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Ces jeunes qui ont cartographié la ville de St-Marc

samedi 22 février 2014 par Administrator

En cas de catastrophe dans une région, des organisations humanitaires et d’autres institutions étatiques ont parfois des difficultés à intervenir dans les zones les plus affectées. Dans certains cas, une carte géographique aurait pourtant facilité la tâche. Avec l’épidémie de choléra, des organismes internationaux avaient fait la douloureuse expérience à St-Marc. Désormais, la ville est cartographiée par une trentaine de jeunes de la commune.

Jeunes universitaires et professionnels pour la plupart dans la vingtaine, ils sont des « mapers », comme ils aiment à le dire en anglais. Ces jeunes cartographes forment la Communauté open street map Haïti, Saint-Marc (COSMHA, STM). Après une formation offerte par une organisation internationale de janvier à avril 2012 sur la cartographie, des jeunes St-Marcois ont mis sur pied cette association le 31 avril 2012.

On a beau avoir des théories plein la tête, encore faut-il les mettre en pratique. Les 31 jeunes, avec le soutien de cette organisation qui les a formés, avaient tout un défi à relever : cartographier leur ville. Principaux outils de travail : GPS (Global position system), ordinateurs, imprimante. Il leur a fallu parcourir la ville de long en large, s’aventurer dans les zones reculées, bref, surmonter bien des obstacles. « La population avait parfois des réticences à fournir certaines informations, confie Shamar Charles, vice-présidente de la COSMHA, STM. En voyant l’appareil GPS, certains nous prenaient même pour des arpenteurs… »

Déterminés, les jeunes cartographes l’ont été. En trois mois, ils ont réussi à remplir leur mission. « Chacun d’entre nous avait la responsabilité de cartographier son quartier », explique Shamar Charles.

Aujourd’hui, la plupart des institutions de Saint-Marc sont dotées de cette carte, très utile pour la communauté. Car, selon les membres de la COSMHA, STM, avec l’épidémie de choléra qui a emporté des centaines de personnes dans la région, des organisations internationales et d’autres institutions avaient des difficultés au départ pour localiser certains endroits très touchés par l’épidémie.

« Avec la carte, si une inondation se produit ou toute autre catastrophe, on peut mieux travailler, se félicite Jimmy Rubin, un des cartographes qui ont travaillé avec le Centre national géospatial (CNGS). On peut savoir quel endroit est accessible et avec quel type de matériel on peut y accéder. »
« Si St-Marc est cartographiée, c’est grâce à nous. Des ONG et d’autres institutions travaillant dans la région, dont la Croix-Rouge française, utilisent nos services », ajoute-t-il, reconnaissant toutefois que la ville était déjà dotée d’une carte mais qui n’était pas à jour.

Vu l’importance de cette technologie, les membres de la COSMHA, STM, partagent leurs connaissances avec des jeunes d’autres communautés. En mars 2013, huit membres de l’association ont été sélectionnés par l’USAID pour former une soixantaine de jeunes au Cap-Haïtien, la deuxième ville du pays, sous la menace constante d’une secousse sismique. En décembre de la même année, les jeunes cartographes avaient formé des élèves de philo d’une école de Saint-Marc. A partir de jeudi prochain, d’autres élèves de la ville vont débuter également des séances de formation sur la cartographie. « Nous sommes prêts à former d’autres jeunes, affirme Shamar Charles. Nous voulons que cette technologie se répande à travers le pays ; ce sera très utile. »

« Durant les vacances, nous souhaitons aller vers les écoles, former les élèves, leur apprendre cette technologie », confie Jimmy Rubin, soulignant que l’objectif de l’association est de cartographier tout le département.

Si certains n’arrivent pas encore à voir l’importance de la cartographie, Patrick Adé, lui, une personnalité connue dans toute la ville, offre déjà son appui aux jeunes cartographes. « Nous ne savons comment remercier M. Adé qui a mis sa maison à notre disposition pour travailler, indiquent les jeunes réunis autour d’une longue table dans les jardins du sexagénaire. C’est comme un père pour nous. »

« J’estime que la cartographie est importante dans le monde actuel, avance, de son côté, Patrick Adé. Aussitôt que j’ai pris conscience de l’importance d’une telle initiative, j’ai décidé tout de suite d’accompagner ces jeunes. Ils se sont réellement défoncés durant les trois mois pour cartographier la ville. Le pays aura besoin d’eux, c’est ma seule raison de les aider. »
Valéry Daudier
vdaudier@lenouvelliste.com

Voir en ligne : Le Nouvelliste







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