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Choléra en Haïti : guérilla urbaine contre les Casques bleus - par : Stéphane Jourdaine, Agence France-Presse, Port-au-Prince

jeudi 18 novembre 2010 par Administrator

Jets de pierre contre les Casques bleus, barricades dressées aux carrefours, coups de feu et gaz lacrymogènes : les scènes de guérilla urbaine se multipliaient jeudi dans le centre de Port-au-Prince où les manifestants reprochent à l’ONU d’avoir introduit le choléra en Haïti.

Sous une chaleur accablante, criant en créole « le choléra, c’est la MINUSTAH qui nous a donné ça », quelque 150 jeunes se sont retrouvés dans le centre de la capitale pour demander à la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) de quitter le pays, en pleine psychose liée au choléra.

Dès le départ du rassemblement, les manifestants se jettent sur les pierres qui se trouvent partout dans les rues depuis le séisme du 12 janvier pour caillasser une petite dizaine de Casques bleus brésiliens qui passent à bord d’une camionnette blanche à l’effigie de l’ONU ».

Sous une pluie de pierres, les militaires mettent en joue les manifestants qui les entourent. En vain. Dans un crissement de pneus, la camionnette part en trombe. Un soldat tombe par terre, essuie les jets de pierre et remonte dans le véhicule qui prend la fuite.

Les manifestants courent dans la rue. En quelques minutes, ils sont plusieurs centaines. Certains portent un masque. Ils disent qu’ils veulent se rendre à une base de la MINUSTAH à Gourdon. Dans une rue qui part du centre, ils sont stoppés par des militaires en treillis kaki non identifiés.

Des coups de feu sont tirés, sans que l’on puisse dire d’où ils proviennent. Plus loin, des gaz lacrymogènes tirés par d’autres militaires dispersent les manifestants avant qu’ils ne se rassemblent à nouveau sur la place du Champ de Mars, devant le palais présidentiel en ruines.

« L’ONU est venue ici pour nous tuer, pour nous empoisonner », crie Alexis Clérius, un agriculteur de 40 ans alors qu’il érige une barricade au milieu de la place. « Révolution sociale », crient en coeur ses amis, en sueur sous le soleil de plomb.

Un jeune porte une croix en bois sur laquelle il a fixé une grande photo d’un Casque bleu. Des étudiants qui manifestent contre le parti Unité du président René Préval rejoignent les émeutiers avec un cercueil en bois aux couleurs du parti. Ils brûlent des pneus et le cercueil dans des cris de joie.

Puis ils enlèvent les toilettes en plastique installées dans le camp par l’ONG Action contre la faim pour les jeter dans la rue. D’énormes bennes à ordure en fer sont couchées au milieu de la chaussée.

Les affrontements vont durer plusieurs heures au milieu du camp de déplacés où des milliers d’Haïtiens vivent sous des tentes. D’un côté, les jeunes qui jettent des pierres. De l’autre des blindés de l’ONU qui tirent des gaz lacrymogènes sous le regard dépité des familles qui vivent là.

Au lendemain du séisme, les Haïtiens avaient l’habitude de s’appliquer du dentifrice à la menthe sous les narines ou de s’introduire des quartiers de citron dans le nez pour lutter contre l’odeur âcre des cadavres. Les mêmes techniques servent maintenant à se protéger des gaz lacrymogènes.

Une femme en pleurs qui n’a rien à voir avec les heurts se renverse un seau d’eau sur le visage pour limiter les effets de ces gaz. Une autre observe les jeunes. « Ils devraient nous aider à lutter contre la maladie en nettoyant le camp, au lieu de nous créer de nouveaux problèmes », juge Marta Joseph, 22 ans.

Sous les drapeaux tricolores de l’ambassade de France qui jouxte la place, les gendarmes s’inquiètent de la situation. « C’est dégagé derrière » dit l’un d’entre eux dans un talkie-walkie. « Ca peut dégénérer. Aujourd’hui, c’est l’ONU qui est attaquée. Demain ça peut être tous les étrangers », dit un autre à l’AFP.








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