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Des origines du Canada - par : Jean Erich René

jeudi 1er juillet 2010 par Erich Jean René

Des origines du Canada

Jean Erich René

erichrene@bell.net

Ottawa le 1er Juillet 2010

Le mot Canada est d’origine indienne et s’écrivait Kanata avec la connotation de "peuplement ou village" en langue huronne. C’est ce mo
t conforme à la sémantique des Indiens que les Premiers Européens ont entendu en foulant leur sol. Aujourd’hui encore on peut relever avec aisance sur le territoire canadien les témoignages irréfutables de leur mode d’expression pour désigner certaines Provinces, villes et rivires tels que : Ottawa, terme algonquin qui signifie « commercer », Manitoba « le détroit de l’esprit ou manitobau » , Saskatchewan :« rivière au débit rapide »., Yukon :« grand fleuve ». Nunavut :« notre terre » , Chicoutimi : « la fin des eaux profondes », Rimouski : « repère des orignaux » ou « retraite des chiens », Winnipeg :« eau sale » ou « eau glauque » etc. Autant de noms qui portent l’empreinte des Indiens du Canada, désignés depuis 1970 sous l’appelation de Première Nation afin de les absoudre de certains préjugés mesquins qui entachent ce vocable.

Ref : Ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien http://www.ainc.gc.ca

D’ores et déjà nous pouvons comprendre que la cohabitation n’était pas du tout facile pour les ethnies différentes qui partageaient ce territoire. Pourtant aujourd’hui, le Canada se signale sur l’échiquier politique international comme un pays développé et pacifique. Il serait profitable pour nos compatriotes haitiens de comprendre le long processus qui a pu aboutir à la Confédération des différentes colonies du Canada. Leur avancement économique et social est principalement dû à l’esprit d’abnégation et de compréhension de ses diverses composantes sociales de races et de langues différentes. Nos frères et nos soeurs haitiens arrachés des côtes d’Afrique s’étaient entendus en 1804 pour forger une Nation. Mais nos dirigeants pour séquestrer le pouvoir à leurs profits personnels engagent des luttes tribales alimentées par des préjugés mesquins tels que Noirs / Mulâtres, Nèg anwo/Nèg Anba, Nèg Lavil/Nèg lan Mòn , Makout pa ladan l, Lavalas/ pa ladan l, Bò Tab etc Autant de torchons qui brûlent au sein de la société haïtienne et qui depuis 1804 empoisonnent le quotidien de ce peuple.

 

En ce 1er Juillet 2010, jour de la célébration de la Fête du Canada, nous invitons nos compatriotes à se présenter sur ses Fonts Baptismaux afin de s’en inpirer et taire leurs querelles byzantines et leurs luttes intestines. Ce n’est qu’en 1867, soit 63 ans après l’indépendance d’Haïti, que la Reine Victoria consacrait la naissance d’un Nouveau Pays : Le Dominion du Canada composé de l’Ontario, du Québec, du Nouveau Bunswick et de la Nouvelle Ecosse. Cette fusion fut sanctionnée par l’AANB ou Acte de l’Amérique du Nord Britannique. Il est important de signaler les différents facteurs tant internes qu’externes qui ont facilité cet accouchement heureux.

 

 

Parmi les facteurs externes mentionnons :

La menace d’annexion du Canada au territoire am
éricain qui s’affirmait de plus en plus. Les USA voulaient se venger à tout prix de la Grande Bretagne qui avait aidé les Etats du Sud esclavagistes en conflit avec les Etats du Nord révolutionnaires. Face à l’imminence du danger les différentes colonies ont vite compris la nécessité de présenter un front commun contre leur éventuel agresseur.

Le refus de la Grande Bretagne de supporter les frais de sécurité du Canada, grâce au maintien d’une troupe de 1500 hommes, à cause de la récession économique qui sévissait en Europe. Avec la Confédération les Colonies peuvent cotiser pour assurer leur sécurité.

La fin du Traité de Réciprocité signé en 1854 qui garantissait le libre échange des produits commerciaux entre le Canada et les USA. Avec le problème de débouchés qui se pose pour le Canada à cause du conflit avec les Américains , l’union des colonies s’imposait comme la solution de rechange.

 

Quels sont les facteurs internes ?

1. Les canaux de navigation et les voies ferr
ées étaient les réseaux de transport privilégiés du Canada. A cause de sa situation économique difficile, la Grande Bretagne n’était plus en mesure de financer leurs constructions pourtant capitales pour l’économie du pays. Il revenait donc aux diverses colonies de se serrer les coudes pour en assumer les frais.

2. Il y avait une pression démographique très forte à l’intérieur du Canada. L’Ouest dont la densité était faible aiguisait la convoitise des USA qui voulaient l’envahir. La Confédération répondait valablement aux besoins de décentralisation du Centre du Canada et met fin au mouvement grandissant d’envahissement de la Terre de Rupert par les Américains.

3.- En 1850, le Canada était ingouvernable. Une crise politique sans précédent se précisait faute d’une majorité stable. L’introduction de la religion dans le système d’éducation était une source de conflit que la confédération pourrait amortir.

4.-Le système politique était fondé sur la représentation égalitaire. A partir de 1850 les Anglais étaient plus nombreux que les Français. Les Anglais voulaient établir un système de représentation proportionnel d’où le slogan : Rep by pop. Ce déséquilibre n’était pas à l’avantage des français.

Tous ces facteurs internes ont contribué à la signature de l’AANB. Les étapes suivantes étaient nécessaires :

 

1.- La réunion de Charlotte Town en Septembre 1864 pour définir le profil du Nouveau Né
selon les traits suivants :

a) le Canada reste attaché à la Couronne Britannique d’où l’influence actuelle de la Reine Elizabeth et son arrivée au port d’Halifax cette semaine.

b) le Gouvernement a 2 paliers le Fédéral et le Provincial

c) le Parlement a deux Chambres : la première élue et la seconde nommée

 

2.- La Conférence à huis clos du Québec en Octobre 1864 pour répartir les pouvoirs entre le Fédéral et le Provincial. La Presse n’était pas invitée et le Peuple exclus de la discussion.

3.-La finalisation de la Confédération, selon l’AANB en 1866 à Londres et ratification par la Couronne Britannique.

Signalons que la AANB n’avait pas fait l’unanimité. Si le projet de la Confédération a été voulu par l’Ouest du Canada, mais c’était le désistement total dans les Maritimes, Terre Neuve, l’Ile du Prince Edouard et le Nouveau Bunswick. Jusqu’à présent la tendance à l’indépendance du Québec est persistante. Les leçons que nos compatriotes devraient tirer de cette coexistence pacifique au Canada sont associées au fait que c’était une élite qui avait pris part au processus de décision avec la bénédiction de la Couronne. C’est par la voie de la concertation, de la compréhension mutuelle et du dialogue que le Canada a pu garder sa cohésion politiquement stable pour connaitre de nos jours le progrès social et économique. Puissent nos Hommes Politiques, après ce terrible Tremblement de terre qui a frappé Haiti le 12 janvier 2010 et en raison de leur criante incapacité à remonter la pente, mettre une sourdine à leur querelle de chapelle pour s’entendre afin de signer le 1er Janvier 2011 le pacte de la paix pour un nouvel environnement politique propre au développement économique en s’inspirant des origines du Canada.

Source : Un passé composé , (Jacques Paul Courtier, éditions d’acadie, ISBN 2-7600-0301-9)








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