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Des réactions divergentes fusent de toute part aux lendemains de la visite de Nicolas Sarkozy

dimanche 21 février 2010 par Robert Benodin

Des réactions divergentes fusent de toute part aux lendemains de la visite de Nicolas Sarkozy

Vendredi, 19 Février 2010 Signal FM

La visite historique du Chef de l’Etat français, Nicolas Sarkozy, en Haïti, fait l’objet de controverses au sein de la société haïtienne.

Cette visite a été l’occasion dorée pour le Chef de l’Elysée de dissiper le doute sur une quelconque rivalité sur le terrain entre son pays et les Etats Unis.

Selon Nicolas Sarkozy, il n’est pas question de bras de fer France/USA mais plutôt de certain déséquilibre dans les rapports et les méthodes d’intervention sur le terrain.

Les réactions, divergentes, fusent de toute part aux lendemains de cette visite.

« Pitance », est qualifiée la manne financière de 500 millions de dollars d’aide française à Haïti annoncée mercredi par Nicolas Sarkozy.

Le PDG de la compagnie Digicel, Marteen Boute, fait référence à la dette de l’indépendance haïtienne qui dépasse de beaucoup cette somme pour justifier sa réaction.

Mais, l’historien Georges Michel estime que l’aide de 500 millions de dollars annoncée par la France à travers Nicolas Sarkozy est raisonnable.

« La France à elle seule ne peut endosser la totalité du montant nécessaire à la reconstruction du pays », soutient-il.

Le professeur est d’avis que les autres pays ont aussi leur partition à jouer. « Bay piti pa chich ; la plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu’elle a ».

Le Sénateur Evalière Beauplan, lui, salue la visite en Haïti du président français Nicolas Sarkozy.

C’est, selon lui, une occasion pour les autorités haïtiennes de reformuler la question de la restitution et de la réparation mal posée, selon lui, en 2003 par le chef de l’Etat d’alors.

L’homme de la rue s’est lui aussi prononcé sur la visite du président Nicolas Sarkozy. Cette visite pour plus d’un d’entre eux ne revêt aucune signification.

« L’organisation des élections, une nécessité », selon René Preval

Vendredi, 19 Février 2010 Signal FM

« Le pays n’est pas à reconstruire, mais à construire », a déclaré Préval qui appelle les Haïtiens à s’atteler d’emblée à cette tâche.

Le chef de l’Etat haïtien se montre conscient de la nécessité de l’appui de la communauté internationale dans le cadre des travaux de construction du pays estimés à 14 milliards de dollars.

Prônant une nouvelle citoyenneté à cet effet, René Préval attribue les dégâts du séisme au fait que les Haïtiens ont fait de la capitale, le « début et la fin de toute chose ».

Le Président Préval croit, également, que passer par des élections constitue aussi une étape importante dans la reconstruction d’Haïti ; c’est une nécessité.

Voila pourquoi, il demande au Conseil électoral provisoire de s’asseoir avec tous les secteurs de la vie nationale en vue de définir un nouveau calendrier pour l’organisation des élections locales, législatives et présidentielles dans le pays.

Selon le Chef de l’Etat, les conditions ne sont pas réunies pour la réalisation de ces élections, cette année, mais il convient d’y travailler tôt. Cela permettra de consolider les avancées démocratiques chèrement acquises.

L’historien Georges Michel, intervenant à l’émission « Haïti renouveau » sur Signal FM a, de son coté, préconisé la mise sur pied d’un gouvernement de consensus au terme du mandat du Président Préval avec à sa tête le président a.i de la Cour de cassation, Me Georges Moise.

A propos de la mise sous tutelle d’Haïti

Vendredi, 19 Février 2010 Signal FM

La reconstruction d’Haïti fait l’objet de moult discussions même des controverses au sein de la communauté internationale.

Elle est un des non-dits incrustés à l’arrière-fond du discours de Nicolas Sarkozy qui a plaidé mercredi pour que les autorités haïtiennes prennent le leadership de la reconstruction d’Haïti.

La version hispanique du 11 février de Miami Herald a dévoilé ce qui se passe dans les coulisses à propos de la reconstruction d’Haïti.

Selon ses révélations, un plan élaboré par les USA ne rime pas à celui proposé par la France, car le Président Barack Obama aurait l’intention de mettre Haïti sous tutelle.

L’ancien président américain, Bill Clinton, aurait soumis ce plan au président Préval lors de sa dernière visite à Port-au-Prince.

« Pas de mise sous tutelle ni de plan pour la reconstruction proposé par des pays étrangers », réagit illico le Premier Ministre Jean Max Bellerive.

