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Des affaires courantes très difficiles pour Garry Conille - par : lenouvelliste.com

mercredi 28 mars 2012 par Administrator

Difficile de gérer les affaires courantes lorsqu’on a été contraint à la démission. C’est le cas de le dire pour le Premier ministre démissionnaire, Garry Conille. De retour d’un voyage à New York où il a été opéré à l’oeil droit, le chef du gouvernement en disgrâce et isolé attend impatiemment la ratification de son successeur pour plier bagage.

Haïti : Pas de communication avec le reste du gouvernement. Rien du tout. Pire, le Premier ministre avait en sa possession dès sa ratification une voiture blindée de la Primature. Mais celle-ci était tombée en panne (panne de frein) ; le palais national lui avait octroyé une Toyota Land Cruiser blanche qu’il utilisait. « On lui a demandé récemment de la remettre. Et, par gentillesse, il l’a remise... » Mais il garde encore ses agents de sécurité de la police nationale. A la cloche de bois, le Premier ministre démissionnaire est de retour dans le pays après une semaine à New York pour des raisons de santé. Il n’y a pratiquement aucune relation entre lui et ses « ministres » qui ne répondent pas à ses invitations sur la gestion des dossiers spécifiques.

Selon nos sources, le Dr Conille n’a jamais été aussi prudent dans ce qu’il fait ces derniers jours à la tête de la Primature. « Il ne veut pas être piégé. C’est pourquoi il est aussi prudent. Le Premier ministre vient régulièrement à son bureau lorsqu’il est en Haïti. Il reçoit la visite des institutions comme les ONG qui veulent s’assurer de la continuité de certains dossiers. »

Malgré son isolement, Garry Conille est indispensable pour garder la Primature en vie. « C’est lui qui doit signer pour le payroll des employés, y compris ceux des organismes déconcentrés de la Primature et il le fait toujours... »

Cette situation de gestion des affaires courantes crée le doute à la Primature. « Les employés ne s’engagent pas comme en temps normal. Il y a visiblement un manque de motivation ici, même si M. Conille nous demande toujours de faire notre travail comme d’habitude...mais tu sais ce n’est pas la même ambiance. »

Ayant démissionné le 24 février dernier, Garry Conille veut s’en aller. Contrairement aux anciens Premiers ministres démissionnaires ; Jacques Edouard Alexis, Michelle D. Pierre-Louis ou encore Jean Max Bellerive, M. Conille n’a pratiquement aucun contrôle sur ce que fait le reste du gouvernement.

La communauté internationale presse le chef de l’Etat à oeuvrer pour la mise en place d’un nouveau gouvernement. « Les Etats-Unis ont besoin d’un interlocuteur », avait déclaré l’ambassadeur américain à Port-au-Prince. Une façon pour lui de montrer la nécessité d’un nouveau gouvernement.

Au chef de la Minustah, Mariano Fernández Amunátegui, de renchérir : « Quand il n’y a pas de gouvernement, la violence, l’insécurité augmentent et cela ralentit la croissance économique. Nous ne faisons pas de commentaires sur les déclarations du président de la République. Mais ce que nous avons constaté, c’est quand il n’y a pas de gouvernement, systématiquement la violence augmente avec pour conséquence un ralentissement de la croissance économique et cela provoque un arrêt de la coopération internationale. »

Pour plus d’un, c’est la question de l’audit diligenté sur les contrats passés par le gouvernement de Jean-Max Bellerive qui a provoqué la démission de Garry Conille sur les rives de la démission. « ...35 contrats ont été passés de gré à gré et 6 autres avec appels d’offres restreints pour plus de 500 millions de dollars. Aucun des bénéficiaires n’a rempli les conditions requises. Après l’analyse des contrats, la commission d’audit recommande, entre autres, qu’ils soient suspendus, le temps de vérifier l’état d’avancement des travaux entrepris au regard des décaissements déjà effectués », selon le rapport de l’audit.

Nos sources à la Primature n’étaient pas en mesure de préciser si le Premier ministre Conille continue de rencontrer le président Martelly. Mais un fait est certain, on ne les voit plus ensemble depuis la démission de Garry Conille qui n’attend que la ratification de son successeur pour partir.

Une ratification qui risque de prendre encore du temps, parce que, selon ce qui se dit dans les couloirs du Parlement, le groupe des sénateurs qui sont relativement dans l’opposition à Michel Martelly va faire passer le temps. Question d’arriver au deuxième lundi du mois de mai où le mandat de plusieurs sénateurs influents, alliés de Martelly, arrivera à terme.

Robenson Geffrard

rgeffrard@lenouvelliste.com








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