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réaliser dans la Grand’Anse, le 22 mars ».

Collecte de déchets plastiques : trois jours gras pour un couple

lundi 10 mars 2014 par Administrator

Sur la place d’armes des Gonaïves, dans le voisinage du parcours carnavalesque où s’intensifient des activités de restauration rapide et de commerce de boissons rafraîchissantes, Rolex (47 ans) et sa femme Micheline (42 ans) ont pu récolter six gros sacs de déchets plastiques pesant environ chacun entre 100 et 110 livres. Ce couple compte les revendre à Port-au-Prince.

Natif du Cap-Haïtien, vivant à Cité Soleil, Rolex se félicite de vendre à GS Industrie sa manne de déchets à cinq gourdes la livre. « Depuis le carnaval des Fleurs en 2013, je décide de ne pas laisser passer ce grand moment. Pendant les jours gras, les ordures grossissent. Je n’ai pas besoin de marcher beaucoup pour ramasser des déchets. Je les récolte facilement au carnaval », dit-il.

Ce couple qui table seulement sur les activités de collecte pour survivre, depuis la veille du carnaval, s’est installé sur la place d’armes grouillant de monde en vue d’exploiter cette manne, tirer du profit de ces déchets qui salissent la ville. A deux, ils ramassent, éliminent ce qui constitue un facteur de blocage aux systèmes d’évacuation d’eau tels que les canaux et les égouts. Ces poisons, vecteurs de maladies infectieuses – surtout quand ils brûlent – font leur affaire.

Survivre au quotidien

Les actions engagées par certaines entreprises haïtiennes pour réduire les effets néfastes du comportement des individus dans l’espace urbain ont suscité des vocations. Justement. Chez les personnes qui ne reculent pas devant le boulot, la voie publique est un atout pour survivre au quotidien.

« C’est dans le ramassage de déchets plastiques que j’ai rencontré Rolex. Depuis, nous vivons sous le même toit. Nous avons un enfant. Tous les bienfaits de notre vie, nous les avons tirés de là. Cela ne nous a pas pris beaucoup de temps, seulement deux ans », souligne Micheline, native d’Anse-d’Hainault, mère de quatre enfants, dont un de Rolex.

Le couple a réussi à s’offrir une baraque à quinze mille gourdes à Cité Soleil, le plus grand bidonville au nord de Port-au-Prince. Cerise sur le gâteau, dernièrement, confie Micheline, ils ont réussi à acquérir un petit terrain à quatre mille gourdes.

Micheline et Rolex se frottent les mains. Six sacs de déchets font déjà trois mille gourdes. Avec d’autres copains de Cité Soleil mûris dans cette activité, ils affréteront un camion pour se rendre à Port-au-Prince et livrer les colis.

L’initiative de ce couple, – associé à d’autres collecteurs de résidus plastiques de Cité Soleil – participe, dans une certaine mesure, à la politique de l’assainissement de l’environnement. Une goutte d’eau dans l’océan, diraient certains.

Après chaque jour gras, les 2, 3 et 4 mars dans la cité de l’indépendance, on retrouvait des amoncellements de détritus où pointaient des bouteilles en plastique, des sachets, des reliefs de repas ici et là.

Le Service métropolitain de collecte des résidus solides (SMCRS) était sur les dents. Quotidiennement, les camions du SMCRS ramassaient des déchets qui polluent l’environnement où se déroulait le carnaval national des Gonaïves. Brouettes, pelles en main, les travailleurs de ce service public se mettaient au travail quand d’autres balançaient sur la voie publique des déchets avec désinvolture et un certain naturel qui traduit le degré de l’incivisme en Haïti.

Dans un tel contexte, le docteur Odilet Lespérance, secrétaire général du Réseau haïtien des journalistes en santé (RHJS), a fait observer que, dans les prochaines festivités carnavalesques, les institutions œuvrant dans le domaine de la santé ont pour devoir d’élaborer des matériels de sensibilisation à la santé de l’environnement. « Eu égard au comportement de certaines personnes au carnaval, on a réalisé que la presse, notamment, a un devoir citoyen de sensibiliser la population pour sauver l’environnement. Dans une vision globale, toutes les institutions publiques et privées doivent mettre la main à la pâte. Gonaïves nous a montré que c’est un véritable défi à relever : l’éducation de tout un chacun est un facteur socioculturel essentiel afin de protéger l’environnement qui est un bien commun à tous. »
Claude Bernard Sérant

Voir en ligne : Le Nouvelliste







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