extrême, il y a la détermination de se relever et pour que brillent les espoirs les plus grands. "Haïti ne mourra pas. Haïti vivra tant que nous existons".

[1] Plan d’action pour le relèvement et le développement national, Mars 2010, pp. 2,3,4.

Aviol FLEURANT,

Avocat Professeur d’Université Master 2, Droit international et européen des droits fondamentaux

aviolfleurant@gmail.com








Accueil | Plan du site | info visites 342417

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site FOIRE D’OPINIONS  Suivre la vie du site Textes d’Opinion   Politique de publication

Haitimonde Network