Le premier Ministre s’accroche à l’idée qu’Haïti se reconstruise par et pour les Haïtiens.

« Il faut l’implication haïtienne dans la préparation et la gestion du plan de reconstruction d’Haïti », croit savoir le locataire de la Primature.

« Le temps n’est plus à l’action dilatoire », avertit Jean Max Bellerive, reconnaissant la nécessité d’agir vite.

Il a annoncé en ce sens deux rencontres internationales dont l’une en République Dominicaine.

L’ONU demande 1,44 milliard de dollars pour Haïti, un record historique

Cet appel de fonds, qui inclut un premier de 577 millions de dollars lancé tout de suite après le séisme, vise à répondre aux besoins d’environ 3 millions de personnes pour le reste de l’année ; Ban Ki-moon appelle les haïtiens à l’optimisme alors que Bill Clinton promet la transparence totale aux donateurs

jeudi 18 février 2010,

Radio Kiskeya

L’Organisation des Nations Unies a lancé jeudi à New York, en présence du Secrétaire général, Ban Ki-moon, et de son Envoyé spécial pour Haïti, Bill Clinton, un appel de fonds révisé d’un montant record de 1,44 milliard de dollars qui doit permettre de venir en aide à environ trois millions d’haïtiens sévèrement frappés par le séisme du 12 janvier.

Cet appel de fonds, censé couvrir les besoins d’aide d’urgence identifiés pour l’année 2010, englobe un appel éclair antérieur de 577 millions de dollars lancé immédiatement après la catastrophe et totalement financé depuis, informe dans un communiqué le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA).

480 millions de dollars, soit près d’un tiers du montant sollicité, seront consacrés à l’achat de nourriture. Le reste sera affecté à d’autres priorités ou secteurs d’activité comme les abris provisoires, l’agriculture, l’éducation, la santé et l’hygiène.

L’OCHA souligne que quelque 3 millions de personnes, l’équivalent de 30% de la population d’Haïti, ont besoin d’assistance.

"Nous sommes avec vous, nous allons vous aider à vous redresser et à reconstruire. C’est pourquoi nous sommes ici aujourd’hui ", a affirmé lors du lancement de cet appel d’urgence Ban Ki-moon qui s’adressait aux haïtiens.

Pour sa part, Bill Clinton, l’ex-Président américain et émissaire spécial du Secrétaire général chargé de la coordination de l’aide et de la reconstruction du pays, a, une fois de plus, appelé le monde à manifester sa générosité à l’égard des haïtiens tout en promettant une gestion transparente de l’assistance internationale.

Il a ainsi donné l’assurance aux donateurs qu’ils pourront se renseigner sur l’utilisation des fonds recueillis grâce à la création d’un site internet (HaitiSpecialEnvoy.org) qui affiche toutes les informations relatives à l’attribution des ressources.

"Nous le mettrons à jour quotidiennement (...), vous pourrez voir qui a donné l’argent et à quoi il a été utilisé", a insisté l’ancien locataire de la Maison Blanche qui a rapidement retrouvé la bonne forme une semaine après s’être fait opérer du cœur. "C’est le début d’un processus de transparence qui a très bien marché dans la zone du tsunami (l’Asie, en 2004). Vous avez le droit de me tenir responsable et de demander des comptes", a conclu M. Clinton dans son intervention.

« Notre présence en Haïti doit s’inscrire sur le long terme, que ce soit pour fournir des secours vitaux ou pour mettre en œuvre des programmes de reconstruction », a quant à lui déclaré John Holmes, Secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires humanitaires.

« Subvenir aux besoins du peuple d’Haïti exigera une contribution financière plus importante que l’aide généreuse qui a été reçue du monde entier jusqu’à présent », a-t-il prévenu.

L’ambassadeur Léo Mérorès, représentant permanent d’Haïti auprès de l’ONU, était également présent à l’événement.

Avant ce montant astronomique de 1,44 milliard de dollars, le précédent appel de fonds record de l’organisation mondiale suite à une catastrophe naturelle se chiffrait à 1,41 milliard de dollars. Il avait été lancé en 2005 au profit des pays de l’Océan Indien gravement touchés en 2004 par un terrible tsunami à l’origine de la mort de 220.000 personnes.

