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Dans la Presse en Haiti

vendredi 28 novembre 2008 par William Toussaint

Un excédent budgétaire de 10 milliards pour l’exercice 2007- 2008 :
Le Nouvelliste

Le sénateur Anacacis Jean Hector (Lespwa) révèle que les autorités financières ont enregistré un excédent budgétaire de 10 milliards de gourdes au cours de l’exercice fiscale 2007- 2008, selon radio Métropole.

Faisant remarquer que ces données n’ont pas été communiquées au public, le parlementaire critique sévèrement la politique économique du gouvernement. " Il n’y a pas de politique économique, pas de politique budgétaire ", se plaint le sénateur Jean Hector très critique à l’égard du ministre des finances Daniel Dorsainvil, dont il souhaite le départ.

" Plus de 10 milliards de gourdes sont gardés dans les caisses de l’état alors que le peuple croupit dans la misère", soutient le sénateur de Lespwa critiquant la gestion du ministre Dorsainvil, qui avait occupé la même fonction dans le gouvernement de Jacques Edouard Alexis. " On ne peut pas nous dire qu’il y a des difficultés de décaissement maintenant", argue t-il.

" Il n’y a aucun plan, aucun programme", lance le sénateur Jean Hector déplorant que les bons BRH ne soient pas transformés en bon du trésor, dont pourraient bénéficier un plus grand nombre d’acteurs économiques.

Tout en annonçant une convocation du ministre des finances par le sénat dans les prochains jours, le sénateur Anacacis Jean Hector estime que la politique de l’actuel ministre des finances conduira à la paupérisation de la majorité de la population. Selon M. Jean Hector, les autorités financières se soucient uniquement des classes possédantes et du Fond Monétaire International (FMI).

L’actualité en question : Le Nouvelliste

Des poches de famine ont été découvertes dans des localités du Sud-est et du Nord-ouest du pays. Particulièrement dans une localité proche de Belle-Anse (Sud-est), des cas de mortalité dus à la famine ont été enregistrés.
Qu’il existe une situation de famine dans ces localités ou régions reste compréhensible dans la mesure où des facteurs conjugués, crise économique, catastrophes naturelles, compliquent la vie des couches défavorisées de la population, désormais. Que cette situation de famine tue avant que l’opinion soit informée fait croire à une certaine insouciance des autorités locales, en particulier.

Il y a les membres des Conseils d’administration des sections communales (CASEC) qui sont ou doivent être très proches, à l’écoute même des populations. Ensuite, il y a le maire, le député, le sénateur, le délégué départemental ... toute cette batterie de responsables de l’Etat devraient être vigilants, prêts à intervenir pour porter assistance à la population de leur section, commune ou département.

Députés et sénateurs, au lendemain des inondations et dégâts causés par le passage des tempêtes et ouragans d’août et de septembre, voulaient à tout prix présenter et exécuter des projets au profit des populations concernées. Comment peuvent-ils élaborer des projets s’ils ne peuvent identifier les besoins pressants, fondamentaux des communautés ?

Bizarrement, l’Etat doit dépenser 16 millions de dollars pour faire élire très prochainement des sénateurs. Comment ces candidats peuvent-ils demander à des populations frappées par la famine de leur accorder leur vote ? Ces mêmes populations n’auraient pas rechigné à aller voter si les élus avaient été de véritables défenseurs de leurs intérêts.

Depuis quand il n’y a pas eu de séance au Sénat de la République ?

Des enfants meurent à Baie d’Orange : Le Nouvelliste

Soixante cinq millions de gourdes et des mots de solidarité saupoudrés de colère du chef du Gouvernement, Michèle D Pierre-Louis, face à la descente aux enfers du pays sur fond d’impuissance et d’un « je m’enfoutisme collectif », alors que des enfants meurent de faim à Baie d’Orange.

Un peu après treize heures, mercredi 26 novembre 2008, un avion de la MINUSTAH atterrit sur la piste de l’aérogare de Jacmel. Un cordon de sécurité se forme, un service de protocole s’improvise. Le gratin politique, quelques fonctionnaires, coopérants et des émissaires de la société se glissent derrière le représentant de l’exécutif dans le département du Sud-est, Fednel Zidor et le maire de la Cité d’Alcibiade Pommayrac, Edo Zenny.

L’ambiance est bon enfant. Une pluie fine s’abat et l’air des montagnes enrobées de brouillards se répand. Avec un large sourire, le premier ministre, Michèle D Pierre-Louis serre quelques mains, salue de vieilles connaissances avant de s’installer, comme les ministres de l’Agriculture, Joanas Gué, de la Santé Publique Alex Larsen, de l’Intérieur, Paul Antoine Bien Aimé et des Affaires sociales, Madame Gabriel Beaudin, dans de rutilants véhicules tout-terrain. Direction : la délégation du Sud-Est.

Attentionnée, elle prend note de l’état des lieux, de l’évaluation des interventions réalisées au lendemain des intempéries et du dernier bilan du drame de Baie d’Orange, une bourgade de Belle-Anse où des dizaines d’enfants sont morts récemment de malnutrition. « On ne peut pas accepter que des enfants meurent de faim. On va faire tout ce qu’on peut pour les prendre en charge, dit-elle avec conviction et une pointe de colère. Dans le cadre du programme post cyclone, 65 millions de gourdes ont été affectées pour réaliser des interventions dans l’agriculture au niveau du département. Ces fonds pour lesquels le gouvernement rendra des comptes, poursuit-elle, seront affectés notamment à la correction de ravines, à la réhabilitation de neuf systèmes d’irrigation.... ».

