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Comment sera 2013 ?

lundi 17 décembre 2012 par Administrator

Les signaux donnés depuis quelque temps par les décideurs du pouvoir exécutif d’une part, et par ceux des deux branches du pouvoir législatif d’autre part, n’augurent pas d’une année 2013 porteuse d’espoir pour le peuple haïtien. Déjà, le malaise se fait sentir entre le président et son Premier ministre à moins de six mois de gestion du gouvernement Lamothe.

Que ce soit en présence de la presse ou en réunion avec les ministres, les rapports ne sont plus les mêmes entre les deux hommes qui avaient, dans les premiers moments, donné l’impression d’une cohabitation sans précédent dans les rapports entre un président et son Premier ministre. Le choix par Laurent Lamothe de plusieurs membres de son gouvernement est un acte inédit dans l’histoire de ce régime d’Assemblée rentré dans nos mœurs avec l’adoption de la Constitution de 1987. Aucun autre chef de gouvernement avant lui n’avait eu la latitude de choisir plus de deux ministres au sein du cabinet ministériel, lorsque le Premier ministre est choisi par le président de la République en consultation avec les présidents des deux chambres.

Ministre des Affaires étrangères du gouvernement Conille, Lamothe n’avait pas pris du temps pour devenir aux yeux de Martelly celui qui incarnait la vision du président, en lançant le concept de diplomatie d’affaires au niveau de la chancellerie haïtienne. Devenu l’homme fort du pouvoir, Laurent Lamothe, en sa qualité de Premier ministre et ministre de la Planification, participait à toutes les décisions engageant le pouvoir exécutif. Les accusations de corruption des avocats Newton St-Juste et André Michel sur la famille présidentielle dans plusieurs dossiers, dont les uns plus humiliants que les autres, avaient contribué à diminuer l’influence de la première dame dans la gestion du cabinet ministériel et permis au chef du gouvernement d’avoir les coudées franches. Cependant, la crise politique née de la formation du Conseil électoral permanent depuis cinq mois et les catastrophes naturelles enregistrées au cours de cette année ont réduit les capacités du gouvernement en ce qui a trait au taux de croissance de 8% prévu il y a un an par les institutions internationales au regard des lignes directives du Premier ministre d’alors, Garry Conille.

Si Michel Martelly doit chercher et obtenir le départ du Premier ministre Laurent Lamothe dans cette conjoncture controversée où il ne parvient jusqu’à présent à trouver un consensus avec le Parlement sur la formation d’un Conseil électoral provisoire, il risque de plonger le pays dans une aventure politique ; lui seul saura tirer les conséquences de cette décision maladroite. Comment parvenir à un taux de croissance d’au moins 6 % cette année s’il faut choisir un nouveau Premier ministre, ce qui nécessiterait de difficiles négociations avec les vingt sénateurs en fonction et les éventuelles défections au sein du groupe majoritaire à la Chambre des députés et qui sont pour la plupart très favorables à Lamothe ? Comment convaincre les bailleurs de fonds à délier les cordons de la bourse pour lancer la reconstruction du pays si l’on ne peut même pas organiser les élections pour renouveler le Sénat et les collectivités territoriales ?

Martelly va-t-il fragiliser davantage son pouvoir ou comprendra-t-il la nécessité d’un remaniement ministériel afin de recentrer l’équipe avec de nouveaux objectifs ?

Lemoine Bonneau

lbonneau@lenouvelliste.com








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