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Deuxième Festival du film québécois en Haïti Dany Laferrière : la culture pour rapprocher davantage Haïti à Québec

vendredi 11 novembre 2011 par Administrator

À l’honneur dans le cadre de la deuxième édition du Festival du film québécois qui se tient du 10 au 13 novembre 2011 à Port-au-Prince, Dany Laferrière plaide en faveur du renforcement des liens culturels entre Haïti et Québec.

Lors de la conférence tenue en vue de lancer la deuxième édition du Festival du film québécois, plusieurs intervenants ont retracé l’historique des efforts entrepris depuis un laps de temps pour faciliter de meilleurs rapports culturels entre le Canada et Haïti. Le cinéaste et écrivain Dany Laferrière a expliqué les raisons de son engagement.

« C’est une vieille lutte que je mène depuis des décennies au Canada pour établir des liens culturels de plus en plus forts avec Haïti. Surtout avec le Québec dont les référents sont beaucoup plus intenses en raison de la langue (le français), et même du passé religieux (catholique). Haïti et Québec ont la même taille en matière de population. Même si la superficie d’Haïti est à peu près identique à celle des parcs du Québec. Même si également le budget de la République d’Haïti est trois fois moins que celui de l’Université Laval à Québec. Cependant, le lien culturel est très fort. Je sens de plus en plus une tendance à resserrer ce lien-là. »

La culture est un atout important dans la construction d’une société meilleure. Haïti peut marcher sur les pas des pays amis qui ont réussi à traverser des impasses difficiles grâce à leur culture. Dany Laferrière entend poursuivre la lutte jusqu’au bout. « Je voudrais activer cette tendance ou demander qu’on l’active parce que, contrairement à ce que l’on croit, la question culturelle englobe tout.

L’économie y est très forte. On rappelle quand New York avait fait faillite ; Nixon avait dit de laisser tomber New York. C’est par la culture qu’on avait redressé la barre, en injectant dans le secteur beaucoup de fonds. On a exigé aux entrepreneurs un fameux 4 % d’œuvres d’art à chaque immeuble bâti dans New York. On a revitalisé les quartiers culturels. On a vu que la culture pourrait rapporter. »

La culture est un bien contagieux

L’homme aime explorer l’inconnu et le merveilleux. Après avoir satisfait ses besoins immédiats, l’individu cherche de meilleurs exutoires. Les activités touristiques favorisent des échanges fructueux tant sur le plan économique et patrimonial. Monsieur Laferrière croit que la culture est un secteur propice au développement économique et touristique. « Je ne sais pas pourquoi on met la culture en dehors de l’économie quand on constate que c’est le produit qui circule le plus. Chacun a un disque, un DVD, un livre. La culture est un bien contagieux. Elle favorise le développement du tourisme. La culture invite les gens à venir voir. Il est temps que les touristes canadiens visitent Haïti. C’est la destination naturelle à mon avis. Puisque la présence haitienne est très forte au Canada. Nos structures d’accueil sont précaires peut-être ; cependant nous avons une culture à offrir. Nous pensons à la peinture haïtienne qui est florissante, à la musique, à la littérature et au cinéma. Haïti a aussi la tendance de consommer d’autres cultures. Le Québec a donc beaucoup à gagner dans des échanges culturels avec Haïti », a jugé l’écrivain haitiano-québécois, qui a établi des comparaisons beaucoup plus profondes entre les deux peuples.

« J’ai quelque chose qui me tient à cœur. Je l’ai toujours dit : ce n’est pas pour rien qu’Haïti et Québec, deux pays francophones, se ressemblent à ce point. Haïti est obsédée par la mégalomanie. Tout est spécial en Haïti. Quelqu’un a une montre et prétend être le seul à posséder cette montre. Québec est obsédé par la modestie. Les Haïtiens ont mis un peu de mégalomanie dans la culture québécoise. Les Québécois ont mis un peu de modestie dans la culture haïtienne », a commenté Danny Laferrière.

Investissements précieux

Le gouvernement du Canada a consenti dans le temps des investissements montrant déjà son intérêt pour le progrès culturel des deux peuples. Ces investissements sont très utiles pour la paix sociale, a fait savoir Dany Laferrière. « Le gouvernement du Canada a déboursé des millions de dollars pour faire un film avec mon livre « Comment faire l’amour à un nègre sans se fatiguer ». L’histoire s’est déroulée à Montréal. Mais, Le goût des jeunes filles parle de Port-au-Prince. Son adaptation cinématographique a été réalisée en Guadeloupe parce qu’à l’époque on n’avait pas l’autorisation de filmer à Port-au-Prince. Vous voyez, le film parle de Port-au-Prince. Il a été tourné en Guadeloupe et le Canada à payer. Ce n’est pas rien. C’est plus qu’extraordinaire. Le Canada s’y est investi dans le souci de partager avec l’autre, mais également pour promouvoir la paix publique. Quand la paix publique n’est pas établie, on peut le payer très cher. Ҫa coûte très cher en crimes et en faux jugements. Quand l’individu n’est pas repéré sur la scène sociale, il se sent libre d’agir hors la loi. C’est ce qui provoque les crimes. Les tissus sociaux sont déchirés. Les Américains utilisent, en pareil cas, un concept disant que « vous ne m’avez pas compté ». Donc, je ne bénéficie d’aucun service ; alors je peux prendre ce que je veux par tous les moyens à ma disposition. Je peux tuer ou faire de la violence », a mis en garde Dany Laferrière, remerciant la fondation Fabienne Colas qui s’est positionnée en tête de pont dans la lutte interculturelle impliquant le Canada et Haïti.

« J’entends plaider à Québec en faveur d’un centre culturel en Haïti pour promouvoir les échanges entre les deux peuples. Je reprends mon mot prononcé le lendemain du 12 janvier : Quand tout tombe, il reste la culture, a conclu l’écrivain et cinéaste Dany Laferrière.

Hudler Joseph

josephudler@yahoo.fr








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