La situation financière sera dure. Autant dire la vérité tout de suite même si l’Etat, comme lors des deux derniers budgets, fera de son mieux pour injecter quelque 6 milliards de gourdes dans la loi des finances, poursuit-elle. Et même si nos ressources sont limitées, nous avons le devoir d’agir pour sauver nos enfants, martèle l’économiste qui croit que le pays, frappé par tant de malheurs, nous parle. « Le pays est en train de nous dire que nous sommes allés trop loin dans le désordre », interprète le numéro deux de l’Exécutif qui comptera le 5 décembre 2008 90 jours aux commandes du pays.

Au terme de cette réunion de travail, météo oblige, le chef du gouvernement n’a pu se rendre à l’Hôpital St-Michel où une douzaine d’enfants dont certains, même en proie à une malnutrition sévère, sont considèrés comme des « chanceux ». Suçant son pouce, le petit Moslin Didier, le bedon proéminent, la peau flasque, les lèvres blanches, semble lancer un défi à la mort. Agé de six mois, pesant seulement deux kilos, le nourrisson se remue. A son chevet, sa mère qui a cinq autres enfants confie ses inquiétudes avec, au coin des cils, une larme.

« J’ai peur. Tant d’enfants sont morts de malnutrition dans mon voisinage », se lamente-t-elle avec de l’impuissance dans la voix « Si j’avais de l’argent, je prendrais soin de mes enfants. » Dans cette salle, d’autres parents ayant en moyenne quatre enfants se réjouissent de ce qu’ils appellent « un sursis » pour leurs progénitures. Cependant, comme la mère de Didier, ils savent que renvoyés chez eux comme c’était le cas de douze enfants cette semaine, ils risquent de revenir à l’hôpital. « On n’aurait pas dû donner l’exeat aux enfants », concède un membre du personnel du centre hospitalier, alors qu’un poste médical est en passe d’être installé à Baie d’Orange.

Selon un parlementaire, Thiotte, Grand Gosier et d’autres localités, regorgent de poches de famine. La situation est précaire, expliquent-t-il. Il y a quelques semaines, la CNSA avait indiqué que plus de 3 millions d’Haïtiens vivent dans une situation d’insécurité alimentaire. Des chiffres qui n’ont pas, selon toute vraisemblance, mis la puce à l’oreille des décideurs qui n’ont pas pu empêcher, avec des moyens pour le moins réduits, l’extension des « foyers de famine et la mort de tant d’enfants ». Qui a dit que gouverner c’est prévoir ?

Roberson Alphonse

Haïti Droits humains : Le RNDDH interpelle le gouvernement pour des actions urgentes en santé et sécurité publiques

mardi 25 novembre 2008

Alertant sur différents dangers potentiels (constructions anarchiques, conditions déplorables de transport public, exploitation de mines de sable), après les effondrements d’édifices début novembre 2008, le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) tient à attirer l’attention du gouvernement de Michèle Duvivier Pierre-Louis sur les conséquences de l’installation de matériels lourds, comme les antennes de compagnies cellulaires privées, sur les toits des maisons.
L’organisme de défense de droits humains s’inquiète également des effets des « tours d’antennes qui émettent des ondes magnétiques généralement nocives à la santé et considérées comme cancérigènes par plusieurs spécialistes quand l’exposition [des habitants généralement résidant à proximité] à ces antennes est permanente.
Par le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH)