De magnitude 7,3 sur l’échelle de Richter, le tremblement de terre du 12 janvier a non seulement dévasté Port-au-Prince et plusieurs autres villes, mais aussi fait au moins 217.000 morts, 300.000 blessés et 1,2 million de sans-abri, selon un dernier bilan officiel. spp/Radio Kiskeya

4% des recettes des matches préparatoires au Mondial 2010 iront à Haïti

Parallèlement à cette nouvelle manifestation de solidarité envers les victimes du séisme annoncée par la FIFA, Haïti disputera un match exhibition contre d’anciennes vedettes du football mondial, le 26 février au Venezuela

jeudi 18 février 2010,

Radio Kiskeya

Une partie des recettes de tous les matches préparatoires au Mondial 2010, prévu en Afrique du Sud du 11 juin au 11 juillet, sera reversée aux haïtiens victimes du terrible séisme du 12 janvier dernier, a annoncé jeudi la Fédération internationale de football dans un communiqué.

« Pour que l’aide ait un impact, nous espérons que les 32 équipes vont participer à l’effort par un don de 2%, soit un total de 4% pour chaque match amical », a déclaré le président de la FIFA, Sepp Blatter, précisant que ce geste de solidarité concernerait toutes les rencontres internationales disputées entre le 1er mars et le 11 juin.

D’autre part, la Croix-Rouge Internationale organise le 26 février (vendredi prochain) au Venezuela un match exhibition entre le onze national haïtien et une sélection de Old Stars en vue de collecter des fonds pour la reconstruction du pays ravagé par le tremblement de terre.

L’équipe des anciennes gloires du ballon rond comptera notamment dans ses rangs les néerlandais Patrick Kluivert et Edgard Davids, le mythique joueur italien Paolo Maldini, deux ex-attaquants sud-américains flamboyants, Enzo Francescoli d’Uruguay et Ivàn "Bam-Bam" Zamorano du Chili, les argentins Fernando Redondo, Juan Pablo Sorìn, Sergio Goicoechea, le panaméen Julio César Dely Valdez ainsi que les colombiens Carlos Valderrama et Faustino Asprilla.

Depuis la violente secousse tellurique qui a détruit le siège de la Fédération haïtienne de football, des infrastructures sportives et tué l’entraîneur Jean-Yves Philogène Labaze, membre du staff technique de la sélection nationale, la FIFA a accordé deux dons totalisant plus de 3 millions de dollars destinés à la relance du football national. spp/Radio Kiskeya

Edmond Mulet prône une nouvelle stratégie pour l’assistance internationale

Le chef de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (Minustah), Edmond Mulet, recommande une aide humanitaire massive et s’étalant sur une longue période pour Haïti. Il explique que les efforts humanitaire et de développement doivent être réalisés simultanément.

Intervenant en marge d’une réunion informelle des ministres européens de l’aide au développement en Espagne, M. Mulet a insisté sur la nécessité d’une répartition des taches de manière thématique et géographique afin d’éviter la duplication et la confusion. Il préconise que les pays amis d’Haïti s’impliquent directement dans la reconstruction des villes détruites par le séisme du 12 janvier.

M. Mulet révèle que le Canada est disposé à prendre en charge la reconstruction de Léogâne alors que le Venezuela est intéressé à Jacmel. Assurant que cette stratégie sera bénéfique, M. Mulet affirme qu’elle a permis la reconstruction du Guatemala 2 ans après le passage d’un violent séisme.

De plus, M. Mulet souhaite que les organisations internationales investissent leurs efforts dans un seul secteur. Il croit que l’OEA devrait se concentrer sur la construction d’une base de données sur l’identification des citoyens et l’Union Européenne sur le cadastre.

LLM

Quand ciel et terre se déchaînent contre les haïtiens

Ces derniers jours des centaines de milliers d’haïtiens regroupés dans les 600 camps de fortune de la région métropolitaine ont connu une détérioration de leurs conditions de vies. Privés de tentes, ces citoyens ne peuvent se protéger contre les averses qui continuent a s’abattre sur la capitale et ses environs.

Les sinistrés regroupés au stade Silvio Cator sont détrempés à chaque averse parce que leurs tentes rudimentaires ne peuvent les protéger. Certaines personnes parviennent à trouver une place sous les rares bâches disponibles alors que la majorité reste debout sous la pluie.

La pelouse est transformée en bassin ce qui complique d’avantage la tache des parents. " Les enfants sont dans la même situation", explique une mère qui s’applique à réparer sa petite tente rudimentaire.

La majorité des sinistrés au Centre ville de Port-au-Prince ont passé la nuit debout et les pieds dans l’eau. Ne pouvant plus vivre dans ces conditions extrêmes de nombreuses personnes ont regagné leurs maisons fissurées. Cette option est également envisagée par des femmes qui qualifient leur condition d’existence de bestiale.

