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Des institutions internationales choquées par l’assassinat du couple Dorsinvil

dimanche 16 février 2014 par Administrator

Quelque huit jours après l’assassinat du coordonnateur général de la Plateforme des organisations haïtiennes des droits humains (POHDH), Daniel Dorsinvil, et de son épouse Girldy Larèche à Port-au-Prince, des institutions internationales de la trempe de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et Amnesty International se disent préoccupés par ce double meurtre.

« Le double assassinat de Daniel Dorsinvil et de son épouse est un acte ignoble qui ne doit pas rester impuni. C’est un acte d’intimidation envers les défenseurs des droits humains haïtiens », ont déclaré trois organisations internationales de défense des droits de l’homme. Offusqué par ce double meurtre, Karim Lahidji, président de la FIDH, a, dans un document en date du vendredi 14 février rendu public par l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme, appelé à ce que « toute la lumière soit faite, dans un contexte de stigmatisation accrue des défenseurs des droits de l’homme. »

De son côté, le secrétaire général de l’OMCT, Gerald Staberock, appelle les autorités haïtiennes à mener une enquête indépendante et à prendre toutes les mesures nécessaires pour déterminer les circonstances de la mort de Daniel Dorsinvil, qui dénonçait la corruption des organes de l’État haïtien. « Le climat d’impunité grandissante qui règne en Haïti doit cesser immédiatement », a dénoncé M. Staberock.

A un autre niveau, l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme, qui regroupe la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), a salué les déclarations du président Michel Joseph Martelly et de la ministre des droits humains et de la lutte contre l’extrême pauvreté, Rose-Anne Auguste, qui ont rapidement condamné ce double meurtre, mais s’interroge sur les propos du secrétaire d’Etat à la Sécurité publique, Réginald Delva, qui a évoqué un cas de braquage, banalisant ainsi le double assassinat avant même que la police ait pu mener à bien son enquête.

Toutefois, l’Observatoire dénonce fermement cet assassinat, et appelle les autorités haïtiennes à diligenter une enquête prompte, exhaustive, impartiale et transparente afin d’identifier tous les responsables et de les sanctionner conformément à la loi.

« Les autorités haïtiennes doivent garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique des autres membres de la Plateforme des organisations haïtiennes des droits humains (POHDH) et du Groupe alternatif de justice (GAJ) , ainsi que de tous les défenseurs des droits de l’homme en Haïti, et de garantir en toutes circonstances qu’ils peuvent mener leurs activités de défense des droits de l’homme sans entrave ni risque de représailles », lit-on dans le document.

Préoccupé par le meurtre du couple Dorsinvil, Amnesty International a, dans une note rendue publique le mercerdi 12 février, exprimé sa consternation estime qu’une enquête approfondie doit être menée dans le meurtre d’un activiste des droits humains et de sa femme. D’après Chiara Liguori, responsable des recherches sur Haïti pour Amnesty International, trop souvent les crimes et violations des droits humains restent impunis en Haïti. « Ce cas présent ne doit pas en être un de plus. La sécurité et le travail des défenseurs des droits humains dans tout le pays sont en jeu », souligne Mme Liguori, ajoutant qu’Amnesty International est préoccupé de la dégradation de l’environnement dans lequel les défenseurs des droits humains travaillent en Haïti.

Mme Liguori ajoute plus loin qu’en accord avec la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’homme de l’ONU de 1998, les autorités en Haïti ont le devoir d’assurer la protection des défenseurs des droits humains et de mener à terme les enquêtes concernant les attaques à leur encontre et envoyer les coupables devant la justice. Ils ont aussi le devoir de garantir que les défenseurs des droits humains puissent faire leur travail sans peur de représailles.

Membre fondateur du Groupe alternatif de justice (GAJ) et coordonnateur général de la Plateforme des organisations haïtiennes des droits humains (POHDH), Daniel Dorsinvil, et son épouse Girldy Larèche ont été abattus par balle le samedi 8 février 2014 à Port-au-Prince. Il a été atteint d’une balle en plein cœur et son épouse a été abattue de cinq balles.

Amos Cincir
mcincir@lenouvelliste.com

Voir en ligne : Le Nouvelliste







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