Soumis à Alter Presse le 24 novembre 2008

Port-au-Prince, le 19 novembre 2008

Lettre ouverte à la Première Ministre

Madame Michèle Duvivier PIERRE-LOUIS
Madame La Première Ministre,
Le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh), profondément préoccupé par la situation générale du pays et les menaces qui guettent la nation, prend la liberté d’attirer votre attention sur des faits appelant à des mesures urgentes de la part de tout gouvernement soucieux du respect des droits à la vie, à la santé, à la sécurité, à l’intégrité physique, psychique et mentale de ses concitoyens.
Madame La Première Ministre,
La population haïtienne est aujourd’hui exposée à toutes sortes de tragédies.
Cet état de fait est le résultat d’une politique de laissez faire, d’une pratique de corruption et d’un mépris total des droits fondamentaux du peuple haïtien par les responsables de l’Etat.
L’effondrement du bâtiment de l’Etablissement la Promesse Evangélique le 7 novembre 2008 et l’incapacité de l’Etat à faire face à cette catastrophe ont sérieusement froissé la conscience de peuple de tout haïtien.
Des enfants ont perdu la vie, d’autres sont frappés d’infirmité permanente. Le désarroi était tel que l’effondrement de ce bâtiment a mis l’Etat à genoux.
Vous-même avez pleuré à chaudes larmes sur les lieux de la catastrophe, traduisant ainsi votre souffrance et votre angoisse face à l’impuissance de l’Etat.
Le 12 novembre 2008, moins d’une semaine après le drame de Nérette, Grâce Divine, un autre établissement scolaire, est partiellement effondré, provoquant des victimes et indiquant par là que le pire est à craindre.
Additionnés aux dernières intempéries, ces événements génèrent le traumatisme chez tous les haïtiens, particulièrement, chez les écoliers et leurs parents, d’où l’urgence d’agir avant qu’il ne soit trop tard.
Madame La Première Ministre,
Votre gouvernement a l’obligation de travailler à mieux gérer les bassins versants et à refaire la couverture végétale du pays.
Il doit désormais empêcher les constructions anarchiques, notamment dans des espaces fragilisés par la coupe effrénée des arbres, tels les pentes, les bords de mer, curer tous les drains, les égouts, les lacs, les étangs. Il doit également rassurer les citoyens qui ont aujourd’hui la sensation d’être abandonnés à leur sort, dans un milieu sursaturé, générateur d’inondations, de glissements de terrain à la moindre averse.
De plus, le Rnddh attire également votre attention sur d’autres catastrophes éventuelles que représentent des maisons louées par des compagnies privées de téléphonie mobile pour le placement de matériels lourds.
Des génératrices sont placées sur le toit de ces maisons et fonctionnent sans arrêt, vingt-quatre heures par jour, provoquant des mouvements vibratoires intenses. A côté de ces génératrices, sont installés des tours d’antennes qui émettent des ondes magnétiques généralement nocives à la santé et considérées cancérigènes par plusieurs spécialistes quand l’exposition à ces antennes est permanente.
Des réservoirs mobiles de stockage de carburant sont aussi placés sur les toits, aux fins d’alimenter automatiquement ces génératrices. La plupart de ces maisons sont habitées ou servent d’établissements scolaires. Les contrats sont signés pour des périodes allant jusqu’à huit (8) ans.
La situation de pauvreté de la population et son manque d’informations sont exploités par ces compagnies, bien que celles-ci soient au courant des dangers encourus par les contractants et leurs voisins.
Vous pouvez, par vous-même, vous faire une idée de ce qui peut arriver à une maison soumise à huit (8) années de vibrations.
Dans ces conditions, elles sont nombreuses, les personnes susceptibles d’être, à l’avenir, malades ou pire, atteintes du cancer. Elles sont aussi nombreuses les maisons qui risquent de s’effondrer, vu qu’elles n’ont pas été construites pour recevoir de telles charges.
C’est là un problème de santé publique et de sécurité qui appelle à l’intervention immédiate de l’Etat.
Madame La Première Ministre,
Le transport en commun terrestre, maritime et l’exploitation des mines de sable représentent aussi une source d’inquiétudes pour vos concitoyens.
Au niveau des zones urbaines, les conditions de transport en commun sont, certes, difficiles, mais ne sont pas de nature à causer de grandes catastrophes, l’embouteillage aidant.
Cependant, d’un département à l’autre, le transport terrestre et maritime se fait dans des conditions infra humaines. Les passagers sont entassés dans des caisses n’ayant pas été construites à cet effet, au mépris de toute notion de surcharge et de tonnage, et dans l’obsession de la perspective du gain.
Tout ceci se fait sous l’œil indifférent des autorités concernées.
Les mines de sable sont exploitées de manière anarchique, constituant des risques éminents d’éboulements et de glissements de terrain. Les exploitants ne se soucient guère du danger auquel ils exposent les personnes résidant au voisinage de ces sites.
Madame La Première Ministre,
Gouverner, c’est prévoir, dit-on. C’est aussi protéger tous les citoyens en particulier les plus faibles et ceux qui n’ont pas accès aux informations relatives à leur vie, à leur santé.
Des enfants, des vieillards, des malades, des femmes enceintes, sont susceptibles d’être victimes des risques ci-dessus énumérés.
Il est donc plus que temps d’agir.
Espérant que des actions promptes seront prises par votre gouvernement, le Rnddh vous prie de croire, Madame La Première Ministre, à l’expression de ses hautes considérations.

Pierre ESPERANCE :
Directeur Exécutif

Vers la fin de l’échéance pour l’enregistrement des nouveaux partis et regroupements politiques : 5 partis non concernés par cette formalité s’y sont conformés

Port-au-Prince, le 26 novembre 2008 – (AHP) – Le processus d’enregistrement des groupements et regroupements de partis politiques intéressés à participer aux prochaines joutes électorales ne concerne que ceux nouvellement formés, a souligné mercredi le directeur des opérations électorales au sein du conseil Electoral provisoire (CEP),.

M. Macul Dévalis a apporté cette précision à la suite d’une note de presse du CEP qui laissait croire que tous les groupements et regroupements se devaient de remplir cette formalité au plus tard le 28 novembre.

Deux jours avant l’expiration de ce délai, aucun nouveau parti, groupement ou regroupement de partis ne s’est fait enregistré. Et les cinq partis ou regroupement qui l’ont fait : Fanmi lavalas, la plateforme Lespwa, le Modereh, le PUN et le MNPH n’en avaient aucune obligation

Seuls les conseillers électoraux ont le pouvoir de décider de la prolongation ou non de ce délai, a-t-il fait savoir.

Le ministre chargé des relations entre l’Exécutif et le parlement, Joseph J. Jasmin qui a fait mercredi le dépôt des pièces de la plate-forme LESPWA affirme n’avoir pas été informé que les partis, groupements et regroupements de partis ayant déjà été enregistrés au CEP n’étaient pas tenus de remplir à nouveau cette formalité.

