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De nouveaux métiers générateurs de revenus

samedi 1er mars 2014 par Administrator

L’expansion fulgurante du marché de téléphonie mobile en Haïti génère l’avènement de nouveaux métiers, notamment le dépannage, la programmation des téléphones portables communément appelés « cellulaires ». Ils sont quelque dizaine de jeunes s’adonnant quotidiennement à cette activité dans la zone appelée couramment « Bò Katedral » située dans les parages des rues Des Miracles, Dr Aubry et Mgr Guilloux.

Avec des petites tables sous des parasols portant les noms des compagnies téléphoniques Natcom et Digicel, ces dépanneurs occupent certaines artères comme lieu de travail. Ils ont, entre autres, comme matériels un PC, des outils leur permettant de dévisser les appareils défectueux, connexion d’Internet, des logiciels (Box, Dungle) et des prises d’électricité. Leur boulot consiste à décoder, programmer et réparer des téléphones portables. En outre, ils vendent des matériels et accessoires d’informatique.

Clermont Bob Antoine fait partie de ces jeunes techniciens qui pratiquent cette activité professionnelle très en vogue actuellement dans le pays. Après son bac II, il entame une étude professionnelle au Centre Pilote en dépannage et programmation d’où il est diplômé.

« Après maintes tentatives pour intégrer l’une des deux compagnies de téléphonie mobile qui se sont soldées par des échecs en 2009, j’ai décidé alors de m’adonner à cette nouvelle aventure en compagnie d’autres collègues de promotion », explique-t-il tout en précisant que le début a été très difficile.

Il affirme que « la collaboration d’un aîné lui a permis d’avoir une clientèle assez diversifiée, par la suite de voler de ses propres ailes. Aujourd’hui, je pu subviens à mes besoins sans l’aide de mes proches. Je suis arrivé à gagner 7 500 gourdes pendant les festivités de fin d’année et du carnaval et en temps normal 2 500 gourdes minimum par jour. »

Il s’estime être très chanceux d’avoir eu la possibilité de participer au séminaire de formation que le Conseil national des Télécommunications (CONATEL) avait organisé en 2010. « Cette mise à niveau m’a permis de dispenser des cours de programmation à MagTech et ailleurs », se réjouit le jeune Clermont Bob.

Sous le couvert de l’anonymat, un autre technicien décide de partager ses expériences avec le journal. « Tout a commencé en 2009 lorsque j’ai été contraint de me marier suite à une grossesse nonvoulue de mon partenaire. Du coup, j’ai été obligé de fermer mon dossier à l’INUQUA afin de me lancer dans cette activité me permettant d’assurer la survie de mon foyer », confie-t-il.

« Ce business, consacré à la réparation et vente des matériels téléphoniques et électroniques, m’a permis d’empocher au minimum 5 000 gourdes quotidiennement. Ces rentrées ont constitué ma principale source de revenu me facilitant de répondre à mes besoins familiaux. Sur le plan économique, ce lieu représente une sorte de formation continue informelle dans le domaine de l’électronique en Haïti », poursuit le technicien.

Pour Yvens Milcé, le séisme dévastateur de 2010 se révèle un tournant décisif dans sa vie suite à la disparition brutale de ses parents. « Nous sommes cinq de la famille dont je suis l’aîné. Faute de moyens économiques, j’ai dû abandonner mes études en gestion à l’Université nationale d’administration et de santé (UNAS) pour s’occuper du reste de la famille », déclare-t-il au journal.

« Mes revenus journaliers de travail varient entre 500 et 1 000 gourdes. Il y a aussi des jours de vaches maigres. Par mois, on est arrivé à encaisser environ 12 500 gourdes », avoue-t-il, tout en ajoutant que le marché informel dans lequel il évolue est une école. Le dépanneur n’ignore pourtant pas qu’il a été à l’école pour apprendre à dépanner les téléphones quoiqu’à l’époque il n’y avait pas autant de modèles.

Yvens Milcé dit avoir reçu toutes sortes de clients. « Ici, c’est la référence. Nous recevons même les gens qui travaillent aux réseaux des compagnies de téléphone », s’enorgueillit-il.

Avec une année d’expérience en la matière, un autre technicien confie qu’intégrer ce marché n’est pas chose facile comme on pouvait le penser. « Mon intégration a été faite par un ami. C’était à la suite de mon échec au bac I. Mais je dois être sincère. Je ne me suis pas tourné uniquement vers le dépannage, mais aussi vers la vente de téléphones, car je gagne beaucoup plus d’argent », dit-il. Emanus Jean a, quant à lui, fait son début en 2012. « Jadis, j’enseignais au niveau primaire où j’avais passé trois ans avant de passer à la vente de téléphones et d’autres équipements téléphoniques. Mais en 2012, j’ai opté de préférence pour le dépannage qui demeure aujourd’hui ma seule activité génératrice de revenu. Autant le téléphone est récent, autant le prix pour le dépannage est élevé. Cependant, je n’ai pas que ça comme formation. J’ai été à Wonderfull Institute où j’ai appris à parler l’anglais », indique-t-il.

L’intervention de l’Etat s’avère indispensable dans ce domaine d’activités générant des milliers de gourdes quotidiennement. Il faudrait prendre des dispositions notamment l’identification des business (Patente), l’allocation de crédit et la mise en place d’un point fixe des agents de la PNH pour assurer la sécurité des techniciens. En dépit de tout, ces derniers confient qu’ils donnent tous les mardis une contribution de 25 gourdes à la mairie de Port-au-Prince.

Will Jean-Julien jeanjulienwill@yahoo.fr kepson Monestime monestimekepson@gmail.com

Voir en ligne : Le Nouvelliste







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