Alors que de fortes averses sont enregistrées de nouvelles répliques continuent de faire tanguer les immeubles. Considérée comme une bénédiction, la pluie est maintenant perçue comme un punition supplémentaire par les sinistrés déjà confrontés aux répliques.

Entre répliques et averses de nombreux sinistrés sont pris au piège d’une capitale en ruine.

LLM

Pour Bellerive, la reconstruction doit être gérée par les Haïtiens

Le Nouvelliste

Haïti : Le Premier ministre haïtien Jean-Max Bellerive a plaidé jeudi pour que le plan de reconstruction du pays dévasté par le séisme du 12 janvier soit "mis en œuvre par les Haïtiens", dans un souci d’efficacité.

"Pour qu’un plan marche il faut que des Haïtiens en fassent partie. Il faut que ce soit une vision haïtienne qui soit mise en oeuvre par des Haïtiens", a soutenu M. Bellerive qui participait à une réunion d’évaluation des dégâts causés par le séisme qui a fait plus de 217.000 morts.

"Pour le moment nous n’avons pas les moyens d’apporter seuls des réponses aux problèmes de la population donc nous devons nous asseoir ensemble et montrer qu’il y a une unité haïtienne avant de demander que les étrangers viennent nous aider", a-t-il recommandé.

"Le plan de reconstruction, ce sont les Haïtiens qui le préparent avec l’appui d’experts internationaux", a encore indiqué le Premier ministre.

Interrogé sur l’idée selon laquelle Haïti pourrait être placé sous la tutelle de l’ONU le temps de reconstruction, M. Bellerive a répondu :. "Je ne crois pas. Je n’ai aucun signal que ce concept de mise sous tutelle intéresse quelqu’un", a-t-il dit tout en précisant que l’argent qui afflue du monde entier pourrait être géré par une entité non haïtienne.

"Nous ne demandons pas que l’argent soit géré par le gouvernement, ce que nous désirons c’est de contrôler ce qui va être fait de l’argent", a-t-il conclu.

Lors de sa visite mercredi, le président français Nicolas Sarkozy avait estimé que "c’est aux Haïtiens de définir un véritable projet national et ensuite de le conduire". "Haïti, c’est pour les Haïtiens", avait-il soutenu.

L’aide pourrait empoisonner la relance d’Haïti

Le Nouvelliste

Haïti : (Port-au-Prince) Le responsable de la distribution alimentaire en Haïti, Dr Michel Chancy, lance un avertissement à la communauté internationale : Haïti a besoin d’aide, mais n’est pas dans une situation de famine. L’aide pourrait y tuer la reprise des activités économiques si elle n’est pas bien ciblée, a-t-il dit lors d’une entrevue exclusive accordée au Soleil.

Né en Haïti, élevé à Montréal, formé en médecine vétérinaire à Mexico et de retour dans son pays depuis 1986, Michel Chancy est secrétaire d’État à la production animale du gouvernement haïtien. Il a pris la responsabilité de la distribution alimentaire et de l’eau au lendemain du tremblement de terre.

« Haïti n’est pas dans une situation de famine », a-t-il déclaré, en réaction aux reportages télévisés montrant des milliers de personnes à l’assaut des camions de distribution de riz. « Il ne faut pas mélanger le manque d’organisation et les histoires de famine. Si on annonçait au Québec une vente de billets du Canadien de Montréal sans organisation pour la contrôler, les gens se garrocheraient. »

M. Chancy signale qu’avant le séisme, 500 000 personnes bénéficiaient d’une aide alimentaire. Ce nombre a atteint deux millions depuis le 12 janvier, mais la crise des premiers jours était imputable à la paralysie des activités. Il rappelle que beaucoup d’Haïtiens dépendent des transferts annuels de 1,6 milliard $ de leurs familles établies à l’étranger. Ces transferts ont été momentanément interrompus par le séisme, mais depuis que les banques ont repris leurs activités, l’argent a recommencé à circuler et le commerce a repris.

Un mois après le séisme, c’est la nature des besoins qui a changé : « Ceux qui travaillent et qui ont perdu leur maison et leurs vêtements ont d’autres besoins à satisfaire. Alors si un sac de riz peut leur permettre d’économiser pour se racheter des souliers ou des vêtements, c’est bien normal qu’ils soient très intéressés par l’aide alimentaire. Ces gens ne meurent pas de faim, mais si un camion chargé de riz arrive dans leur quartier, c’est bien possible qu’ils se lancent eux aussi dans la foule pour attraper un sac de riz ».