Cependant il affirme que sa présence au CEP témoigne de la volonté de la plate-forme de LESPWA de participer aux prochaines sénatoriales partielles.

Le CEP a fixé le 19 avril et le 4 juin 2009 pour la tenue des deux tours des législatives partielles.

Haïti Catastrophe Urbanisme : Préval entend appliquer les normes de l’urbanisme envers et contre tous
Le chef de l’Etat annonce l’arrêt et la démolition des constructions anarchiques, lors d’une cérémonie d’hommage aux victimes de La Promesse

mercredi 26 novembre 2008,
Radio Kiskeya

Le Président René Préval a réitéré mercredi sa volonté de stopper les constructions anarchiques et d’imposer les règles de l’urbanisme, lors d’un nouvel hommage aux victimes de la tragédie du collège évangélique La Promesse qui a atteint une grande charge émotionnelle.
Le chef de l’Etat a notamment annoncé trois journées de travail qu’il aura, à partir de la semaine prochaine, avec les représentants de tous les conseils communaux du pays autour de la problématique de l’urbanisation sauvage. Il a aussi rappelé que le gouvernement procédera très bientôt à l’arrêt des constructions anarchiques destinées à accueillir une forte concentration humaine comme les écoles, les églises ou encore les hôtels. M. Préval assure que la deuxième étape de cette offensive des pouvoirs publics consistera à démolir tous les bâtiments qui constituent une menace pour la sécurité de la population et aggravent la dégradation de l’environnement.
Ponctuée d’instants de grande émotion et de témoignages poignants de survivants, la cérémonie s’est déroulée au Palais National (siège de la Présidence) en présence de familles victimes de la catastrophe et d’un parterre d’officiels dont la Première ministre Michèle Pierre-Louis et plusieurs de ses ministres.
Un des rescapés, Gaetjens Thélusma, élève de philo de La Promesse, a fait le récit de sa récupération miraculeuse sous les décombres réalisée par des sauveteurs dévoués. Encore convalescent et venu en chaise roulante, le jeune collégien a éclaté en sanglots au moment d’évoquer le souvenir ineffaçable de sa sœur qu’il a vue mourir à ses côtés.
Ancien président du comité de sa classe décimée, Thélusma a remercié Dieu et les secouristes de lui avoir évité une fin tragique et prématurée qui l’aurait empêché de concrétiser ses rêves.
Intervenant également, un professeur de littérature, Junior Meilleur, a révélé qu’aucun de ses sept collègues présents n’an survécu à l’accident. Constatant avec déception que les autorités ne se sont jamais intéressées à la situation du corps professoral de La Promesse, il a sollicité leur aide en faveur de jeunes professionnels en état de choc émotionnel, mais également livrés à eux-mêmes sur le pavé.
L’effondrement du bâtiment de cinq étages de cet établissement privé avait fait une centaine de morts et 162 blessés, le 7 novembre dernier à Nérette, un quartier de Pétion-Ville (banlieue est de Port-au-Prince). spp/Radio Kiskeya

Haïti Kidnapping : Sept otages échappent à leurs ravisseurs

Ils avaient été interceptés à bord d’un autobus
mercredi 26 novembre 2008,
Radio Kiskeya

Sept passagers d’un autobus public qui avaient été enlevés samedi dernier ont pu recouvrer leur liberté sains et saufs en trompant la vigilance des ravisseurs, a indiqué mercredi à Radio Kiskeya le porte-parole a.i de la Police Nationale, Gary Desrosier.
Il précise que le versement de rançon s’est avéré inutile, les otages ayant pu tous partir peu après l’enlèvement. Cette fuite avait été facilitée par le départ précipité des pirates qui s’étaient inquiétés de la présence d’une patrouille policière.
La Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) a ouvert une enquête sur ce rapt collectif après que l’un des ex-otages ait porté plainte.
Revenant de l’Artibonite (nord), l’autobus qui transportait les passagers avait été intercepté par des individus armés à hauteur de Trou Sable (entrée nord de Port-au-Prince).
Divers de cas de kidnapping crapuleux ont été enregistrés ces dernières semaines en Haïti où le phénomène avait atteint des pics en 2006 et 2007 à l’approche des fêtes de fin d’année. spp//Radio Kiskeya

Des leaders politiques mettent en évidence les difficultés du processus électoral 27 nov. 08 : Métropole

Des représentants de la Convention et de la Conférence des partis politiques sont disposés à analyser la proposition du sénateur Anacacis Jean Hector relative à l’organisation des élections législatives et locales en novembre 2009.

Le président de la Convention des Partis Politiques, Déjean Bellizaire, ne veut pas se prononcer sur la proposition mais révèle qu’il y a beaucoup de difficultés dans l’organisation des élections. " Est-ce qu’il y aura assez de fonds disponibles 6 mois après les sénatoriales partielles pour organiser des élections législatives ", s’interroge le chef de file du MNP-28.

Le principal dirigeant du Mochrena, Luc Mesadieu, estime que la proposition du sénateur Jean Hector tient compte de la conjoncture. " Organiser plusieurs élections coûtera très cher au pays", argue t-il.

