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Club de Madrid : « Un pacte national », la solution

vendredi 21 février 2014 par Administrator

Au terme d’une mission de quatre jours en Haïti, les membres du Club de Madrid ont conclu jeudi qu’une solution durable à la crise politique et économique du pays doit passer par un « pacte national ». Après avoir rencontré séparément le président Martelly et le président du Sénat, ils estiment que la signature de l’accord trouvé à l’hôtel El Rancho n’est pas loin.

« Le pacte national est le meilleur moyen pour arriver à la stabilité politique et à la croissance économique du pays », a déclaré le secrétaire général du Club de Madrid lors d’une rencontre jeudi avec quelques médias de la capitale, dont Le Nouvelliste, à l’hôtel El Rancho. Carlos Westendorp estime que les acteurs politiques doivent surmonter leur différend au bénéfice de la population. « Nous pensons que c’est le moment de réunir tout le monde autour de la table… », a-t-il dit.

Pendant leur séjour dans le pays, ces vétérans du Club de Madrid ont rencontré le président Martelly, le Premier ministre Lamothe, des ministres, le président du Sénat et des parlementaires sur le processus du dialogue initié par la Conférence épiscopale d’Haïti. « Nous l’avons dit au président ce que nous pensons de la situation, a indiqué le président de l’organisation. Nous l’avons mis en garde… si vous faites ça…, si vous choisissez ce chemin, vous aurez des difficultés parce que nous aussi, nous avons eu ces difficultés… »

Cependant, le président du Club de Madrid, Cassam Uteem, ex-président de l’île Maurice, n’a pas voulu révéler au Nouvelliste ce que le chef de l’Etat lui a confié. « Je ne peux pas dire qu’il nous a donné la garantie qu’il va publier les trois noms de la Cour des comptes, a-t-il dit. Il nous a laissé comprendre qu’il avait des réserves sur quelques noms, il l’a signalé au Sénat qui nous a informés de sa réponse au président Martelly… »

Après avoir écouté les sénateurs et le président Martelly, « nous pensons que la solution est déjà là », a avancé le président du Club de Madrid sans toutefois fournir plus de détails. Les noms manquants sur la liste des membres de la Cour des comptes ne devraient pas empêcher la marche des 10 millions autres habitants du pays « qui ont besoin des élections, d’abord, et d’une stabilité politique pouvant favoriser la prospérité du pays », a souligné Carlos Westendorp.

Se basant sur les déclarations des différents acteurs politiques rencontrés dans le pays, le secrétaire général du Club de Madrid croit que les politiques semblent animés d’un désir d’arriver à un accord « assez rapidement ». « Je pense que la présence du cardinal est un élément important, parce que sa voix est écoutée et cela devrait aider à finaliser l’accord. Un membre de l’exécutif nous a laissé entendre qu’on ne va pas sacrifier 10 millions d’Haïtiens pour trois personnes, a révélé Carlos Westendorp. »

Il a toutefois souligné que la signature de l’accord ne veut pas dire que les problèmes du pays seront résolus automatiquement. Cependant, a-t-il reconnu, les conditions seront réunies pour aller de l’avant et progresser vers les élections et la démocratie. Il a estimé que le gouvernement d’ouverture discuté pendant le dialogue entre les acteurs politiques est une bonne idée.
De son côté, le président du Club, ancien président de l’île Maurice, a estimé que pour la réalisation des prochaines élections, il faudrait un Conseil électoral permanent au-dessus de la politique partisane. Cette institution doit être indépendante et autonome, a-t-il dit. « Elle ne doit pas être perçue comme dépendante d’un pouvoir ni comme le défenseur d’un pouvoir ». Ce n’est qu’à ce moment que la confiance s’établira », a-t-il ajouté, soulignant que cela est valable aussi pour l’appareil judiciaire.

Abondant dans le même sens, Carlos Westendorp croit qu’il y a des problèmes institutionnels qu’il faut résoudre comme le manque de confiance qui caractérise le Conseil électoral. Il y a aussi, a-t-il souligné, des problèmes liés à l’indépendance de l’appareil judiciaire, sans oublier les problèmes sociaux et économiques auxquels fait face le pays…

« Le bien-être du peuple haïtien doit être le premier objectif du dialogue », jugent ces anciens dirigeants politiques. Ils rappellent que sans stabilité politique, il n’y aura pas d’investissements et sans investissements il n’y aura pas de croissance économique. « Donc, il faut tout faire en même temps. Et, pour ce, nous pensons qu’un pacte national sur le long terme, en plus du dialogue, est très important », a réaffirmé le secrétaire général du Club de Madrid, Carlos Westendorp.

L’amendement de la Constitution, un processus compliqué, l’indépendance des institutions judiciaires, un meilleur rapport entre l’exécutif et le législatif, doivent s’effectuer suivant un pacte national, a poursuivi Westendorp avant d’indiquer qu’il faut redonner la confiance à la population concernant le Conseil électoral.

Pendant les prochains 18 mois, le Club de Madrid se propose d’appuyer les acteurs politiques sur ces différents points. Avec leur projet : « Promotion du dialogue pour la réforme démocratique en Haïti », l’organisation va multiplier ses visites dans le pays. « Ce qui compte, c’est l’intérêt supérieur de la nation », ont-ils fait savoir aux dirigeants haïtiens.

Le Club de Madrid est composé d’une centaine d’anciens chefs d’Etat et de Premiers ministres de pays du monde entier qui se mettent au service des gouvernements un peu partout. Leur objectif : promouvoir la démocratie dans le monde. « Nous avons la prétention de croire qu’entre nous, nous avons 500 ans d’expérience », a dit en souriant le président de l’organisation.

Robenson Geffrard
rgeffrard@lenouvelliste.com

Voir en ligne : Le Nouvelliste







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