L’aide demeure donc nécessaire, mais si elle n’est pas bien ciblée, elle peut empêcher la reprise de certaines activités économiques, dit M. Chancy. Ainsi, un avion transportant une cargaison d’eau embouteillée devait s’envoler pour Haïti, alors que les activités locales de production et de distribution d’eau avaient repris dans le pays. « Une fois que ce secteur a été réorganisé, envoyer de l’eau en bouteille venant du Canada, c’était complètement inutile. »

Comment intervenir dans les circonstances ? Le Dr Chancy explique qu’avant le séisme, la production nationale de produits alimentaires comptait pour environ 45 % de la consommation, les importations commerciales 50 %, et l’aide internationale entre 5 % et 7 %, selon les années.

« L’agriculture n’a pas vraiment été endommagée par le tremblement de terre. Ce qui a été endommagé, c’est la capacité d’importation du secteur commercial et il faut, à court terme, la remplacer par de l’aide alimentaire. Mais l’activité d’importation est aussi une activité économique importante. Il faut permettre à ces acteurs de se relancer dans l’activité économique parce que ça aussi, c’est une source d’emplois. Donc, donner des aliments, si ce n’est pas fait selon les bons calculs, selon les besoins, avec un plan de retrait graduel, ça risque d’empêcher la reprise de l’activité commerciale, en plus de menacer aussi l’activité de production agricole, ce qui serait encore plus grave. »

La saison des pluies

S’il n’y a pas de famine en Haïti, il y a une catastrophe humanitaire en préparation qui inquiète Michel Chancy. « Dans quelques semaines, les pluies vont commencer et ça va être catastrophique. Il faut aménager les terrains. Si on continue à ce rythme, on n’y arrivera pas, s’impatiente-t-il. Il faut mettre des milliers de gens au travail. Mais ça tarde, il y a beaucoup de discussions. » Il déplore que certaines organisations non gouvernementales (ONG) et certains pays ne soient pas encore présents à la table de coordination nationale qui planche sur cette question. Même chose sur le terrain, où des organismes de charité travaillent chacun de leur côté, sans se soucier de ce que font les autres.

À ceux qui parlent d’une tutelle internationale pour la reconstruction, Michel Chancy répond qu’on « a besoin de la solidarité internationale, de gens qui viennent nous soutenir dans cet effort, mais pas pour venir le faire à notre place ». L’aide demeure donc nécessaire, mais si elle n’est pas bien ciblée, elle peut empêcher la reprise de certaines activités économiques, dit M. Chancy. Ainsi, un avion transportant une cargaison d’eau embouteillée devait s’envoler pour Haïti, alors que les activités locales de production et de distribution d’eau avaient repris dans le pays. « Une fois que ce secteur a été réorganisé, envoyer de l’eau en bouteille venant du Canada, c’était complètement inutile. »

Comment intervenir dans les circonstances ? Le Dr Chancy explique qu’avant le séisme, la production nationale de produits alimentaires comptait pour environ 45 % de la consommation, les importations commerciales 50 %, et l’aide internationale entre 5 % et 7 %, selon les années.

« L’agriculture n’a pas vraiment été endommagée par le tremblement de terre. Ce qui a été endommagé, c’est la capacité d’importation du secteur commercial et il faut, à court terme, la remplacer par de l’aide alimentaire. Mais l’activité d’importation est aussi une activité économique importante. Il faut permettre à ces acteurs de se relancer dans l’activité économique parce que ça aussi, c’est une source d’emplois. Donc, donner des aliments, si ce n’est pas fait selon les bons calculs, selon les besoins, avec un plan de retrait graduel, ça risque d’empêcher la reprise de l’activité commerciale, en plus de menacer aussi l’activité de production agricole, ce qui serait encore plus grave. »

La saison des pluies

S’il n’y a pas de famine en Haïti, il y a une catastrophe humanitaire en préparation qui inquiète Michel Chancy. « Dans quelques semaines, les pluies vont commencer et ça va être catastrophique. Il faut aménager les terrains. Si on continue à ce rythme, on n’y arrivera pas, s’impatiente-t-il. Il faut mettre des milliers de gens au travail. Mais ça tarde, il y a beaucoup de discussions. » Il déplore que certaines organisations non gouvernementales (ONG) et certains pays ne soient pas encore présents à la table de coordination nationale qui planche sur cette question. Même chose sur le terrain, où des organismes de charité travaillent chacun de leur côté, sans se soucier de ce que font les autres.

À ceux qui parlent d’une tutelle internationale pour la reconstruction, Michel Chancy répond qu’on « a besoin de la solidarité internationale, de gens qui viennent nous soutenir dans cet effort, mais pas pour venir le faire à notre place ».








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