Le pasteur Mesadieu soutient que la réalité le pousse à accepter le point de vue du chef de l’état qui s’était toujours prononcé pour des élections générales. " Les élections doivent avoir lieu dans un délai raisonnable", dit-il précisant que les partis doivent disposer de ressources financières pour réaliser des campagnes électorales.

En ce qui a trait au processus électoral, Luc Mesadieu dénonce une dépendance du CEP vis-à-vis de l’exécutif. " Les conseillers électoraux ont méprisé les partis politiques tout en multipliant des réunions au palais national", dit-il réclamant la formation d’une commission indépendante pour recruter les personnels des BED et BEC.

Cet avis est partagé par Déjean Bellizaire pour qui les partis politiques ont été tenus à l’écart du processus électoral. " Les conseillers électoraux ont multiplié les rencontres avec le président Préval qui est également membre d’un parti politique", regrette le président de la Convention des Partis Politiques.

Michèle Pierre Louis prêt à répondre à la convocation des sénateurs 27 nov. 08 : Métropole

La Première Ministre Michèle Pierre Louis rejette les accusations relatives à l’inaction du gouvernement durant la période de l’état d’urgence.

Elle soutient que de nombreuses interventions ont été réalisées dans les régions les plus touchées par les récents cyclones. " On veut que les actions soient visibles immédiatement", dit-elle précisant qu’un document présentant les actions du gouvernement au cours des 100 premiers jours sera bientôt publié.

" Nous avons une exigence de rigueur", martèle Mme Pierre Louis qui se prépare à soumettre un document aux parlementaires. " On accuse facilement dans ce pays", se plaint la première ministre faisant remarquer que les documents permettront de faire jaillir la vérité.

Michèle Pierre Louis soutient que son gouvernement qui compte 75 jours ne peut résoudre des problèmes récurrents depuis plusieurs années. " Il faut un effort national pour aider le gouvernement à rectifier le tir", dit-elle signalant que la crise financière mondiale entraîne de graves conséquences sur l’économie nationale.

Le 7 octobre dernier, Mme Pierre Louis avait indiqué que 50 % (121 millions de dollars) des fonds alloués pour la réalisation de projets durant la période de l’état d’urgence ont été décaissés. Lors d’une séance de travail avec les membres de plusieurs commissions sénatoriales, Mme Pierre Louis avait annoncé l’acquisition prochaine de 30 millions de dollars d’équipement pour la réalisation de travaux d’infrastructure.

Le ministre des finances, Daniel Dorsainvil, avait révélé que le premier décaissement des fonds d’urgence a été attribué à la rentrée scolaire, l’appui aux communes et la relance de la production agricole.

Haïti parmi les têtes de pont dans les violations des droits des femmes, selon le patron de l’ONU.

Mercredi, 26 Novembre 2008 : Signal FM

Dans son message à l’occasion de la Journée Internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le Secrétaire Général des Nations Unies a déclaré que la moitié des jeunes femmes de certaines zones d’Haïti en proie à la violence étaient victimes de viols ou de sévices sexuels. Une sur trois de ces filles qui osent saisir la justice est âgée de moins de 13 ans, a écrit Ban Ki-Moon.

Le patron de l’Onu a aussi cité le cas du Nord Kivu, République Démocratique du Congo où 350 affaires de viols sont signalées chaque mois, et le Libéria où, selon lui, la majorité des cas de viols ont été commis sur des filles de 12 ans au cours d’un mois de l’année 2008.

« Les femmes ne sont plus en danger seulement pendant les périodes de combat, soutient Ban Ki-Moon, elles risquent également d’être victimes de sévices sexuels pendant les périodes d’accalmie, du fait des militaires, des milices, des rebelles, des bandes criminelles, voire des policiers », lit-on ans le message de Ban Ki-Moon.

Le Secrétaire Général de l’Onu a déploré la stigmatisation, dans certains pays, des femmes victimes de ces violations. De telles attitudes obligent les victimes à ne pas dénoncer leurs agresseurs, a-t-il poursuivi. « Dans certains pays, les victimes souffrent deux fois, d’abord du viol proprement dit, et ensuite du système de justice, car elles risquent d’être faussement accusées de crimes d’adultère et peuvent être punies, a fait remarquer le chef de l’organisation mondiale.

Ban Ki-Moon, tout en saluant les efforts réalisés à travers le monde pour combattre ce fléau, a estimé qu’il restait beaucoup à faire. C’est pourquoi, a-t-il dit, les Etat doivent s’efforcer d’appliquer la loi et de lutter contre l’impunité. « Nous devons lutter contre les attitudes et les comportements qui tolèrent, excusent ou passent sous silence les violences contre les femmes. Nous devons aussi accroître le financement des services aux victimes de ces actes de violence et à celles qui y ont survécu », a demandé le responsable onusien

Haïti / aménagement du territoire : les quatre premières villes ont été désignées.

Mercredi, 26 Novembre 2008 Signal FM

Le Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales et la Fondation Panaméricaine de Développement a présenté Mardi à Port-au-Prince un plan d’aménagement de quatre villes du pays. Il s’agit de Cayes-Jacmel, Anse-à-Pitre, Thiotte et Cavaillon. Financé par le Département d’Etat des Etats-Unis à travers la PADF ce plan est la première étape d’une vision globale d’aménagement du territoire national.

Les dégâts enregistrés au passage des derniers cyclones et tempêtes tropicales, et l’effondrement de plusieurs écoles au cours du mois de Novembre ont contribué à grossir le débat sur la nécessité de l’aménagement du territoire haïtien afin qu’il devienne plus vivable.

L’adoption de ce plan d’aménagement urbain va permettre aux autorités du pays de porter des corrections dans la façon dont les principales communes du pays sont habitées. Cayes-Jacmel, Anse-à-Pitre, Thiotte et Cavaillon sont les quatre premières communes visées par ce plan, selon le Maire Principal de Cavaillon, Daniel Rivette.

Halte à l’investissement anarchique des villes, tel est le cri d’avertissement lancé par le représentant du ministère de l’intérieur et des collectivités territoriales lors de la présentation dudit plan. Jean St-Vil a par ailleurs exhorté les maires des communes en question à veiller à l’application des normes en matière de construction au niveau des villes.

Le Directeur de la fondation panaméricaine de développement PADF, admet que l’application d’un tel plan sera difficile. Le manque de suivi au niveau de l’Etat en Haïti pourrait être un handicap majeur à son application. Toutefois, les autorités municipales, de concert avec les autres acteurs étatiques, seront les seuls à décider des espaces destinés au logement, ou service publique.
Michelet Fontaine

Près d’un demi million de dollars sont déboursés pour financer ce projet. Une bonne partie de cette somme provient du département d’Etat américain. La présentation des schémas d’aménagement urbain va s’insérer dans un plan d’aménagement national qui sera présenté sous peu par le ministère de la planification et de la coopération externe.

L’actualité en question : Le Nouvelliste

Le Premier ministre Mme Michèle Duvivier Pierre-Louis, va-t-il passer avec succès son premier test relatif à la gestion de la chose publique ?

A la fin de la semaine prochaine, le gouvernement Duvivier Pierre-Louis va boucler, jour pour jour, le premier trimestre de son installation, soit du 5 septembre au 5 décembre. Généralement, partis politiques et organisations politiques, socio- professionnelles, syndicales... accordent toujours un temps de grâce à toute nouvelle administration pour juger de son efficacité, de sa volonté de changement, de sa capacité d’innover... Peut-on, à partir de l’expiration de ses premiers 90 jours, accorder confiance à l’équipe dirigée par Mme Michèle Duvivier ? Peut-on, à partir de ses premiers 90 jours, déterminer l’orientation que peut prendre ce gouvernement ? Que faut-il mettre à son actif ...?

En toute logique, ce gouvernement peut avancer l’argument suprême selon lequel il ne gère jusqu’ici que des urgences, même pas des catastrophes successives : les tempêtes et ouragans des mois d’août et de septembre et l’effondrement des établissements scolaires à Nerette et au Canapé-Vert qui ont causé d’énormes dégâts. Ce qui peut détourner le débat des préoccupations qui ont occasionné le départ de l’équipe Alexis. Mais l’équipe Duvivier Pierre-Louis a eu la possibilité de faire ses preuves grâce aux privilèges accordés par la loi sur l’Etat d’urgence. Libéré des contraintes administratives, les actions de ce gouvernement se devaient d’être rapides, patentes, manifestes.

Les mesures adoptées et actions entreprises jusqu’ici dans le cadre des réponses à apporter aux inondations survenues dans diverses villes et communes du pays justifient-elles les dépenses déjà effectuées ? Les fonds mis à la disposition de l’équipe Duvivier Pierre-Louis ont-ils financé des projets susceptibles de résoudre les problèmes existants en amont et en aval ? Trois mois après, dans quel état se trouve aujourd’hui la ville des Gonaïves, l’une des plus touchées par le passage des tempêtes et ouragans Fay, Gustav, Hanna et Ike ?

Il est question de gérer les urgences. Mais le mandat de l’actuel gouvernement s’annonçait comme celui de la réparation, de la réorientation... Corriger les dérives de l’équipe précédente et donner une nouvelle impulsion, une nouvelle direction en ce qui concerne la gestion de la chose publique. Mais il y a aussi les échéances à respecter pour parvenir à une certaine stabilité politique, par exemple.

Que va dire le Premier ministre concernant l’organisation des prochaines élections dans le pays ? Quelle est la position de l’équipe Duvivier Pierre Louis concernant le départ (annoncé par le président René Préval) dans moins de deux ans de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti ? Quelles sont les dispositions déjà prises pour la remise sur pied de l’autre force militaire prévue par la Constitution de 1987 ? Quels sont les territoires déjà conquis dans le cadre de la lutte contre la corruption qui est le cheval de bataille du président René Préval ?

Le Premier ministre sera très prochainement l’hôte du Sénat de la République, qui n’arrive plus à tenir des séances à cause de l’effectif réduit de sénateurs fragilisant ainsi le quorum. Si cette séance doit avoir lieu, croisons nos doigts pour qu’elle ne tourne en une foire électorale pour les candidats en compagne !

N’y a-t-il pas des comptes à rendre ?

Haïti Elections : les violons ne s’accordent pas au sein de « Lespwa »
Posté le 26 novembre 2008 HPN

Le CEP a publié, il y a quelques semaines, le calendrier définitif pour les élections du renouvellement du tiers du Sénat. Un calendrier qui ne fait pas l’unanimité auprès de la classe politique, ou du moins de certains partis politiques.
Anacacis Jean Hector critique la tenue d’élections partielles en avril puis en juin comme l’indique le calendrier électoral. Le premier sénateur élu dans le département de l’Ouest va dans la même ligne que le président Préval, élu sous la bannière du même parti, pour dire que le pays ne dispose pas suffisamment de moyen économique pour réaliser deux élections en une année.
Il faut se rappeler que le chef de l’Etat avait déploré le 17 octobre 2007, la tenue d’élections tous les deux ans dans un pays aussi pauvre et dont le financement dépend en grande partie, soit plus de 2/3, de la communauté internationale.
« Si c’est pour combler le vide institutionnel, il y aura toujours ce problème, car dans exactement quatre mois, soit en novembre, il faudra organiser des élections pour des députés et les sénateurs élus pour quatre ans qui seront en fin de mandat en janvier », précise le parlementaire avant de faire remarquer qu’un sénateur coûte 1.6 millions de dollars à la République.
Il suggère que les 16 millions de dollars alloués à ces joutes soient investis dans des projets de développement à travers le pays. Il cite à titre d’exemple, la famine qui sévit dans le Sud-est ou le département du Nord-ouest qui souffre de l’absence d’un pont sur les Trois-rivières. Une proposition que rejette le conseiller électoral, Léonel Raphaël, qui se félicite d’avoir 500 cent mille dollars de fond supplémentaire en provenance du Brésil.
Pourtant, le président du grand corps, membre du regroupement politique « Lespwa » croit nécessaire même obligatoire la tenue des élections à la date indiquée par les instances compétentes en vue de l’amendement de la constitution.
Kelly C. Bastien a fustigé pour sa part les partis politiques qui ont demandé la tenue d’élections générales en avril. Il a déclaré que ces partis font cette proposition parce qu’ils ne sont pas prêts pour mobiliser la population, faute de moyen économique.
Encore une fois, ces élections ont dévoilé la faiblesse des partis politiques locaux qui ne parviennent pas à s’accorder sur une question aussi importante que sont les élections.

Tous coupables ?

Une réflexion du citoyen André Lafontant Joseph soumise à la presse pour alimenter le débat nécessaire pour inverser la pente suicidaire sur laquelle se trouve notre pays.
La cause fondamentale de la mort de cette centaine d’innocents de l’école « Promesse évangélique », ce vendredi 7 novembre 2008, est cet acharnement de la plupart des dirigeants qui se sont succédés au pouvoir de 1986 à nos jours, à nous maintenir dans un État de non-droit et non respectueux de la loi.
Voyons d’abord ce que dit la « loi de 1963 établissant les règles relatives à l’habitation et à l’aménagement des villes et des campagnes" :
Article 21.- Les administrations locales pourront sur le rapport de la Direction Générale des Travaux Publics, prescrire les réparations et les démolitions reconnues nécessaires pour la sécurité publique.
Article 30.- Aucune construction nouvelle, aucune modification de construction existante ne pourront être entreprises sans une demande d’autorisation adressée à l’administration locale et transmise pour avis au service compétent de la Direction Générale des Travaux Publics.
Cette demande sera accompagnée du plan d’arpentage de la propriété signé par le constructeur, précisant la localisation de la construction projetée. En outre, le projet comportera en duplicata les desseins (côtés) tels que plan, coupe, élévation et épure…
Article 31.- Les plans susdits dûment visés par la Direction Générale des Travaux Publics seront acheminés à l’Administration locale qui délivrera l’autorisation ci-dessus prescrits.
Articles 34.- L’administration locale ou les services compétents de la Direction Générale des Travaux Publics auront le pouvoir de fermer tout chantier trouvé en violation des dispositions des articles qui précèdent. Si besoin est, la Police leur prêtera main forte pour l’exécution des présentes.

Analysons un peu. Cette loi reconnaît aux mairies la responsabilité de délivrer le permis de construire et de fermer les chantiers qui ne l’auraient pas obtenu et enfin d’effectuer des démolitions. Néanmoins, elle prévoit que l’analyse des plans de construction se ferait par la Direction générale des TPTC ainsi que les rapports techniques justifiant les démolitions. Les 140 communes du pays devraient donc acheminer les plans à la Direction des TPTC à Port-au-Prince. Cette Direction devrait les analyser, dresser et envoyer ses avis techniques dans les différentes communes.
La Direction Générale devrait également pouvoir se déployer dans ces 140 communes pour effectuer les vérifications dans les édifices suspects. Ces deux fonctions sont clairement très centralisées. Ce qui pourrait peut-être s’expliquer par un manque d’ingénieurs à l’époque.
Sur un plan technique, on remarque que la loi ne fait pas mention des documents comportant le dimensionnement des structures et ne permet pas ainsi une évaluation préalable (ex ante) du degré de sécurité des édifices. Enfin, la loi ne prévoit aucun frais de la part des propriétaires ou des constructeurs pour la délivrance du permis de construire, ce qui n’est pas normal.
On relève donc trois handicaps assez importants dans cette loi.
Néanmoins, un gouvernement respectueux de la loi et conservateur transformerait la Direction Générale au Ministère des Travaux Publics Transport et Communication en une gigantesque machine technique capable de recevoir et de traiter dans les meilleurs délais les milliers de plans de construction qui sortiraient des mairies pour recevoir l’avis technique nécessaire pour la délivrance du permis de construire. Ce gouvernement exigerait que les mairies envoient effectivement lesdits plans à cette Direction. Peut-être qu’il prendrait un arrêté pour exiger en plus des plans, le dimensionnement des structures. Le processus serait extrêmement long mais il n’y aurait pas ce drame de Nérette. On est donc loin de gouvernement s centralisés mais fonctionnels.
Un gouvernement respectueux de la loi et voulant être plus efficace modifierait la loi de 1963 pour déléguer les responsabilités de la Direction générale des TPTC aux directions départementales de ce ministère. Il les pourvoirait en personnes ressources compétentes et en équipements. Le processus serait encore assez long mais ce serait mieux que la concentration prônée par la loi de 1963 et sans commune mesure avec la situation d’anarchie qui existe actuellement. On est donc loin de gouvernements centralisés mais ouverts à la Déconcentration.
Un gouvernement respectueux de la loi et visant une efficacité optimale amenderait la loi de 1963 pour transférer toute la responsabilité de la délivrance du permis de construire et de l’analyse technique aux mairies qui ont la capacité réelle ou potentielle de l’assumer, c’est-à-dire la possibilité d’avoir un service de génie municipal. La loi prévoirait également des redevances proportionnelles au travail à effectuer, disons, grosso modo, au coût de la construction ou de la réparation. Ce gouvernement renforcerait en même temps les directions départementales pour que celles-là puissent supporter les municipalités et suppléer à l’incapacité de celles qui ne réunissent pas les conditions requises. Le permis de construire serait alors fourni dans des conditions optimales d’efficacité et d’efficience. Dans la mesure où une telle disposition était prise avant l’an 2000, date de la construction de l’édifice de l’école, on n’aurait pas la catastrophe de Nérette. Ce scénario idéal s’appelle Décentralisation accompagnée de Déconcentration et c’est l’approche prescrite par la Constitution de 1987 et reprise par les Décrets de 2006. On est donc loin de gouvernements vraiment sensibilisés sur le bienfondé de la Décentralisation en tant que mode d’organisation pour la gestion des affaires publiques.
Un gouvernement voulant rester dans la voie légale et soucieux de la sécurité des citoyens modifierait donc la loi de 1963 dans le sens tracé par la Constitutions et les Décrets susmentionnés. De plus, il définirait les modalités de paiement du permis de construire et mettrait à jour le montant des pénalités prévues par la loi de 1963 car elles ne dépassent pas 600 gourdes, ce qui ne représente pratiquement rien et n’a donc aucun effet dissuasif.
Une mairie respectueuse de la loi exigerait le dépôt des plans à la Direction générale des TPTC. Le processus prendrait des mois, voire des années, les citoyens manifesteraient leur mécontentement mais les mairies auraient fait leur devoir et le gouvernement serait seul responsable du maintien d’un système inefficace. À ce titre, je félicite le courage de la mairesse de Pétion Ville qui ne s’est pas contentée de renvoyer la responsabilité sur d’autres.
Une société civile et une classe politique responsables et respectueuses des lois ne devraient pas fléchir dans le combat pour l’établissement de l’État de droit respectueux des lois. Or nous avons souvent l’impression que ces secteurs vitaux de la vie nationale baissent les bras sur des aspects important de la vie publique. Si l’on reconnaît que les lois et les politiques publiques sont déterminantes dans la bonne marche d’un pays, on ne peut pas les ignorer ni se préoccuper uniquement des événements. De plus, la société civile et la classe politique ont, entre autres, la responsabilité d’être des éclaireurs de l’opinion publique.
Un Parlement respectueux de l’application des lois ne devrait pas accepter l’existence de lois inapplicables ni celle d’une situation de non droit et de non respect de la loi acceptée par l’autre branche de l’État qu’il est censé contrôler.
Le gouvernement après le drame de Nérette, s’est empressé d’annoncer des mesures drastiques et immédiates pour remédier à la situation. Sur quelle base légale, ces mesures vont-elles être prises ? Que peut concrètement faire le gouvernement avec la loi de 1963 de François Duvalier ? Va-t-il déclarer l’état d’urgence et prendre des décisions arbitraires et illégales ?
Le maire de Port-au-Prince, M. Jean Yves Jason, a annoncé que tous les maires de la zone métropolitaine se sont réunis pour trouver une réponse commune à cette situation intolérable. C’est un bon pas mais cette réponse n’est autre que la décentralisation qui suppose la responsabilisation et la capacitation légale, financière, humaine et matérielle des collectivités territoriales. Si les mairies prennent le leadership de ce combat, le reste de la nation n’aura d’autre alternative que de les accompagner. En attendant, M. Jason devrait envoyer une lettre à la Direction Générale des TPTC lui demandant de prendre toutes les dispositions pour procéder au recensement et à l’évaluation des bâtiments suspects car c’est à elle et à elle seule que la loi existante confie ce pouvoir.
Faisons donc un effort pour passer du « Tous coupables » au « Tous capables », pour reprendre en quelque sorte le slogan du président élu américain Barak Obama.

andrelafontant@hotmail.com








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